1 (Modifié par braggy 03/08/2018 à 23:13)

"Prends un siège, Cinna, assieds-toi par terre"

Bonjour à tous,

(j'espère poster dans la bonne section)

Vous êtes nombreux à connaître le célèbre quatrain :

« Prends un siège, Cinna, assieds-toi par terre,
Et si tu veux parler, commence par te taire.
Ton nom est invaincu et non pas invincible
Et mon pied dans ton c** reste chose possible/n’est pas chose impossible
 ».

La sagesse populaire l’attribue à Raymond Rua, . B. Cinna, parodie en 5 actes et en bônois de la tragédie de Corneille "Cinna", paru en 1970 chez Lienhart et Cie, mais c’est tout-à-fait faux :

Etant curieux, je suis allé à la BM de Lyon qui compte le second exemplaire référencé que j’aie trouvé (le premier se trouve dans la réserve de la BNF, c’est le dépôt légal, il est encore plus pénible à dégotter) et j’ai lu ce qu’il y avait à lire et reproduit ce qu’il y avait  à reproduire, et voici ce que l’on trouve dans l’acte V scène 1, qui parodie le texte de Corneille  :

« AUGUSTE
Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose
Observe exactement la loi que je t'impose :
Prête, sans me troubler, l'oreille à mes discours ;
D'aucun mot, d'aucun cri, n'en interromps le cours ;
Tiens ta langue captive ; et si ce grand silence
À ton émotion fait quelque violence,
Tu pourras me répondre après tout à loisir :
Sur ce point seulement contente mon désir.
 »


« ZOZèPHE
Ma reste pas debout, qu’on parle en camarades ;
Assis-toi, B. Cinna, prends-toi le siège en or.

B. CINNA
Si t te prends un siège, ô B. Cinna, ti es mort.
Il va te faire un coup comme on dit dans Corneille :
Et vas-y qu’i’ te parle et toi tu tends l’oreille ;
Un doux murmure il court dans le vent de sa voix,
Tu croirais que le son di cor est dans les bois,
Rien que c’est lui qui tchatche… et à la fin : nèïèque.
(...) »

(oui, « Cinna bis » est devenu « B. Cinna » et Auguste est devenu Zozèphe, maire de Bône, auquel il faut faire payer son inzustice.)

Alors autant j’adore débusquer les mythes, autant ma curiosité reste cruellement insatisfaite.

Auriez-vous une idée d’où trouver l’origine de cette citation ? Des auteurs à proposer ?
J’ai cherché du côté de Reboux et Muller, « A la manière de », mais sauf erreur de ma part, ils ne sont pas attaqués à Corneille.
On me dit que Pierre Dac aurait parodié Phèdre : sauriez-vous s’il s’est attaqué à Cinna ?

2 (Modifié par lamaneur 04/08/2018 à 11:41)

"Prends un siège, Cinna, assieds-toi par terre"

Je retrouve des citations du premier vers dès le début du XXe siècle (1905). C'est une blague probablement anonyme et à auteurs multiples,  transmise oralement par des générations de potaches. Le second vers est aussi connu à la même époque, pas forcément associé au premier vers. Les vers suivants ont dû venir plus tard et font l'objet de plusieurs variantes.
http://compaproust.canalblog.com/archiv … 66628.html
(ce dernier cite aussi à tort Rua comme auteur).