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La consonne de liaison [g]

Mithridate a écrit :

En français moderne (oui, oui, c'est moi qui viens de dire ça), il n'y a plus aucune liaison possible entre un nom placé avant un adjectif et ce dernier, sauf pour ce que l'usage a préféré préserver (notamment sang-k-impur).
Cette règle ne concerne bien sûr pas le pluriel !

Je l'avais dit en plus.

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La consonne de liaison [g]

Pourtant, le Littré nous dit : Devant une voyelle, plusieurs prononcent le g comme un k : un bourg étendu, un bour-k étendu ; d'autres disent : un bour étendu.

Il y a aussi l'exemple de Bourg-en-Bresse que beaucoup prononcent Bourkanbresse...

La consonne de liaison [g]

Oui, mais en quelle année Littré a-t-il observé cela ?
Il semble que les "plusieurs" ne soient plus très nombreux, et que "les autres" soient devenus nettement majoritaires.

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La consonne de liaison [g]

Jehan a écrit :

Oui, mais en quelle année Littré a-t-il observé cela ?
Il semble que les "plusieurs" ne soient plus très nombreux, et que "les autres" soient devenus nettement majoritaires.

Tout à fait !

1845 on ne prononce [buʀk] que devant une voyelle. Littré et DG transcrivent la forme mod. [bu:ʀ]. Littré écrit au sujet du mot : ,,le g ne se fait pas entendre, bien que l'Acad. dise qu'on prononce bourk. Cette prononciation, qui n'a plus pour elle l'usage n'a par conséquent rien qui la justifie. Devant une voyelle, plusieurs prononcent le g comme un k : un bour-k étendu; d'autres disent : un bour étendu. Au pluriel, l's ne se lie pas : des bour étendus; cependant plusieurs prononcent en liant : des bour-z-étendus``.

1845, ce n'est pas hier non plus !
De toute façon, pour Bourg-en-Bresse, c'est autre chose. Il ne s'agit plus d'un adjectif placé après un nom.

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La consonne de liaison [g]

Je n'ai jamais dit qu'il fallait faire la liaison. Je m'intéresse à l'évolution de l'usage. Quoiqu'il en soit, un aperçu historique sur son évolution ne peut pas faire de mal, le Littré restant après tout une référence !

La consonne de liaison [g]

En ce qui concerne une liaison éventuelle de bourg, la grammaire Riegel signale que la consonne finale qui suit un r "ne fait liaison que dans un langage particulièrement affecté".
On prononce donc : nor(d)-est, toujour(s) utile, un cour(t) instant, il per(d) un ami, etc.

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La consonne de liaison [g]

Mithridate a écrit :

De toute façon, pour Bourg-en-Bresse, c'est autre chose. Il ne s'agit plus d'un adjectif placé après un nom.

Non, et il ne s'agit pas non plus de liaison. Même si on dit seulement Bourg, on prononce en principe [buʁk].
Pour la question générale du "g" final en liaison, la situation au milieu du XIXe est bien décrite ici :
https://www.example.net/pics/956085books.png
https://www.example.net/pics/230345books1.png

On note que joug se lie en "k". Mais Martinon, au début du XXe siècle, note dans Comment on prononce le français :

Le g ne se lie plus dans l'usage courant que dans l'expression composée san(g) ket eau. Dans la lecture, on y ajoute san(g) khumain, san(g) kartériel, en vers seulement san(g) kimpur.
On peut aussi lier en vers ou dans le style oratoire le g de ran(g) : ran(g) kélevé, mais non pas cependant ran(g) kauquel ! De même celui de lon(g) :
Ouittez le lon(g) kespoir et les vaines pensées (La Fontaine)
Mais en prose on prononce sans liaison même une expression composée comme de lon(g) en large.
On voit qu'en liaison, comme nous l'avons dit, la gutturale douce devient forte (Note).
On fait aussi entendre le g de jou(g) et celui de le(gs) devant une voyelle, cette fois sans le changer en c, mais ceci est plus un fait de prononciation qu'un phénomène de liaison.
A l'intérieur d'oran(g)-outan(g), malgré la règle générale, il n'y a pas de liaison.

Note : Ceci tient à ce qu'autrefois, quand les consonnes finales se prononçaient, les gutturales sonnaient toujours c, qui est d'une émission plus facile ; et c'est pour cela que les mots à c ou g final ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir rimer avec les mots à d ou t final, qui, eux aussi, ne rimaient qu'ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que toutes ces finales auraient dû être  assimilées pour la rime. Je dois avouer d'ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu'en vers, comme celle de long espoir, il y déjà tendance à conserver au g le son doux.

On voit donc que la nouvelle prononciation douce du "g" en liaison commence à avoir de la bouteille ! Elle a néanmoins du plomb dans l'aile et je ne suis pas sûr qu'on respecte aujourd'hui la liaison avec joug comme le notait encore Fouché dans son Traité de prononciation française. Cf. ici :
joug_insupportable
joug_odieux

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La consonne de liaison [g]

lamaneur a écrit :
Mithridate a écrit :

De toute façon, pour Bourg-en-Bresse, c'est autre chose. Il ne s'agit plus d'un adjectif placé après un nom.

Non, et il ne s'agit pas non plus de liaison. Même si on dit seulement Bourg, on prononce en principe [buʁk].

Je sais !
C'est pour ça que j'ai dit qu'il s'agissait d'autre chose (que d'une liaison).

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La consonne de liaison [g]

J'ai pris ton message pour rebondir, mais mes observations ne s'adressent pas spécifiquement à toi mais ... à qui de droit ou plutôt, comme on dit en anglais, to whom it may concern ! En fait, je pense surtout aux lecteurs anonymes, et notamment aux étrangers et à tous ceux en phase d'apprentissage de notre langue, pour qui il est peut-être bon de préciser les choses, quitte à parfois être redondant ou évident.

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La consonne de liaison [g]

Bonsoir. En réécoutant une chronique d'Alain Rey, j'ai remarqué qu'il avait fait la liaison dans : "(...) des procès criminels ou économiques, des villes perdues ou gagnées" (il a fait entendre le son zou).

Cette liaison n'est pas courante de nos jours. Qu'en pensez-vous ?

PS : N'ayant pas envie d'ouvrir une nouvelle discussion, j'ai préféré glisser cette remarque ici vu qu'elle porte sur la prononciation.