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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Bonsoir,

je suis dubitatif devant la phrase suivante :

"Pendant que je suis parti acheter du pain, balaie la maison"

Comment pourrait-on traduire de façon satisfaisante "pendant que je suis parti" ?

Dum proficiscor (?) ad panem emendum / emptum panem (avec "emptum" supin), ...

J'ai l'impression qu'il y a un problème d'aspect là-dessous ... Pourrait-on écrire "dum profectus sum", en considérant "profectus" non pas comme le part. passé d'une forme de parfait, mais comme un attribut du sujet ?


Ensuite, j'aimerais éclaircir un point sur la syntaxe des consécutives.
Dans "ea esse debet vera liberalitas ut nemini noceat", le "ut nemini" pourrait-il se remplacer par "ne cui", en vertu de la règle suivante : "lorsque la conséquence est présentée comme voulue ou recherchée par le sujet, la consécutive est proche alors d'une finale et la négation est ne" ?

Enfin, je suis tombé sur la phrase : "Galli ad Clusium venerunt legionem Romanam castraque oppugnaturi"
Pourquoi rajouter la préposition "ad", alors que "Clusium" est un nom de ville ?

D'autre part, je viens de remarquer que le nom "humus, i" (2e déclinaison, donc) était ... féminin ! Je connaissais des neutres en us, i, mais aucun féminin (sinon les noms d'arbres). Y a-t-il une explication à cela ? Le genre naturel, tout simplement ?

Je vous remercie d'avance !

Traduction d'une phrase en français vers le latin

Souviens-toi de Phèdre : "dum quaerit escam margaritam repperit (gallio)".
Dum + ind. présent pour "pendant que". Ou le subjonctif, avec nuance...

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

automatofix a écrit :

Bonsoir,

je suis dubitatif devant la phrase suivante :

"Pendant que je suis parti acheter du pain, balaie la maison"

Comment pourrait-on traduire de façon satisfaisante "pendant que je suis parti" ?

Déjà, la phrase française est légèrement incorrecte. Il faudrait dire "pendant que je serai parti, etc.". Cela devrait vous mettre sur la voie. Vous pouvez aussi utiliser abesse (a) domo ou me absente...

J'ai l'impression qu'il y a un problème d'aspect là-dessous ... Pourrait-on écrire "dum profectus sum", en considérant "profectus" non pas comme le part. passé d'une forme de parfait, mais comme un attribut du sujet ?

En aucun cas.

Ensuite, j'aimerais éclaircir un point sur la syntaxe des consécutives.
Dans "ea esse debet vera liberalitas ut nemini noceat", le "ut nemini" pourrait-il se remplacer par "ne cui", en vertu de la règle suivante : "lorsque la conséquence est présentée comme voulue ou recherchée par le sujet, la consécutive est proche alors d'une finale et la négation est ne" ?

Je ne connais pas cette règle. Mais dans le cas présent, comme il s'agit d'un exposé logique, et avec un corrélatif, j'aurais tendance à privilégier ut non face à ne. Cf. le proverbe de Publius Syrus (contemporain de Cicéron) : Bona hora nemini est ut non alicui sit mala.

Enfin, je suis tombé sur la phrase : "Galli ad Clusium venerunt legionem Romanam castraque oppugnaturi"
Pourquoi rajouter la préposition "ad", alors que "Clusium" est un nom de ville ?

L'allatif (accusatif de lieu sans préposition) est en régression dans l'histoire du latin, mais bien vivant en latin classique. Il y a donc encore une différence de sens : la préposition exprime ici le mouvement vers un lieu, mais non abouti (à proximité, ou au contact du lieu, si vous voulez). Cf. oppugnaturi.

D'autre part, je viens de remarquer que le nom "humus, i" (2e déclinaison, donc) était ... féminin ! Je connaissais des neutres en us, i, mais aucun féminin (sinon les noms d'arbres). Y a-t-il une explication à cela ? Le genre naturel, tout simplement ?

Je me demande ce qui peut bien vous faire dire que la terre est naturellement féminine.

Sont féminins dans la IIe déclinaison :
- Régulièrement, les noms d'arbres et de plantes : fāgus etc. C'est aussi le cas en grec (φηγός, ἄμπελος).
- alvus à partir de Caton (mais masculin chez Plaute). Pas de réelle explication.
- vannus toujours. Pas de réelle explication.
- humus et domus. Ces deux noms sont sans doute en latin des thématisations (ajout du suffixe thématique *-e/o-) de noms-racines indo-européens. Cf. grec χθών, fém. pour le premier et arménien տուն (town, mais pas de genre en arménien) < *dṓm pour le second. Pour *dṓm > *dōmo-, l'âge de la réfection est sans doute indo-européen, cf. gr. δόμος, skr. दम (dáma-), vieux-slave домъ (domŭ) et, à l'intérieur même de l'arménien, տանուտէր (tanu-tēr "maître de maison"). Le latin aurait conservé malgré la réfection le genre indo-européen.
- Enfin dans la préhistoire du latin, nurus "la belle-fille" devait aussi être de la deuxième déclinaison (cf. grec νυός, arménien նու now), mais est passé à la quatrième par analogie de socrus "belle-mère".

Cordialement.

Traduction d'une phrase en français vers le latin

Déjà, la phrase française est légèrement incorrecte. Il faudrait dire "pendant que je serai parti, etc.". Cela devrait vous mettre sur la voie. Vous pouvez aussi utiliser abesse (a) domo ou me absente…

Pff, oui, pardon. Le futur antérieur devient futur simple en latin  (ici précisément) - ou subjonctif, moins classiquement (?) pour le futur proche. Enfin, je me permets de le croire.

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Cf. Sauzy §448.

Si B doit balayer tout le temps que A est absent, il faut utiliser dum / donec + le futur antérieur : c'est le type Exspecta dum rediero, Moratus est donec redierunt.

Si B doit balayer à un moment donné entre le départ et le retour de A, il faut utiliser dum + indicatif présent : dum haec geruntur, reliqui discesserunt.

La nuance peut paraître fine, mais est importante pour le sens.

De plus, le choix dépendra du verbe retenu : avec le verbe proficisci, cela n'aurait en fait guère de sens d'utiliser une tournure en dum, car cela suppose que le balayage a lieu uniquement pendant le départ de A. A la réflexion, j'aurais donc tendance à construire soit avec dum absum soit avec me profecto...

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Sont aussi féminins
- des noms de terres, pays, villes et îles : Aegyptus, Corinthus, etc.
- des mots d'origine grecque : methodus, atomus, diametrus, periodus, antidotus
- d'autres : alvus, colus, carbasus...

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Je me demande ce qui peut bien vous faire dire que la terre est naturellement féminine.

Voici l'explication que notre prof a avancée pour expliquer la féminité (si je puis dire) des noms d'arbre : " Comme la femme, les arbres portent les fruits. " Mais peut-être ne faut-il y voir qu'un moyen mnémotechnique ... 

J'ai donc appliqué le même principe pour le nom "humus", notre "mère nourricière" !
Visiblement, c'était un raisonnement quelque peu simpliste.

Sinon, je sentais bien que ma phrase française ne coulait pas !

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Voici l'explication que notre prof a avancée pour expliquer la féminité (si je puis dire) des noms d'arbre : " Comme la femme, les arbres portent les fruits. " Mais peut-être ne faut-il y voir qu'un moyen mnémotechnique ...

Je laisse chacun libre de croire ou non à ce type d'arguments, mais leur portée est en général assez faible. Il y a eu des tentatives de linguistes tout à fait respectables en leur temps dans ce sens (par exemple Grimm : "das Maskulinum scheint das frühere, grössere, festere, sprödere, raschere, das thätige, bewegende, zeugende ; das Femininum das spätere, kleinere, weichere, stillere, das leidende, empfangende ; das Neutrum das erzeugte, gewirkte, stoffartige, generelle, unentwickelte, kollektive"). Je vois mal comment on pourrait ainsi expliquer que les îles soient plutôt féminines et les vents masculins...

Comme le note Delbrück (voyez Vergleichende Syntax der indogermanischen Sprachen t. I pp. 89-98), il semble plutôt que ce soit les hyperonymes qui exercent une influence sur les hyponymes. Ainsi arbōs/arbor (un des rares féminins en -or justement) fait tendre les noms d'arbres vers le féminin ; inversement, en sanskrit, les désignations génériques (vr̥kṣá-, vánaspáti-...) sont masculines, ce qui fait tendre les noms d'arbres vers le masculin. En revanche, l'absence du neutre est remarquable ; le neutre est utilisé pour la désignation du bois comme matériau (*doru-) et de nombreux fruits (parfois, c'est le même mot que pour l'arbre qui est utilisé, avec une alternance m. ou f. vs nt.). "Vielleicht dass der Baum ursprünglich als m., das Holz als n. bezeichnet wurde. Jedenfalls besteht dieses Verhältnis in mehreren Sprachen zwischen dem Baum und seinen Früchten."

D'ailleurs, le mot arbor est venu (revenu ?) au masculin en français, et les noms d'arbre ont presque tous suivis. Inversement flos est passé au féminin, ainsi que la plupart de nos noms de fleurs.

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

Il serait vraiment temps que je me mette à l'allemand ...

Je vous remercie une fois de plus !

Par contre, je suis surpris lorsque vous écrivez ceci :

Je ne connais pas cette règle. Mais dans le cas présent, comme il s'agit d'un exposé logique, et avec un corrélatif, j'aurais tendance à privilégier ut non face à ne. Cf. le proverbe de Publius Syrus (contemporain de Cicéron) : Bona hora nemini est ut non alicui sit mala.

Pour la phrase "Ita agunt ne poenas dent", comment analyseriez-vous la proposition "ne poenas dent" ? Est-ce une consécutive (appelée par ita) à sens volitif, ou une finale à proprement parler ? Ou n'y a-t-il tout simplement pas de distinction à faire ?

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Traduction d'une phrase en français vers le latin

bonjour,
je suis toujours aussi admirative devant autant de culture et de connaissances, cela me laisse sans voix....
pourriez vous me traduire
"ne pas trop attendre des autres" s'il vous plait
j'ai tenté les traducteurs du net mais bon ce n'est pas bien fiable!!!!

j'ai quand même trouvé :
trop : nimis
ne pas : non
attendre : expectare
d'autres : aliis

mais n'ayant pas de notions en latin.... et en plus je ne sais pas comment se construit la phrase!!!!

merci d'avance,
bonne journée,
marie