Féminin de professeur

Il n'est pas question de remanier la langue  de façon ludique

Je sais bien que mon message était un peu hors sujet,  Portia...
Mais dans mon esprit, il s'agissait juste d'un petit moment de détente !
Voir les smileys...

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Féminin de professeur

Pendant longtemps, au moins dans nos campagnes, la pharmacienne était la femme du pharmacien. Il était donc mal venu d'appeler pharmacienne une femme pharmacien !
Quant à la préfète, nous avons eu pendant quelques temps deux femmes, l’une préfet(e) de région, l’autre du département, l’une souhaitant se faire appeler « Madame le Préfet », l’autre « Madame la Préfète ». J’avais noté leur préférence pour ne pas me tromper.
Le seul avantage de l’adaptation des noms de métiers au sexe est que maintenant plus personne ne peut ignorer ce qu’est la maïeutique depuis que les hommes sage-femmes sont devenus de maïeuticiens.

Féminin de professeur

Le seul avantage de l’adaptation des noms de métiers au sexe est que maintenant plus personne ne peut ignorer ce qu’est la maïeutique depuis que les hommes sages-femmes sont devenus des maïeuticiens.

Plus personne ? Vous êtes bien optimiste, Anne... 

Féminin de professeur

Jehan, j'avais bien pris le message comme un moment de détente (j'ai d'ailleurs fait une première remarque sur l'armée avec un smiley qui a mal fonctionné et que je n'ai pas pu éditer).  Je vois seulement les improvisations sur la grammaire comme risquées vu les énormités qu'on peut lire tous les jours en grammaire de base.

Contrairement à Anne je pense que la féminisation des noms de métiers et professions ne se réduit pas à quelques consignes protocolaires.    Il y a un poids symbolique et parfois politique qui sous-tend  les mots.

On peut croire que modifier une situation où le masculin est l'usage habituel revient à  chanter un "ça ira " inutile et superficiel.  Et pourtant ! L'histoire a joué un rôle, les mots reflètent la société.  Voir la présentation sur le net du livre de Béatrice Fracchiola (une universitaire) : Anthropologie de la communication : la question du féminin en français En ce qui concerne la France elle rappelle d'abord ce qui est mentionné dans le guide Femme, j'écris ton nom...Guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions, à savoir que le problème des féminins pour les métiers n'existait pas au Moyen-Age  et continue avec cet extrait :


"Les premières règles d’accord de genre en français apparaissent au 17e siècle en même temps qu’une réflexion sur la langue. On voit aisément comment à partir de ces règles – et en particulier de la règle selon laquelle le masculin « l’emporte » sur le féminin – émerge la création culturelle d’une problématique idéologique, elle-même fondée sur des principes historiques, masculins et arbitraires que le mouvement précieux a accompagnés : « Pour une raison qui semble commune à toutes les langues que le genre masculin étant le plus noble doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin sont ensemble » (Vaugelas : 1647, p.27) ; ou encore : « Le plus fort l’emporte pour dire que les plus puissants ont toujours l’avantage. Masculin qualifie le plus noble des genres, celui qui a ordinairement l’avantage sur l’autre. » (Furetière : 1690, p.29). Mais aussi : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » (Beauzée : 1767). Et enfin : «  Les mots masculins sont du premier genre puisqu’ils expriment la chose avec un rapport au mâle, ou comme étant de ce premier sexe. Les mots féminins sont désignés par leur appartenance au second genre ou second sexe » (Girard : 1747).

On voit ainsi comment les difficultés liées à la féminisation des noms de métiers trouvent leurs origines idéologiques et politiques dans la société du 17e siècle, pour ressurgir dans les années 80, via le Québec, en raison de l’accession progressive des femmes à des postes à haute responsabilité, dont les titres ne se déclinent qu’au masculin. Aujourd’hui, cette problématique éminemment politique, dans la mesure où elle touche à la place des femmes dans la cité et dans la société, est devenue, pour le linguiste, une problématique sémantico-pragmatique et discursive. Il s’agit en effet de donner un nom à et de légitimer par ce nom, dans la réalité de leurs fonctions sociales, de nouveaux référents féminins, sans ambiguïté (Madame la ministre, la chirurgienne, la médecin…)."


Le sujet est bien politique et les correcteurs orthographiques avancent avec des précaution de Sioux, et un attentisme remarquable.  Si on prend orthonet qui donne un état des lieux sur la féminisation, ce site refuse de prendre parti :

"Ne demandez pas à Orthonet si vous « devez » ou si vous « pouvez » employer un féminin néologique . (l’écrivaine, la maire, la professeure, ma successeure…).
C’est un choix qui vous appartient. - Pas de NORME pour la francophonie. - Il s’agit d’usages récents, diversement appréciés suivant les pays et les milieux.
Orthonet vous informe, mais ne vous dicte pas vos choix. "

Leur messagerie répond à une question par d'autres questions
"27/02 - Je suis "responsable financier" et me demande si je ne devrais pas écrire "responsable financière". Merci d'avance pour votre aide

Dans votre milieu professionnel, a-t-on admis et pratique-t-on déjà la féminisation de titres comme le vôtre?
Sinon, comment serait accueilli votre geste d'indépendance? "


Il y a de quoi rester muet ou muette évidemment.  Un e de plus est une manifestation politique qui risque de vous faire mal voir  si vos collègues et supérieurs sont des dinosaures !  Donc plus on connaîtra le Guide ... plus ces mots féminisés seront écrits sur des cartes professionnelle, plus ils seront utilisés, moins on verra de ces remarques politiquement prudentes.

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Féminin de professeur

Je ne réduis pas la question à un aspect protocolaire, et je ne pense pas que mes préfètes le faisaient en ayant choisi l'une ou l'autre appellation. C'est juste de la politesse, je respecte leur choix même celui que je ne partage pas.
Personnellement, j'ai toujours trouver cette revandication de certaines femmes inutiles. Ou alors il faudrait l'étendre à tout : ples de femmes "chefs (cheftaines ?) de famille, plus d'hommes qui serait des lavettes  (lavet ?)...
Pour les aspects grammaticaux voir aussi là.

Féminin de professeur

Muriel a écrit :

Je pense que c'est uniquement une question de temps. On dira dans quelques années une professeur, ou une professeure : et tout le monde s'y sera fait. Il faut avoir eu un temps suffisant d'écoute ou de lecture pour que le terme devienne une norme. À mon avis, cela se fera tout seul et les dictionnaires entérineront l'usage majoritaire. Je trouve cela bien.

Édit : Je crois que c'est mieux que d'imposer un féminin (professoresse, professeuse...) qui n'aurait pas fait ses preuves.

Muriel

Je suis parfaitement d'accord. L'évolution se fera. Il y a une soixantaine d'années notre professeur de français nous déconseillait de dire ou d'écrire "une" enfant. "On dit un enfant, quel que soit son sexe."

Féminin de professeur

Pour ce qui est du mot "enfant" et de la remarque du professeur, ce n'était pas tellement une question d'usage nouveau qui aurait été entériné seulement plus tard.
Car il y a bien plus de soixante ans, pour ne pas dire des siècles, que ce mot est épicène.
Et chez les meilleurs auteurs.
Le prof n'était sans doute pas au courant !