Fiches méthode Bac de français 2020

Scène dernière

ACASTE, CLITANDRE, ARSINOÉ, ÉLIANTE, ORONTE, PHILINTE, CÉLIMÈNE, ALCESTE.

ACASTE

Madame, nous venons tous deux, sans vous déplaire,
Éclaircir avec vous une petite affaire.

CLITANDRE

Fort à propos, Messieurs, vous vous trouvez ici,
Et vous êtes mêlés dans cette affaire aussi.

ARSINOÉ

Madame, vous serez surprise de ma vue;
Mais ce sont ces messieurs qui causent ma venue:
Tous deux ils m'ont trouvée, et se sont plaints à moi
D'un trait à qui mon cœur ne saurait prêter foi.
J'ai du fond de votre âme une trop haute estime,
Pour vous croire jamais capable d'un tel crime:
Mes yeux ont démenti leurs témoins les plus forts;
Et l'amitié passant sur de petits discords,
J'ai bien voulu chez vous leur faire compagnie,
Pour vous voir vous laver de cette calomnie.

ACASTE

Oui, Madame, voyons, d'un esprit adouci,
Comment vous vous prendrez à soutenir ceci.
Cette lettre par vous est écrite à Clitandre.

CLITANDRE

Vous avez pour Acaste écrit ce billet tendre?

ACASTE

Messieurs, ces traits pour vous n'ont point d'obscurité,
Et je ne doute pas que sa civilité
À connaître sa main n'ait trop su vous instruire;
Mais ceci vaut assez la peine de le lire.

Vous êtes un étrange homme, Clitandre, de condamner mon enjouement, et de me reprocher que je n'ai jamais tant de joie que lorsque je ne suis pas avec vous. Il n'y a rien de plus injuste; et si vous ne venez bien vite me demander pardon de cette offense, je ne vous le pardonnerai de ma vie. Notre grand flandrin de Vicomte...

Il devrait être ici.

Notre grand flandrin de Vicomte, par qui vous commencez vos plaintes, est un homme qui ne saurait me revenir; et depuis que je l'ai vu, trois quarts d'heure durant, cracher dans un puits pour faire des ronds, je n'ai pu jamais prendre bonne opinion de lui. Pour le petit Marquis...

C'est moi-même, Messieurs, sans nulle vanité.

Pour le petit Marquis, qui me tint hier longtemps la main, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que toute sa personne; et ce sont de ces mérites qui n'ont que la cape et l'épée. Pour l'homme aux rubans verts...

À vous le dé, Monsieur.

Pour l'homme aux rubans verts, il me divertit quelquefois avec ses brusqueries et son chagrin bourru; mais al est cent moments où je le trouve le plus fâcheux du monde. Et pour l'homme au sonnet...

Voici votre paquet.

Et pour l'homme au sonnet, qui s'est jeté dans le bel esprit et veut être auteur malgré tout le monde, je ne puis me donner la peine d'écouter ce qu'il dit; et sa prose me fatigue autant que ses vers. Mettez-vous donc en tête que je ne me divertis pas toujours si bien que vous pensez, que je vous trouve à dire plus que je ne voudrais, dans toutes les parties où l'on m'entraîne, et que c'est un merveilleux assaisonnement aux plaisirs qu'on goûte que la présence des gens qu'on aime.

CLITANDRE

Me voici maintenant moi.

Votre Clitandre dont vous me parlez, et qui fait tant le doucereux, est le dernier des hommes pour qui j'aurais de l'amitié. Il est extravagant de se persuader qu'on l'aime; et vous l'êtes de croire qu'on ne vous aime pas. Changez, pour être raisonnable, vos sentiments contre les siens; et voyez-moi le plus que vous pourrez, pour m'aider à porter le chagrin d'en être obsédée.

D'un fort beau caractère on voit là le modèle,
Madame, et vous savez comment cela s'appelle.
Il suffit: nous allons l'un et l'autre en tous lieux
Montrer de votre cœur le portrait glorieux.

ACASTE

J'aurais de quoi vous dire, et belle est la matière;
Mais je ne vous tiens pas digne de ma colère;
Et je vous ferai voir que les petits marquis
Ont, pour se consoler, des cours de plus haut prix.

ORONTE

Quoi? de cette façon je vois qu'on me déchire,
Après tout ce qu'à moi je vous ai vu m'écrire!
Et votre cœur, paré de beaux semblants d'amour,
À tout le genre humain se promet tour à tour!
Allez, j'étais trop dupe, et je vais ne plus l'être.
Vous me faites un bien, me faisant vous connaître:
J'y profite d'un cœur qu'ainsi vous me rendez,
Et trouve ma vengeance en ce que vous perdez.
(à Alceste.)
Monsieur, je ne fais plus d'obstacle à votre flamme,
Et vous pouvez conclure affaire avec Madame.

ARSINOÉ

Certes, voilà le trait du monde le plus noir;
Je ne m'en saurais taire, et me sens émouvoir.
Voit-on des procédés qui soient pareils aux vôtres?
Je ne prends point de part aux intérêts des autres;
Mais Monsieur, que chez vous fixait votre bonheur,
Un homme comme lui, de mérite et d'honneur,
Et qui vous chérissait avec idolâtrie,
Devait-il...?

ALCESTE

Laissez-moi, Madame, je vous prie,
Vuider mes intérêts moi-même là-dessus,
Et ne vous chargez point de ces soins superflus.
Mon cour a beau vous voir prendre ici sa querelle,
Il n'est point en état de payer ce grand zèle;
Et ce n'est pas à vous que je pourrai songer,
Si par un autre choix je cherche à me venger.

ARSINOÉ

Hé! croyez-vous, Monsieur, qu'on ait cette pensée,
Et que de vous avoir on soit tant empressée?
Je vous trouve un esprit bien plein de vanité,
Si de cette créance il peut s'être flatté.
Le rebut de Madame est une marchandise
Dont on aurait grand tort d'être si fort éprise.
Détrompez-vous, de grâce, et portez-le moins haut:
Ce ne sont pas des gens comme moi qu'il vous faut;
Vous ferez bien encor de soupirer pour elle,
Et je brûle de voir une union si belle.
Elle se retire.

ALCESTE

Hé bien! je me suis tu, malgré ce que je voi,
Et j'ai laissé parler tout le monde avant moi:
Ai-je pris sur moi-même un assez long empire,
Et puis-je maintenant...?

CÉLIMÈNE

Oui, vous pouvez tout dire:
Vous en êtes en droit, lorsque vous vous plaindrez,
Et de me reprocher tout ce que vous voudrez.
J'ai tort, je le confesse, et mon âme confuse
Ne cherche à vous payer d'aucune vaine excuse.
J'ai des autres ici méprisé le courroux,
Mais je tombe d'accord de mon crime envers vous.
Votre ressentiment, sans doute, est raisonnable:
Je sais combien je dois vous paraître coupable,
Que toute chose dit que j'ai pu vous trahir,
Et qu'enfin vous avez sujet de me haïr.
Faites-le, j'y consens.

ALCESTE

Hé! le puis-je, traîtresse?
Puis-je ainsi triompher de toute ma tendresse?
Et quoique avec ardeur je veuille vous haïr,
Trouvé-je un cour en moi tout prêt à m'obéir?
(à Éliante et Philinte.)
Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
Et je vous fais tous deux témoins de ma faiblesse.
Mais, à vous dire vrai, ce n'est pas encor tout,
Et vous allez me voir la pousser jusqu'au bout,
Montrer que c'est à tort que sages on nous nomme,
Et que dans tous les cours il est toujours de l'homme.
Oui, je veux bien, perfide, oublier vos forfaits;
J'en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits,
Et me les couvrirai du nom d'une faiblesse
Où le vice du temps porte votre jeunesse,
Pourvu que votre cour veuille donner les mains
Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains,
Et que dans mon désert, où j'ai fait vou de vivre,
Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre:
C'est par là seulement que, dans tous les esprits,
Vous pouvez réparer le mal de vos écrits,
Et qu'après cet éclat, qu'un noble cour abhorre,
Il peut m'être permis de vous aimer encore.

CÉLIMÈNE

Moi, renoncer au monde avant que de vieillir,
Et dans votre désert aller m'ensevelir?

ALCESTE

Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde,
Que vous doit importer tout le reste du monde?
Vos désirs avec moi ne sont-ils pas contents?

CÉLIMÈNE

La solitude effraye une âme de vingt ans:
Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte.
Si le don de ma main peut contenter vos vœux,
Je pourrai me résoudre à serrer de tels nœuds;
Et l'hymen...

ALCESTE

Non: mon cour à présent vous déteste,
Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
De vos indignes fers pour jamais me dégage.
(Célimène se retire, et Alceste parle à Éliante.)
Madame, cent vertus ornent votre beauté,
Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité;
De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême;
Mais laissez-moi toujours vous estimer de même;
Et souffrez que mon cour, dans ses troubles divers,
Ne se présente point à l'honneur de vos fers:
Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
Que le Ciel pour ce nœud ne m'avait point fait naître;
Que ce serait pour vous un hommage trop bas
Que le rebut d'un cour qui ne vous valait pas;
Et qu'enfin...

ÉLIANTE

Vous pouvez suivre cette pensée:
Ma main de se donner n'est pas embarrassée;
Et voilà votre ami, sans trop m'inquiéter,
Qui, si je l'en priois, la pourrait accepter.

PHILINTE

Ah! cet honneur, Madame, est toute mon envie,
Et j'y sacrifierais et mon sang et ma vie.

ALCESTE

Puissiez-vous, pour goûter de vrais contentements,
L'un pour l'autre à jamais garder ces sentiments!
Trahi de toutes parts, accablé d'injustices,
Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices,
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d'être homme d'honneur ont ait la liberté.

PHILINTE

Allons, Madame, allons employer toute chose,
Pour rompre le dessein que son cœur se propose.
http://www.site-moliere.com/pieces/misant54.htm
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Réponses

  • Eh bien, que se passe-t-il dans cette scène du point de vue de l'intrigue et de la situation des personnages ?
  • SakinaSakina Membre
    On remarque que c'est un dénouement qui se fini mal puisque Alceste et Célimène ne se marie pas
  • On te dit “par rapport à l'intrigue” donc il te faut résumer cette intrigue et voir en quoi cette scène la dénoue
  • SakinaSakina Membre
    Cette scène dénoue l'intrigue puisqu'on comprend que Célimène et Alceste ne s'aime pas car s'ils s'aimaient l'un des deux se serait sacrifier pour l'autre et Alceste aurait pu renoncer à fuir les hommes et se suffire de l'amour de Célimène.Mais je n'arrive pas à trouver des axes, c'est cela qui me coince.
    Je ne sais vraiment pas quoi mettre comme partie, j'ai beaucoup de mal ..=s
    Après la rédaction, c'est pas très compliqué, mais le plan c'est vraiment un de mes problèmes !!
  • As-tu regardé les Fiches de méthode de ce site ?
    Et sur Magister, comment trouver la problématique ?
    En plus on te donne justement une direction : comment ce dénouement résout-il l'intrigue. Alors, suis la piste !
  • Slt!
    je travaille aussi cette derniere scene pour mon oral et je bloque sur une question très importante: comment ce denouement est-il celui d'une comédie?
    Personellement, je trouve que c'est un dénouement plutôt tragique. Est-ce que quelqu'un pourrait m'eclairer en quoi il est celui d'une comédie?
    Et une deuxième question: est-ce qu'il est possible de conclure qu'un misanthrope (qui ne correspond pas à une description de l'honnête homme) n'aurait pas pu survivre dans la société du XVIIeme siecle?Puisque c'est Philinte, l'honnête homme mondain, qui a une heureuse fin.
    Merci d'avance.
    Alceste
    ...
    Oui, je veux bien, perfide, oublier vos forfaits ;
    J'en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits,
    Et me les couvrirai du nom d'une foiblesse
    Où le vice du temps porte votre jeunesse,
    Pourvu que votre coeur veuille donner les mains
    Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains,
    Et que dans mon désert, où j'ai fait voeu de vivre,
    Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre :
    C'est par là seulement que, dans tous les esprits,
    Vous pouvez réparer le mal de vos écrits,
    Et qu'après cet éclat, qu'un noble coeur abhorre,
    Il peut m'être permis de vous aimer encore.

    Célimène
    Moi, renoncer au monde avant que de vieillir,
    Et dans votre désert aller m'ensevelir !

    Alceste
    Et s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde,
    Que vous doit importer tout le reste du monde ?
    Vos desirs avec moi ne sont?ils pas contents ?
    Célimène
    La solitude effraye une âme de vingt ans :
    Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
    Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte...
    Si le don de ma main peut contenter vos voeux,
    Je pourrai me résoudre à serrer de tels noeuds :
    Et l'hymen...
    Alceste
    Non : mon cur à présent vous déteste,
    Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
    Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
    Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
    Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
    De vos indignes fers pour jamais me dégage.
    (Célimène se retire, et Alceste parle à Eliante).
    Madame, cent vertus ornent votre beauté,
    Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité ;
    De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême ;
    Mais laissez?moi toujours vous estimer de même ;
    Et souffrez que mon coeur, dans ses troubles divers,
    Ne se présente point à l'honneur de vos fers :
    Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
    Que le ciel pour ce noeud ne m'avoir point fait naître ;
    Que ce seroit out vous un hommage trop bas
    Que le rebut d'un coeur qui ne vous valoit pas ;
    Et qu'enfin...

    Eliante
    Vous pouvez suivre cette pensée :
    Ma main de se donner n'est pas embarrassée ;
    Et voilà votre ami, sans trop m'inquiéter,
    Qui, si je l'en priois, la pourroit accepter.

    Philinte
    Ah ! cet honneur, Madame, est toute mon envie,
    Et j'y sacrifierois et mon sang et ma vie.
    Alceste
    Puissiez?vous, pour goûter de vrais contentements,
    L'un pour l'autre à jamais garder ces sentiments !
    Trahi de toutes parts, accablé d'injustices,
    Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices,
    Et chercher sur la terre un endroit écarté
    Où d'être homme d'honneur on ait la liberté.

    Philinte
    Allons, Madame, allons employer toute chose,
    Pour rompre le dessein que son coeur se propose.
  • si quelqu'un pourrait répondre à cette question ca serait sympa merci
    :)
  • atea-atea- Membre
    hum...scène qui finit mal pour Alceste oui puisqu'il est prêt à pardonner Célimène mais qu'elle ne veut pas le suivre , il se retrouve seul et reste un bourru ,un fantasque même....Tout le monde semble degouté par le comportement de Célimène:Acaste et Clitandre après avoir reçu les billets se voient trahis , Arsinoé ne sera pas aimé d'Alceste puisqu'il aime Célimène ,Oronte se retire...Il y a quand même une touche de légereté grâce au mariage de Philinte et Eliante qui semblent les personnages les plus nuancés.
  • Le dénouement du Misanthrope est il d'apres vous le fruit du hasard ?


    Bonjour, J'ai un commentaire composé à faire, et je bloque sur une question que je me pose pour mon plan ..

    En effet je sais que le Misanthrope est une pièce appartenant au classicisme mais je sais aussi qu'elle ne respecte pas toutes les règles du classique;..

    donc j'aurai voulu savoir si vous pensiez que le dénouement du Misanthrope est le fruit du hasard.

    D'après moi , ce n'est pas le fruit du hasard puisque Célimene se trouvant dans un "piège" parce que Clitandre et Acaste lisent ses mots (pas très sympa dirons nous car Célimene se moque de chaque personnage un a un) qu'elle leur avait envoyé aux autres personnages, ce qui a pour conséquences évidemment une sorte de dispute.

    Merci d'avance.
  • Bonjour,

    Pourriez-vous m'aider a trouver un plan de commentaire a cet extrait (c'est le denouement du misanthrope)

    Alceste
    Non : mon cur à présent vous déteste,
    Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
    Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
    Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
    Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
    De vos indignes fers pour jamais me dégage.
    (Célimène se retire, et Alceste parle à Eliante).
    Madame, cent vertus ornent votre beauté,
    Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité ;
    De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême ;
    Mais laissez?moi toujours vous estimer de même ;
    Et souffrez que mon coeur, dans ses troubles divers,
    Ne se présente point à l'honneur de vos fers :
    Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
    Que le ciel pour ce noeud ne m'avoir point fait naître ;
    Que ce seroit out vous un hommage trop bas
    Que le rebut d'un coeur qui ne vous valoit pas ;
    Et qu'enfin...

    Eliante
    Vous pouvez suivre cette pensée :
    Ma main de se donner n'est pas embarrassée ;
    Et voilà votre ami, sans trop m'inquiéter,
    Qui, si je l'en priois, la pourroit accepter.

    Philinte
    Ah ! cet honneur, Madame, est toute mon envie,
    Et j'y sacrifierois et mon sang et ma vie.
    Alceste
    Puissiez?vous, pour goûter de vrais contentements,
    L'un pour l'autre à jamais garder ces sentiments !
    Trahi de toutes parts, accablé d'injustices,
    Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices,
    Et chercher sur la terre un endroit écarté
    Où d'être homme d'honneur on ait la liberté.

    Philinte
    Allons, Madame, allons employer toute chose,
    Pour rompre le dessein que son coeur se propose.
    j'ai trouve des elements mais je n'arrivent pas a les regrouper pour faire un plan.

    Les voici:


    +Alceste :

    Tragedie il ne va pas se marier avec Celimene et il va s'autoexclure de la societe

    On remarque que son exces se confirme :
    tres violent avec Celimene et fait tout de suite des louanges a Eliante


    Pouvez-vous m'aidez a faire un plan de commentaire a cet extrait ?

    Merci beaucoup


    +Eliante et Philinte:

    Comedie : Marriage
  • Bonjour,

    Je sollicite votre aide concernant cet extrait :
    ALCESTE
    Hé bien, je me suis tu, malgré ce que je voi,
    Et j’ai laissé parler tout le monde, avant moi.
    1735 Ai-je pris sur moi-même, un assez long empire,
    Et puis-je, maintenant...

    CÉLIMÈNE
    Oui, vous pouvez tout dire,
    Vous en êtes en droit, lorsque vous vous plaindrez,
    Et de me reprocher tout ce que vous voudrez.
    J’ai tort, je le confesse, et mon âme confuse
    1740 Ne cherche à vous payer, d’aucune vaine excuse :
    J’ai des autres, ici, méprisé le courroux,
    Mais je tombe d’accord de mon crime envers vous.
    Votre ressentiment, sans doute, est raisonnable,
    Je sais combien je dois vous paraître coupable,
    1745 Que toute chose dit, que j’ai pu vous trahir,
    Et, qu’enfin, vous avez sujet de me haïr.
    Faites-le, j’y consens.

    ALCESTE
    Hé le puis-je, traîtresse,
    Puis-je, ainsi, triompher de toute ma tendresse ?
    Et quoique avec ardeur, je veuille vous haïr,
    1750 Trouvé-je un cœur, en moi, tout prêt à m’obéir ?
    À Éliante et Philinte.
    Vous voyez ce que peut une indigne tendresse,
    Et je vous fais, tous deux, témoins de ma faiblesse.
    Mais, à vous dire vrai, ce n’est pas, encor, tout,
    Et vous allez me voir la pousser jusqu’au bout,
    1755 Montrer que c’est à tort, que sages on nous nomme,
    Et que, dans tous les cœurs, il est toujours de l’homme.
    Oui, je veux bien, perfide, oublier vos forfaits,
    J’en saurai, dans mon âme, excuser tous les traits,
    Et me les couvrirai du nom d’une faiblesse,
    1760 Où le vice du temps, porte votre jeunesse ;
    Pourvu que votre cœur veuille donner les mains
    Au dessein que j’ai fait de fuir tous les humains,
    Et que, dans mon désert, où j’ai fait vœu de vivre,
    Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre.
    1765 C’est par là, seulement, que dans tous les esprits,
    Vous pouvez réparer le mal de vos écrits ;
    Et qu’après cet éclat, qu’un noble cœur abhorre,
    Il peut m’être permis de vous aimer encore.

    CÉLIMÈNE
    Moi, renoncer au monde, avant que de vieillir !
    1770 Et dans votre désert aller m’ensevelir !

    ALCESTE
    Et s’il faut qu’à mes feux votre flamme réponde,
    Que vous doit importer tout le reste du monde ?
    Vos désirs, avec moi, ne sont-ils pas contents ?

    CÉLIMÈNE
    La solitude effraye une âme de vingt ans ;
    1775 Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
    Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte.
    Si le don de ma main peut contenter vos vœux,
    Je pourrai me résoudre à serrer de tels nœuds :
    Et l’hymen...

    ALCESTE
    Non, mon cœur, à présent, vous déteste,
    1780 Et ce refus, lui seul, fait plus que tout le reste :
    Puisque vous n’êtes point en des liens si doux,
    Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
    Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage,
    De vos indignes fers, pour jamais me dégage.

    Célimène se retire, et Alceste parle à Éliante.

    La professeur nous a demandé de ne travailler que sur un des 2 grands axes et par binôme. Mon ami et moi avons fait le chois d'étudié la (non) conventionnalité du dénouement. Plus précisément, j'ai choisis de montrer les côtés conventionnel.

    J'ai chercher tout ce que j'ai pu mais j'ai l'impression de manquer de matière. Voilà le fruit de mes recherches (sous forme de prise de note) :

    Le sort des perso est fixé :
    -Célimène se retire (didascalie v.1784)
    -Alceste rompt définitivement (v.1783)
    -Juste avant l'extrait, Arsinoë se retire, on en déduit que sont sort est fixé aussi

    Le dénouement est rapide :
    -Ici, 139 vers sont étudiés

    Le dénouement n'admet pas d'issues possibles (pour l'extrait seul !) :
    -Sort des perso fixé l'un après l'autre
    -Célimène s'est retiré, Alceste a rompu, il va s'adresser à Eliante comme pour conclure => Fin.


    Merci à ceux qui me viendront en aide..
  • Bonjour,je vais essayer de répondre à l'ensemble des commantaires que j'ai lu,à l'aide d'analyses personnelles et vues en classe:

    Tout d'abord,la piéce Le Misanthrope reste une comédie:seulement,certains passages ont un aspect tragique,notamment cette scène. Mais attention,cet extrait n'est qu'une partie du dénouement:en effet,la pièce se termine par une fin heureuse:cela correspond bien aux caractéristiques de la comédie(Philinte et Eliante se marient:seule liaison réussie de la pièce).

    Quand aux valeurs du classicisme,Molière les respecte tout en les déjouant. Je m'explique:par exemple,pour la première scène(la scène d'exposition doit présenter les personnages ainsi que l'intrigue selon les règles du théatre classique)Molière fournit bel et bien une intrigue:Alceste reproche à Philinte sa complaisance envers une tièrce personne,mais cet évènement n'a en soi guère d'importance et n'en prendra pas par la suite(on ne débat pas sur cette petite dispute tout au long de la pièce).En fait,Molère écrit une fausse intrigue:elle sert juste à présenter la différence de comportement et de caractère entre ces 2 personnages.

    Enfin,pour le plan du commentaire:
    I)L'aveu d'Alceste(vous pouvez faire des sous-parties comme sa faiblesse trahie,son aspect barbon...)
    II)Refus de Célimène(de même:incapacité à renoncer au monde,son hésitation...)

    Ce n'est qu'un exemple de plan parmi tant d'autres possibles,tout dépend de ce que vous voulez faire ressortir dans votre analyse.

    Voilà,j'espère que je me suis exprimée assez clairement et que j'ai pu vous être utile! Bon courage à tous!
  • Bonjour j'ai un plan d'un commentaire a faire sur le misanthrope mais je n'arrive pas a trouver les grande partie , voici ce que j'ai trouver I.changement de ces sentiments II.approbation de la relation de celimene et éliante voice l'extrait :
    CELIMENE
    La solitude effraye une âme de vingt ans:
    Je ne sens point la mienne assez grande, assez forte,
    Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte.
    Si le don de ma main peut contenter vos vœux,
    Je pourrai me résoudre à serrer de tels nœuds;
    Et l'hymen...
    ALCESTE
    Non: mon cour à présent vous déteste,
    Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste.
    Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux,
    Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous,
    Allez, je vous refuse, et ce sensible outrage
    De vos indignes fers pour jamais me dégage.
    (Célimène se retire, et Alceste parle à Éliante.)
    Madame, cent vertus ornent votre beauté,
    Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité;
    De vous, depuis longtemps, je fais un cas extrême;
    Mais laissez-moi toujours vous estimer de même;
    Et souffrez que mon cour, dans ses troubles divers,
    Ne se présente point à l'honneur de vos fers:
    Je m'en sens trop indigne, et commence à connaître
    Que le Ciel pour ce nœud ne m'avait point fait naître;
    Que ce serait pour vous un hommage trop bas
    Que le rebut d'un cour qui ne vous valait pas;
    Et qu'enfin...
    ÉLIANTE
    Vous pouvez suivre cette pensée:
    Ma main de se donner n'est pas embarrassée;
    Et voilà votre ami, sans trop m'inquiéter,
    Qui, si je l'en priois, la pourrait accepter.
    PHILINTE
    Ah! cet honneur, Madame, est toute mon envie,
    Et j'y sacrifierais et mon sang et ma vie.
    ALCESTE
    Puissiez-vous, pour goûter de vrais contentements,
    L'un pour l'autre à jamais garder ces sentiments!
    Trahi de toutes parts, accablé d'injustices,
    Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices,
    Et chercher sur la terre un endroit écarté
    Où d'être homme d'honneur ont ait la liberté.
    PHILINTE
    Allons, Madame, allons employer toute chose,
    Pour rompre le dessein que son cœur se propose.
    merci d'avance de votre aide
  • Bonjour,

    Je sollicite votre aide concernant cet extrait : je cherche les figure de style pour chaque personnage dans l acte V :
    ALCESTE, PHILINTE.
    ALCESTE
    La résolution en est prise, vous dis-je.

    PHILINTE
    Mais, quel que soit ce coup, faut-il qu’il vous oblige...

    ALCESTE
    Non, vous avez beau faire, et beau me raisonner,
    Rien de ce que je dis, ne me peut détourner :
    1485 Trop de perversité règne au siècle où nous sommes,
    Et je veux me tirer du commerce des hommes.
    Quoi ! contre ma partie, on voit, tout à la fois,
    L’honneur, la probité, la pudeur, et les lois :
    On publie, en tous lieux, l’équité de ma cause :
    1490 Sur la foi de mon droit, mon âme se repose :
    Cependant, je me vois trompé par le succès [1] ,
    J’ai pour moi la justice, et je perds mon procès !
    Un traître, dont on sait la scandaleuse histoire,
    Est sorti triomphant d’une fausseté noire !
    1495 Toute la bonne foi cède à sa trahison !
    Il trouve, en m’égorgeant, moyen d’avoir raison !
    Le poids de sa grimace, où brille l’artifice,
    Renverse le bon droit, et tourne la justice !
    Il fait, par un arrêt, couronner son forfait :

    1500 Et non content, encor, du tort que l’on me fait,
    Il court, parmi le monde, un livre abominable,
    Et de qui la lecture est, même, condamnable !
    Un livre à mériter la dernière rigueur,
    Dont le fourbe a le front de me faire l’auteur [2] !

    1505 Et, là-dessus, on voit Oronte qui murmure,
    Et tâche, méchamment, d’appuyer l’imposture !
    Lui, qui d’un honnête homme, à la cour tient le rang !
    À qui je n’ai rien fait, qu’être sincère, et franc !
    Qui me vient, malgré moi, d’une ardeur empressée,
    1510 Sur des vers qu’il a faits, demander ma pensée !
    Et parce que j’en use avec honnêteté,
    Et ne le veux trahir, lui, ni la vérité,
    Il aide à m’accabler d’un crime imaginaire :
    Le voilà devenu mon plus grand adversaire !
    1515 Et jamais, de son cœur, je n’aurai de pardon,
    Pour n’avoir pas trouvé que son sonnet fût bon !
    Et les hommes, morbleu, sont faits de cette sorte !
    C’est à ces actions que la gloire les porte !
    Voilà la bonne foi, le zèle vertueux,
    1520 La justice, et l’honneur, que l’on trouve chez eux !
    Allons, c’est trop souffrir les chagrins qu’on nous forge,
    Tirons-nous de ce bois, et de ce coupe-gorge ;
    Puisque entre humains, ainsi, vous vivez en vrais loups,
    Traîtres, vous ne m’aurez de ma vie, avec vous.

    PHILINTE
    1525 Je trouve un peu bien prompt, le dessein où vous êtes,
    Et tout le mal n’est pas si grand que vous le faites :
    Ce que votre partie ose vous imputer,
    N’a point eu le crédit de vous faire arrêter ;
    On voit son faux rapport, lui-même, se détruire,
    1530 Et c’est une action qui pourrait bien lui nuire.

    ALCESTE
    Lui ! de semblables tours, il ne craint point l’éclat,
    Il a permission d’être franc scélérat ;
    Et loin qu’à son crédit nuise cette aventure,
    On l’en verra, demain, en meilleure posture.

    PHILINTE
    1535 Enfin, il est constant [3] qu’on n’a point trop donné
    Au bruit [4] que, contre vous, sa malice a tourné :
    De ce côté, déjà, vous n’avez rien à craindre :
    Et pour votre procès, dont vous pouvez vous plaindre,
    Il vous est, en justice, aisé d’y revenir,
    Et contre cet arrêt...

    ALCESTE
    1540 Non, je veux m’y tenir.
    Quelque sensible tort qu’un tel arrêt me fasse,
    Je me garderai bien de vouloir qu’on le casse :
    On y voit trop à plein, le bon droit maltraité,
    Et je veux qu’il demeure à la postérité,
    1545 Comme une marque insigne, un fameux témoignage,
    De la méchanceté des hommes de notre âge.
    Ce sont vingt mille francs qu’il m’en pourra coûter,
    Mais, pour vingt mille francs, j’aurai droit de pester
    Contre l’iniquité de la nature humaine,

    1550 Et de nourrir, pour elle, une immortelle haine.


    PHILINTE
    Mais enfin...

    ALCESTE
    Mais, enfin, vos soins sont superflus :
    Que pouvez-vous, Monsieur, me dire là-dessus ?
    Aurez-vous bien le front de me vouloir, en face,
    Excuser les horreurs de tout ce qui se passe ?

    PHILINTE
    1555 Non, je tombe d’accord de tout ce qu’il vous plaît,
    Tout marche par cabale, et par pur intérêt ;
    Ce n’est plus que la ruse, aujourd’hui, qui l’emporte,
    Et les hommes devraient être faits d’autre sorte.
    Mais est-ce une raison, que leur peu d’équité,
    1560 Pour vouloir se tirer de leur société ?
    Tous ces défauts humains nous donnent, dans la vie,
    Des moyens d’exercer notre philosophie,
    C’est le plus bel emploi que trouve la vertu ;
    Et si, de probité, tout était revêtu,
    1565 Si tous les cœurs étaient, francs, justes, et dociles,
    La plupart des vertus nous seraient inutiles,
    Puisqu’on en met l’usage à pouvoir, sans ennui,
    Supporter dans nos droits, l’injustice d’autrui :
    Et de même qu’un cœur, d’une vertu profonde...

    ALCESTE
    1570 Je sais que vous parlez, Monsieur, le mieux du monde,
    En beaux raisonnements, vous abondez toujours,
    Mais vous perdez le temps, et tous vos beaux discours.
    La raison, pour mon bien, veut que je me retire,
    Je n’ai point, sur ma langue, un assez grand empire ;
    1575 De ce que je dirais, je ne répondrais pas,
    Et je me jetterais cent choses sur les bras.
    Laissez-moi, sans dispute, attendre Célimène,
    Il faut qu’elle consente au dessein qui m’amène ;
    Je vais voir si son cœur a de l’amour pour moi,
    1580 Et c’est ce moment-ci, qui doit m’en faire foi.

    PHILINTE
    Montons chez Éliante, attendant sa venue.

    ALCESTE
    Non, de trop de souci, je me sens l’âme émue,
    Allez-vous-en la voir, et me laissez, enfin,
    Dans ce petit coin sombre, avec mon noir chagrin.

    PHILINTE
    1585 C’est une compagnie étrange, pour attendre,
    Et je vais obliger Éliante à descendre.
    SCÈNE II
    ORONTE, CÉLIMÈNE, ALCESTE.
    ORONTE
    Oui, c’est à vous, de voir, si par des nœuds si doux,
    Madame, vous voulez m’attacher tout à vous :
    Il me faut, de votre âme, une pleine assurance,
    1590 Un amant, là-dessus, n’aime point qu’on balance :
    Si l’ardeur de mes feux a pu vous émouvoir,
    Vous ne devez point feindre [5] à me le faire voir ;
    Et la preuve, après tout, que je vous en demande,
    C’est de ne plus souffrir qu’Alceste vous prétende [6] ,

    1595 De le sacrifier, Madame, à mon amour,
    Et, de chez vous, enfin, le bannir dès ce jour.

    CÉLIMÈNE
    Mais quel sujet si grand, contre lui, vous irrite,
    Vous, à qui j’ai tant vu parler de son mérite ?

    ORONTE
    Madame, il ne faut point ces éclaircissements,
    1600 Il s’agit de savoir quels sont vos sentiments :
    Choisissez, s’il vous plaît, de garder l’un, ou l’autre,
    Ma résolution n’attend rien que la vôtre.

    ALCESTE sortant du coin où il s’était retiré.
    Oui, Monsieur a raison ; Madame, il faut choisir,
    Et sa demande, ici, s’accorde à mon désir ;
    1605 Pareille ardeur me presse, et même soin m’amène,
    Mon amour veut du vôtre, une marque certaine.
    Les choses ne sont plus pour traîner en longueur,
    Et voici le moment d’expliquer votre cœur.

    ORONTE
    Je ne veux point, Monsieur, d’une flamme importune,
    1610 Troubler, aucunement, votre bonne fortune.

    ALCESTE
    Je ne veux point, Monsieur, jaloux, ou non jaloux,
    Partager de son cœur, rien du tout avec vous.

    ORONTE
    Si votre amour, au mien, lui semble préférable...

    ALCESTE
    Si du moindre penchant elle est pour vous capable...

    ORONTE
    1615 Je jure de n’y rien prétendre désormais.

    ALCESTE
    Je jure, hautement, de ne la voir jamais.

    ORONTE
    Madame, c’est à vous, de parler sans contrainte.

    ALCESTE
    Madame, vous pouvez vous expliquer sans crainte.

    ORONTE
    Vous n’avez qu’à nous dire où s’attachent vos vœux.

    ALCESTE
    1620 Vous n’avez qu’à trancher, et choisir de nous deux.

    ORONTE
    Quoi ! sur un pareil choix, vous semblez être en peine !

    ALCESTE
    Quoi ! votre âme balance, et paraît incertaine !

    CÉLIMÈNE
    Mon Dieu ! que cette instance est là, hors de saison :
    Et que vous témoignez, tous deux, peu de raison !
    1625 Je sais prendre parti sur cette préférence,
    Et ce n’est pas mon cœur, maintenant, qui balance :
    Il n’est point suspendu, sans doute [7] , entre vous deux,
    Et rien n’est si tôt fait, que le choix de nos vœux.
    Mais je souffre, à vrai dire, une gêne trop forte,
    1630 À prononcer en face, un aveu de la sorte :
    Je trouve que ces mots, qui sont désobligeants,
    Ne se doivent point dire en présence des gens :
    Qu’un cœur, de son penchant, donne assez de lumière,
    Sans qu’on nous fasse aller, jusqu’à rompre en visière :
    1635 Et qu’il suffit, enfin, que de plus doux témoins [8]
    Instruisent un amant, du malheur de ses soins.

    ORONTE
    Non, non, un franc aveu n’a rien que j’appréhende,
    J’y consens pour ma part.

    ALCESTE
    Et moi, je le demande ;
    C’est son éclat, surtout, qu’ici j’ose exiger,
    1640 Et je ne prétends point vous voir rien ménager.
    Conserver tout le monde, est votre grande étude,
    Mais plus d’amusement [9] , et plus d’incertitude ;
    Il faut vous expliquer, nettement, là-dessus,
    Ou bien, pour un arrêt, je prends votre refus :
    1645 Je saurai, de ma part, expliquer ce silence,
    Et me tiendrai pour dit, tout le mal que j’en pense.

    ORONTE
    Je vous sais fort bon gré, Monsieur, de ce courroux.
    Et je lui dis, ici, même chose que vous.

    CÉLIMÈNE
    Que vous me fatiguez avec un tel caprice !
    1650 Ce que vous demandez, a-t-il de la justice :
    Et ne vous dis-je pas quel motif me retient ?
    J’en vais prendre pour juge, Éliante qui vient.
    SCÈNE III
    ÉLIANTE, PHILINTE, CÉLIMÈNE, ORONTE, ALCESTE.
    CÉLIMÈNE
    Je me vois, ma cousine, ici, persécutée
    Par des gens dont l’humeur y paraît concertée.
    1655 Ils veulent l’un, et l’autre, avec même chaleur,
    Que je prononce, entre eux, le choix que fait mon cœur :
    Et que, par un arrêt qu’en face il me faut rendre,
    Je défende à l’un d’eux, tous les soins qu’il peut prendre.
    Dites-moi si, jamais, cela se fait ainsi ?

    ÉLIANTE
    1660 N’allez point, là-dessus, me consulter ici ;
    Peut-être, y pourriez-vous être mal adressée,
    Et je suis pour les gens qui disent leur pensée.

    ORONTE
    Madame, c’est en vain que vous vous défendez.

    ALCESTE
    Tous vos détours, ici, seront mal secondés.

    ORONTE
    1665 Il faut, il faut parler, et lâcher la balance.

    ALCESTE
    Il ne faut que poursuivre à garder le silence.

    ORONTE
    Je ne veux qu’un seul mot, pour finir nos débats.

    ALCESTE

    Merci d avance !
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour...

    Et depuis que tu cherches, tu n'as rien trouvé ? Propose au moins d'abord un petit début de travail...
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