Méthode commentaire Méthode dissertation

Bonjour,

Sur quels points puis-je me focaliser pour faire un commentaire comparé sur la folie d'un personnage ? Comment peut-elle s'illustrer ?

Par exemple, avec excès de violence, aliénation ...

Merci d'avance Bonne soirée !

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    Il faudrait d'abord savoir quels textes sont concernés.

  • Un commentaire comparé suppose plusieurs textes à ... comparer, ou alors je me fais vieux avant l'heure. Quels sont vos textes ?

  • Bonjour, je vais essayer de trouver les extraits, mais je ne suis pas sure de les trouver sur internet, ils sont directement tirés des livres

  • Malheureusement je n'ai pas trouvé les extraits sur internet et il me semble que sur le site on ne peut pas mettre de photocopie des livres...

  • JehanJehan Modérateur

    Donne au moins le nom des auteurs, des œuvres, et les première et dernière phrase de chaque extrait...

  • glad.obl24glad.obl24 Membre
    31 mars modifié


    Voici un premier texte : Mulata de Tal, de Miguel Angel Asturias.

    Lorsque la mulâtresse sentit tomber près d'elle, dans le lit, le corps de son mari, harassé, vaincu, elle I'attrapa par les cheveux avec un rire rauque, coléreux, et lui frappa la tête contre I'oreiller jusqu'à être épuisée. Vipère qui, après avoir hypnotisé sa victime, exige qu'elle ne demeure pas inerte mais assiste à sa propre mort en qualité d'invitée.

    Deux, trois, plusieurs fois Yumi vint chez son compère Timoteo, bien décidé à lui raconter que bien qu'il fut vraiment très riche (il ne savait pas lui-même à combien se montaient ses richesses et personne ne le savait), il était très malheureux. Mais passé au second rang dans le domaine des affaires, de l'argent, des bêtes primées dans les expositions agricoles, et dans la transformation de Quiavicüs de village en jolie ville, Timoteo le recevait avec des petits rires inexplicables, moqueurs et Yumi n'osa jamais lui rapporter ce qui lui arrivait.

    La mulâtresse, depuis cette terrible affaire des incendies d'or, se saoulait nuit après nuit, dévorée par une flamme intérieure qui la rendait folle. Elle chantait, riait, dansait, se faisait poursuivre par des archers habiles qui lui décochaient des flèches ne causant que de légères éraflures et provoquant la sensation de blessures multiples qui la faisaient se trémousser, écheveau de miel qui passait de l'ébriété des liqueurs de colibri, de canne à sucre et de maguey, à l'ébriété de la fumée gesticulante, pour finalement tomber hors du temps, dans une vague éternité rongeuse, les pupilles immensément ouvertes pareilles à deux lunes de goudron, à deux caillots solitaires au sein de l'effroi absolu, de l'épouvante, de la peur, de l'angoisse, des sanglots bruyants, pleurs de celui qui n'a ni maître, ni planche de salut, pleurs suivis de [a fureur de se détruire, de la volonté de se dépouiller de son image actuelle pour une image future, de cogner son visage contre l'infranchissable, et après cela le hurlement, le plus angoissé des hurlements quand on le trouve son moi lunaire, vertébral, percé, passif climatérique, suivi du repliement, de la tristesse du singe qui aiguise ses ongles sur ses dents, â l'annonce de la nouvelle, de la terrible nouvelle : le squelette de Yumi, son mari, était en or !

    Je situe: Célestino Yumi et la mulâtresse se sont rencontrés dans ce chapitre, ils se sont aussi mariés. Timoteo est un ami de Yumi. juste avant ce passage, Yumi tente d'éteindre un feu qui s'est répandu sur une grange pleine d'épis de mais.

  • Déjà dans ce texte je remarque que la folie s'accompagne de violence avec le CL de la violence ("attraper", "frapper"...). Violence due à la colère ("rire coléreux"). La femme est comparée à une vipère, animal très dangereux (paragraphe 1)

    La folie suscite des réactions de la part de Yumi : il veut en parler mais ressent de la honte (paragraphe 2)

    Folie se voit dans les termes utilisés ("folle"), elle est instable (chante, rit, danse), elle aime la douleur ("sensation de brulures [...] qui la faisaient se trémousser")

    Je n'ai pas très bien compris à partir de "écheveau [...] terrible nouvelle"

  • La rage bouillonnait en elle.

    Il y a eu un léger crash. Sur le sol, à ses pieds, gisait la tasse brisée. Des taches sombres parsemaient le tapis brillant. S’étalaient. Le bavardage s'arrêta. Reprit. Devant elle, Zulena ramassa les fragments blancs. À une certaine distance, la voix basse de Hugh Wentworth lui parvint, bien qu'il fût, elle le savait, miraculeusement à ses côtés.

    _ Désolé, s'excusa-t-il. J’ai dû te pousser. Si maladroit. Ne me dis pas qu’elle est inestimable et irremplaçable."

    Ça faisait mal. Mon Dieu ! Comme ça faisait mal! Mais elle ne pouvait plus penser à ça maintenant. Pas avec Hugh assis là à marmonner des excuses et des mensonges. La signification de ses paroles, la puissance de son discernement, suscitaient en elle un sentiment de prudence. Sa fierté se révoltait. Merde Hugh! Il allait falloir régler son cas. Tout de suite. Apparemment, on ne pouvait empêcher qu’il sache. C'était trop tard pour ça. Mais elle pouvait empêcher, et ferait en sorte d’empêcher, qu’il sache qu’elle savait. Elle pouvait le supporter, et elle le ferait. Il le faudrait. Il y avait les enfants. Tout son corps se tendit. Dans cette seconde, elle vit qu'elle pouvait tout supporter, mais seulement si personne ne savait qu'elle avait quelque chose à supporter. Cela l’effrayait, mais elle pouvait le supporter.

    Elle se tourna vers Hugh. Secoua la tête. Elle leva des yeux sombres innocents vers les siens, pâles et inquiets.

    _ Oh, non, protesta-t-elle, Tu ne m'as pas poussé. Juré craché, je vais te dire ce qui s’est passé.

    _ Accordé ! 

    _ As-tu remarqué cette tasse ? Eh bien, tu as de la chance. C'était la chose la plus laide que tes ancêtres, les charmants confédérés n’aient jamais possédé. Je ne sais plus quand, combien de milliers d'années auparavant, elle appartenait à l’arrière-grand-oncle de Brian. Mais elle a, ou avait, une bonne vieille histoire. Elle fut apportée dans le Nord par le « chemin de fer souterrain ». Ou le métro, comme on dit en Angleterre. Ce que je veux dire, c’est que je n’avais jamais trouvé le moyen de m'en débarrasser jusqu'à il y a environ cinq minutes. J’ai eu une inspiration. Je n'avais qu'à la casser, et j'en étais débarrassée pour toujours. Si simple ! Et je n'y avais jamais pensé !

    Hugh acquiesça et son sourire glacé s’épanouit sur ses traits. L'avait-elle convaincu ?

    _ Pourtant, continua-t-elle avec un petit rire qui n’avait pas du tout l’air forcé, elle en était sûre - Je suis parfaitement disposée à ce que tu prennes le blâme et admettes que vous tu m’as poussé au mauvais moment. A quoi serviraient les amis s’ils ne nous aidaient pas à porter nos péchés ? Je ne manquerai pas de dire à Brian que tu es le responsable.

    _  Encore du thé, Claire ? ... Je n'ai pas eu une minute avec toi ... Oui, c'est une belle fête ... Tu restes dîner, j'espère ..... Oh, tant pis ! ... Je serai seul avec les enfants ... Ils seront désolés. Brian a une réunion médicale, ou quelque chose comme ça ...  Quelle jolie robe tu portes.... Merci.... Eh bien, au revoir, à bientôt, j'espère. "

    L'horloge sonna. Une. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Était-il, pouvait-il n’être qu’un peu plus d'une heure depuis qu'elle était descendue prendre le thé ? Une petite heure.

    _ Devez-vous vraiment partir ?... Au revoir.... Merci beaucoup. ... Je suis ravi de vous voir... Oui, mercredi... Mes amitié à Madge.... Désolé, mais je suis déjà prise mardi ... Oh, vraiment?... Oui.... Au revoir.... Au revoir....

    Ça faisait mal. Un mal d’enfer. Mais ce n'était pas grave, si personne ne savait. Si tout pouvait continuer comme avant. Si les garçons étaient en sécurité.

    Ça faisait vraiment mal.

    Mais cela n'avait pas d'importance.

    2ème texte : Passing, Larsen (désolée, le texte a été traduit de l'anglais, il peut y avoir des fautes, même si j'ai vérifié...)

    Je situe: Irene organise une réception en l'honneur de son ami Hugh. Elle soupçonne son mari Brian d'entretenir une relation avec son amie Claire.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir @glad.obl24

    Quelques pistes supplémentaires :

    • le délire, les transes, la rigidité
    • la confusion
    • la dissolution
    • le suicide
    • les hallucinations
    • le dédoublement de la personnalité
    • l'onirisme
    • le registre fantastique marqué par l'irruption de forces incoercibles angoissantes
  • Quand elle entendait de telles choses, la bouche de Solitude s’ouvrait, des sons discords s’en échappaient, des larmes tombaient sur ses joues et les personnes présentes s’écartaient avec crainte, se confiaient d’une voix mal assurée : Cette personne est-elle de ce monde ? Et quelques femmes balançaient la tête, chuchotant d’un air entendu, circonspect : Vous dites bonjour aux vivants, ce sont les morts qui vous répondent. Et tournant vers elle des yeux roses, ingénus, tremblants, légèrement délavés par l’âge, Euphrosine semblait alors découvrir la créature [Solitude] et s’étonnait, lui demandait en souriant, tout comme si elle la voyait pour la première fois de la journée : Salut du matin, que fais-tu avec les esprits de la nuit ? Mais de l’inquiétude de tous perçait dans sa voix et Solitude s’en désolait, perdait subitement pied au milieu de ces regards qui la dénudaient, la replongeaient dans les eaux anciennes : un remous l’entrainait, elle n’était plus. Quand la nuit tombait sur tout cela, elle se retrouvait comme autrefois en chienne jaune dans les rues de Pointe-à-Pitre, courant toute nue à quatre pattes, une langue démesurée trainant devant elle jusqu’à terre. Et chaque fois, à son réveil, elle connaissait une sorte de flottement : était-elle Solitude qui venait de rêver en chienne jaune, ou bien était-elle une chienne qui se rêvait présentement en femme, en une certaine personne humaine dite Solitude ? Elle se levait, observait les gestes admirables des négresses, les imitait avec une sorte de frénésie, dans la joie ou dans la douleur ; mais sans que ce doute sur elle-même ne se dissipât entièrement…

    Un jour qu’elle flottait ainsi, en plein soleil, entre le rêve et l’état de veille, le hululement des conques de lambis jeta soudain le camp en alerte. Puis des cris, des coups de feu, des aboiements ténus traversèrent l’épaisseur des bois. Tandis que les vieillards, les femmes et les enfants gagnaient les hauts, Solitude suivit la course dévalante des hommes vers la rivière à Goyaves. Deux ou trois négresses étaient par devant, armées qui d’un casse tête, qui d’une baillonette au bout d’un bâton, qui d’un sabre de canne qu’elles tendaient vers le ciel en hurlant. De temps en temps, l’une d’entre elles se retournait, une face camuse lui faisait signe de rebrousser chemin. Mais elle secouait la tête et continuait de descendre la pente, bien décidée à suivre Euphrosine qui se dandinait lourdement, en avant, parmi les roches bondissantes, cependant que l’enfant s’accrochait à son vaste dos, ses fins membres crispés comme des pates de lézard lorsqu’ils atteignirent la rivière, l’escarmouche était terminée. Seul demeurait, à l’abri d’un tronc d’arbre, un jeune homme blanc surmonté d’un plumet et tiraillant paisiblement sur l’autre rive. Il portait l’uniforme vert des bataillons de chasseurs, avec une perruque et des guêtres qui montaient à ses genoux. A chaque coup de feu il éclatait de rire. Les nègres trainaient leurs blessés, tant bien que mal, sous les fourrées, pour éviter ce canardage d’arrière-garde. Comme elle considérait la scène, Solitude se sentit à nouveau flotter, de façon écœurante, entre chien et femme, jusqu’au bout de ses logs doigts incertains. Alors, elle contempla une dernière fois, avec une joie mêlée de tristesse, toute la beauté du monde qui s’étalait autour de sa chair énigmatique : la douce pénombre des arbres, les taches bleues qui descendaient en tournoyant dans sa tête, la silhouette émouvante d’Euphrosine accroupie derrière un taillis, et suante, soufflant de tous ses naseaux, avec cette petite boule noire enfoncée dans sa nuque d’éponge grise. Un sabre de canne trainait dans l’herbe, tacheté de sang. Elle se baissa, le saisit du bout des doigts et se mit à courir vers la rivière en modulant d’une voix étrange : Tuez-moi, tuez-moi… aye je vous dis tuez-moi. Souriant d’un air incrédule, les combattants observaient cette silhouette à l’accoutrement bizarre, vaguement d’eau salée, et qui remuait son sabre au dessus d’elle avec lassitude, comme on fait tourner une ombrelle de jeune fille. Elle sautait de roche en roche, soulevant d’une main son pagne, le rideau à fleurs qu’elle s’imaginait un pagne, et sa bouche confuse implorait tandis que le sabre ondulait dangereusement autour de ses joues. Toujours serré contre son arbre, le soldat blanc la regardait du même œil b »at que les nègres immobiles sur l’autre rive, là bas… Tuez-moi, tuez-moi répétait-elle en tournant vers lui des yeux immenses. Elle tomba dans l’eau, accrocha une roche plate, gravit la pente herbeuse en chancelant. Alors le soldat eut un geste, comme pour redresser le canon de son fusil ; mais déjà elle se trouvait tout contre lui et modulant une dernière fois avec douleur : aye, je vous dis tuez-moi… elle lui plantait tout uniment son sabre dans le ventre.

    Voici le dernier texte (désolée s'il y a des fautes, j'ai du le recopier) : La mulâtresse Solitude, SCHWARZ BART

    Je situe : Solitude est une esclave abandonnée par sa mère. Elle rejoint les nègres marrons (marronage), mais elle est d'abord rejetée car métisse. Dans cet extrait, le camp des nègres marrons est attaqué et Solitude décide de tuer le soldat.

  • glad.obl24glad.obl24 Membre
    1 avril modifié

    Dans le texte 2, j'ai plutôt l'impression que le personnage se contient, fait comme si de rien n'était, elle est en colère, mais reste calme, je ne vois pas vraiment de folie ici.

    Dans le texte 3, peut on dire que la folie provoque du courage ?

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Dans le texte 2, la folie est certainement dans cette "rage" qui torture Irène. Il y a en elle des forces incontrôlées, une sorte de schizophrénie que la grande bourgeoise veut à tout prix camoufler. Cet extrait ne nous permet pas de connaître l'origine de cette colère, ce qui renforce le caractère irrationnel de cette force déchaînée.

    Dans le texte 3, il y a d'abord la crise d'identité, un esprit qui flotte entre rêve et réalité. Ensuite cette incertitude qui veut être levée, ce désir d'être reconnue, conduisent Solitude à un comportement extravagant.

    Ces trois textes mettent en scène des héroïnes féminines qui entretiennent une relation compliquée avec la négritude. Ces difficultés avec leur identité se traduisent par des troubles psychologiques et comportementaux.

  • Bonjour, puis-je faire un plan du type ?

    1) Folie comme perte de contrôle

    a) violence / domination / rage

    b) gestes et corps

    c) rire- déshumanisation

    2) Folie qui permet de l'audace / courage

    a) Solitude prend les armes

    b)

    c)

    3) Regard et réactions des autres personnages

    a) crainte

    b) étrangeté

  • En fait non mon plan ne va pas du tout !!

    J'aurais plutôt d'abord parler de la folie furieuse (violence - animalité - meurtre). Ensuite, peut être une folie qui rend les personnages courageuses dans la société dans laquelle elle vivent. Et enfin, les réactions que la folie suscite chez les autres (crainte - étrangeté)

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Je ne crois pas qu'il s'agisse à proprement parler de courage chez Solitude. C'est plutôt un acte impulsif qui révèle son désir profond d'être considérée comme une noire. Elle veut d'abord mourir pour sa cause, puis se rebelle dans le meurtre.

    Dans ces trois textes, il faut voir la folie comme l'irruption soudaine d'une violence intérieure, mais elle est aussi le signe d'un drame intérieur dont les personnes ont partiellement conscience.

  • Dans ce cas là, j'opterais pour un plan avec seulement 2 sous parties (le sujet ne m'inspire pas trop). Je garde mon 1) avec la folie furieuse mais j'enlève le courage donc ça ferait a) violence physique b) violence intérieur. 2) La folie comme signe d'un mal-être intérieur : a) volonté d'être "acceptée" par la société b) ? ... 3) Réactions des autres personnages : a) Isotopie du regard (sauf chez Asturias) b) Crainte et inquiétude des personnages

    J'aurais deux questions :

    - mon plan convient il mieux (je n'intègre donc pas de courage) ?

    - J'ai remarqué que le rire des femmes revient dans les 3 textes, mais où pourrais-je l'intégrer ?

    Je vous remercie d'avance

  • Ah et j'oubliais, on parlait de drame intérieur, pour Solitude, c'est le fait de vouloir de faire accepter par les.negres marrons, et pour Irène, elle soupçonne son mari d'avoir une liaison avec Claire, mais quel est le drame intérieur de la Mulâtresse chez Asturias (le fait de vouloir être riche) ?

  • Bonjour, dans ces 3 textes nous sommes dans la focalisation interne ?

    Merci

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Oui pour l'essentiel.

    Dans le premier texte, le second paragraphe relève plutôt de la focalisation omnisciente.

  • Très bien je vous remercie

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