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Bonjour,

Je poste ce message car je dois rendre un travail d'argumentation qui consiste à analyser un sophisme repéré dans un raisonnement récent. Après quelques recherches, j'ai trouvé le raisonnement repris ci-dessous qui selon moi, serait l'exemple d'une pente savonneuse donc le raisonnement serait implicite mais j'ai des doutes car la plupart des exemples repris dans mon cours commencent par une phrase hypothétique ce qui n'est pas le cas ici. J'aimerais donc savoir si ma réponse est correcte ou non afin de pouvoir me corriger. Merci.

"Le renouveau d’une nation est permis grâce à l’immigration, Trump ne l’a pas compris. Il entretient la peur, et pousse à la division. Il va provoquer une guerre civile! J’aimerais tant ouvrir les esprits pour qu’un changement ait lieu."

Réponses

  • Voici ce que dit Wikipédia :

    La pente savonneuse : Ce sophisme permet de prétendre qu'un compromis, une concession donnée sur un fait, doit être refusé car il amorcerait une cascade de conséquences de plus en plus graves et ce sans démonstration du lien de cause à effet. Par exemple : « Si vous rétablissez la pêche de cette espèce de poisson, la tendance se généralisera bientôt aux autres variétés protégées, puis aux tortues, et par la suite aux grands mammifères marins, et la biodiversité de nos océans sera en grave danger. »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophisme#La_pente_savonneuse

    On peut faire commencer ce texte éventuellement par une phrase hypothétique : "Si Trump continue à entretenir la peur et à pousser à le division, il va provoquer une guerre civile."

    Ceci n'est qu'une proposition. Attendre d'autres interventions.

  • Je trouve difficile de voir dans cette citation une pente glissante. Il y a deux affirmations juxtaposées ("Trump n’a pas compris l’importance de l’immigration", puis "la peur et la division attisées par Trump vont provoquer une guerre civile") dont la qualification de "sophismes" me semble très subjective, la guerre civile étant plus ou moins par définition une manifestation extrême de la division et de la peur.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Il y a bien le début d'une pente savonneuse, mais elle est implicite.

    Il faut comprendre : si vous souscrivez aux positions de M. Trump, (étapes intermédiaires, peur, division) vous aurez contribué à faire naître une guerre civile dans la société américaine.

  • mikomasrmikomasr Membre
    décembre 2020 modifié

    Je pense qu’il ne faut pas non plus tomber dans le piège d’une surinterprétation des propos qu’on cite, a fortiori lorsque le raisonnement de leur auteur n’est pas connu dans ses détails. Sinon on peut prendre à peu près n’importe quelle citation et lui faire dire ce qu’on veut...

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    @mikomasr

    Merci de m'attribuer une surinterprétation manipulatrice !

    L'auteur avoue quand même ses intentions secrètes : "J’aimerais tant ouvrir les esprits". À bon entendeur, salut !

  • @mikomasr

    Merci de m'attribuer une surinterprétation manipulatrice !

    @Jean-Luc Difficile par écrit de savoir si c’est de l’ironie ou si vous êtes sérieux... Parce que là je vous prends à nouveau la main dans le sac :) Je n’ai jamais pensé, et encore moins écrit, que vous étiez l’auteur d’une surinterprétation manipulatrice.

    Je pense sérieusement qu’à trop vouloir pousser l’analyse littéraire, on amène les étudiants à adopter ce genre de travers qu’on va ensuite décrier chez les journalistes. Entre lecture critique et réécriture, il n’y a qu’un pas qu’on se permet un peu trop de franchir...

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    Donc

    Il y a bien le début d'une pente savonneuse, mais elle est implicite.

    Il faut comprendre : si vous souscrivez aux positions de M. Trump, (étapes intermédiaires, peur, division) vous aurez contribué à faire naître une guerre civile dans la société américaine.

    n'est pas une surinterprétation manipulatrice ?

  • Bien sûr que non, c’est vous qui avez imaginé, après avoir lu et surinterprété mon commentaire, que je vous prêtais des intentions manipulatrices, ce qui n’est évidemment pas le cas... Attention, à extrapoler à tout-va, on finit par voir le mal partout :)

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    D'accord, votre contribution n'était pas une appréciation critique de mon intervention placée juste avant. Cette proximité était trompeuse...

    Je pense sérieusement qu’à trop vouloir pousser l’analyse littéraire, on amène les étudiants à adopter ce genre de travers qu’on va ensuite décrier chez les journalistes.

    On ne pousse jamais trop l'analyse littéraire. Des critiques éminents ont justement défendu l'idée que les auteurs (les grands) méritaient plus qu'une lecture évidente, superficielle et convenue, que le lecteur ne devait pas rester passif devant le texte et qu'il contribuait à l'existence de l'oeuvre écrite par son interprétation. Bien sûr cette finesse interprétative doit être encadrée, d'où l'importance de donner des outils linguistiques et stylistiques aux élèves et étudiants. Remercions ces nouvelles formes de critique qui ont redonné vie à plusieurs grandes œuvres et sorti de l'ombre quelques autres injustement oubliées.

  • Bonjour,

    Je suis en train d'analyser les types d'argumentation de cette phrase:

    Si la mairie autorise l’ouverture de ce nouveau pub irlandais dans notre beau quartier, nous pouvons dire adieu à la tranquillité : nous allons voir débarquer des fêtards, des ivrognes, des trafiquants ! Bref ! « O tempora, o mores ! », comme disait Cicéron !

    A votre avis, s'agit-il d'un argument de conséquence ou d'un sophisme dit "de la pente glissante" ?

    La dernière phrase: ""O tempora, omores !" comme disait Ciceron" n'est-il pas un argument d'autorité ?

    Sinon, voyez-vous d'autres types d'arguments/sophismes dans cette phrase ?

    Merci !

  • Personnellement, je ne vois pas de sophisme, mais une crainte: il me semble que les conséquences redoutées sont vraisemblables, même si elles sont peut-être exagérées.

    Mais il faut attendre des réponses autorisées: je ne donne qu'un point de vue.

  • Dans ce dernier exemple, le présent de l'indicatif "nous pouvons dire" est une forme détournée, elliptique du futur simple.

    À partir du moment où une conséquence est énoncée comme une prédiction avec un fort degré de certitude, alors que le lien de cause à effet est plus qu'hypothétique, alors oui, je dirais qu'il s'agit bien d'un sophisme type "pente glissante".

    Je pense aussi que la citation latine (usée jusqu'à la corde...) est, ici, un argument d'autorité (qui se définit avant tout par l'intention du locuteur et non son efficacité sur le destinataire). Cicéron se lamente et s'indigne des "mœurs du temps" au tout début des Catilinaires. Dans l'exemple donné, j'y perçois surtout un désir un peu ridicule du locuteur de se donner un air savant et d'affermir sa prédiction par une supposée culture, associée au latin, qui fait toujours forte impression sur les âmes simples...

    Les citations sont de beaux ornements, mais c'est aussi par certaines d'entre elles que l'on reconnaît l'inculture et l'ignorance de ceux qui veulent paraître... 🤣

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Ce qui indique aussi la "pente savonneuse" est l'énumération "des fêtards, des ivrognes, des trafiquants !" dont le dernier terme sort de la logique progressive. Le saut est insidieux.

  • JocrisseJocrisse Membre
    22 janv. modifié

    De fait, les dealers se trouvent plus facilement dans des lieux où il y a des fêtards (discothèques) ou des ivrognes (bars). La progression me semble correcte.

    Il faudra mettre aussi plus de policiers, en résultante, mais je n'oserais pas : "des fêtards, des ivrognes, des trafiquants, des policiers" car j'ai horreur du mauvais esprit...

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