Ratage définitif en M2, quelles conséquences pour la suite ?

Bonjour,

C'est la première fois que je poste sur ce forum, j'espère que le sujet ne sera pas trop personnel ou spécifique ; sinon n'hésitez pas à modérer. J'ai simplement besoin d'avis, d'expériences, pour me faire une idée de la réalité et savoir un peu comment digérer tout ça. Je suis ouverte à tous points de vue sur la chose, même les plus déprimants.

J'ai un parcours un peu particulier, ponctué d'interruptions ; j'ai fait une khâgne, puis un peu plus tard, ai repris mes études en philosophie jusqu'au Master 2. Je suis plutôt une bonne élève à la base, je cartonnais en prépa et me suis beaucoup investie dans mes années de fac, j'ai rendu un bon M1, etc. Le parcours n'a pas été sans embûches, mais globalement les choses se passaient bien.

En année de Master 2, pour ne pas y aller par quatre chemins, j'ai fait une grosse dépression, qui m'a complètement coupée dans mon élan. J'ai réussi à passer mes examens, dans un état lamentable et inquiétant, mais je les ai passés tout de même, pour finir dans un état encore plus lamentable et inquiétant. A la fin de l'année, il n'était pas question de rendre un mémoire, je n'étais pas (de l'avis de tout le monde) en état de le faire. J'ai donc décidé, d'un commun accord avec mon directeur, de redoubler mon année de M2 pour le rendre l'année suivante, c'est à dire... maintenant.

Entre temps, je suis partie à l'étranger. C'était volontairement un saut dans le vide, sur le moment il était vital que je m'arrache à l'environnement où j'avais sombré ; j'en ai eu l'occasion alors je l'ai fait. De toute façon à ce stade, il n'était pas encore question de me recentrer sur mes études, ma priorité était de retrouver un semblant d'équilibre et d'élan. Le départ à l'étranger a été relativement salutaire à plein de niveaux, c'est une décision que je ne regrette en rien, seulement...

...Je croyais que je serais capable, au cours de l'année, de remettre le nez dans mon mémoire et de le rendre à temps. J'avais toutes les recherches de faites (je charpentais ce sujet depuis deux ans, mon mémoire de M1 m'avait déja aidé à poser des fondations) et les avais prises avec moi dans ma valise. J'allais mieux et me suis dit que j'allais y passer mon été, que ce serait peut-être un joli Happy End. Or, eh bien... j'ai été incapable de m'y remettre. Je n'ai jamais eu un tel blocage. J'ai essayé d'y croire jusqu'au bout mais il semble bien que ce soit définitivement cuit, à ce stade.

Je me ferai une raison, et il existe quantité d'autres voies que celle des longues études, mais c'est tout de même un monde qui s'écroule, pour moi. A l'origine, je ne m'étais pas embarquée dans ces études en touriste et je songeais sérieusement (depuis la L3 en fait) à aller plus loin. D'ailleurs quoi qu'il arrive j'irai plus loin, je ne vais pas arrêter de lire et de réfléchir parce que j'ai raté un mémoire.

Je me demande simplement maintenant, pour essayer de m'imaginer quelles sont mes options pour la suite, si ce genre d'échecs compromettent définitivement une éventuelle suite à l'université. Si je retournais aux études dans quelques années, que ce soit dans la même filière ou dans une autre (je suis au Québec depuis un an et ici les parcours universitaires sont beaucoup plus souples, il n'est pas rare que les gens fassent durer leurs études tout en ayant un emploi et une famille à côté, j'en ai rencontré ; c'est culturellement bien accepté et possible là-bas, mais je ne sais pas si c'est possible en France), est-ce qu'on irait scruter mes antécédents au point qu'il soit impossible de faire une thèse, par exemple ? D'ici-là, j'aurai peut-être pris une toute autre direction, mais je n'exclus pas non plus d'être une "tard-venue" qui aura eu quelques aventures en chemin, et qui retentera sa chance. A-t-on un "casier judiciaire" d'élève déserteur ? Est-ce si mal vu qu'on le dit, ou les secondes chances existent-elles à l'université ?

J'aimerais éviter de me faire de faux espoirs. J'aimerais aussi éviter de vivre cet échec comme si c'était la fin du monde ou la fin de toute possibilité de retour aux études en sciences humaines ; même si ce sera à coup sûr assez dur à digérer. D'autant plus que mes petits camarades de promo, eux, avancent, et que c'est beau à voir, mais que je ne cache pas non plus que je me sens à la traine.

Je sais que personne n'aura les réponses "fondamentales" pour moi, je suis simplement intéressée, si quelques-uns d'entre vous ont des informations concrètes ou des expériences un peu similaires à partager. Ca pourrait aider un peu.

Merci d'avance ;)
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Réponses

  • Bonsoir ou bonjour,

    J'ai eu un long passage difficile en prépa mais, vaille que vaille, je me suis repris et suis entré dans une grande école où je me suis encore senti mal par moment, mais, vu le curieux système des grandes écoles, en tout cas à mon époque (il y a longtemps), je n'avais plus qu'à attendre en perdant mon temps pour obtenir mon bac+5. J'ai eu des illusions car j'aimais certains sujets que j'ai étudiés. J'ai ensuite travaillé dans la lignée de ces études mais j'ai fini par me sentir encore plus mal et plus durablement. Je n'entre pas dans les détails.

    J'ai fini par comprendre, bien plus tard, trop tard, que ce mal venait, entre autres, du fait que j'avais choisi une voie menant vers une vie qui ne correspondait pas à mon caractère, à mes aspirations profondes. Mais j'avais persévéré, longtemps, à tort.

    Quand certaines personnes commencent à boire beaucoup d'alcool, elles vomissent : le cerveau conscient veut boire mais le cerveau inconscient dit "stop, tu déconnes, on arrête ici", c'est une sécurité. D'autres personnes n'ont pas cette sécurité et boivent encore et encore jusqu'à Dieu sait quel événement fâcheux.

    Dans certains cas, chez certains, un malaise durable est cette sécurité. On l'écoute ou non. Il vient tôt, ou plus tard, ou trop tard.

    Je ne sais pas si tu es concernée par ce que je raconte. Peut-être que non, peut-être que oui. À tout hasard, pour voir voir si c'est non ou oui, essaie, ce n'est pas facile, de te demander si ce que tu tentes de réussir pourrait te mener vers une des vies où tu t'épanouirais. Les études ne durent qu'un temps, la suite est plus longue.

    Parfois, insister ne pousse qu'à se cogner le crâne à répétition contre le même mur alors que des chemins fleuris passent, pas loin, vers de vertes prairies ♪♫. Je dis vague. Se reposer puis revenir vers ce mur n'est pas la solution.

    Certaines personnes sont douées pour une matière mais ce n'est pas un diplôme dans cette matière qu'il leur faut.

    Bon, tu n'es peut-être pas concernée du tout par mon petit laïus. Auquel cas ton problème est ailleurs et je ne saurais te dire où.

    Une chose est néanmoins sûre : si tu ne l'as pas encore fait, tu dois longuement raconter ton histoire à un toubib. Un toubib qui écoute. Attention : ils n'écoutent pas tous.

    C'est curieux comme je suis d'humeur lyrique, cette nuit.
  • ArtzArtz Membre
    C'est difficile de te répondre. Sur ta question centrale d'abord : le fait de faire une thèse suppose d'avoir un M2 et un directeur de thèse, pas un parcours impeccable. Si ton directeur de mémoire actuel est compréhensif, ou si tu en trouves un autre, ce n'est donc absolument pas impossible de se diriger vers cette voie. En revanche, il me semble en effet que la culture du cursus honorum est moins souple en France que dans le monde anglo-saxon, ce qui veut dire que les bourses de thèse vont peut-être être plus difficiles à obtenir. Cela étant dit, elles sont difficiles à obtenir dans tous les cas et les critères principaux seront plutôt la qualité du sujet de recherche et l'obtention de l'agrégation. Pour le reste d'une carrière académique, là encore, très difficile, je ne pense pas qu'on regardera ce que tu as fait de ton M2.

    Maintenant, comme le dit Hippocampe, la question est plus large. D'abord, parce que les études ne durent qu'un temps, donc il faut voir ce qui te met dans cette situation de détresse et voir si c'est compatible avec l'horizon qui est le tien avec ce cursus (la recherche en thèse, l'enseignement de la philo au lycée ?). Par ailleurs, et je m'écarte là de ta question, je pense aussi qu'il faut que tu trouves un spécialiste (psychologue, psychiatre) qui te soutienne pendant cette période.

    Bon courage, vraiment : "Les mauvais jours finiront". :)
  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    Bonjour,

    D'accord avec les réponses précédent es, j'ajouterai toutefois mon grain de sel !
    La question première, pour moi, est : ta dépression est-elle guérie et conserves- tu un suivi psy ? Cela me semble essentiel. Si tu te lances à nouveau dans la recherche sans avoir vraiment sondé les causes de ta dépression et sans poursuivre un suivi régulier, alors bien entendu l'histoire risque de se répéter...

    La santé psychique est parfois stigmatisée (surtout en France) alors qu'il s'agit d'un problème de santé comme un autre... (sachant que chaque problème de santé est "un peu particulier") Imagine que ton parcours ait été interrompu à cause d'une maladie comme un cancer, il semblerait normal que tu aies pris du temps afin d'être soignée et de guérir et personne ne t'en tiendrait rigueur. Pour expliquer les interruptions de parcours, n'hésite pas à demander à un médecin de signer une attestation (sans entrer dans les détails car tu es protégée par le secret médical). On ne peut pas discriminer les gens pour raisons de santé. Ta place est légitime dans les études que tu souhaites faire.

    Si les échecs (même fort cuisants) étaient un obstacle à la poursuite d'études, il n'y aurait pas grand monde à l'université ! J'ai vu beaucoup de parcours non-linéaires et si, certes, ce n'est pas la place la plus confortable, c'est néanmoins tout à fait possible.

    Par ailleurs, ta décision de partir à l'étranger te fait honneur et je trouve que c'est très courageux. Mais si "Québec = liberté" et "mémoire = dépression" (je schématise un peu...) alors pas étonnant que tu aies eu du mal à t'y mettre.
  • Je reviens sur une chose dite par Artz, à savoir que les mauvais jours finiront. Eh bien c'est sûr et certain qu'ils finiront. Seulement, pour certains, ils finiront le jour de l'enterrement. Il faut faire en sorte qu'ils finissent bien avant.
    Et pour ça, les idées d'Artz et de TheRedRoom sont utiles.
  • ArtzArtz Membre
    Je reviens sur une chose dite par Artz, à savoir que les mauvais jours finiront. Eh bien c'est sûr et certain qu'ils finiront. Seulement, pour certains, ils finiront le jour de l'enterrement.

    Ah oui, mais je ne recommandais effectivement pas d'être passif ! Il faut bien sûr prendre la question à bras le corps. Mais parfois, dans la souffrance, on en vient à oublier que celle-ci peut être dépassée/surmontée.
  • Bonsoir-Bonjour,

    Merci beaucoup à vous trois. Désolée pour le temps de réponse, je... réfléchissais en fait. Parce que vous avez touché des points importants.

    En fait je m'attendais à ce qu'on me réponde principalement sur l'aspect technique du fonctionnement de l'université mais en effet, la question est plus large. Et la dépression dans tout ça n'est pas tombée du ciel.
    Dans certains cas, chez certains, un malaise durable est cette sécurité. On l'écoute ou non. Il vient tôt, ou plus tard, ou trop tard.
    En effet, il est là depuis longtemps. Je veux dire, il était là bien avant les études de philo (sinon, qu'est-ce que je ferais en philo, m'voyez), mais de malaise par rapport à mes études en tant que telles, il y en avait bien un depuis un moment. Ce qui est en même temps très frustrant quand a priori on aime ça, qu'on est bon, et qu'on a commencé à s'installer dans certaines projections, dans une certaine trajectoire. Donc oui, si, je suis concernée par ton laïus Hippocampe, c'est même en partie la façon dont je m'explique ce foirage. Quelque chose de l'ordre du réflexe vomitif a eu raison de ma bonne volonté, et ne me laisse pas le choix d'écouter le message qu'il a à apporter. C'est le *youpi-youpla* point positif que je retire de tout ça. J'ai peut-être (qui sait) un instinct de survie très performant. Mais pour l'instant lui et moi sommes en guerre.
    ta dépression est-elle guérie et conserves-tu un suivi psy ?
    La santé psychique est parfois stigmatisée (surtout en France) alors qu'il s'agit d'un problème de santé comme un autre... (sachant que chaque problème de santé est "un peu particulier") Imagine que ton parcours ait été interrompu à cause d'une maladie comme un cancer, il semblerait normal que tu aies pris du temps afin d'être soignée et de guérir et personne ne t'en tiendrait rigueur.
    Oui c'est tout le problème de cette maladie ; c'est même selon moi 50% de la maladie elle-même : elle n'est pas, ou mal, soignée parce qu'elle n'a toujours pas dans l'esprit des gens, ni même dans celui des gens qu'elle touche, la légitimité d'une maladie (i.e., quelque chose qui demande à être activement soigné). Et donc elle finit par avoir un impact plus pernicieux sur une trajectoire qu'un cancer, par exemple, parce qu'il est évident qu'un cancer ce n'est pas de ta faute, tu peux détacher parfaitement l'entité "cancer" de la personne que tu es ; chose qui est beaucoup plus difficile à faire avec la dépression (pour tout un tas de bonnes et de mauvaises raisons). Ca rend le rebond un peu plus compliqué. Aucun cancéreux (je suppose) ne va se dire que son cancer remet en cause, dans l'absolu, son désir profond ou sa capacité à faire telles ou telles études. Pour un dépressif, la question se pose inévitablement. Il faut même commencer par là.

    Et pour répondre à la question, oui je suis suivie. Enfin c'est plus compliqué avec le système de santé québécois et mes finances incertaines, et puis c'est une longue histoire qui n'a pas sa place ici, mais des gens ouvrent l'oeil. Et de toute façon la route est encore longue, je sens. Ce n'est que le premier chapitre de mes aventures au pays des merveilles.
    Mais si "Québec = liberté" et "mémoire = dépression" (je schématise un peu...) alors pas étonnant que tu aies eu du mal à t'y mettre
    Tu schématises à peine. J'ai été naïve :rolleyes: ET j'ai sous-estimé l'importance du cadre. D'être encore, physiquement et mentalement, dans un environnement universitaire, et puis environné de tes petits camarades qui triment en même temps que toi à la bibliothèque ou dans le fond de leur chambre de bonne. Il faut manger du jargon universitaire au petit-déjeuner pour être capable de tenir la distance. On sort pas ça de son chapeau, même quand on est bien dressé.

    Enfin, merci encore pour ces sages réponses. Vous seriez surpris, ça aide vraiment.
  • parce qu'il est évident qu'un cancer ce n'est pas de ta faute,
    Une dépression, une vraie, ce n’est pas non plus de ta faute au même titre que n’est pas de ta faute le fait d’être diabétique.
    C’est une maladie. Une maladie qui peut être mortelle. Qui peut connaître des rémissions durables et des rechutes. Cela est de moins en moins remis en question. Et des traitements existent qui peuvent améliorer les choses de façon plus ou moins durable.
    Cela étant, ton envie de poursuivre de longues études est légitime et tu en es sûrement fort capable. Ce n’est pas une dépression qui va te boucher tous les horizons de l’université.
    Mais comme cela a déjà été dit, la durée des études (sauf peut-être pour les professeurs et les chercheurs qui étudient toute leur vie), est dérisoire eu égard à celle de la vie professionnelle.
    Il serait donc bien utile de choisir ton domaine d'études en fonction de la carrière qu’il te plairait d'exercer.
    Tu ne seras pas la première à reprendre des études après une interruption pour ennuis de santé, tout comme on peut reprendre un emploi après un arrêt pour une longue maladie.
    Je souhaite une stabilisation de ton état qui te permette une réflexion sereine.
    Bon courage !
  • Une dépression, une vraie, ce n’est pas non plus de ta faute au même titre que n’est pas de ta faute le fait d’être diabétique.
    Oh oui, ce n'est pas moi qu'il faut convaincre ; ce que j'ai écrit c'est que dans le cas d'un cancer, il est évident que ça ne l'est pas. Il ne viendrait à l'idée de personne de laisser trainer un cancer. On laisse aisément trainer une dépression. Les gens sont informés mais dans la réalité, le stigmate est toujours là et bien là. Je parle d'expérience. Et puis elle n'apparait jamais clairement et proprement comme un beau kyste sur lequel le médecin peut exercer toute sa science ; c'est un peu le chat de Shrödinger de la médecine moderne. Donc en théorie, ça se range en effet dans la catégorie "maladie", mais en pratique, pas exactement au même titre que "tout le reste", on va dire.

    Et moi j'aurais bien voulu... en théorie, que mes études durent toute la vie, chercheuse, enseignante, pourquoi pas ? Quand on plonge dans des études livresques, on n'a souvent pas une idée très précise de ce qu'on veut en faire ; on s'y lance même en partie - c'est mon cas - pour emmerder le monde qui voudrait que tout serve toujours à quelque chose. Il faut bien un bastion d'irréductibles pour défendre encore les choses qui ne servent à rien. C'est peut-être stupide, irréaliste, mais que voulez-vous, il y a des gens qui carburent et ne carburent qu'à cela dans un monde qui n'a plus grand chose à offrir à la dignité humaine.

    Peut-être que mon échec vient (en partie) d'avoir été vraiment trop peu pragmatique. J'étais tout simplement incapable de l'être quand j'ai fait ce choix d'études.
  • Il ne viendrait à l'idée de personne de laisser trainer un cancer.
    Détrompe-toi. On peut refuser de se faire soigner, pour un cancer, tout comme pour une dépression. On est encore libre de ses choix !
    Ne reviens pas sur les choix d’études que tu as fait. Ce qui est fait est fait. Et tu ne dois pas le regretter. Car à un moment donné c’est ce dont tu avais besoin.
    Toutes les portes ne te sont pas fermées et l'horizon qui te semble bouché va s’ouvrir. Aie confiance !
    Les études que tu as faites jusqu’à présent ne sont pas devenues vaines à cause d’un échec en M2.
    Tu gardes ton potentiel même s’il te paraît parfois en retrait.
  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    Eh bien Lisbé, I like your spirit, comme on dit dans la langue de Shakespeare.

    Et puis la notion d'utilité, franchement, c'est tout relatif. Quand nous aurons épuisé toutes les ressources de notre planète, il n'y aura plus grand monde pour vendre ou acheter des iphones car on ne pourra plus les construire.
    Mais des gens qui écrivent des histoires, qui les lisent, qui les racontent, qui en parlent qui les mettent en musique ou en image, qui les enseignent aux jeunes générations, bref des artistes, des littéraires, des enseignants et des chercheurs, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. C'est plus utile que d'être "consultant marketing".
    Et en plus ça emet très peu de gaz à effet de serre. :-)

    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit dans ce fil, mais si une dépression empêchait de poursuivre une carrière à l'université, il n'y aurait plus grand monde autour de la table aux conseils d'UFR.

    L'impasse dans laquelle tu te sens pourrait-elle venir de ton sujet d'étude ?

    édit. faute de frappe
  • ArtzArtz Membre
    Je ne sais pas si je l'ai déjà dit dans ce fil, mais si une dépression empêchait de poursuivre une carrière à l'université, il n'y aurait plus grand monde autout de la table aux conseils d'UFR.
    :lol: :rolleyes: :/:(

    Dans cet ordre-là.
  • IkonokawaiIkonokawai Membre

    Bonjour, je suis moi même étudiant en M2, j'arrive deux ans plus tard depuis un monde que je ne souhaiterais pour rien au monde à ton "Moi" du passé. On m'a dit plusieurs fois que dans la recherche il fallait savoir travailler chez soi, j'aurais tout de même préféré un entraînement moins intensif... Blagues à part, même si j'espère que pour toi les choses vont mieux, que tu as trouvé une voie qui te convienne et surtout qui puisse t'apaiser, j'ai été touché par ton topic car je m'y identifies beaucoup.

    Je n'ai jamais été un élève avec un profil d'excellence, mais je me suis toujours plu à l'université, car,hormis la symbolique d'espace de liberté que cette institution représente, c'est ici que j'ai appris à penser différemment et à prendre du recul sur mon propre rapport au monde. J'ai donc fait mon chemin un peu insouciant, en tout cas pendant ma licence de Lettres, et même s'il y a eu des moments de doute, je n'avais jamais appréhendé l'avenir aussi sérieusement. Aujourd'hui il m'angoisse bien plus. J'ai moi aussi de mon côté des problèmes de timing avec mon mémoire et surtout une perte de confiance grandissante qui m'empêche de travailler avec le même entrain que je le faisais avant. J'ai parfois l'impression d'être au chômage, ou dans un monde de perpétuel flottement où les projets sont mis à distance par l'apathie et le stress. Je me suis orienté vers la recherche confiant,car j'étais dans une bonne dynamique de fin de licence à présent m'imaginer chercheur me paraît être une sorte de légende urbaine que j'utilise pour justifier mon statut.

    Je suis devenu ce qu'on appelle péjorativement un "branleur", me réfugiant dans les jeux-vidéos et le déni, je lis toujours, j'essaie de garder mon esprit affûté mais j'ai l'impression comme tu le disais d'avoir perdu mes réflexes, alors que je suis encore à l'université. Je suis encore jeune mais ce genre de situation est une sacrée remise en question existentielle j'ai l'impression de tomber de haut, de réaliser que moi aussi je peux me foirer et perdre le contrôle.

    Après cette année je vais certainement retourner chez mes parents quelques temps, avec mon année en poche ou pas je ne sais pas, ne crions pas défaite trop vite. Je sais que cela va être une rupture un peu difficile mais ce n'est pas la perte de liberté qui m'inquiètes le plus, après tout les études ne durent pas toute la vie et j'ai déjà beaucoup de chance d'avoir pu en faire, c'est surtout le fait d'arriver à rebondir et de ne pas me complaire dans ma morosité qui va être un vrai défi. Je n'ai pas de problèmes avec ma famille ils m'ont toujours soutenu et aidé, mais j'ai peur de devenir un poids pour eux, j'ai peur d'être une déception pour mon entourage et de ne pas arriver à représenter ce que je leur avait dit que je serai. D'un autre côté je sais que tout ne s'évalue pas qu'aux titres et aux diplômes et que ce n'est pas un peu d'échec qui empêche l'épanouissement et surtout l'estime de soi ne devrait pas être prisonnière de ces considérations. Mais voilà, je n'ai aucun plaisir à m'auto-flageller ou à douter, et pourtant mon train de vie me fait complexer et l'angoisse ne se chasse pas d'un revers de la main.

    Je n'écris pas tout ça pour quêter une solution, j'ai été touchê par ton topic et j'ai écris un peu au fil de ma pensée, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais cela m'a fait du bien de le sortir. Je n'aime pas demander de l'aide c'est pourquoi il m'est difficile de me confier, mais si vous avez le moindre conseil je vous en serez tout de même très reconnaissant. Peut-être que tout ceci restera sans réponse, j'aurais au moins pu soulager un peu mon cerveau du poids des peurs en disant leur nom comme on le fait pour le lutin du conte.

    Je tiens à ajouter que je suis heureux qu'il y ait des gens qui trouvent la recherche (et tout ce qui gravite autour) utile, et le justifient une aussi belle manière. Je suis un enfant de la fin du millénaire mais je n'aime pas forcément tout dans ma génération, et même si je suis très heureux d'avoir passé mon enfance à jouer à la game boy advance(j'ai plein d'autres souvenirs mais j'imagine que celui là me tenait vraiment à cœur), les réseaux sociaux et la sollicitation permanente de notre cerveau (dont le mien) me font assez peur et je suis heureux que les bibliothèques nous proposent encore un refuge abordable et la possibilité d'entretenir un climat de pensée assez sain. Je ne vais pas étoffer car c'est un sujet vaste et complexe et que j'aurais bien d'autres choses à dire, mais ce n'est pas le sujet. Je voulais juste laisser ce témoignage sans autre but que lui même ça m'aura au moins fait un peu de bien.

  • IkonokawaiIkonokawai Membre

    Je suis désolé pour les fautes, ça ne fait pas trop sérieux, j'ai écris sous le coup de l'émotion donc je ne me suis pas beaucoup relu.

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