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Réponses

  • 3 avril.

    Je viens de terminer Hector d'Antoine de Montchrestien.

    Cette passion des auteurs pour la mythologie dès le début du XVIIe siècle... Intéressant.
    C'est aussi une étape importante vers la tragédie classique.

    5 avril.

    Suite du théâtre du XVIIe siècle avec trois pièces d'Alexandre Hardy :
    - Scédase ou L'hospitalité violée
    - La Force du sang
    - Lucrèce ou L'adultère puni


    Pour découvrir cet auteur supposé avoir écrit quelques six cents pièces, je conseillerais La Force du sang, avec ses ressorts dramatiques qui évoquent aussi bien certaines tragédies antiques que le théâtre de Montherlant (quel grand écart ! :D )

    Les contraintes des trois unités n'existent pas encore : on passe d'un lieu à l'autre instantanément, les échelles de temps sont à géométrie variable, on n'hésite pas à montrer toute l'action sur la scène, les sujets abordés peuvent même sembler très étonnants aujourd'hui. Cette grande liberté de ton, cette souplesse et ce dynamisme de la narration ne sont pas sans préfigurer le cinéma qui ne viendra que trois siècles plus tard.
  • Intéressant! Ton analyse m'a rappelé que la règle des trois unités n'a pas marqué la totalité du théâtre du XVIIème siècle! :)

    C'est bien de bénéficier de défricheurs communicants!
  • Perluète, tu es bien urbaine, mais tu sais, je n'y connais pas grand chose : simple lecteur, j'essaie d'apprécier ce que je lis et mes notules ici me servent de journal de bord. :)

    J'ai enchaîné avec deux farces très courtes de Tabarin : Les Deux pourceaux et Le Voyage aux Indes.
    Ce ne sont pas tant les textes qui sont intéressants que la biographie de l'auteur et les notes de l'édition de La Pléiade qui expliquent ce qu'était le théâtre de foire au début du XVIIe siècle, le plus souvent itinérant.
    Curieusement, Tabarin et les acteurs de cette petite troupe ont connu un tel succès qu'ils ont gagné de l'argent au point de s'acheter un château !
    On y apprend aussi qu'une grande solidarité régnait dans le monde du théâtre, puisque, loin de considérer ces acteurs de foire comme « mineurs », les grands auteurs qui suivront les emploieront dans leurs troupes, et la plupart feront des mariages qui les hisseront dans la hiérarchie sociale.
    Enfin, même si ce type de théâtre est un peu tombé en désuétude avec l'avènement des grandes tragédies, ces pièces sont restées parce qu'elles ont connu un succès retentissant, non seulement sur les tréteaux mais encore dans leur éditions imprimées qui se sont vendues à vingt mille exemplaires au long du siècle, semble-t-il un record pour l'époque.
    À signaler également une anecdote amusante : chez Tabarin, il semble que, pour la grande majorité de ses farces, ce soit le sac que le public attendait - ce fameux sac dont s'est inspiré Molière pour Scapin -, au point que sac était considéré comme le véritable héros ! :lol:
    C'est également dans les farces de Tabarin que l'on voit le capitaine Rodomont.

    J'ai ensuite lu une curiosité, Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé, l'une des seules pièces écrites par Théophile de Viau, dont la vie est un véritable roman. (Wikipédia évoque une autre pièce, mais la biographie en Pléiade parle d'une seule tragédie). Je ne sais pas si l'on peut parler de chef-d'œuvre, mais à mon goût, tant au plan de l'écriture que de l'histoire proprement dite, cette pièce est à mettre au rang des grandes tragédies de Corneille ou de Racine.
    Si lui n'a pu goûter son succès (il est mort à trente-six ans après une vie étonnante), sa tragédie en revanche a connu quatre-vingt huit éditions imprimées au cours du XVIIe siècle, là aussi un record absolu.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Si lui n'a pu goûter son succès (il est mort à trente-six ans après une vie étonnante), sa tragédie en revanche a connu quatre-vingt huit éditions imprimées au cours du XVIIe siècle, là aussi un record absolu.
    Quiz du matin : dans quel passage ultra-célèbre d'une pièce ultra-célèbre nettement moins ancienne et encore souvent jouée trouve-t-on une allusion à cette tragédie, avec un détournement comique ?
  • Quel passage ?

    Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare ???
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Merci Floréale pour la correction.
    Shakespeare est un précurseur de Viau, ce n'est donc pas lui.
  • Mairet s'est plusieurs fois inspiré de la pièce de Viau, notamment dans La Sophonisbe.
    De même, Tristan L'Hermite dans La Mariane.
    Il semble que Corneille, Pradon, puis des auteurs d'opéra postérieurs aient aussi repris Pyrame et Thisbé...

    [Voir : http://www.ircl.cnrs.fr/productions%20electroniques/arret_scene/1_2012/asf1_2012_pyrame_louvat_posterite.pdf ]

    Une analyse plus scolaire http://cache.media.eduscol.education.fr/file/LCA/98/1/10-RA16_C4_LCA_grece_rome_pyrame_thisbe_VF_625981.pdf établit des comparaisons poussées entre Ovide et Viau.

    Mais plus récent et ultra-célèbre, je ne vois pas... :/
  • Ben...Cyrano de Bergerac.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Bravo Laoshi !
    Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
    « Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
    A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
    https://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes00331/daniel-sorano-dans-cyrano-de-bergerac-d-edmond-rostand.html
  • Ah, oui, bravo Laoshi. :)

    Et quelle culture, lamaneur. :cool:

    Je crois que Cyrano - l'écrivain -, avait un peu tâté de Pyrame, mais de là à penser à Edmond Rostand...

    C'est dans des cas comme ça que je regrette de ne pas avoir de culture littéraire. :/
    D'un autre côté, il faut voir le bon côté des choses : sur ce forum, j'en apprends tous les jours. :)
  • Moi j'ai déniché Le médecin malgré lui.

    Je n'ai jamais lu de théâtre en entier, je vais réessayer.
  • Si l'on aime le théâtre, il faut voir des pièces le plus souvent possible.
    Mais le lire procure aussi de grands moments de joie littéraire. :)

    Je termine Les Bergeries d'Honorat de Bueil de Racan, pièce réputée longue et donc peu représentée. Ce genre - pastoral - est très plaisant ; cela me conforte dans mon projet (à très long terme) de lire L'Astrée.

    Le texte de Racan est très bien écrit ; il faut bien sûr accepter la convention qui consiste à faire parler des bergers en alexandrins. :lol:
  • cela me conforte dans mon projet (à très long terme) de lire L'Astrée

    Alors là, overdose garantie du genre pastoral! :D
  • Bah, avec ses 5400 pages, L'Astrée ressemble à une aimable nouvelle comparée aux 13000 pages d'Artamène ou le Grand Cyrus de Mademoiselle de Scudéry. :D
  • Ah ouiche! Mais je n'ai pas lu Le Grand Cyrus, ou plutôt, je n'ai pas été obligée de le lire... :lol:
    Bonne promenade alors dans les plaines du Forez en compagnie d'Astrée et de Céladon.
  • Ce sous-forum devrait être divisé en deux sous-sous-forums :
    _ un pour freddy.lombard,
    _ un pour les autres.
  • J'ai poursuivi dans la tragi-comédie pastorale avec deux pièces de Jean Mairet, La Sylvie et La Silvanire ou La Morte vive.

    La seconde de ces tragi-comédies semble avoir marqué un tournant dans l'histoire du théâtre français, notamment par sa préface qui définit plus ou moins la fameuse règle des trois unités, pour la première fois en français (les Italiens ayant déjà évoqué et formalisé le sujet un peu avant).

    Ces histoires d'amours entre bergers et bergères, mâtinées d'un peu de magie et de quelques princes et princesses sont très rafraîchissantes et ne sont sommes toute pas plus ahurissantes que les scénarios de nos modernes séries télévisées.

    Tout cela est très bien écrit, même si des puristes pointilleux ont pu pointer une ou deux maladresses que seul un œil exercé et critique peut repérer.

    Pour rebondir sur ce que l'on a dit plus haut, Mairet a défini La Silvanire comme une pièce à lire et non exclusivement destinée à être jouée. Ceci lui a permis entre autres de réfuter quelques critiques sur la longueur de la pièce.
  • J'avance dans Le médecin malgré lui, et je suis partagé.

    J'apprécie le fait que tout repose sur un quiproquo : le médecin n'est médecin que parce que les gens le croyaient et l'ont obligé à l'être ; notamment en le bastonnant !

    L'image du médecin donnée par Molière n'est pas très reluisante et assez amusante.

    Maintenant j'avoue que dans l'ensemble ce comique de situation n'est pas trop ma tasse de thé.

    Bon, eh bien finalement, une fois avancé dans la pièce, ce n'était pas si désagréable.

    C'est assez sympa finalement.

    ;)
  • [13 avril]

    Suite de la sélection du théâtre de Mairet avec :
    - Les Galanteries du duc d'Ossonne, vice-roi de Naples, une comédie qui ne m'a que moyennement enthousiasmé,
    - et La Sophonisbe, une tragédie que j'ai adorée, avec ses invraisemblances totales tant au niveau de la langue que des situations, ce qui lui confère les qualités indispensables à une véritable bonne tragédie classique. :)

    [18 avril]

    J'en termine provisoirement avec le théâtre du XVIIe siècle.

    J'ai conclu cette belle lecture par trois pièces de celui que l'on considère comme le meilleur auteur dramatique de ce siècle après les « trois grands », Jean de Rotrou :
    - La Bague de l'oubli est basée sur des ressorts fantastiques, voire merveilleux ; c'est léger et charmant, :)
    - La Belle Alphrède est plus mélodramatique, avec ses rebondissements extraordinaires qui font passer les pièces mythologiques pour du réalisme, :D
    - Laure persécutée est une pièce de la maturité de l'auteur ; le style est parfait, fluide, académique. De ces trois pièces, c'est celle que je recommanderais.

    Il m'en reste tant à lire... :/

    Changement total de style : j'attaque un grand œuvre qui devrait m'occuper un bon moment. :cool:
  • Bonjour,

    Je venais simplement lire des réponses par curiosité. Oui, j'aime savoir ce que les autres lisent :)
    Mais je me suis dit que j'allais finalement poster moi-même mes lectures du moment.
    Je commence par "L'Avare" de Molière que j'avais envie de relire. Je me suis mise aux "Mémoires d'outre-tombe" de Chateaubriand. J'avoue avoir toujours eu envie de les lire et je me suis lancée; je ne regrette pas du tout ! On va dire que ce sont tous les deux des "classiques" alors je ne m'étends pas davantage.
    Pour terminer je lis aussi un livre sur lequel je suis tombée totalement par hasard, ne connaissant à la base ni le titre ni l'auteur... Pour dire vrai je l'ai terminé hier soir mais j'en parle tout de même comme une lecture du moment étant donné que c'est tout récent pour moi et que je l'ai apprécié, un petit coup de coeur. C'est un roman "Les fruits de la colère" de Vanessa Rochange-Lesquiot. Je résume en disant que c'est l'histoire d'une famille qui s'écroule après un drame qui va la frapper. On vit ce drame et ses conséquences au travers de la fille de la famille, ses émotions... L'histoire commence par un descriptif de la vie et de l'environnement de cette famille, je le trouve indispensable pour comprendre les personnages et la suite des évènements. Les caractères des personnages sont assez bien mis en valeur, les intéractions entre eux aussi et je suis bien rentrée dans l'histoire. A vrai dire j'ai été surprise par la fin à laquelle je ne m'attendais pas du tout ! Lorsque j'ai terminé le bouquin j'ai lancé : "punaise alors!" Bon je ne m'attendais à rien en particulier mais pas à "ça" c'est certain. Voilà pour mes trois (excellentes) lectures du moment :)
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