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Réponses

  • Oui, gérant, ça fait bar ou super marché.

    procurante Iosua... est en effet un ablatif absolu.
    procurante entre dans une foule d'expressions figées propres aux dédicaces. Il a un sens à adapter au personnage et au contexte. Très souvent il signifie en effet "sous la charge de" ; si le rôle du personnage cité est plus spirituel, le mot peut signifier "sous le ministère de...". On peut aussi dire "sous la procuratèle de..." s'il s'agit d'évoquer une charge judiciaire dans une officialité épiscopale.
  • Oui, gérant, ça fait bar ou super marché.
    :D
  • Ah oui, merci de ces exemples très instructifs.

    Je tenais à remercier chaudement les différents intervenants qui m'ont permis de venir à bout de ma lubie du moment. Pendant mes recherches j'ai beaucoup appris sur l'histoire de mon secteur et j'ai adoré.

    Alors je ne serai peut-être pas très actif sur le forum mais qui sait, si la manie me prend d'entreprendre d'autres déchiffrages, je reviendrai vous rendre visite.

    Encore merci ;)

    Aurélien.
  • Ce sera avec plaisir.
  • acmalko a écrit:
    HAEC.ECCLESIA.PAROCHIALIS.UNITA.FUIT.
    ARCHIDIACONATUI.ALUISIENSI.PROCURANTE.IOSIIA
    FRANCISCO.DELATOUR.UTRIUSQUE.BENEFICII.LEGITIMO
    POSSESSORE

    "Cette église paroissiale fut rattachée à l'archidiaconé d'Aunis, Josias-François De La Tour, légitime détenteur de chacun des bénéfices en ayant la charge."

    Est-ce que vos consignes sont mieux respectées ?

    Le dernier terme "procurante" qui semble être un participe présent vous paraît-il plus proche du sens que la traduction "gérant" que j'utilisais auparavant ?

    Personnellement, plutôt que détenteur/possesseur, j'opterais pour "titulaire" (on est en général titulaire d'un office, d'un bénéfice que l'autorité qui l'a donné peut à chaque instant retirer).
    Je rajouterais une virgule après "bénéfices". A vérifier, mais il vaut sans doute mieux écrire "de la Tour" dans une traduction.

    On peut éventuellement tenter une petite sur-traduction, le contexte historique ayant été exposé, en remplaçant "en ayant" par "en en conservant"... ? S'il s'agissait d'une prise de fonction nouvelle, on n'aurait peut-être pas utilisé un participe présent dans l'ablatif absolu. Simple question/sugestion.
  • Je rappelle qu'utriusque, en dépit des apparences, est le génitif d'uterque "l'un et l'autre".
    Une des phrases que je prononce le plus souvent en cours! :D
    Et même quand les élèves le savent théoriquement, ils continuent à me décliner totus comme bonus, par exemple. En thème, ça fait vite cher.

    Pour le reste, Jacques, votre culture, du grec mycénien au latin médiéval, ne cesse de m'émerveiller. :)
  • Vous savez, en bas-latin, on déclinait corpus comme dominus et l'accusatif de nomen devenait *nominem...
    Ça, c'est pour la morphologie. Pour la syntaxe, on a Saint-Jérôme :
    "Et vidit Deus quod esset bonum" (Genèse)
    On lui enlève combien de points ? :lol:

    A part cela, vos éloges me touchent, mais ils sont peu mérités en la matière. Renvoyer à wikipedia pour une présentation du mycénien et se souvenir du traitement du wau en grec n'est pas dignum laude (ou laudis) ! Quant au latin médiéval, on ne peut pas dire que cette inscription le représente. On aurait eu unita ad ou unita cum, quant à utriusque, ça me paraît bien luxueux comme terme ! :lol: D'autre part, tout n'aurait pas été écrit en toutes lettres, le -que, en particulier.
    En fait, on a là une inscription tout à fait classique si l'on excepte les termes cléricaux, bien sûr.
  • Bonjour,

    Plutôt que d'ouvrir un nouveau sujet à chaque fois que je butte sur une phrase, je me permets d'intervenir ici, avec le problème suivant :

    Dum plurima scelera committuntur, Cicero sola eloquentia bonorum causam defendit. Qui enim eloquentior orator omnibus aetatibus invenietur ? Nonne ejus scripta a doctis hominibus diu legentur ?

    Je ne comprends pas du tout la première interrogation. Je crois que c'est le "qui" qui me bloque.
    eloquentior orator omnibus aetatibus invenietur => l'orateur le plus éloquent de tous les temps sera trouvé.
    J'imagine que "qui" ne peut pas être l'interrogatif "qui ?" vu que ça serait "quis". Du coup c'est un pronom relatif, mais il n'y a qu'un seul verbe dans la phrase, donc pas de subordonnée relative. Bref, je suis paumé...

    Merci d'avance.
  • J'imagine que "qui" ne peut pas être l'interrogatif "qui ?
    Il ne peut pas être pronom interrogatif, mais adjectif interrogatif (quel).
  • Et eloquentior n'est pas un superlatif.
    Votre traduction n'a guère de sens... :rolleyes:
  • Laoshi a écrit:
    J'imagine que "qui" ne peut pas être l'interrogatif "qui ?
    Il ne peut pas être pronom interrogatif, mais adjectif interrogatif (quel).
    Ah, ça m'avait échappé, merci.
    Donc littéralement : quel orateur plus éloquent sera trouvé de tout temps ?

    Votre traduction n'a guère de sens...
    C'est gentil de me le faire remarquer, mais c'est justement pour cette raison que je venais consulter :D
  • Bonjour,
    je tâche de traduire, avec plus ou moins de succès, les Elégies de Properce, et je bute sur une formule de l'élégie IX du livre III, adressée à Mécène : "Est quibus Eleae concurrit palma quadrigae". Quadrigae est ordinairement au féminin pluriel, ce qui devrait en faire un nominatif (sans verbe, cela ne se peut ; c'est donc un génitif singulier, complément de "palma" ?). Le sujet du verbe "concurrit" ne peut être que "palma", ce qui en ferait une construction un peu bizarre vis à vis du sens.
    La traduction la plus probante que j'ai pu trouver donnerait littéralement "il y a dont (datif d'attribution) la palme des courses de quadriges de l'Elide concourt (fait entrer en compétition ?)".
    Je comprends le sens vague dans le contexte du texte mais cette construction me parait totalement incongrue. Pouvez-vous m'aider à la comprendre ?
    Je vous remercie par avance !
  • - est est une tournure impersonnelle,
    - quadrigae Eleae est complément de palma, on a évidemment là une métonymie à respecter.
    - concurrit, dont le sujet est palma est employé de manière originale, puisque son sujet est palma. Vous pouvez le traduire par "entre en jeu".

    Cela donne donc...
  • Merci beaucoup pour votre réponse.
    "Il y a ceux pour qui la palme du quadrige olympien entre en jeu" ?
  • J'ai oublié de vous signaler l'emploi de quadriga au singulier, signalé par Gaffiot.

    Pourquoi "olympien" ?

    "Il en est pour qui entre en jeu la palme du quadrige d'Élide."
  • Bonjour,

    Est-ce que l'on sait ce que signifie "res ad triarios reddit" ?

    Je pense que "reddit" veut dire se rendre (reddition ?), mais pour le reste ?

    Un grand merci !

    En tout cas dans l'article que je lis sur les conflits ayant opposés Romains et Grecs il y a pas mal de termes connus dont à mon avis la plupart des gens ne connaissent plus l'origine.

    Un stimulus est l'ancêtre de la… mine antipersonnel. C'est une pointe d'acier plantée dans le sol pour défendre l'entrée des campements.

    Fides c'est la bonne fois, d'où être perfide…

    La virtus est le courage et je suppose que vertu vient de là.

    Dilectus le choix (dialectique ?).
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Un stimulus est l'ancêtre de la… mine antipersonnel. C'est une pointe d'acier plantée dans le sol pour défendre l'entrée des campements.
    Ce n'est qu'un des sens (chausse-trape) du mot en latin.
    https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=stimulus
    Fides c'est la bonne fois, d'où être perfide...
    La foi, pas la fois ! Grosse famille en français : fidèle, fiduciaire, confident, affidé, facilement reconnaissables, et plein d'autres.
    La virtus est le courage et je suppose que vertu vient de là.
    Oui
    Dilectus le choix (dialectique ?).
    Non, pas directement : dia-est un préfixe grec, donc le mot a une autre origine. Cependant, le mot grec est apparenté dans la très vaste famille issue de l'indo-européen *leg, cueillir, choisir.
    https://www.cnrtl.fr/etymologie/dialectique
    En revanche, dilection est évidemment de la famille,
    https://www.cnrtl.fr/definition/dilection
    mais c'est une famille très vaste :
    http://projetbabel.org/mots/index.php?p=legende
  • Ce n'est pas reddit, mais redit (présent) ou rediit (parfait).
    Res ad triarios rediit signifie littéralement : "la situation en vint aux triaires", c'est à dire : "la situation amena à recourir aux triaires".
    Les triarii formaient le dernier "rang" de chaque cohorte ; ce rang était constitué de vétérans aguerris, qui ne combattaient que lorsque les deux premiers rangs avaient été défaits ou franchis. C'est donc le dernier recours de l'infanterie romaine. L'expression s'emploie au propre ou au figuré pour dire que la bataille est particulièrement acharnée, et qu'on se trouve à un moment critique.
  • La foi, pas la fois !

    Voilà ce qui arrive quand on veut écrire trop vite. Au temps pour moi.

    Un grand merci à vous et Yvain (ou Jacques) pour les explications.

    Je n’ai pas très bien compris, mais je pense que même le mot « légion » à un rapport avec le verbe « choisir ». En gros la légion est constituée de ceux qui ont été choisis.
  • Oui, au début de la République, la légion est un contingent levé parmi les citoyens libres et riches, car il faut payer l'équipement, et les riches sont plus intéressés dans la sauvegarde de la patrie !!! Ils sont donc "choisis" (racine *leg).

    La composition et l'organisation de la legio ont varié au cours de l'Histoire.
    Sous Marius (pas celui de Pagnol !), son unité de base est la centurie (100 hommes), associée à une autre pour former un manipule (donc 200 hommes). Trois manipules, celui des hastati (1ère ligne), celui des principes (2ème ligne), celui des triarii (3ème ligne, dont nous avons parlé) forment une cohorte (200 x 3 = 600 hommes). La légion comporte dix cohortes, donc 6000 hommes, disposés en quinconce.
    La cohorte est l'unité tactique par excellence : elle forme un "module" qui, associé aux autres, possède une mobilité et une cohésion remarquables. C'est ainsi que les légions romaines venaient sans peine à bout d'armées beaucoup plus nombreuses qu'elles, mais mal organisées. De plus, l'armée romaine avait trois autres atouts : la discipline, la qualité de l'armement et la citoyenneté du soldat (les esclaves, jugés peu sûrs, ne combattaient jamais).
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