Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour, comme l'indique le titre en français (je suis en 1ère) je dois faire une anthologie poétique et j'ai choisi le thème de la résistance. J'ai trouvé 10 poèmes :
"Liberté" de Paul Eluard
"Strophes pour se souvenir" de Louis Aragon
"Ce cœur qui haïssait la guerre" de Robert Desnos
"Oradour" de Jean Tardieu
"Les fusillés de Châteaubriant" de René Guy Cadou
"Octobre" de Pierre Seghers
"Barbara" de Jacques Prévert
"Je trahirai demain" de Marianne Cohn
"Le déserteur" de Boris Vian
"Les dents serrées" de Pierre Emmanuel
Si vous en trouvez d'autres n'hésitez pas à me les dire ça m'aidera, mais il faut qu'ils soient d'auteurs différents.
il faut faire une introduction à chaque poème en présentant l'auteur et le poème j'en ai fait pour les trois premiers :

« Liberté »

Grand poète de la résistance, Paul Eluard est un porteur d'espérance. Comme la plupart des poètes ayant vécu les atrocités de la guerre, il ne se soumet pas au régime en place, il n'accepte pas. C'est un poète engagé mais pas seulement, dans ses œuvres il exprime une revendication inconditionnelle du bonheur. Paul Eluard entre dans l'histoire de la littérature lorsqu'il parle de «poésie ininterrompue» Le poète a joué un rôle décisif dans la résistance, il atteint des sommets avec son poème « Liberté » extrait du recueil Poésie et vérité. Cette œuvre écrite en 1942 est l'un des seuls poèmes de la résistance ayant bravé la censure, en effet, l'auteur l'a rédigé sous la forme d'une ode à la liberté. Il n'avait donc, en apparence, rien de résistant. Pourtant, ce poème est en réalité une dénonciation du régime nazi, de toutes les libertés qu'ils suppriment et de tous les ravages qu'ils font, les paysages dévasté, les vies détruites. A travers ce poème, Paul Eluard décrit sa recherche de liberté dans toutes les choses quotidiennes, mais il apparaît que même dans le plus infime détail il n'y a plus aucune trace de liberté. Il ne se décourage pas pour autant, ici il fait référence à la résistance qui ne cessera pas de combattre le régime, de chercher des alliés et de tenter de ramener la liberté, malgré les risques, même si ils doivent le payer de leur vie, car tout vaut mieux qu'une vie sans liberté, sans espoir. Le poète cherche à retrouver sa liberté, sa vie d'avant, libre et heureuse.
Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard (1895-1952)
Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Éditions de Minuit)

« Strophes pour se souvenir »

Romancier, poète et journaliste, Louis Aragon est connu pour son engagement et son soutien au parti communiste français, il y adhère d'ailleurs en 1927. Le jour même de la signature du pacte germano-soviétique en 1939, étant rédacteur en chef du journal communiste, il félicite la décision de Staline, c'est le symbole même de la volonté de paix soviétique. Il admire l'URSS, pour lui c'est grâce à ce pays si la guerre n'est plus ce qu'elle était : une démonstration de violence sans but ni règles. Dans son article il exprime également son opinion selon laquelle le traité d'assistance mutuelle entre la Pologne et la France est toujours d'actualité est toujours d'actualité et tout bon français s'assurerait de le respecter. Cet article n'est pas apprécié de tous, dès sa parution tout ce qui a un rapport avec le communisme français est censuré et mit hors la loi. Louis Aragon devient médecin-auxiliaire pendant la Drôle de guerre, il fait preuve d'un héroïsme qui lui vaut d'être décoré. N'acceptant pas et ne partageant pas les idées de l'Allemagne nazi, il se joint très vite à la résistance. Après la guerre on le présente comme un « témoin poétique, veilleur des mémoires ». C'est d'ailleurs en tant que tel qu'il va écrire « Strophes pour se souvenir » en 1955, dans ce poème Louis Aragon décrit l’état d'esprit des résistants et plus particulièrement des résistants étrangers. Ceux-ci étaient humbles, il ne recherchaient pas la reconnaissance, seulement la justice. Il n''avaient aucune colère en eux, c'étaient des parias, ils étaient recherchés, considérés comme des traîtres mais ils n'en ont jamais voulu au peuple allemand. Ils considéraient tous les peuples comme égaux et plus important encore comme frères, leurs pays ne souffraient pas forcément du nazisme mais ils n'ont pas hésité une seule seconde à donner leur vie pour ramener la justice en France, ils étaient persuader que leur sacrifice permettrait de ramener la paix et la justice et dans un sens ils avaient raison. Ce poème est un hommage à tous les résistants étrangers qui sont morts pour la justice, la liberté et le bonheur de ceux qui survivrons.
Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
Vous vous étiez servis simplement de vos armes
La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L’affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu’à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l’heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre
À la fin février pour vos derniers moments
Et c’est alors que l’un de vous dit calmement
Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre
Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand

Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses
Adieu la vie adieu la lumière et le vent
Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent
Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan


Un grand soleil d’hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le cœur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d’avoir un enfant


Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant.

Louis Aragon ( 1897-1982)
Le Roman inachevé, 1956

« Ce cœur qui haïssait la guerre... »

Depuis ses débuts dans la poésie, Robert Desnos cherche à défendre sa liberté. C'est un poète engagé qui dénonce le manque liberté de sa société contemporaine, il devient très vite ennemi du peuple et est à la censure. Ceci explique que lors de la guerre, il n'accepte ni le nazisme ni l'occupation allemande. Dès 1939, il va faire la Drôle de guerre grâce à laquelle il pense il pense réussir à combattre le nazisme. Après la défaite de juin 1940, l'occupation allemande est de plus en plus présente, notamment à Paris ou il vit depuis toujours. Pour la combattre, Robert Desnos entre dans la résistance en 1942. Il est ensuite arrêté et déporté d'abord à Buchenwald (Allemagne) puis dans de nombreux autres camps avant de mourir à Theresienstadt (Tchécoslovaquie) en 1945, peu de temps après la libération du camp par les soviétiques. Le poème « Ce cœur qui haïssait la guerre... » a été écrit pendant ses années de résistance. C'est presque une menace, il dit que les résistants sont de plus en plus nombreux, de plus en plus déterminés et révoltés, Hitler et ses partisans devraient donc les craindre, un jour le régime nazi s'effondrera sous la force de la résistance. Robert Desnos raconte comment des hommes qui détestaient la violence en sont venus à se battre contre Hitler et ses idées, contre le régime nazi, contre l'occupation allemande et surtout pour leur liberté.
Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

Robert Desnos (1900-1945)
1943 (paru dans L’Honneur des poètes)

Voila si vous trouvez que quelque chose ne va pas n'hésitez pas.
Le plus important c'est la préface mais je ne sais pas par ou commencer, je n'ai jamais fait d'anthologie donc si vous avez une méthode...
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Réponses

  • Ma prof de français nous a donné une fiche méthode avec ceux qu'il faut faire et dans quelle ordre :
    1. Trouver les poèmes
    2.Chercher une illustration pour chaque poème et pour la couverture
    3.Rédiger la préface : dans un texte argumentatif destine de lire, expliquer l’intérêt et l'attrait pour le thème retenu/ Choix de vois poèmes/illustration...
    4. présenter chaque poème titre/auteur/date/recueil (bref intro pour chaque texte pour donnant des info sur le poèmes et l'auteur)
    5.Donner des références précises sur l'illustration (courte légende/citation de poème)
    6.Faites une table des matières
    7.Faites une première et une quatrième de couverture :P

    voilà j’espère que ça pourra en aider certains !
  • JehanJehan Modérateur
    Laura cours, ce n'est pas toi qui te demandais hier comment faire pour présenter ta propre anthologie ?
    Te voilà bien savante tout à coup...
  • Elsa au miroir. Aragon

    Les lilas et les roses. Aragon
  • si je demandais car je n'avais aucune idée du thème et de comment faire une préface originale mais justement j'ai été sur mon "pronote" (logiciel scolaire parents élèves professeurs) et j'ai remarqué que la prof nous avait envoyé une fiche méthode... Malheureusement je l'ai remarqué plus tard....
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