Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,
Je passe l'oral du bac français dans quelques jours et je m’entraîne en ce moment sur des problématiques pour mes lectures analytiques.
Je suis tombé sur cette problématique " Quel est l’intérêt de cette tirade par rapport à l’action de la pièce ? Par rapport au personnage ?" concernant la scène 4 du première acte de la pièce (morceau de bravoure, qui pour moi commence de "Vous.. vous avez un nez.." et se termine par "Cyrano-Savinien-Hercule/ De Bergerac.").
J'aimerai beaucoup que vous puissiez m'aider à y répondre.
J'ai pensé que pour l'intérêt par rapport au personnage serait : révéler la personnalité de Cyrano (panache, puissance, excellence de la réparti), ainsi que son défaut majeur : le nez. Quand pensez vous ?
Par contre, en ce qui concerne l'intérêt dramatique, je n'ai vraiment aucune idée ! En fait, je n'ai pas vraiment compris ce qui est attendu : est-ce parce que Roxane est présente au théâtre ? Seulement, je ne peux le justifier avec aucune réplique parce qu'aucun des personnages n'en fait mention...
Merci d'avance pour votre aide, et bonne chance à tous ceux qui passent l'oral !
Vous.... vous avez un nez... heu... un nez... très grand.

Cyrano, gravement.

Très.

Le vicomte, riant.

Ha !

Cyrano, imperturbable.

C’est tout ? ...

Le vicomte.

Mais...


Cyrano.

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh ! Dieu ! ... bien des choses en somme...
En variant le ton, - par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc ! ... c’est un pic ! ... c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ? ... C’est une péninsule ! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampéléphantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain ! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
– Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.

De guiche, voulant emmener le vicomte pétrifié.

Valvert, laissez donc !

Le vicomte, suffoqué.

Ces grands airs arrogants !
Un hobereau qui... qui... n’a même pas de gants !
Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses !

Cyrano.

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.
Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet,
Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ;
Je ne sortirais pas avec, par négligence,
Un affront pas très bien lavé, la conscience
Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,
Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.
Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,
Empanaché d’indépendance et de franchise ;
Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est
Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset,
Et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache,
Retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache,
Je fais, en traversant les groupes et les ronds,
Sonner les vérités comme des éperons.

Le vicomte.

Mais, monsieur...

Cyrano.

Je n’ai pas de gants ? ... La belle affaire !
Il m’en restait un seul d’une très vieille paire !
– Lequel m’était d’ailleurs encor fort importun
Je l’ai laissé dans la figure de quelqu’un.

Le vicomte.

Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule.

Cyrano, ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter.

Ah ? ... Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule
De Bergerac.
«13

Réponses

  • Je viens de relire l'extrait en question (une perle vraiment !).

    Je pense qu'en ce qui concerne le personnage de Cyrano, on peut rajouter son sens de l'honneur ("Je ne sortirais pas avec negligence [...] des scrupules en deuil.").
    De même, un autre trait de son caractère : la lutte contre l'injustice et les puissants. Et d'ailleurs, cela nous permet de rebondir sur l'intérêt de cet extrait - mais non pas de la tirade en elle-même - par rapport à l'action : à la fin de l'oeuvre, cette lutte contre les puissants fait que Cyrano finit assassiné lors d'une embuscade, par une bûche.
  • Merci beaucoup !

    Du coup, elle annoncerait les "combats" que va entreprendre Cyrano :
    - De Guiche souhaitera l'envoyer au siège pour se battre (du coup, l'animosité entre ces deux est décelable dans ce conflit)
    - le sens de l'honneur : il va se battre à la porte de Nesle contre cent personnes pour défendre son ami Lignières
    - la sensibilité concernant son nez : elle l'empêcherai de déclarer son amour à Roxane puisqu'il s'estime trop laid pour cette précieuse, il devra la contenir lors de l'affrontement avec Christian parce qu'il sera au courant que Roxane l'aime...
    - le panache : c'est la dernière phrase de la pièce, donc ce qu'il emporte avec lui
    et la liste est longue...

    Le seul bémol que je pourrais avancer est que cela me semble énorme pour seulement dix minutes ! Pensez-vous que les examinateurs attendent cela lors de l'explication ? Ou devrais-je me contenter de dire que cela va aboutir sur un affrontement physique entre le vicomte et Cyrano?
  • En effet, dix minutes ne semblent pas suffisantes pour analyser tout cela en profondeur, avec des retours précis au texte.
    Je te conseillerais alors, en ce cas, de procéder a une "élimination", et de conserver seulement les thématiques les plus explicitement annoncées par cette tirade. ;)
  • DeliaDelia Membre
    Je suis tombé sur cette problématique " Quel est l’intérêt de cette tirade par rapport à l’action de la pièce ? Par rapport au personnage ?"
    Soit dit en passant, ce n'est pas une problématique, c'est une question ddont le libellé donne le plan de la réponse.
  • Ah bon? Je l'avais trouvée sur un site qui répertorie les problématiques possibles aux EAF pourtant...
  • Qui dit problématique, dit problème et donc tension. Il n'y a aucune tension dans la soi-disant problématique proposée. Ce sont des questions ouvertes.
  • ShocopShocop Membre
    Je pense que tu pourrais y ajouter l'humour, non?
  • Super ! Je pense avoir compris la différence : une problématique serait plus "générale".

    Parlez-vous de l'humour de Cyrano ou l'aspect comique de la scène ?
  • DeliaDelia Membre
    Super ! Je pense avoir compris la différence : une problématique serait plus "générale".
    La problématique met en évidence une contradiction, une tension comme dit fandixhuit.
  • ShocopShocop Membre
    bacfrancais983 a écrit:
    Super ! Je pense avoir compris la différence : une problématique serait plus "générale".

    Parlez-vous de l'humour de Cyrano ou l'aspect comique de la scène ?
    Oui, je parle de son Humour, puisque c'est lui qui provoque cet aspect comique.
  • Bonjour, bonsoir,
    J'ai un devoir à faire et à rendre ce soir par e-mail pour ma prof de français. Actuellement en première STI2D en option EE, j'aurais besoin si possible et rapidement de votre aide.

    Voilà, la lecture analytique a pour titre Cyrano de Bergerac acte 1 scène 4, auteur : Rostand.

    Elle est centré sur l'acte 1 de la scène 4 qui s'affiche ci-dessous :
    Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
    On pouvait dire… Oh ! Dieu !… bien des choses en somme…
    En variant le ton, — par exemple, tenez :
    Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
    Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
    Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse !
    Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
    Descriptif : « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap !
    Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! »
    Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
    D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
    Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
    Que paternellement vous vous préoccupâtes
    De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
    Truculent : « Çà, monsieur, lorsque vous pétunez,
    La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
    Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
    Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
    Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
    Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
    De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
    Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
    Appelle Hippocampelephantocamélos
    Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
    Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
    Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
    Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
    T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
    Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne ! »
    Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
    Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
    Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on ? »
    Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
    C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
    Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
    C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain ! »
    Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
    Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
    Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
    Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :
    « Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
    A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
    – Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
    Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit :
    Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
    Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
    Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
    Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
    Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
    Me servir toutes ces folles plaisanteries,
    Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
    De la moitié du commencement d’une, car
    Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
    Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.


    En répondant à ces questions :

    1-Relevez et analysez les références culturelles qui montrent l'érudition de Cyrano.
    2-Relisez les derniers vers de la tirade : sur quelles figures de style se fonde l'attaque de Cyrano ?
    3-En quoi les adjectifs placés au début de nombreux vers fonctionnent-ils comme des didascalies ?
    4-Choisissez deux figures de style employées dans les différentes variantes et analysez les.
    5-En quoi cette tirade montre t-elle que la faiblesse de Cyrano devient une véritable force ?
    6-Pourquoi peut-on dire que Cyrano incarne de nombreux personnages dans cette tirade ?
    7-Relisez le premier vers : sur quoi repose la défense de Cyrano ?
    8-Quels procédés permettent de donner à la tirade un rythme rapide et enlevé ?
    9-Choisissez un extrait de la tirade pour montrer que Cyrano manie la versification avec brio.
    10-Choisissez deux extraits de la tirade qui mettent en valeur des jeux de mots et analysez les.
    11-Comment apparaît l'adversaire de Cyrano à la fin de la tirade ?
    12-Montrez que cette tirade repose sur une grande expressivité.

    Le français n'est vraiment pas mon fort et votre aide m'aiderait beaucoup ! Merci d'y prendre part et d'y accorder du temps !
  • IL faut quand même que tu fasses un effort et que tu commences ...
    1° Pas difficile de voir qu'il cite Aristophane, Pyrame ...
  • Oui mais j'y arrive vraiment pas...
    J'ai beau réfléchir, ça ne vient pas. :( :(
  • JehanJehan Modérateur
    Même pas la question 3 ?
    Tu sais bien ce que sont les didascalies.
    Ces indications du metteur en scène sur la façon de jouer, sur le ton des paroles...
    Tu ne vois pas ces adjectifs suivis de deux points, au début de nombreux vers ?
  • Si, elles permettent de d'écrire l'attitude, le comportement, la façon dont est habillé le personnage, non ? C'est ce que l'auteur montre dans le texte non ?
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