Grammaire française Participe passé

Bonsoir. J'ai remarqué que beaucoup de personnes ne faisaient pas la liaison avec la consonne [g] quand elle est suivie d'une voyelle. Exemples :

Un long article.
Un long hiver.


En toute rigueur, le g doit se prononcer [k] comme dans Bourg-en-Bresse. Mais on nous dit que cette prononciation est vieillie.

Qu'en dites-vous ?
«13

Réponses

  • Hier encore, en lisant un poème d'Aragon, je me suis surpris à faire cette liaison pourtant fort désuète (J'ai bu le long amour [...]).
    Voici ce que j'ai trouvé (même si cela ne concerne que le Québec) :
    La lettre g peut se prononcer [k] (k), comme la lettre k; plusieurs ouvrages recommandent cette prononciation, mais elle est très rare aujourd'hui au Québec. On la réservera donc au style très soigné. Dans le style courant, on prononcera [g] (gu) comme dans le mot langue en contexte de liaison.
    Il est important, d'après moi, de garder ce [k], qui explique beaucoup de choses, notamment pourquoi les dramaturges du XVIIe faisaient rimer bouc et joug (à l'œil... vu la correspondance phonique du "c" et du "g", qu'il serait bien dommage de perdre).
    Enfin, ce n'est que mon avis.
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, cela semble vieilli. De telles liaisons après long ne sauraient plus guère se faire qu'en déclamant des vers...

    Commentaire de la grammaire Riegel :
    On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...
    Commentaire de Wikipedia :
    (prononciation vieillie, sortant d'usage sauf dans quelques locutions figées)

    Mis à part cette rime bouc / joug, qui correspond à une prononciation désuète, je ne trouve pas que la conservation de cette liaison en [k] expliquerait beaucoup d'autres choses...
  • On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...
    Cette liaison n'est-elle pas fautive ? Autrement, n'importe quel substantif suivi d'un adjectif pourrait être sujet à une liaison... Un enfant-t-accroupi, un pied-t-entorsé, un roman-n-inachevé, voire pire encore ! Un moyen-n-indirect... avec dénasalisation du phonème [ɛ̃] !
    Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...
    Bientôt, [œ̃] et [ɛ̃] seront confondus pour toujours. À qui le tour ensuite ? [a] et [ɑ] ? [œ] et [ø] ? [ɔ] et [o] ? [e] et [ɛ] ?
    Au lieu de supprimer l'accent circonflexe, je propose de restaurer le phonème [ɛ:] (aî, eî et ê) !
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Mithridate a écrit:
    On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...
    Cette liaison n'est-elle pas fautive ?
    Elle était en tout cas absolument traditionnelle et mes parents qui avaient appris la Marseillaise à l'école la faisaient. Elle est cependant vieillie, là aussi, et j'ai constaté à l'occasion d'une cérémonie que je devais faire répéter il y a quelques années que les chefs de chœur de l'Armée française ne l'enseignaient plus ; il faudra que j'écoute plus attentivement au prochain 14 juillet.
    En revanche, j'ai entendu plusieurs fois dans Racine dans des représentations classiques des liaisons de ce type faites avec sang.
  • JehanJehan Modérateur
    Mithridate a écrit:
    Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...

    N'exagérons rien... Ce n'est pas parce qu'on ne fait plus certaines liaisons en [k] que l'identité de la langue est menacée. En quoi ces rares liaisons disparues seraient-elles à la source d'une confusion de phonèmes analogue à celles que tu cites ?
    Par ailleurs, en ce qui concerne l'ouverture des voyelles, il y a bien des nuances régionales qui perdurent, et qui n'entravent nullement la compréhension.
  • Jehan a écrit:
    Mithridate a écrit:
    Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...

    N'exagérons rien... Ce n'est pas parce qu'on ne fait plus certaines liaisons en [k] que l'identité de la langue est menacée. En quoi ces rares liaisons disparues seraient-elles à la source d'une confusion de phonèmes analogue à celles que tu cites ?
    Si nous commençons à ne plus faire certaines liaisons, nous en omettrons de plus en plus, et il arrivera inexorablement un jour où plus aucune ne se fera... du moins, aucune de celles qui se font actuellement !
  • Donc, dans mes deux exemples, on prononcera aujourd'hui longarticle et longiver (pas comme dans givré :)), en évitant le son [k]. Une petite curiosité : est-ce la prononciation pour laquelle vous optez au quotidien ?
  • JehanJehan Modérateur
    Mithridate a écrit:
    Si nous commençons à ne plus faire certaines liaisons, nous en omettrons de plus en plus, et il arrivera inexorablement un jour où plus aucune ne se fera... du moins, aucune de celles qui se font actuellement !
    La liaison du g ne concerne guère que l'adjectif long avant un nom commençant par une voyelle ou un h muet... Son éventuelle omission ne saurait mettre en péril tout l'édifice. Ton "inexorable" me semble un tantinet outré. Il y a tellement d'autres liaisons qui se font toujours, et avec des consonnes de liaison bien plus fréquentes que le g !

    Au fait, en 1692, le bon usage consistait, par exemple à prononcer Sain(t) Esprit sans liaison, de même que "qui ête(s) au cieux". Comme quoi les liaisons, ça s'en va et ça revient...

    Pour Collins : spontanément, je prononce un lon article... sans liaison.
    Et sans avoir le sentiment de massacrer la langue pour autant.
  • Jehan a écrit:
    La liaison du g ne concerne guère que l'adjectif long avant un nom commençant par une voyelle ou un h muet...
    + les dérivés, oblong et barlong (encore utilisé en architecture).
  • JehanJehan Modérateur
    Certes... Mais pour la survie de la liaison, tu les places eux aussi avant le nom qu'ils qualifient, ceux-là ?
    Un oblong-k-outil , un barlong-k-édifice... C'est d'un chic ! :P
  • Pourquoi ne pas simplement se mettre tous d'accord pour placer le nom en question avant long, oblong ou barlong ?
    Ce serait une sorte de convention...
  • Qu'en est-il de la prononciation de bourg et joug devant un nom commençant par une voyelle ou un h muet ?

    Un bourg accueillant.

    Un joug insupportable.
    Un joug odieux.
  • En français moderne (oui, oui, c'est moi qui viens de dire ça), il n'y a plus aucune liaison possible entre un nom placé avant un adjectif et ce dernier, sauf pour ce que l'usage a préféré préserver (notamment sang-k-impur).
    Cette règle ne concerne bien sûr pas le pluriel !
  • JehanJehan Modérateur
    Mithridate a écrit:
    Pourquoi ne pas simplement se mettre tous d'accord pour placer le nom en question avant long, oblong ou barlong ?
    Ce serait une sorte de convention...

    Les peu fréquents barlong et oblong, disyllabes de sens toujours objectif, se placent d'ores et déjà après le nom, c'est la norme dans ce cas. Sauf par effet de style confinant au burlesque : voir plus haut...

    L'adjectif monosyllabe et usuel long, notamment quand prime le sens subjectif, se place spontanément avant le nom. Lequel nom commence d'ailleurs plus fréquemment par une consonne que par une voyelle. Alors, à quoi bon lui assigner une place artificielle pour si peu ?
  • Jehan a écrit:
    Alors, à quoi bon lui assigner une place artificielle pour si peu ?
    C'est quand même l'un des adjectifs les plus couramment utilisés !
    Et puis, barlong-k-édifice et oblong-k-outil ne sont pas si moches que ça. Cela permet même d'éviter d'horribles discontinuités hiatales (et barlong-g-édifice et oblong-g-édifice sonnent, d'après moi, bien mieux que barlon' édifice et oblon' édifice :P).
  • JehanJehan Modérateur
    Changer arbitrairement de place un adjectif si usuel rien que pour éviter la liaison en -k- que justement tu adores, j'ai du mal à saisir la logique de ta proposition...
    d'horribles discontinuités hiatales
    Bah... Les discontinuités hiatales... On hait ou on hait pas ! ;)
    Et puis, en cas d'allergie, hop ! liaison-z-euphonique : Le lion-z-est mort ce soir...
    il n'y a plus aucune liaison possible entre un nom placé avant un adjectif et ce dernier
    Ce qui permet d'ailleurs de distinguer un savant / amoureux (un scientifique épris) d'un savant-t-amoureux (un amoureux qui sait y faire)...
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    collins a écrit:
    Donc, dans mes deux exemples, on prononcera aujourd'hui longarticle et longiver (pas comme dans givré :)), en évitant le son [k]. Une petite curiosité : est-ce la prononciation pour laquelle vous optez au quotidien ?
    Oui, quasiment comme si je disais "longue article" "longue hiver".
  • collins a écrit:
    Qu'en est-il de la prononciation de bourg et joug devant un nom commençant par une voyelle ou un h muet ?

    Un bourg accueillant.

    Un joug insupportable.
    Un joug odieux.

    Alors, pour bourg et joug ? Prononcerez-vous Un bour accueillant (sans liaison) ou Un bourgaccueillant ? Ou peut-être Un bourkaccueillant ? Idem pour joug.
  • JehanJehan Modérateur
    On ne fait pas de liaison avec un adjectif qui suit le nom...
  • Mithridate a écrit:
    En français moderne (oui, oui, c'est moi qui viens de dire ça), il n'y a plus aucune liaison possible entre un nom placé avant un adjectif et ce dernier, sauf pour ce que l'usage a préféré préserver (notamment sang-k-impur).
    Cette règle ne concerne bien sûr pas le pluriel !
    Je l'avais dit en plus. ;)
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.