Fiches méthode Bac de français 2020

Quelqu'un pourrait m'aider à comprendre la position de Baudelaire?
LE malheur du poète vient évidemment du fait qu’il ne peut ni se satisfaire des plaisirs terrestres (comme les parisiens en débauche) ni croire au Ciel (comme les aveugles).
Mais quelle est donc la solution du poète ? Comment devrait-on affronter la vie/la condition humaine ? Qu'est-ce que serait le bonheur pour Baudelaire? J'ai l'impression qu'il est tellement pessimiste qu'il croit qu'il n'y a aucun remède au malheur... (Excusez les fautes mais je ne suis pas francaise)


Contemple-les, mon âme; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins; vaguement ridicules;
Terribles, singuliers comme somnambules;
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
Comme s’ils regardaient au loin, restent levés,
Au ciel; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris & beugles,

Éprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
Vois, je me traîne außi ! mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?
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Réponses

  • Non je ne pense pas que Baudelaire soit pessimiste, Les Fleurs du Mal, et surtout Les tableaux parisiens, montrent qu'il déteste en effet la nature mais est fasciné par la laideur et l'artificiel. Le dernier vers des fleurs du mal est d'ailleurs "tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or". Baudelaire pense que la laideur est plus vraie que la beauté car elle est éternelle alors que le beau ne dure pas. On peut voir beaucoup de poèmes qui évoquent la laideur dans les tableaux parisiens comme Les petites vieilles ou une charogne parce que le but principal que Baudelaire s’était fixé, était de « transformer le laid en beau » grâce a l’art de l’écriture. C'est pour ça qu'il met autant en avant leur laideur mais ce n'est pas parce qu'il a une vision pessimiste du monde. J'espère que je t'ai un petit peu aidé :]
  • Mais que fauti-il faire pour être heureux?
    La foi des aveugles n'est surement pas le remède au malheur. La débauche de la "cité" non plus... car il en montre des aspects "laids". Mais comment devrait-on vivre alors?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Yarisha,

    Félicitations pour ta maîtrise du français et des subtilités poétiques baudelairiennes.

    Je ne partage pas tout à fait ton analyse.

    Les aveugles sont une image du poète ou du moins des hommes idéalistes et exigeants.

    Les aveugles sont effrayants et ridicules. Comme des mannequins et des somnambules : à cause de leur raideur, peut-être de leurs bras légèrement écartés pour tester leur environnement, mais surtout à cause de leur regard vide. Ils sont donc une forme humaine sans humanité ou du moins sans comportement humain. Ils paraissent des automates…

    V5 : "Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie"

    Je pense que dans une expression très condensée, comme télescopée, Baudelaire veut signifier que le regard est l'expression de l'âme, or l'âme est le reflet de la divinité (dans la tradition chrétienne l'homme a été créé à l'image de Dieu). Le regard de l'aveugle est vide, sans vie, sans flamme (on parle souvent du feu du regard) et donc sans la moindre étincelle (la plus petite partie du feu). Note aussi que dans la tradition antique, le feu (la foudre) est l'apanage jupitérien que les Titans révoltés ont voulu dérober. Ce sont toutes ces connotations qui se rencontrent en un réseau serré. Tu perçois la densité de la poésie baudelairienne nourrie de culture classique et biblique.

    Pour Baudelaire, les aveugles vivent dans le rêve, comme les somnambules, puisqu'ils croient au Ciel (pour moi, je le comprends comme le regard intérieur qui n'est pas arrêté par la réalité et peut donc rejoindre plus facilement le monde des idées platoniciennes. L'aveugle est alors un frère du poète de Correspondances plus doué que ses congénères puisqu'il voit ce que les autres ne peuvent percevoir). Si les aveugles gardent la tête toujours levée au ciel, c'est qu'ils ne la baissent jamais vers le sol. Baudelaire nous fait passer de la pure description physique des aveugles à l'interprétation psychologique de leur comportement. Le paradoxe que Baudelaire s'est jusque-là contenté de relever, il semble maintenant chercher à l'expliquer ; ce qui ne faisait jusque-là que l'étonner, il paraît maintenant commencer à le comprendre. Il se dit que, si les aveugles gardent la tête toujours levée, s'ils ne la baissent jamais « vers les pavés », c'est parce qu'elle n'est jamais « appesantie », comme l'est si souvent celles des autres hommes. Baudelaire paraît donc avoir le sentiment que, loin d'être plus malheureux que ceux qui voient, ils pourraient bien, au contraire, avoir moins de problèmes que d'autres et échapper aux ennuis et aux soucis qui accablent certains. Ce paradoxe prépare en même temps la comparaison entre les aveugles et le poète à laquelle Baudelaire va se livrer dans le second tercet.

    Le bonheur, s'il est accessible, réside dans cette tension vers un monde idéal (au sens platonicien), dans la quête de cette unité du Beau, loin des mesquineries et des utilités matérialistes bourgeoises. Finalement ces aveugles rappellent l'albatros et le mysticisme de Baudelaire, esthétique plus que religieux.
  • Selon moi, le Mal est représenté par l’image de la foule en quête d’oubli et de divertissement, tandis que les aveugles aspirent à l’idéal, au Bien, à Dieu. Le poète regarde tout ca avec une espèce de suopériorité car il est le seul qui s'apercoit de la "cécité généralisé" (aveugles physiques// aveugles moraux). Je dois analyser le motive de la cécité. Selon vous les aveugles sont-ils plus malheureux des parisiens en débauche?
  • Le poète ne se sent pas supérieur, puisqu'il écrit
    mais, plus qu'eux hébété
  • Oui mais cela lui confère une certaine supériorité car il est le seul qui est conscient de son hébétude et de la cécité généralisé...
  • doujadouja Membre
    bonjour à tous!

    ce matin j'ai passé mon examen de littérature, on a eu poésie (pour la deuxième fois ><) et on devait faire le commentaire composé du poeme "les aveugles"

    j'ai cherché alors si je pouvais trouver un quelconque corrigé et j'avoue que ce que jean-luc a écrit m'a un peu rassurée mais... pas trop en même temps:

    pour mon commentaire j'ai beaucoup parlé des aveugles en premier lieu, expliqué le somnambulisme et décris les mannequins pour faire le rapprochement avec les aveugles. j'ai parlé de leurs passivité et du vide de leurs regard.
    j'ai également insisté sur le fait que quelque chose attirait leur regard vers le ciel d'où l'utilisation du verbe "darder" par baudelaire mais j'aurai peut etre pas dû utiliser le verbe " menacer" (les aveugles menaçaient quelque chose) dans mon analyse.

    pour ce qui est de "la divine étincelle" je n'ai pas dis grand chose à ce sujet (quelques deux misérables lignes) à part que c'etait un cadeau divin et j'ai fait le rapport avec "traversent le noir....silence eternel" pour dire que les aveugles avait un pied dans la tombe à cause de leurs handicap.
    puis j'ai rajouté que le rejet et l'enjembement dans la deuxième strophe mettaient l'accent sur le fait que ""les aveugles ne détournent pas les yeux du ciel et certainement pas pour regarder en bas. c'est comme s'ils aspiraient à quelque chose vers le haut qui n'existerait pas sur terre""

    en deuxième lieu, j'ai parlé de la cité, vestige de la civilisation qui est indifférente aux aveugles, elle se moque d'eux et du poete, j'ai déduis celà du "nous dans le 11ème vers. la cité rejette également le poete qui ne supporte plus ses bruits de plus en plus animaliers sachant que "la cité" n'est qu'un terme pour englober tout ses habitants.
    "eprise de plaisir jusqu'à l'atrocité" j'ai parlé ici de la mesquinerie et l'immondicité de la cité qui se desinteresse et delaisse ses habitants souffrants que ce soit une souffrance physique (les aveugles) ou morale (le poete)

    et troisièmement j'ai dis que c'était pour cela que le poete s'est détourn de la cité et qu'il a choisit d'essayer de comprendre les aveugles et s'est fait aveugle à son tour "je me traine aussi" . je n'ai malheureeusement pas utilisé le verbe "s'identifier" comme je l'avais prévu au début!

    j'allais pour la conclusion parler du fait que les aveugles voyaient un idéal dans le ciel que le poete essai de comprendre mais le dernier vers m'a fait douter et je me suis dis que le poete n'a toujours rien vu. alors j'ai conclut sur un "le poete est comdamné à vivre entre deux: la mort et la vie"
    une conclusion minable j'ai l'impression!

    enfin j'aimerai bien connaitre votre avis sur mon petit commentaire, j'ai un peu peur de la note que je vais avoir d'autant plus que le barème de la litterautre est le plus élevé parmis les matières que j'ai à passer.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Douja,

    Tu sembles avoir perçu quelques-unes des intentions de Baudelaire.
    Cet exposé décousu ne donne pas une idée très précise du plan retenu à moins que tu n'aies choisi une analyse linéaire.
    J'ai relevé également quelques erreurs dans le vocabulaire comme "immondicité" qui n'existe pas...

    Tout est joué, attends le plus patiemment possible ta note !

    En tous cas, tu sembles prendre tes études à coeur et tu devrais réussir, ce que je te souhaite.
  • J'ai beaucoup des difficultés avec cette exercice, pourrais vous m' aider? Il s'agit de trois question sur le poème Les Aveugles de Baudelaire:
    Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
    Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
    Terribles, singuliers comme les somnambules,
    Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

    Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,
    Comme s'ils regardaient au loin, restent levés
    Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
    Pencher rêveusement leur tête appesantie.

    Ils traversent ainsi le noir illimité,
    Ce frère du silence éternel. Ô cité !
    Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

    Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
    Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,
    Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?
    Voici les questions:
    1. Observez le rythme, le vocabulaire, les sonorités, les coupes, etc., des trois premières strophes. En quoi servent-ils une vision tragique des aveugles?

    2. Le terme <<aveugles>> désigne-t-il seulement les handicapés physiques?

    3. Comment, dans le dernier terce, Baudelaire passe-t-il d'une méditation sur la condition des aveugles, à une méditation sur lui-même?

    Merci d'avantage!
  • D'après le poème Les Aveugles de Charles Baudelaire...

    Charles Baudelaire, Les Aveugles

    Contemple-les, mon âme; ils sont vraiment affreux !
    Pareils aux mannequins; vaguement ridicules;
    Terribles, singuliers comme les somnambules;
    Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

    Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,
    Comme s'ils regardaient au loin, restent levés
    Au ciel; on ne les voit jamais vers les pavés
    Pencher rêveusement leur tête appesantie.

    Ils traversent ainsi le noir illimité,
    Ce frère du silence éternel. O cité,
    Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

    Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
    Vois! je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,
    Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

    Les Fleurs du mal

    J'aurais une question à vous poser... J'aimerais connaître la raison pour laquelle Baudelaire n'arrive pas à croire en Dieu, à avoir la foi. Est-ce parce qu'il n'arrive pas à faire la paix avec Dieu comme l'ont fait les aveugles (car après tout c'est Dieu qui les a mis au monde sans la capacité de voir) et qu'il croit que tout le malheur qui lui arrive est la faute de Dieu (exclu, rejeté de la société à cause de son statut social de poète)?

    2e question...
    Dans le premier quatrain, Baudelaire se décrit lui-même, c'est ce que disent ceux qui ont analysé le poème. Mais pourquoi se compare-t-il à un mannequin (dans le sens qu'il avance sans tourner la tête)? Et pourquoi est-il comparé à un somnambule (voulant dire qu'il est dépourvu d'âme, qu'il vit dans le rêve)? On peut comprendre pour un aveugle... Mais est-ce que Baudelaire se décrit réellement? Ensuite dans le deuxième quatrain, dernier vers, il dit que les aveugles ont moins de soucis que les hommes normaux... Pourquoi? Est-ce qu'il cesse de se comparer à eux? Car, à la fin du poème, on comprend que Baudelaire ne croit pas en Dieu et qu'il a bien plus de soucis qu'eux? Bref, PEUT-ON RÉELLEMENT PARLER DE COMPARAISON ENTRE LES AVEUGLES ET BAUDELAIRE? Je suis tout mélangé!!

    Merci de bien vouloir m'aider!

    Martin.
  • Il n'est pas écrit (même implicitement) dans ce poème que Baudelaire n'a pas la foi.
    Il ne se compare pas à un mannequin, ni à un somnambule : il dit cela des aveugles.
  • Oui, car d'une certaine façon, il oblige son âme à regarder sa misère dans le miroir.… "Contemple-les mon âme"

    Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles?

    C'est une allégorie disant au sens figuré qu'il n'arrive pas à croire en Dieu...

    Mais je n'arrive pas à saisir le sens du poème...

    Est-ce un poème qui parle de la beauté et du laid?
    Est-ce un poème qui parle de croire en Dieu?

    Bref, je ne comprends pas le thème du poème?

    Est-ce parce que les aveugles ne trouvent pas leur bonheur ici-bas mais espère une consolation dans l'au-delà, ce que Baudelaire ne croit pas? Sinon pourquoi ne croit-il pas à une consolation dans l'au-delà?
  • S'il ne croit pas à Dieu, il ne peut pas croire à la consolation dans l'au-delà, puisque c'est Dieu qui promet cette consolation. S'il ne croit pas, il ne peut pas non plus faire la paix avec Dieu. Mais il aurait déjà besoin de faire la paix avec lui-même.
    “il croit que tout le malheur qui lui arrive est la faute de Dieu (exclu, rejeté de la société à cause de son statut social de poète)?”
    Non, cette idée n'est pas exprimée dans ce poème -même s'il est vrai que B l'exprime ailleurs-
    Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles?

    C'est une allégorie disant au sens figuré qu'il n'arrive pas à croire en Dieu...
    Cette interprétation est une lecture possible, mais je n'affirmerais pas. Les aveugles peuvent chercher autre chose que Dieu.
    “le noir illimité et le silence éternel” Ce silence est opposé aux bruits de la cité, qui “chantes, ris et beugles”
    “plus qu'eux hébétés” ne veut pas dire qu'il a plus de soucis qu'eux, mais qu'il n'a pas de but, pas de ligne de conduite ; alors qu'il semble que les aveugles en ont une.

    Ce poème est une parabole sur l'aspiration au Bien, sur la quête d'Idéal, auxquels le poète ne parvient pas
  • Je vais poser mes questions plus clairement...

    On dit que Baudelaire se compare aux aveugles.

    On peut comprendre le passage avec les somnambules...
    Aveugles: vivent dans le rêve.
    Baudelaire: vit dans l'imagination

    Mais pour le reste... cela me paraît ambigu.

    En effet, le poème, selon moi, parle de la croyance en Dieu que Baudelaire n'a pas...

    L'interprétation philosophique de l'attitude physique des aveugles permet à Baudelaire non seulement de se reconnaître en eux, mais même de se sentir encore plus désemparé, plus démuni et finalement plus aveugle qu'eux, puisque, si lui voit bien la lumière du ciel, il n'a pas la chance qu'ils ont eux de pouvoir croire au Ciel. Ce que nous dit ce sonnet, c'est la solitude, le désarroi et la détresse du poète qui voudrait croire et qui ne le peut pas. Ce que nous dit Baudelaire, c'est ce qu'il écrira à sa mère quelques mois plus tard, le 6 mai 1861 : « "Et Dieu !" diras-tu. Je désire de tout mon coeur (avec quelle sincérité, personne ne peut le savoir que moi) croire qu'un être extérieur et invisible s'intéresse à ma destinée, mais comment faire pour le croire ?» Mais ce qu'il dit à sa mère d'une manière très simple et directe, il nous le dit à nous que d'une manière détournée; et malgré cela, ou plutôt grâce à cela, il nous le dit avec beaucoup plus de force. Cette confidence, cette confession a un caractère à la fois singulièrement impudique et discret, violent et voilé.

    Donc on peut comprendre la comparaison...
    Silence éternel
    AVEUGLES = mort (sens figuré)
    Baudelaire = sans personne à qui parler (solitude) (sens propre)

    Mais Léah, j'ai l'impression que pour toi le poème veut dire autre chose (Bien et Idéal) et que ton interprétation des vers du poème change en fonction de ton interprétation... Donc, il n'y a pas de mauvaises réponses.

    Selon moi, Baudelaire dit qu'il est plus misérable que les aveugles, car il ne croit pas en Dieu, il a plus de soucis, personne ne fait attention à lui (la cité), etc.
  • Bonsoir Poète,

    As-tu la première page de cette discussion où tu as été déplacé ?

    Muriel
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