Grammaire française Participe passé

Bonjour à tous,

Dans nombre de mes phrases, je désespère l'absence de participe futur en français, étant alors obliger d'introduire une lourde relative.

J'ai donc fait une recherche sur Internet dans le but de trouver une éventuelle forme ancienne de participe futur en français, que je pourrais éventuellement utiliser à l'écrit, et je suis arrivé sur cette page :
https://web.archive.org/web/*/https://www.langue-fr.net/ougrapo/participe-futur.htm
où est en effet développé un participe futur.

Impatient de pouvoir l'utiliser, j'aimerais cependant en savoir davantage sur son "droit" d'utilisation. Par exemple, qu'en pense l'Académie française, qui, je pense, n'a pas inséré une telle construction dans ses principes.

Cordialement,
Le Scientifiqueducoin
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Réponses

  • ZorahZorah Membre
    J'ai copié-collé votre lien, qui ne semble pas fonctionner.
  • Zorah, le lien fonctionne, sinon il suffit de chercher le célèbre Ougrapo.

    La vocation de l'Académie française n'est pas d'ajouter des constructions, mais de constater l'évolution de la langue.
    Personne ne vous empêche de parler ou d'écrire comme vous le souhaitez. Il y a seulement le risque que vous ne soyez pas compris.
    Mais vous avez raison, il est vrai que certaines tournures manquent en français quand on les a découvertes dans d'autres langues.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Il existe en français une possibilité de participe futur (ou presque).

    Ex. : Jacques la Coquille, allant manger du poisson, s'arrêta net sur les arêtes.

    C'est la transposition, au participe, du présent à valeur de futur proche.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, Jean-Luc.

    C'est vrai, on peut dire que c'est un participe futur, mais uniquement à valeur de futur proche comme vous le soulignez.

    Moi aussi, voici quelques mois, j'étais tombé sur ce participe futur proposé par le site de l'Ougrapo. Intellectuellement séduisant, mais les solutions trouvées m'avaient paru peu esthétiques et d'usage peu pratique. Et je m'étais amusé à imaginer une solution qui me satisferait mieux... J'avais gardé trace de ces cogitations, et je saisis l'occasion de ce fil pour vous en faire part ci-dessous. Je pense que ça pourra intéresser...

    Puisqu'on parle du participe futur

    Le participe actif futur latin (amaturus) exprime une nuance d'imminence (sur le point d'aimer) d'inclination ou d'intention (disposé à aimer), de but ou d'obligation (destiné à aimer). Le participe français (tout comme le participe espéranto amonta) sans exclure ces nuances d'emploi, aura une signification plus générale (qui aimera) .

    Par calque étroit du latin, l'Ougrapo choisit de construire ce participe à partir du radical de la forme du participe passé, éventuellement amputé de sa voyelle finale, sauf les monosyllabiques en -u qui conservent ce u en le coiffant d'un tréma.Toujours par calque étroit du latin, la terminaison rajoutée est -ure (pour les deux genres)
    Ce qui donne ces formes étranges:
    verbe chanter, pp chanté → pf chanture (qui chantera)
    verbe finir, pp fini → pf finure (qui finira)
    verbe vendre, pp vendu → pf vendure (qui vendra)
    verbe avoir, pp eu → pf eüure (qui aura)
    verbe être, pp été → pf éture (qui sera)

    Critique de la terminaison -ure : En français, ce n'est pas un suffixe verbal. Ce suffixe sert déjà à former des noms à partir de verbes, ce qui va créer de nombreuses confusions par homophonie.
    rature (nom) et rature (pf = "qui ratera")
    nourriture (nom) et nourriture (pf = "qui nourrira") etc.

    Je propose une solution toute simple et logique :

    Il existe en français une terminaison spécifique du participe actif: -ant. Si nous voulons un participe futur, greffons cette terminaison sur le radical du futur simple. Il suffira de remplacer les désinences -ai, -as, -a, etc. du futur par notre désinence -ant. Ce qui nous donnera:

    aimer, aimerai → aimerant (qui aimera)
    finir, finirai → finirant (qui finira)
    tenir, tiendrai → tiendrant (qui tiendra)
    être, serai → serant (qui sera; syn. de "futur")
    avoir, aurai → aurant (qui aura)
    Et aussi: vendrant (qui vendra), nourrirant (qui nourrira), etc.

    On comparera par exemple :

    Qui vivra verra. (français standard)
    Le vécure verra. (Ougrapo)
    Le vivrant verra. ( mon système)

    Rira bien le dernier riure. (Ougrapo)
    Rira bien le dernier rirant. (mon système).

    Le premier rirant aura une tapette !

    Le futur gagnant = le gagnerant
    Les internautes qui liront ceci = les internautes lirant ceci, etc.

    J'ai la faiblesse de trouver cela plus élégant et plus immédiatement lisible que les formes de l'Ougrapo officiel. Qu'en pensez-vous ?
    .
  • ZorahZorah Membre
    C'est presque enthousiasmant !

    Que donnerait la traduction de Ceux qui vont mourir te saluent ? Les mourrants te saluent ?
    Les chevaux qui vont courir sont pleins de fougue.==> Les chevaux courrant ?
    C'est intéressant. Lancez-vous dans un roman, un participe futur de temps en temps et l'affaire est dans le sac !
  • J'ai la faiblesse de trouver cela plus élégant et plus immédiatement lisible que les formes de l'Ougrapo officiel. Qu'en pensez-vous ?
    Nous gagnons en effet en lisibilité ainsi qu'en simplicité, et peut-être même, davantage en cohérence avec la langue. Je soulignerais cependant un point fort des formes de l'Ougrapo, à savoir la ressemblance avec la forme latine, qui, je trouve, confère à cette formulation du participe futur, une certaine forme d'élégance. Je reste donc partagé.
  • Pourquoi chercher cette forme?
    1. Le "français standard" a déjà des solutions.
    2. Si pêu de monde connait le latin.
  • Anne345 a écrit:
    La vocation de l'Académie française n'est pas d'ajouter des constructions, mais de constater l'évolution de la langue.
    J'ai toujours pensé que l'Académie française concevait une langue "officielle", se penchant sur l'orthographe des mots, etc. La question est peut-être hors sujet, mais comment impose-t-on l'orthographe d'un mot, les accords, etc. ?
    Pourquoi chercher cette forme?
    1. Le "français standard" a déjà des solutions.
    2. Si pêu de monde connait le latin.
    Nous pouvons en effet remplacer un participe futur par une relative, mais cela reste linguistiquement parlant moins intéressant, du moins selon mon point de vue, appréciant particulièrement les participes. L'idée de s'inspirer du latin, qu'effectivement peu de gens connaissent, reste cependant pertinent, constituant une part importante de notre héritage linguistique.
  • ZorahZorah Membre
    Un enrichisement volontaire et artificiel du français a déjà été voulu et largement suivi d'effet au temps de la Pléiade, je ne prétends l'apprendre à personne. C'est donc une chose parfaitement possible.

    Les formes de l'Ougrapo sont à mon sens trop éloignées de la langue courante pour espérer y faire un jour leur entrée. Il n'en est pas de même des participes futurs à la façon de Jehan, qui se fondent parfaitement dans les formes habituelles du français. Et puis les terminaisons en -ure ne sont guère euphoniques, et facilement perçues comme péjoratives (rinçure,giclure, rognure...), au contraire des terminaisons en -ant, qui sonnent à 100% la bonne langue.
  • Ces réflexions sont intéressantes et amusantes à la fois, mais je pencherais du côté de JSC. De plus, l'art de bien écrire, n'est-ce pas utiliser au mieux les possibilités que nous offre la langue française ? Dans la traduction, on est confronté au quotidien à cette "gymnastique" : trouver des solutions pour restituer des expressions et tournures étrangères qui n'ont pas d'équivalent direct en français. Et c'est un des aspects intéressants de ce métier... Un peu de créativité, quoi ! Mais à l'intérieur de la langue existante, et qui offre déjà beaucoup de possibilités !
  • JehanJehan Modérateur
    Scientifiqueducoin a écrit :
    Je soulignerais cependant un point fort des formes de l'Ougrapo, à savoir la ressemblance avec la forme latine, qui, je trouve, confère à cette formulation du participe futur, une certaine forme d'élégance.
    La notion d'élégance est subjective, j'en suis bien conscient. Mais si c'est la forme en -turus du latin qui est jugée élégante, pourquoi l'Ougrapo la réduit-il en -ure, ce qui dans la plupart des cas rend quasi nulle la ressemblance avec le participe latin correspondant ? En outre, -ure, comme je l'ai fait remarquer, est un suffixe français de sens différent et déjà très répandu... Le caractère élégant et distingué de ce suffixe dans les mots existants reste à démontrer par ailleurs : revoyure, ordure, biture, crevure, roulure...

    Je ne vais pas revenir sur les très nombreux cas d'homonymie créés par ces participes en -ure.. Quant aux formes ougrapiennes à trémas et à hiatus telles que eüure, büure, süure, crüure, leur élégance latine me semble bien loin. Et que veut dire crüure ? "qui croira" (croirant) ou "qui croîtra" (croîtrant) ?

    De plus, ces participes ougrapiens terminés par un e muet ne peuvent plus varier en genre comme les autres participes. Tandis qu'un bon vieux participe en -ant...

    Bien sûr que tout ça est inutile, puisque le français dispose de toutes les ressources possibles pour exprimer les mêmes nuances. Heureusement que le français les avait, ces nuances. Je n'aurais rien pu expliquer. Mais il faut reconnaître que bon nombre de ces nuances ne brillent pas par leur légèreté ou leur concision. Alors, de temps en temps, pourquoi ne pas faire joujou avec la langue et se faire plaisir ?
  • Nous pouvons en effet remplacer un participe futur par une relative, mais cela reste linguistiquement parlant moins intéressant,
    En quoi?
    En quoi est le participe particulièrement "intéressant"?
    L'idée de s'inspirer du latin, ... constituant une part importante de notre héritage linguistique.
    Ah, bon! Quel pourcentage?
    Cette phrase ressemble beaucoup aux assertions du genre "l'accent circonflexe remplace majoritairement un 's'", ce qui est loin d'être vrai.
    Zorah a écrit:
    Les chevaux courrant
    Et la distinction entre courrant et courant se fait comment?
    'Les chevaux courrant en engageant un an enivrant de courses'. Très euphonique, quoi. :(
    Anne345 a écrit:
    Un peu de créativité, quoi ! Mais à l'intérieur de la langue existante, et qui offre déjà beaucoup de possibilités !
    Tout-à-fait, Anne.
  • JehanJehan Modérateur
    Anne345 a écrit :
    Un peu de créativité, quoi ! Mais à l'intérieur de la langue existante, et qui offre déjà beaucoup de possibilités !
    Tout-à-fait, Anne.
    C'est Anne-Lise qui a fait cette réflexion, ce n'est pas Anne345.

    En quoi est le participe particulièrement "intéressant"?
    Par exemple, il est moins lourd et plus concis qu'une relative.
    Je croyais que tu aimais la concision ?

    -L'idée de s'inspirer du latin, ... constituant une part importante de notre héritage linguistique.
    -Ah, bon! Quel pourcentage?
    Bonne question, JSC. Il serait effectivement intéressant de relever le pourcentage de mots d'origine latine dans un court texte de français courant. Comme au départ presque tous les mots-outils et les terminaisons verbales sont d'origine latine, et qu'il y a bien d'autres mots dans le même cas, le résultat serait sûrement édifiant.

    Même mon participe futur à moi peut se revendiquer du latin... Cette terminaison -ant ne nous vient pas du chinois !
    Et la distinction entre courrant et courant se fait comment?
    Comme entre "nous courons" et "nous courrons", sans doute... Où est le problème ? Et tous les verbes n'ont pas de double r au futur à la fin de leur radical... Le pourcentage doit être dérisoire.
    Les chevaux courrant en engageant un an enivrant de courses'. Très euphonique, quoi.
    Cette phrase farcie de "an", écrite tout exprès pour pinailler, serait plus euphonique avec un seul r à "courrant" ? Explique-moi ça...
  • Anne-Lise a écrit:
    Un peu de créativité, quoi ! Mais à l'intérieur de la langue existante, et qui offre déjà beaucoup de possibilités !
    Dans ce cas, nous nous plaçons dans une optique statique de la langue, ce qui n'est cependant le cas. Mais bien sûr, il faut réfléchir sur la façon dont nous voulons la faire évoluer, car lorsque l'on regarde la réforme orthographique de 1990, et ses monstruosités, il y a de quoi s'insurger contre les réformateurs...
  • Jehan a écrit:
    C'est Anne-Lise qui a fait cette réflexion, ce n'est pas Anne345.
    1. En effet; mes excuses et homages aux deux dames concernées ainsi qu'une fustigation à mon clavier dyslexique.
    2. Pourquoi prends-tu la responsabilité d'indiquer cet écart?
    En quoi est le participe particulièrement "intéressant"?
    Par exemple, il est moins lourd et plus concis qu'une relative.
    Je croyais que tu aimais la concision ?
    1. Pourquoi réponds-tu à la place de Scientifiqueducoin, à qui j'ai adressé les questions? Il m'intéresse d'avoir sa réponse.
    2. Nonobstant 'lourd' n'est pas plus un éclaircissement qu' 'intéressant', me semble-t-il.
    3. Je ne sais pas si j'ai parlé de cela...et vu la longueur des mes posts parfois... :lol:
    -L'idée de s'inspirer du latin, ... constituant une part importante de notre héritage linguistique.
    -Ah, bon! Quel pourcentage?
    Bonne question, JSC. Il serait effectivement intéressant de relever le pourcentage de mots d'origine latine dans un court texte de français courant.
    "Héritage linguistique" pourrait effectivement se trouver dans "un court texte de français courant". Mais j'ai tendance à croire qu'il s'illustrerait davantage en considérant tous les mots que nous sont légués.
    Et la distinction entre courrant et courant se fait comment?
    Comme entre "nous courons" et "nous courrons", sans doute... Où est le problème ? Et tous les verbes n'ont pas de double r au futur à la fin de leur radical... Le pourcentage doit être dérisoire.
    Le problème réside dans deux participes qui se prononcent de façon semblable.
    Dérisoire et risible sont deux des mots qui me frappent de premier plan concernant ce fil inutile.
    Les chevaux courrant en engageant un an enivrant de courses'. Très euphonique, quoi.
    Cette phrase farcie de "an", serait plus euphonique avec un seul r à "courrant" ? Explique-moi ça...
    Avec un 'an' de moins, certainement! Courrant = qui courront.
    C'était toi, Jehan qui parlait d'euphonie? Ou parles-tu toujours pour les autres?

    Dans ce cas, nous nous plaçons dans une optique statique de la langue
    Tu regardes avec une longue-vue?
    Dès lors que tous les francophones s'en servent de tout le vocabulaire disponible dans un style impeccable pourrait-on parler de statisme. Autrement, il n'y aurait qu'évolution (outre le choix de rester avec les 900 mots de base par exemple).
    "Constater des changements" est une évolution aussi.
    64 000 000 citoyens qui s'amuseront d'écrire le français à leur guise, en trouvant en outre que les institutions ne leur conviennent pas......ça sera la Révolution!
  • JehanJehan Modérateur
    On ne peut pas dénoncer tout à la fois l'excès de statisme et cette réforme de 1990. Je ne trouve pas qu'elle propose des monstruosités. On peut trouver monstrueux au début ce qui nous paraît inhabituel, mais au cours des siècles, on a déjà rectifié l'orthographe de bien des mots qui nous semblent tout à fait "normaux" aujourd'hui. Ce qui serait véritablement monstrueux, ce serait d'aller contre le génie de la langue, de la faire évoluer dans un mauvais sens. Il ne semble pas que ce soit le cas dans cette réforme. Des exemples précis de "monstruosités" seraient les bienvenus... Intéressant sujet de discussion !

    Cette réforme rectifie bien des illogismes. De plus, les formes proposées ne sont pas d'un usage obligatoire, on laisse le choix aux nostalgiques, ce n'est pas un diktat.

    Dans bien d'autres pays, de grandes langues de culture ont connu sans dommage et sans problèmes des réformes bien plus radicales.
    Ces grandes langues ne sont pas pour autant devenues des monstres, et leur culture n'en est pas morte...
    JSC a écrit :
    Dérisoire et risible sont deux des mots qui me frappent de premier plan concernant ce fil inutile.
    Si tu n'aimes pas l'Ougrapo, n'en dégoûte pas les autres.
    Si ça ne t'intéresse pas, réponds à d'autres fils plus utiles, au lieu de perdre ton temps à pondre des pinaillages de plus en plus "dérisoires et risibles"...

    "kikourron" plus euphonique et moins nasal que "kourran"... N'importe quoi !
  • En plus tu dictes mes actions maintenant.

    [...] (Message édité)
  • Bonsoir,

    Les messages comprenant autre chose que des éléments enrichissant le débat seront édités ou supprimés. Merci d'en tenir compte...

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Pour JSC :
    Langue française : questions de grammaire et d’orthographe, curiosités, histoire de la langue.
    L'Ougrapo est bien une curiosité concernant la grammaire française. Je ne suis donc pas hors sujet.
  • Muriel H. a écrit:
    Bonsoir,

    Les messages comprenant autre chose que des éléments enrichissant le débat seront édités ou supprimés. Merci d'en tenir compte...

    Muriel
    Je me permets de rappeler le sujet de discussion: le participe futur en langue française. Il n'existe pas tel quel.
    J'aimerais savoir comment avoir un débat enrichissant sur l'inexistent.

    Merci pour ce message enrichissant introduisant une nouvelle ligne éditoriale; j'ai bien peur que tu passeras beaucoup de temps si tu commences à supprimer tous les éléments non enrichissants de tous les fils de discussion. Bon courage. :)

    J'essayerai de prendre modèle sur ce message pour mes futurs posts. :| (En te répondant je sais que je ne peux pas être HS).
    Jehan a écrit:
    L'Ougrapo est bien une curiosité concernant la grammaire française
    Je te remercie d'avoir enrichi le débat avec ce post.
    L'Ouvroir de Grammaire Potentiel n'est ni le sujet du fil, ni utile pour les milliers de jeunes qui consultent ce site me semble-t-il, curiosité ou pas.
    Il ne peut que confondre ceux qui ne maîtrisent pas bien la belle langue française.
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