Grammaire française Participe passé

Chers profs,

Quels temps choisseriez-vous et pourquoi?

1) Tante Girafe se plaisait aux Glycines. Ce matin-là, alors que je venais / j'étais venu la voir, je la trouvai dans le hall où elle m'attendait avec impatience.

2) De temps en temps, une branche noire tapait contre une vitre et on eût cru / aurait cru l'arrivée d'un hôte inattendu qui se fût annoncé par un mystérieux signal.

Cordialement,
Héla
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Réponses

  • Bonsoir, chère Hela !

    1) Tante Girafe se plaisait aux Glycines. Ce matin-là, alors que je venais / j'étais venu la voir, je la trouvai dans le hall où elle m'attendait avec impatience.

    L'imparfait de durée plante les décors : plaisait, venais, attendait.
    J'étais venu : acceptable aussi pour exprimer l'antériorité (venir précède trouver) ; à la réflexion, je préfère "étais venu", ne fût-ce que pour réduire d'une unité les imparfaits... (+ antériorité)
    Trouvai : passé simple de narration.
    Virgule après "hall" : relative prédicative. (Pas grave !)

    2) De temps en temps, une branche noire tapait contre une vitre et on eût cru / aurait cru l'arrivée d'un hôte inattendu qui se fût annoncé par un mystérieux signal.

    La conditionnel passé "aurait cru" exprime une éventualité passée non réalisée, puisque ce fut une erreur d'y croire.
    La variante "eût cru" (subjonctif plus-que-parfait utilisé comme conditionnel passé deuxème forme) est d'un niveau littéraire et recherché.
    Je vous suggère de retenir "aurait cru", ce qui vous permettra de garder ensuite "fût annoncé" ; vous évacuez ainsi un subjonctif...
    C'est l'équivalent de "se serait annoncé" (conditionnel passé).
  • Bonsoir Edy,

    Pourriez-vous me rappeler rapidement pourquoi il faut une virgule avant une relative prédicative?

    Merci de votre soutien :)
  • Bonsoir, Hela !

    Une proposition subordonnée relative est précédée (et suivie) d'une virgule lorsqu'elle n'est pas déterminative, mais est purement explicative ou prédicative.

    * J'aime les hommes QUI ont de l'avenir et les femmes QUI ont un passé. (Oscar Wilde) (Uniquement ces hommes et femmes-là. Relatives déterminatives : pas de virgules.)

    * Ma femme, QUI habituellement, pour s'endormir, compte les moutons, dans ces moments-là, elle compte sur moi. (Raymond Devos) (Relative explicative : virgules.)

    * ... je la trouvai dans le hall, Où elle m'attendait avec impatience. (Relative prédicative : virgules.)

    Cette tradition n'est pas toujours suivie, d'autant qu'il est parfois difficile de cataloguer la relative.
  • Bonsoir Edy,

    Désolée de vous ennuyer encore mais si je sais ce qu'est une relative déterminative, je ne sais pas ce qu'est une relative prédicative...
  • Alors que je venais la voir, je la trouvai ETC

    Suggère que l'auteur la trouve à cet endroit au moment même où il arrive chez la dame

    Alors que j'étais venu la voir:

    suggère qu'il a fait autrechose dans ou aux alentours de cette maison( peut-être même chercher la personne) avant que de trouver la dame.

    C'est ainsi que je le ressens....
  • D'accord pour aurait cru et non eût cru.

    Mais pas d'accord pour la virgule avant le" où" .
    Cet exemple : Ma femme, QUI habituellement, pour s'endormir, compte les moutons
    n'est pas du même domaine puisqu'on a ici un sujet séparé du verbe et de son complément par des incises (ma femme compte les moutons). Les virgules servent à suspendre la principale le temps de l'incision.

    Et puis, surtout; si on remplace alors que je venais par alors que j'étais venu, on insiste sur l'antériorité de la venue, on oriente le regard sur ce trajet .. comme s'il s'y était passé quelque chose ou aurait dû se passer quelque chose .
    En cela, je suis d'accord avec la remarque de "lebeau".

    Cdt
  • Bonsoir !

    Vérification faite, je n'ai aucune attestation avec où précédé d'une virgule.
    Seul Grevisse m'en donne une :
    * Il retrouvèrent le Patron auprès du bébé, où l'avait conduit Studler. (R. Martin du Gard)
    C'est mince à côté de toutes celles où la virgule n'a pas été employée. (Ici, je ne l'ai évidemment pas mise...)
    Acceptez donc mes excuses.
  • "Ma femme, qui habituellement, pour s'endormir, compte les moutons..."
    Il y a dans cette phrase, deux phénomènes d'emphase sur "habituellement" et "s'endormir", par mise en exergue entre virgules, qui alourdit terriblement le style, au point de le rendre peu naturel et "mal" lisible. Il suffirait d'écrire:
    "Ma femme, qui compte habituellement les moutons pour s'endormir,...."
  • Bonsoir, Lebeau !

    Une phrase "canonique" est effectivement celle que vous écrivez.
    Cependant, je viens de le vérifier, Raymond Devos a écrit sa phrase comme je l'ai recopiée (cf. Matière à rire. Editions Olivier Orban).
    C'est comme cela qu'il l'a dite en scène. Et tout le monde a ri.

    Je suis content de vous lire de nouveau.
  • Merci de l'accueil, mais il me semble que cette phrase a été écrite pour être dite et faire rire, ce qui est une fonction paradoxale de l'écrit, il me semble.
  • Mais qu'elle est la différence entre une relative déterminative et une relative prédicative ?
  • Prédicat : qui dit, qui énonce qq chose
    Déterminant : qui précise (détermine) qq chose
  • Bonjour,

    Dans un texte rédigé au passé, est-il correct de trouver lors d'un flash-back ces deux temps ensemble :

    "Céline avait été la toute première femme qu'il osa regarder d'un peu plus près."

    Peut-on garder ici le passé simple ou pas ?

    Merci
  • Il me semble qu'il serait plus correct d'écrire :

    « Céline avait été la toute première femme qu'il avait osé regarder d'un peu plus près. »

    ... et encore plus correct d'utiliser un des temps du subjonctif (peut-être le plus-que-parfait « qu'il eût osé » ?) mais ça reste littéraire et peu usité.
  • ou : qu'il osât regarder (imparfait du subjonctif)... C'est peut-être ce que tzekpido avait en tête.
  • L'emploi du plus-que-parfait (et mieux du subjonctif) me semble également mieux convenir, mais est-ce que pour autant on peut considérer ce passé simple comme une faute ?
  • Non, pas vraiment, mais le retour en arrière ne concerne alors que le premier membre de phrase.
  • Changeons de personne.
    Céline avait été la toute première femme que nous osassions regarder d'un peu plus près. C'est osé !
    Céline avait été la toute première femme que nous eussions osé regarder d'un peu plus près. Je ne ressens pas du tout la concordance avec le plus-que-parfait.

    Par contre Céline avait été la toute première femme que nous osâmes regarder d'un peu plus près.. ne m'indispose pas le moins du monde.
  • Pour ce qui est de l'imparfait du subjonctif dans votre premier exemple, le fait que la forme soit sortie de l'usage ne vaut pas démonstration !
  • Mon premier choix du passé simple dans la phrase :

    "Céline avait été la toute première femme qu'il osa regarder d'un peu plus près"

    m'est venu à l'instinct puisque tout le paragraphe qui suit s'intéresse à Céline (et non au fait qu'il a osé la regarder - je ne sais pas si c'est clair)

    Paulang, pour vous, ce serait donc tout à fait convenable. (et c'est vrai que je préfère cette forme, mais peut-être l'ai-je trop en tête à force de l'avoir vue…)

    J'ai par ailleurs trouvé une règle qui préconise d'utiliser le subjonctif lorsque le pronom relatif est un superlatif ou contient "le seul, le premier."

    Ex: Ce sont les seules fautes que j'aie vues.

    Donc, effectivement je me pose la question du "qu'il eût osé regarder" (ou encore qu'il osât) à la place (mais j'aime moins…)
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