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Réponses

  • Source BO 2/11/2006 Programme en Première Pour la formation d’une pensée critique autonome, au terme de l’enseignement commun obligatoire du français, les lycéens devront être en mesure de lire, comprendre et commenter par eux-mêmes un texte, en repérant les questions de langue, d’histoire, de contexte, d’argumentation et d’esthétique, qui peuvent être pertinentes à son sujet ; ils devront être capables, à partir de leurs lectures, de formuler un jugement personnel argumenté, notamment dans un commentaire ou dans une dissertation.
    Dans un msg maintenant supprimé, on nous a indiqué que peut-être les membres qui postent leurs opinions positives ici sur "Voyage" choisissent de ne pas argumenter celles-ci. (Voir mon msg #17]. N'est-il pas dommage, vu le texte affiché plus haut?
  • Je ne suis pas lycéen, et je ne donne pas d'argumentation pour un livre dont le plaisir qu'il me donne n'engage que moi.

    Les critères esthétiques, historiques, se trouvent n'importe où, commentée, argumentés.

    Dans ce genre de discussion je ne suis pas là pour donner ce que tant de très bons livres donnent invaruiablement, mais pour faire ce que ces très bons livres ne font pas : conseiller d'aller lire.

    Ces conseils et directives donnés par les BO supposent qu'on a lu avant de se voir proposer des étiquettes. L'un ne va pas sans l'autre, et si un seul doit être accompli, c'est l'acte de lire et non celui d'argumenter.

    Je remarque aussi que le ton de la discussion n'engageait pas la caractérisation du livre, mais sa "défense" : ma faible expérience m'a montré que l'argumentation ne donne presque rien.

    Je ne suis pas loin de penser que ces directives sont très néfastes pour les élèves et pour la littérature quand on ne lit pas livres en question.

    Jusqu'à l'université et ses hautes sphères, que de livres non lus et pourtant classés. Le BO parle entre autres de jugement personnel. Or l'argumentation sur critères esthétiques appris, si elle n'est pas précéedée de la lecture personnelle et lente, a l'effet inverse : elle tue la fréquentation personnelle et la formation du goût, autant que celle du jugement.

    On se rend compte un, deux ans plus tard, qu'on a été berné par des illusions d'argumentation qui n'apportaient strictement rien au jugement qu'un vrai lecteur peut former.
  • "à partir de leurs lectures", dit d'ailleurs le BO. Comme ça, au détour d'une phrase.

    Si tous les membres de la discussion avaient véritablement lu et relu le livre, ils n'auraient pas à formuler cette envie d'argumentation, sauf sur des points de détail.

    Ce que je suis le premier à appeler de mes voeux fervents !
  • Je crains que nous tombions dans une pensée plus appropriée à un autre fil: Critique littéraire.
    Je me présente dans le fil "Qui sont les membres de ce site"; il me serait utile de savoir à quel titre tu parles.
    Un "vrai lecteur", c'est quoi?
    Une dame de compagnie, un rédacteur de presse ou maison d'édition? Un chercheur? Un amateur de la lecture? Un avide de la culture?

    Merci pour le " l'argumentation ne donne presque rien". Mon fil sur les Arts minimalistes m'ont déjà donné deux correspondants voulant approfondir leurs connaissances. Mon approche est systématiquement analytique et, si possible, argumentée (voir msg #17). L'argumentation est un outil de la persuasion.
    J'aime = émotionel. C'est un autre registre que l'intellectuel.
  • Un lecteur est un être humain qui lit le plus sérieusement possible ou en tout cas avec sincérité.

    On parle peut-être de quelque chose qui a rapport accessoirement avec la critique littéraire, mais indirectement.

    Dans les questions de goût, il s'agit certes d'amour, mais aimer un livre n'appartient pas uniquement au registre des émotions, c'est sans doute la base des opérations intelectuelles.

    Entre parenthèses je ne glorifie pas l'interllectualisme quand il s'agit de communiquer mes goûts. C'est dans ce sens que je dis que l'argumentation ne mène pratiquement à rien dans la communication à autrui de ses goûts personnels.

    Encore entre parenthèses, je ne tiens pas à faire la chasse aux "vrais lecteurs", je pars seulement du constat qu'on parle plus facilement de sujets littéraires avec des gens qui ont lu de quoi ils parlent. En ce sens donc je pousse les gens à lire un livre avant d'en parler et de pouvoir argumenter.Mais produire des arguments pour défendre devant quelqu'un l'idée qu'il faut lire tel ou tel livre me semble déplacé, à moins d'être professeur face à des élèves (et encore), ce qui n'est pas notre cas.

    Si tu le souhaites réellement, nous pouvons parler en termes plus "intellectuels", mais je ne pense pas que l'horizon de la discussion s'en trouvera élargi. Au mieux, on fera des raccourcis, mais on ne parlera que difficilement des questions de style et d'esthétique, qui demandent à mon avis une confrontation permanente avec les textes et des explications constantes, ce que ne permet pas un forum. A mon humble avis, encore une fois.

    Je sais que je me répète, mais je le redis, je veux bien argumenter à condition que la question porte sur des points précis, sans quoi on sera condamné à nager dans le flou total.

    Et dans ce cas je suis prêt à mettre toutes mes ressources intellectuelles et théorisantes au service de la persuasion.
  • Cher joachin,
    je te trouve pénible dans ton refus de ne pas nous résumer ce qui dit Céline dans les liens que tu nous proposes, et dans tes remarques qui, autant estimables soient-elles, s'apportent à toute lecture plutôt qu'à la lecture de "Voyage", ce qui est le sujet de ce fil.

    Ton lien "peut-être le plus intéressant" me l'est, effectivement. Mais cela ne veut dire que je trouve les propos convenables. :P
    [Lien invalide.]
    Il dit lui-même qu'il n'est pas maître de l'éloquence, et en plus sa voix n'est guère engageante.
    Il parle de ses "chefs d'œuvre" plutôt que de ses œuvres, ce qui est peut-être pas trop modeste.
    Il critique d'autres auteurs de ne pas rentrer directemment dans un sujet à cause de manque d'émotion.
    il situe le roman dans son contexte contemporain face aux médias et inventions qui dépassent rapidement ce qu'un Hugo aurait imaginé. Les organes d'information remplacent le roman auprès des français (1960), qui se disent "à nos âges, on change pas d'habitude" et pensent que le bon roman (ils y sont "soudés" -j'adore ce choix de mot- est celui de Voltaire.
    Le style bachot (journaux) a remplacé le style littéraire aux yeux du peuple.
    il dit à la fois: "Le roman n'est plus" et "ce qui compte est le style". Paradoxe.
    Il n'y a pas bcp de styles dans une époque, 3 ou 4 par génération.
    Il estime que le style de Shakespeare ne retrouvera la représentation juste qu'en costumes d'époque (ce qu'il est faux);
    Ses intentions? Forcer le lecteur à déplacer son songe (?). Il veut porter les phrases et les faire sortir de leurs situations (gonds) habituelles.
    "Au commencement était l'émotion" (pas le Verbe). Mais qu'est-ce que lui lautorise à le dire?
    Il écrit 80 000 pages pour en produire 800 en édition (800 aussi, c'est beaucoup à digérer, si seulement il s'en rendait compte). Est-il artiste ou artisan? Il n'est donc pas facile à écrire et pondre un livre.
    Le lecteur ne s'en rend pas compte.
    il n'est pas impressionniste (apparemment il ne les admire pas). C'est trop "léger". Seurat et compagnie appréciéront.
    Les lecteurs se contentent de peu dans une époque ou le téléphone arrive chez eux et qu'ils peuvent toujours lire les romans traditionnels. "Tout va bien :P".
    La littérature française est vieille de 400 ans (1560-1960) Abélard et Rabelais appréciéront.
    il est difficile d'inventer pour changer le style. Il faut bcp de foi pour changer une langue. Prétentieux?

    Intéressant, mais ne m'explique pas pourquoi je devrais le lire.
  • Pourquoi résumer ce qui est disponible en entier ? pourquoi chercher des interprètes-impresarios quand on a l’original ?


    Dire ne pas être maître en éloquence est un lieu commun rhétorique : excusatio propter infirmitatem.

    Céline, effectivement, n’est pas modeste et très contradictoire. Il a annoncé à Gallimard que la publication de Voyage au bout de la nuit leur apporterait « le Goncourt sur un plateau » (ce qui a néanmoins failli se produire).

    La traduction de l’émotion et de l’émotion que provoque la langue parlée est son leitmotiv.

    « Les organes d'information remplacent le roman auprès des français (1960), qui se disent "à nos âges, on change pas d'habitude" et pensent que le bon roman (ils y sont "soudés" -j'adore ce choix de mot- est celui de Voltaire.
    Le style bachot (journaux) a remplacé le style littéraire aux yeux du peuple. »

    Ce n’est pas tout à fait ça : il dit que le roman « à histoires », « à intrigue », n’a plus d’intérêt, car l’aspect documentaire des romans a été relayé depuis par la presse entre autres, et n’est plus l’apanage du roman. D’où la nécessité de la littérature de se tourner prioritairement vers la question du style plutôt que vers celle de l’histoire. C’est aussi pour cela qu’il renonce aux idées (contrairement à ce que pouvait représenter un roman de Balzac, d’Hugo, ou même de Flaubert). Cette question est bien entendu discutable dans la mesure où les romans de Céline gardent des traces de doctrines, bien que fondues et métamorphosées dans l’originalité du style.

    Lorsqu’il dit « le roman n’est plus », il parle de ce qu’est le roman pour sa génération à lui : le roman à la Balzac, Flaubert, Maupassant, qui gardent une fonction « documentaire », « didactique », ou portent en eux une idée. Même s’il y a beaucoup d’exceptions, c’est le visage du roman du XIXème siècle.

    Il ne dit pas 3 ou 4, de mémoires, mais un ou deux styles par génération (ce qui me paraît exigeant, mais pas exagéré).

    Pour certaines autres remarques : Shakespeare, le Verbe et l’émotion : bien entendu discutable, mais ce sont ici des partis pris par lesquels Céline explique son travail.

    Les 80 000 pages, c’est peut-être exagéré, même s’il travaillait énormément, et c’est la règle commune à la majorité des grands écrivains : l’importance du Travail. La prose de Céline est extrêmement travaillée, il suffit de voir les manuscrits. On ne s’en rend pas compte, parce que le but du travail est précisément de faire oublier au lecteur qu’il y a eu travail (la métaphore du lecteur comme passager sur un paquebot, qui ne doit que profiter du paysage et ne rien savoir de ce qui se passe en soutes).

    « il n'est pas impressionniste (apparemment il ne les admire pas). »

    ? Il dit exactement le contraire, il les admire et est conscient de leur travail. Le manque de travail apparent est un reproche que l’on a fait aux impressionnistes (même Zola, pour défendre Cézanne, a dit aux critiques qu’il ne fallait pas en vouloir à Cézanne, que s’il avait ce style, c’était à cause de problèmes de vues !).

    400 ans : c’est partir de l’ établissement du français comme langue officielle, et les débuts du français moderne : l’Edit de Villers-Cotterêts sous François Ier. Je rappelle que les Français du XVIème siècle (Du Bellay même dans sa Défense et illustration de la langue française, rejetant TOUTE la littérature médiévale à part quelques rares exceptions) ont bien conscience de partir à zéro.

    Céline comprend Rabelais dans sa chronologie, il le prend comme modèle à de nombreuses reprises. Il le met en concurrence avec Amyot, l’un partisan d’une langue émotive, l’autre d’une langue tendue vers le haut style, pour dire vite.

    Il faut beaucoup de foi pour changer une langue. Cela me paraît évident, non ? la preuve, aujourd’hui qui a osé inventer une langue, qui oserait même tenter d’en inventer une, ne faire que se poser la question ? Pratiquement personne.


    « Intéressant, mais ne m'explique pas pourquoi je devrais le lire. »

    Non, mais il explique sa façon de faire et la perspective dans laquelle il écrit.

    Ai-je été cl air et « argumentant » ?
  • joachin a écrit:
    Pourquoi résumer ce qui est disponible en entier ?
    1. je ne veux pas être de mauvaise 'foi', mais je ne crois pas que bcp de nos lecteurs auraient cliqué sur le lien.
    2. ceci te permet de répondre.
    3. il est possible que je n'ai pas tout bien saisi.
    Dire ne pas être maître en éloquence est un lieu commun rhétorique : excusatio propter infirmitatem.
    Une arme désarmante.
    Ça me rappelle Ronsard (hou là là....avant 1560 !!!!) "J'en laisse imparfaict pour jamais cet escrit". (sûrement incompréhensible à ceux qui ne connaissent que le français standardisé :P).
    Ce n’est pas tout à fait ça :
    Tu vois, je n'ai pas tout compris!
    .......... D’où la nécessité de la littérature de se tourner prioritairement vers la question du style plutôt que vers celle de l’histoire.
    "La" singulière? "Nécessité" absolue?
    Dans l'autre entretien, il raconte que les français voulait connaître l'histoire qu'il venait d'écrire.
    Lorsqu’il dit « le roman n’est plus », il parle de ce qu’est le roman pour sa génération à lui :
    NRF pensait probablement autrement.
    Il ne dit pas 3 ou 4, de mémoires, mais un ou deux styles par génération (ce qui me paraît exigeant, mais pas exagéré).
    C'est simplement ce que j'avais noté lors de mes deux écoutes.
    Quels sont les 2 styles (disons) de la période 1960-2000 (par curiosité)?

    Les 80 000 pages, c’est peut-être exagéré, même s’il travaillait énormément, et c’est la règle commune à la majorité des grands écrivains : l’importance du Travail. Je garde l'impression surtout d'un Balzac qui brûla la chandelle des deux bouts pour essayer de remplir ses obligations auprès des journaux qui le publièrent en feuilleton. Bcp de café, très peu de sommeil. Il faisait des ratures sur la page qu'il envoyait. il travaillait dure, mais sans générer autant de déchets que Céline.
    « il n'est pas impressionniste (apparemment il ne les admire pas). »

    ? Il dit exactement le contraire, il les admire et est conscient de leur travail. Le manque de travail apparent est un reproche que l’on a fait aux impressionnistes (même Zola, pour défendre Cézanne, a dit aux critiques qu’il ne fallait pas en vouloir à Cézanne, que s’il avait ce style, c’était à cause de problèmes de vues !).
    Là je ne suis plus. Il parle spécifiquement de Seurat qu'il traite de 'léger' car il met trois ponts sur une toile. {Van Gogh peint très rapidement ses tableaux et avec peu de 'technique' dans le sens traditionnel (on ne peut pas dire la même chose pour Monet par exemple)}.
    Il faut beaucoup de foi pour changer une langue. Cela me paraît évident, non ? la preuve, aujourd’hui qui a osé inventer une langue, qui oserait même tenter d’en inventer une, ne faire que se poser la question ? Pratiquement personne.
    L'Esperanto, le verlan, les SMS?
    Je ne vois pas ce que la foi a à voir dedans.
    Ai-je été cl air et « argumentant » ?
    Tout à fait. Merci Joachin. :)
  • "Le style, c'est ..."
    Qu'est-ce qui peut bien donner à Céline une telle assurance quand il annonce 1) ce qu'est le but d'un roman et 2) quelle est la nature du style ...

    Je compare à nouveau avec Les frères Karamazov, ce roman est écrit dans quelque chose que j'appellerais un grand style, or il ne suit pas les critères du style selon Céline ...

    Comparer avec Wittgenstein,leçons sur l'esthétique, II,3 :
    "Vous pourriez penser que l'Esthétique est une science qui nous dit ce qui est beau - c'est presque trop ridicule pour des mots. Je suppose qu'elle devrait également inclure quelle sorte de café a un goût plaisant."

    Son style est génial ... D'une très grande force pour transmettre l'émotion, la fameuse émotion, le reste le style ne le fait pas... Le reste n'a aucune importance, dans ce bouquin... Ça en avait pour moi, désolé Ferdinand ...Il reste tellement accroché à ses idées...
    C'est pour ça aussi que j'avais adoré le fameux "livre sur rien" de Flaubert: car il ne définit pas avec autant d'assurance et de précision son "style", il s'autorise plus de diversité, il ne cloître pas son roman ...

    D'ailleurs, je me dis que l'influence de Céline, notamment dans la façon de philosopher, ou plutôt de produire des sentences morales très souvent, est réellement très forte depuis, et dans tout les genres, et je me dis que c'est peut-être un peu ... dommage ...

    Si vous croyez que la beauté d'une phrase est relative à la préciosité du vocabulaire qu'elle met en place, lisez ce livre ... Si vous aimez le style coup de poing, lisez ce livre... Si vous aimez les grandioses descentes au enfers, lisez ce livre ...

    SI vous cherchez autre chose que ça , il n'en vaut pas la peine :lol:
  • Joachin l'évoque un peu plus haut, même si Céline s'en défend à sa façon, il fait pourtant passer des idées dans le Voyage.

    Elles plaisent ou pas, leur influence est énorme, on peut comme toi le regretter, mais elles sont là.

    La lâcheté comme sauf-conduit un peu terminal face à l'absurdité de la guerre, face à la violence du monde, face à son hystérie, c'est un idée. Bardamu la revendique, et violemment face à Lola.

    L'amour, qui semble impossible le plus souvent, dans ce siècle chaotique, l'amour "dégueulasse" vilipendé par Robinson, celui que lui porte Madelon, l'amour perverti, forme parmi d'autres du rapport de force que les humains placent entre eux dans TOUTES leurs interactions, c'est aussi une idée, quoiqu'on en dise. C'est triste, c'est déplorable, a fortiori si l'on souscrit à cette thèse, mais c'est une idée.

    Le thème, le motif même du Voyage les englobe toutes : le Voyage est une fuite vis à vis de ce chaos, vers quelque chose de plus puissant, de plus révélateur. Qui ne se trouve nulle part ; ni dans les tranchées, ni en Afrique, ni à Détroit. Mais en soi, au bout de soi, jusqu'à la mort, jusqu'au "plus grand chagrin possible avant de mourrir". "Notre Voyage à nous est entièrement imaginaire. Voilà sa force".
    Seulement on peut encore se fuir soi-même, Bardamu y parvient encore un tout petit peu. Bardamu renonce encore un tout petit peu, pour être précis, à sa nuit. Pas Robinson.
    bastie_no a écrit:
    "Le style, c'est ..."
    Qu'est-ce qui peut bien donner à Céline une telle assurance quand il annonce 1) ce qu'est le but d'un roman et 2) quelle est la nature du style ...

    Je compare à nouveau avec Les frères Karamazov, ce roman est écrit dans quelque chose que j'appellerais un grand style, or il ne suit pas les critères du style selon Céline ...

    Comparer avec Wittgenstein,leçons sur l'esthétique, II,3 :
    "Vous pourriez penser que l'Esthétique est une science qui nous dit ce qui est beau - c'est presque trop ridicule pour des mots. Je suppose qu'elle devrait également inclure quelle sorte de café a un goût plaisant."

    Son style est génial ... D'une très grande force pour transmettre l'émotion, la fameuse émotion, le reste le style ne le fait pas... Le reste n'a aucune importance, dans ce bouquin... Ça en avait pour moi, désolé Ferdinand ...Il reste tellement accroché à ses idées...
    C'est pour ça aussi que j'avais adoré le fameux "livre sur rien" de Flaubert: car il ne définit pas avec autant d'assurance et de précision son "style", il s'autorise plus de diversité, il ne cloître pas son roman ...

    D'ailleurs, je me dis que l'influence de Céline, notamment dans la façon de philosopher, ou plutôt de produire des sentences morales très souvent, est réellement très forte depuis, et dans tout les genres, et je me dis que c'est peut-être un peu ... dommage ...

    Si vous croyez que la beauté d'une phrase est relative à la préciosité du vocabulaire qu'elle met en place, lisez ce livre ... Si vous aimez le style coup de poing, lisez ce livre... Si vous aimez les grandioses descentes au enfers, lisez ce livre ...

    SI vous cherchez autre chose que ça , il n'en vaut pas la peine :lol:
  • j'ai étudier le tout début du roman , j'ai fais une lecture analytique dessus donc si tu as besoin d'aide ...
  • bastie_no a écrit:
    De Céline ... J'étais censé l'avoir lu pour aujourd'hui ... J'en suis à la 75ème page ...
    La grande majorité de ma classe le considère comme le livre le plus c.... qu'on est jamais lu ...

    Quelqu'un pourrait défendre le livre et m'encourager à le lire ?
    ... Que l'on ait jamais lu ...
  • bastie_no a écrit:
    Bardamu est humain ... Personne n'a réellement d'importance a ses yeux que lui même, il flirte avec le nihilisme ... Un joli nihilisme sans talents
    Le problème est moral non? Le style n'est pas qu'une pure forme - de manière générale, il faudrait s'en tenir à ce truisme que forme et sens ont partie liée -, son appréciation repose pour partie sur la faculté d'empathie, et, véritable nœud gordien du phénomène littéraire, le problème de l'identification.

    J'ai lu des choses ici qui ressemblent à du Ste-Beuve. Ce n'est pas un crime. Il a ses partisans, souvent d'invétérés humanistes pour qui juger un livre se confond avec une exigence morale: l'œuvre s'en ressent plus ou moins des valeurs véhiculées par l'auteur, de ses vices pressentis. Le style lui-même s'évalue selon la courbe de notre sympathie.
    Il n'est pas étonnant que Céline blesse certaines susceptibilités (l'ennui n'est-il pas un alibi?). Ce qui est insupportable pour certains lecteurs, c'est le spectacle de la haine, le sarcasme vindicatif. En termes nietzschéens, le voyage c'est la révolte du gueux sur l'humanité dite noble. C'est le crachat à la figure de tout ce qui présentait jusqu'alors un signe de distinction aux yeux des optimistes.

    Pourquoi veut-on nous faire croire que ce livre n'est qu'un exercice de style? N'y a-t-il personne pour revendiquer les affects de Bardamu? Pour oser ses vices moraux? J'ai lu le voyage à une époque où je n'étais pas si soucieux de style et je lui ai trouvé la même fonction que René: témoigner des sentiments d'une sorte d'hommes à un moment critique (ici la guerre et ses séquelles). Moi aussi moraliste à mes heures, je trouve que donner la parole à Bardamu, c'est faire un pas de géant.

    Et puis, allons-y franc bond : la question du style n'a pas à être débattue. On ne réfléchit pas au style, on l'éprouve. Il s'impose de force. Toutes les réflexions esthétiques se font sur la foi de ce qui a déjà été ressenti. Lisez le discours de Princhard, pages 66-72 de l'édition folio. Et ne me demandez pas pourquoi je trouve que ça a de la gueule, il n'y a qu'une réponse honnête: parce que. Nous sommes forcés à l'ignorance. Nous savons et nous ignorons à la fois.
  • Bonjour à tous,
    J'ai du lire Voyage au bout de la nuit pour mon cours de français. Je suis en secondaire. J'avoue que j'ai peiné pour lire ce livre. Je n'ai absolument pas accroché. Pouvez-vous m'aider en m'indiquant la "substantifique moelle" de ce roman. J'ai lu dans certaines réponses des termes comme "nihilisme","truisme". A quel moment ce terme apparaissent-ils dans le roman.
    Ce livre étant pour mon examen de Noël, pourrait-on rapprocher ce roman avec certaines synthèses de mon cours, a savoir le surréalisme, la renaissance, Montaigne.
    Merci
  • bastie_no a écrit:
    "Le style, c'est ..."
    Qu'est-ce qui peut bien donner à Céline une telle assurance quand il annonce 1) ce qu'est le but d'un roman et 2) quelle est la nature du style ...

    Je compare à nouveau avec Les frères Karamazov, ce roman est écrit dans quelque chose que j'appellerais un grand style, or il ne suit pas les critères du style selon Céline ...
    Le style se remarque, c'est le seul critère à retenir; c'est ce qui fait qu'un écrivain n'écrit pas comme un député ou comme un journaliste. Les repoussoirs de Céline sont Anatole France et Paul Bourget.

    Sur le but du roman: il faut voir aussi l'allure caricaturale que prenait le roman au début des années 30; c'est certainement ce "but" donné au roman qui l'a fait redémarrer.

    Dostoïevski : il n'est pas vraiment question de "grand style". Céline écrit lui-même par moments dans un style très élevé et lisait les classiques, dont il appréciait le style, même au delà de l'opposition dressée entre Rabelais et Amyot (La Bruyère, Monluc...). La question est plutôt celle de l'expressivité et de l'originalité. C'est la seule définition qui fasse date dans l'histoire de la littérature, d'ailleurs. C'est une définition très, très classique.

    Cela dit, Dostoïevski écrit dans une langue classique et à la fois très originale. Les traductions de Markovicz ont voulu en témoigner. Personnellement je n'aime pas trop Markovicz mais le fait est là. Il y a énormément de burlesque dans Dostoïevski et beaucoup d'invention verbale.
  • Pourriiez-vous m'aider un petit peu?
    Je n'arrive pas à trouver ce livre.Avez-vous peut-etre le site d'ou on peux le telecharger gratuitement?
    Merci d'avance.
  • ReuvReuv Membre
    Je me demande si je dois me lancer dans un des livres de Céline. Son antisémitisme me repousse un peu... [...] (Message édité)
  • Reuv a écrit:
    Je me demande si je dois me lancer dans un des livres de Céline. Son antisémitisme me repousse un peu...
    Il faut en faire abstraction ; le style de Céline est remarquable alors que l'homme est abject. Ce serait passer à côté d'un monument de la littérature française.
  • J'entends souvent vanter le style de Céline, je ne lui trouve rien de génial pour ma part =)
    Je lui préfère un Nabokov et de trèèèèèèèèèèèèès loin, ou un Virgile :)
  • Bonsoir tout le monde !
    J’aimerais savoir ce que vous pensez de Céline. J’ai lu Voyage au bout de la nuit il y a quelques temps, je trouve que c’est un auteur passionnant, il a fait couler beaucoup d’encre et soulevé bien des controverses, mais je ne pense pas avoir bien « cerné » ses idées, quel genre de personnage il était. Peut-être parce que justement, il sortait du commun.
    Comment expliquer, par exemple, qu’il soit devenu un violent antisémite, alors que rien ne le laissait deviner dans son passé ? J’ai vu plusieurs explications à cela, par exemple des liens faits avec sa petite enfance et son père, mais aucune n’est vraiment convaincante.
    Ou bien, pensez-vous que Céline soit « humain » ? Dans son livre, il est médecin, il a de la tendresse pour l’enfant malade, Bébert, mais il est assez méprisant et pessimiste.
    Il y a encore plein d’autres choses à dire sur lui, mais je ne m’y connais pas du tout !
    Enfin, peut-être que la particularité de Céline, c’est qu’on ne peut pas l’expliquer si facilement. Et pourtant, j’ai l’impression que beaucoup le considèrent comme un très grand auteur, et j’ai senti dans son livre un je ne sais quoi de grandiose (ce n’est qu’une intuition, et je n’arrive pas à expliquer pourquoi).
    En quoi est-il un si grand auteur ?
    Ou bien peut-être connaissez-vous un livre intéressant sur Céline (qui ne soit pas seulement une biographie, mais qui explique aussi ses idées et autres).
    Merci d’avance à tous ceux qui pourront "m'éclairer" un peu sur lui, ou qui donneront leurs points de vue! Voir aussi :
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