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Réponses

  • Très bien argumenté Bastien
    C'est ton droit le plus strict que de ne pas avoir envie de lire quelque livre que ce soit...
  • Sans doute que tu as raison, JSC, et que je devrais ... Sauf que, dans mon cas, l'action humanitaire est inexistante vis à vis des enfants qui meurent de faims est inexistante ... Et passé les 5 premières minutes pendant lesquelles je me dis que je suis sans coeur, je reprends ma vie comme si de rien n'était... Comme presque tout le monde d'ailleurs...

    J'aimerais bien avoir le loisir de ne pas le lire, en effet , et de répondre , le jour du bac oral: "nous sommes juste fondamentalement incompatibles" ...
  • bastie_no a écrit:
    J'aimerais bien avoir le loisir de ne pas le lire, en effet , et de répondre , le jour du bac oral: "nous sommes juste fondamentalement incompatibles" ...
    Je suis sûr que ton intellecte ne te permettrait pas de prendre de la facilité!
    Même les athées peuvent trouver un intérêt (littéraire, historique, culturel....) en lisant la Bible, même s'ils se trouvent "fondamentalement incompatibles". ;)
  • J'aimerais bien avoir le loisir de ne pas le lire, en effet , et de répondre , le jour du bac oral: "nous sommes juste fondamentalement incompatibles" ...
    Si c'est dans un cadre scolaire , il semblerait que tu sois obligé de le lire , mais tu peux faire ca de manière très académique et scolaire .
    Tu pourra également donner ton avis sur l'oeuvre si on te le demande ( généralement si ta critique est bien argumentée - bonne ou mauvaise - les profs apprecient . ) .
    Mais tu dois pour cela le lire jusqu'au bout ( dis toi qu'il y'a bien pire ) .

    Même les athées peuvent trouver un intérêt (littéraire, historique, culturel....) en lisant la Bible, même s'ils se trouvent "fondamentalement incompatibles".
    C'est vrai mais il ne faut pas que l'ennui que procure la lecture de l'oeuvre soit de trop loin supèrieure à l'interet qu'elle pourrait nous donner .
  • Ah , la Bible ... J'aimerais bien qu'on me dise de lire la Bible ... J'aimerais bien qu'on me propose un défense richement argumenté de Voyage ... Quelqu'un s'y proposerais ?
  • L'as-tu dèja lue ?
  • chuis en train, doucement ... Ca tourne réellement à la scéance de torture quotidienne d'ailleurs...
  • J'aimerais bien moi , mais j'en aurais pas le courage ...
  • Bonjour tout le monde

    je viens de commencer Voyage au bout de la nuit et pour le moment je suis totalement conquise.
    Je trouve que la situation de Bastien est un peu domage. Personnellement j'aime beaucoup la littérature mais il m'est parfois arrivé, comme à toi, de faire un blocage sur un livre imposé en cours. Dans ces cas là la meilleure solution me parait de prendre cette lecture non comme une lecture obligatoire et une contrainte mais comme un objectif que tu te fixe à toi même et une volonté personelle. Dis-toi que tu as envie de le terminer pour passer à autre chose et lis-le le plus rapidement possible ou alors impose-toi un nombre de pages ou un temps de lecture chaque jour.

    En ce qui concerne plus directement Le voyage je trouve qu'il est dommage de se butter et de le considérer seulement comme ennuyeux. Si tu trouve qu'il n'y a pas assez de mouvement et de choses qui se passent pourquoi ne pas s'attacher au style de l'auteur et admirer sa manière d'écrire?
    Pour moi la lecture doit avant tout être un plaisir alors si l'intrigue ne te plaît pas pourquoi ne pas chercher le plaisir à travers d'autres éléments du texte?
    N'ayant que commencer à le lire je ne m'aventurerai pas dans une contre-argumentation mais je trouve que ton point de vue est intéressant et le fait que tu l'explique par ce raisonnement me le rend plus clair. Je dois dire que j'avais du mal à suivre ton idée sur le livre jusque-là.
    J'espère que cela pour t'aider....
  • J'ai du mal à me dire que l'on ne peut considérer que le style ... Le plus étrange quand j'y pense , c'est que j'ai adoré madame Bovary...

    Après la page 200, le livre devient de loin plus lyrique, plus sombre encore ... Même si je le lis maintenant avec facilité, je ne peux pas m'empêcher de noter que c'est toujours les mêmes thèmes, et que souvent il les développe de façon assez proches ... Il est agréable, au final, à lire, notamment grâce à son humour, qui me séduit; mais je trouve toujours mes critiques justes ...
  • Et bien voilà, j'ai tout lu le sujet ... intéressant, pour ma part je ne cherche pas a convaincre qui que se soit à lire LF Céline ... Si tu dois le lire pour tes cours, lis-le de manière académique et ne t'investis pas ...
    Le Voyage c'est, pour moi et pour beaucoup, d'abord une émotion et une expérience intense. On peut aimer et on peut détester, en surfant on trouvera autant de personnes pour qui ce roman fut une révélation :

    " Le livre français qui compta le plus pour nous cette année, ce fut Voyage au bout de la nuit de Céline. Nous en savions par cœur des tas de passages. Son anarchisme nous semblait proche du nôtre. Il s'attaquait à la guerre, au colonialisme, à la médiocrité, aux lieux communs, à la société, dans un style, sur un ton, qui nous enchantaient. Céline avait forgé un instrument nouveau : une écriture aussi vivante que la parole. Quelle détente, après les phrases marmoréennes de Gide, d'Alain, de Valéry ! Sartre en prit de la graine."

    Simone de Beauvoir, La force des choses. Paris : Gallimard, 1960.

    Que de personnes pour qui il fut ordure qui devrait trouver sa place dans les toilettes :

    " [...] Car ce Voyage au bout de la nuit n'est pas gai, il s'en faut bien, il est même assez sinistre, ce que nous lui pardonnerions encore s'il n'était de surcroît si long. On se lasse de tout, et même les passionnés, s'il en est, de scatologie, doivent au bout de ces six cents pages bien garnies éprouver des symptômes d'indigestion. "

    Paul Bourniquel, Rabelais hypocondre. La Dépêche (Toulouse), 27 décembre 1932.

    Quoi qu'il en soit Le voyage (et autres œuvres de LF Céline) ne peut laisser indifférent. Et donc, si on montre un quelconque intérêt pour la littérature française du XXe siècle, on se doit de le lire.

    Quand la haine des hommes ne comporte aucun risque, leur bêtise est vite convaincue, les motifs viennent tout seul.
    (Voyage au bout de la nuit, p.117, Folio no28)
  • bastie_no a écrit:
    J'aimerais bien qu'on me propose un défense richement argumenté de Voyage ... Quelqu'un s'y proposerais ?
    Toujours pas, Bastien!
    a_bettik a écrit:
    Le Voyage c'est, pour moi et pour beaucoup, d'abord une émotion et une expérience intense.
    Comme les montagnes russes! Mais je ne suis pas prêt à recommencer avec cette attraction, non plus. :(

    Aujourd'hui, j'ai acheté (à l'occasion pour 2€70) le petit commentaire de chez Nathan sur les œuvres de Ferdinand. Est-ce que cette lecture m'en donnera plus l'envie?
  • Une des meilleures défenses du Voyage a été faite par Céline lui-même dans les entretiens avec Albert Zbinden, etc. Ils sont sur dailymotion.

    On peut le défendre richement sans mal, mais par où commencer ? quelles attaques ?

    Sur la "sombreur" du roman, il n'y a rien à dire à ce genre d'argument.

    Pour ce qui est du style hélas, on ne peut pas le faire aimer.

    Le style adopté par Céline se défend pratiquement seul quand on le confronte à la littérature de son époque.

    Il n'est pas si révolutionnaire que ça, même s'il fait partie des écrivains exposés en la matière. Bloy en 1890, Bernanos en 1930, Barbusse en 1920 sont plus modernes et déjantés en termes de style que Gide, Malraux, Camus en 1940.

    Justifier la production de Céline en disant qu'il a été suivi ou apprécié par d'autres ne me paraît pas très convaincant. Surtout quand il s'agit de Sartre. A moins qu'on adore Sartre.

    Encore une fois, écouter les entretiens de Céline.
  • Joachi a écrit:
    Une des meilleures défenses du Voyage ...............
    Sur la "sombreur" du roman, il n'y a rien à dire à ce genre d'argument..............................
    Pour ce qui est du style hélas, on ne peut pas le faire aimer.

    Justifier la production de Céline en disant qu'il a été suivi ou apprécié par d'autres ne me paraît pas très convaincant. Surtout quand il s'agit de Sartre. A moins qu'on adore Sartre.

    Encore une fois, écouter les entretiens de Céline.
    Mais qui parle de défendre? On n'attaque pas (je viens de relire tous les messages de ce fil).
    Je n'y ai pas trouvé le mot "sombreur".
    Faire aimer un style est parfois le métier des bons pédagogues (avec leurs explications) ou de bons amis (avec les leurs). Ceci n'est nullement impossible.
    Je suis d'accord avec ton argument sur ses influences.
    On écouterait bien Céline si tu nous postais le lien!
  • Je parlais d'attaque parce que quelqu'un cherchait un défenseur.

    Justifier un style oui, mais le faire aimer est une autre affaire, je comprends très bien qu'un style soit insupportable et qu'il résiste à toutes les tentatives pédagogiques... et internet ne permet pas de s'exprimer avec la meilleure fluidité.

    J'ai trouvé le lien de l'entretien avec Louis Pauwels :

    http://www.dailymotion.com/fr/relevance/search/louis-ferdinand+c%C3%A9line/1

    Un autre, avec A. Zbinden : [Lien invalide.] ... Pour être plus clair, je pense qu'entendre la voix de Céline aide à comprendre et à apprécier son style. Il s'explique assez bien sur ses choix littéraires.

    Il y a un autre entretien, peut-être le plus intéressant : [Lien invalide.] Mais de manière générale si on aime quelque chose on l'aime, on ne va pas me faire dire "j'aimais pas mais en fait j'aime bien".

    La seule chose à faire dans votre cas, c'est de lire. Saint Augustin l'a bien dit : Tolle et lege !
  • Chez Zbingden :
    j'entends un Céline très cultivé et bcp moins borné que son interlocuteur.
    Z Pourquoi avea-z vous fait publié un autre livre
    C Pour l'argent :lol:(j'ai toujours dit que cette motiviation est très forte chez les artistes), car c'est une partie de l'Histoire de la France pas encore enseignée (1957) dans les écoles et car les Français ont envie de lire ça.
    Z ne veut pas explorer tout ça donc: Avez-vous changé de style?
    C Certains peintres y arrivent; pas moi.
    (Sans expliquer ce qui est son style).
    Z: vous n'êtes pas mandarin de la littérature, vous êtes au centre de vos ouvrages.
    C : je n'ai jamais cherché la popularité. MandarinN Je suis bcp trop modeste. Il y a des gens qui pensent que j'étais collaborateur, donc je suis isolé.
    Je ne suis pas 'personnalliste', ni 'verbaliste' car je m'occupe pas des personnes, mais de l'objet.
    Z prétend que dans les années 30 C, s'occupant des affaires du monde y a trouvé la source de son malheur.
    C :J'étais médecin pendant la 2ème guerre. J'ai vu bcp de choses défavorables à la société. On était poussé dans la guerre! Il y avait tjrs des persécutés dans l'Histoire. (il se montre pas du tout détaché du monde, écrivain rêveur dans son tour d'ivoire). Il anticipe sa retraite (avec une toute petite pension).
    Z Concillier être Pacifiste et vanter l'Armée Allemande.
    C La Force était le garant de l'ordre. Maintenant il n'y a plus force nulle part. On ne peut plus avoir les mêmes idées.
    Z Cette force n'était-elle pas destructrice et menaçante pour le Prestige Français?
    C On peut bien chercher des valeurs spirituelles par tout le monde, mais tou ce qui compt(ait)e est le prestige et la Guerre. Ce prestige nous facilitait de gouverner en envoyant un batailon. Maintenant on ne vaut plus rien.
    Je suis engagé, mais indépendant: en faveur de la paix. Pas de lien politique, même pas avec un journal quelconque. Ça m'amusait pas plus que les autres que les allemands sont venus occuper la France. L'Armée était admirable seulement en fonction de maintenir la paix en europe.
    Il se prétend uniquement écrivain & médecin.
    La France donnait la Loi au monde sous Louis XIV avec 24 000 000 habitants. Maintenant avec 40 000 000 sa parole ne vaut plus rien par rapport aux milliards d'autres dans le monde.
    Z la puissance d'une nation ne dépend pas du nombre d'habitants.
    C Si: Napoléon a tout fait avec des hommes en grand nombre.
    Z Quel avenir pour la France?
    C se renouer avec l'allemagne dans un contexte européen, mais il n'y a rien à faire;
    Z Quel avenir pour vous?
    C "A la cave et à la carabine"? Oui, je vis simplement. Je suis voyeur (et femme du monde). La vie coûte très cher. La maladie pourrait m'arriver. J'accompagnerai ceux qui sont morts.
    Z Vous méprisez les hommes, méprisez-vous vous-même?
    C Je songe tranquillement à ma mort. il y a tellement de choses (et pensées) sans importance.
    Z quel phrase écrire avant de disparaitre?
    C les hommes sont lourds: tristes et bêtes.
    Z Etes-vous léger?
    C je connais très très bien les finesses, la beauté des femme comme celle des animaux. Je suis expert car je m'en suis occupé.


    Et on ne sait tjrs pas grand'chose sur son style ou pour quelles bonnes raisons le lire!

    Pourquoi c'est moi qui fais ce résumé?
    Je m'ennuie à la fin :(

    P.-S. St Augustin n'avait pas l'internet. :P
    Je ne sais pas s'il aurait récommandé la lecture de LFC.
  • Il ne l'aurait peut-être pas recommandé mais il l'aurait lu et très certainement apprécié.

    Je ne recommande Céline à per-sonne et je n'ai pas donné ces liens pour convaincre quiconque, simplement donner l'occasion à qui ne les connaît pas d'entendre Céline parler pour se familiariser avec lui.

    Son argumentaire est pauvre et c'est voulu.

    Si on me demande quel livre à lire, je peux éventuellement dire quels auteurs sont à mon humble avis les meilleurs. Et ceux que je vomis (il y en a encore plus).

    Je donne donc Bernanos, Céline, Saint-Simon, Rabelais, Chateaubriand, Rebatet, Drieu, Morand, Faulkner, etc., etc.

    Je vomis mille fois plutôt qu'une Sagan, Sartre, Camus, Gide, Hugo, Racine, Furetière, etc.

    Mais ils n'ont pas besoin de moi pour se défendre ni même pour être promus. Ni pour être vomis. Céline est assez lu comme ça.

    Par contre je suis prêt à parler de points de détails. Je déteste les gens qui me font un topo de leurs raisons de lire tel ou tel livre, et par sympathie pour mon prochain je ne le fais pas sauf quand on m'y invite, et encore.

    En faisant le contraire, la Critique fait acheter des milliers de livres à des milliers de gens qui se laissent convaincre et lisent n'importe quoi, souvent même des livres à contre-courant de leur for intérieur et de leur goût quand ils en ont.
  • Même dans cet entretien, le plus infime, Céline a pratiquement tout dit sur son style. Tout !
  • joachin a écrit:
    Il ne l'aurait peut-être pas recommandé mais il l'aurait lu et très certainement apprécié.
    Es-tu médium?
    Son argumentaire est pauvre et c'est voulu.
    Il me donne l'impression
    - que l'entrevueur est à côté de la plaque de ce que Céline, cultivé, a à dire
    - Céline ne semble pas être en touche avec la réalité socio-politico-historique. À la radio il raconte le monde comme il voudrait qu'il soit, pas comme il est.
    Je vomis mille fois plutôt qu'une Sagan, Sartre, Camus, Gide, Hugo, Racine, Furetière, etc.
    C'est très fin.
  • Je ne suis pas medium mais connaissant ce qu'a écrit saint Augustin il n'était pas bégueule et grand connaisseur des questions de style et de rhétorique.

    Les questions posées par Zbinden et Pauwels sont certes décevantes.

    Cher JSC, cette discussion pourrait devenir passionnante !
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