Voyage au bout de la nuit de Céline

De Céline ... J'étais censé l'avoir lu pour aujourd'hui ... J'en suis à la 75ème page ...
La grande majorité de ma classe le considère comme le livre le plus c.... qu'on est jamais lu ...

Quelqu'un pourrait défendre le livre et m'encourager à le lire ?
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Réponses

  • Il semblerait que la mojorité de ta classe soit c..... . :)

    C'est un livre ( et un ecrivain , bien que je ne sois pas en accord avec ses idées ) admirable , meme si il faut dépasser le coté assez lent du récit .

    C'est une oeuvre magistrale .
  • argumente , s'il te plait, sa "magistralité" ...
  • Lire ce bouquin c'est comme se prendre un poing dans la gueule, Céline dresse un tableau vraiment très sombre de l'humanité, son style très particulier donne une dimension absurde (ou pas) à son propos, on passe du rire (jaune, souvent) à la consternation en quelques lignes. Bardamu est l'antihéros par excellence, trop humain. ("arguments" en vrac)

    C'est dommage de passer à côté, au début le style peut déstabiliser le lecteur, mais vraiment, c'est une oeuvre magistrale. :)
  • Oui il faut faire l'effort de passer les premières pages ; un peu comme pour Proust ou Éco (Roman de la rose) Mais après, ça décoiffe
  • Proust est encore plus dur je trouve

    Le plus dur pour moi reste Cohen ( mais que c'est jouissif en meme temps )
  • Bon, voilà, j'ai fait l'effort de passer les premières pages ...

    Bardamu est humain ... Personne n'a réellement d'importance a ses yeux que lui même, il flirte avec le nihilisme ... Un joli nihilisme sans talents qui dénonce pour l'instant la guerre, les jolies infirmières pleines de bêtises patriotiques qui quittent le héros et la méchanceté d'une bande de fonctionnaires vaguant à leurs pensée dans un environnement clos ... Tout ça dans un ton assez fantastiquement monotone, bien que je dois reconnaître le côté frappant de certaines formules, le talent du coup de poing en une seule phrase, d'un obus à une prostitué, il n'y a apparemment qu'un pas ...
    j'ai quelque questions : Reste t'il toujours dans le cadre d'un récit aussi bêtement thématique? Le terme de voyage n'est-il pas une usurpation, je veux dire , n'y a t'il pas au fond un seul personnage entouré de fantômes immobiles dans un décor changeant? Le ton change t'il au fur et à mesure? Je dois dire que je trouvais son rendu de la guerre d'une efficacité redoutable, qui a été tout effacée en voyant qu'il présentait ses "garces" d'un ton rigoureusement analogue...
  • Bonsoir Bastie,
    Tu as écrit :
    Personne n'a réellement d'importance a ses yeux que lui même
    Alors ça... c'est faux !
    Il était médecin, il était intelligent. Et pourtant, il a toujours choisi de soigner dans des dispensaires de quartier. Sans gloire, sans reconnaissance.

    Muriel
  • Il faut poursuivre la lecture.

    Je trouve que c'est paradoxalement la seconde partie (le retour en France après Détroit) la plus terrible, la plus puissante.
    Il m'a fallu reposer le livre plusieurs fois pour souffler...

    Sur ton analyse plus longuement :

    Je ne partage pas ton point de vue sur l'égoïsme de Bardamu. Je suis convaincu au contraire que ce dégoût, cette horreur ne peuvent être ressentis que par quelqu'un de sincèrement, profondément, douloureusement affligé par la mesquinerie, la veulerie et la lâcheté des hommes. Nihilisme sans talent dis-tu? Il consacre sa vie à soigner les pauvres, sans reconnaissance aucune, il est souvent floué. Les actions de Bardamu, aussi circonstanciées soient-elles, malgré le poids de la nécessité, celui du quotidien le plus sordide, les motivations les plus mesquines, trahissent son discours. Le nihilisme sans talent, ou ce que tu nommes ainsi, ne serait-ce pas plutôt d'en arriver à faire le(s) même(s) constat(s) avec une expérience de la vie moins terrible? Parvenir à une telle (supposée) misanthropie sans s'être cassé les dents aussi souvent que lui? Conclure de façon aussi définitive sans avoir connu tant de déconvenues, tant de déceptions?

    Si ta lecture ne t'a mené qu'au terme de l'épisode de la guerre et de l'hôpital, alors crois moi, tu n'as encore rien lu. Le reste est cent fois pire. La nuit est encore longue.
    bastie_no a écrit:
    Bon, voilà, j'ai fait l'effort de passer les premières pages ...

    Bardamu est humain ... Personne n'a réellement d'importance a ses yeux que lui même, il flirte avec le nihilisme ... Un joli nihilisme sans talents qui dénonce pour l'instant la guerre, les jolies infirmières pleines de bêtises patriotiques qui quittent le héros et la méchanceté d'une bande de fonctionnaires vaguant à leurs pensée dans un environnement clos ... Tout ça dans un ton assez fantastiquement monotone, bien que je dois reconnaître le côté frappant de certaines formules, le talent du coup de poing en une seule phrase, d'un obus à une prostitué, il n'y a apparemment qu'un pas ...
    j'ai quelque questions : Reste t'il toujours dans le cadre d'un récit aussi bêtement thématique? Le terme de voyage n'est-il pas une usurpation, je veux dire , n'y a t'il pas au fond un seul personnage entouré de fantômes immobiles dans un décor changeant? Le ton change t'il au fur et à mesure? Je dois dire que je trouvais son rendu de la guerre d'une efficacité redoutable, qui a été tout effacée en voyant qu'il présentait ses "garces" d'un ton rigoureusement analogue...
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Truhl,

    Je partage ton analyse.
    Mais je souhaiterais aussi lui apporter quelques correctifs.
    Une erreur fréquemment commise est de confondre le héros et son auteur. Si le personnage s'inspire des expériences de son créateur, il n'est jamais tout l'auteur.
    Voyage au bout de la nuit est peut-être à l'origine, dans la pensée de Céline, plus un exercice de style, une tentative de créer un langage nouveau, qu'un pamphlet engagé contre les folies humaines maintes fois réécrit depuis le premier conflit mondial.
    Je suis également frappé de la parenté littéraire qui rattache ce Voyage aux errances du Candide de Voltaire.
  • Pfff j'y arrive pas ... Je vois que personne n'a répondu par rapport à la monotonie de l'ensemble et à la déclinaison bêtement thématique de l'ensemble ....
  • Bonsoir Bastie,

    Comment veux-tu qu'on te réponde ?... Ceux qui pourraient te répondre ont lu cette œuvre (oui, c'est une œuvre plus qu'un livre...), et ceux (pour beaucoup) qui ont lu cette œuvre, donc, ont été pris à la gorge à peu près toutes les cinq pages... alors, parler de monotonie... on ne peut pas...

    Si — en poussant le bouchon un peu loin — Céline ne nous avait parlé que de la culture des carottes dans la lande de Lessay (Cotentin), il n'empêche que nous aurions probablement été subjugués : question de style, comme dit Jean-Luc...

    Mais il n'y a pas que le style "travaillé". Il y a l'émotion restituée intacte (est-elle vraiment due à un style "travaillé" ?). Il y a la colère restituée — elle aussi — intacte, vierge. C'est le témoignage des tripes d'un humain, plus que celui de son âme.

    Muriel
  • Le fond chez Céline n'a presque aucune importance , son style est fabuleux , son écriture a de la gueule .

    Donc la monotonie ... peut etre , mais je ne l'ai pas véritablement ressentie .
  • J'ai lu ce livre tardivement, et en raison d'une reprise d'études en lettres modernes (en licence plus exactement), j'ai été impressionné par l'écriture de Céline où l'argot populaire de la banlieue (années trente-quarante) cotoie des imparfaits du subjonctif au milieu de points de suspension à profusion.

    Surtout, j'ai beaucoup ri! Le passage sur l'Afrique est désopilant. On est proche du nihilisme, et pourtant que d'humanité dans ce texte!

    Au départ je n'avais pas d'a priori, je savais que beaucoup citaient ce livre. Aujourd'hui, je pense que Céline - dont Houellebecq est l'un des disciples - est avec Proust l'un des auteurs majeurs de la période, et sans doute du XXè, mais cette appréciation n'est guère originale, j'en conviens volontiers.

    Votre appréciation est quelque peu désinvolte, on a le droit de ne pas aimer Le Voyage, on ne peut pas se limiter à dire que “c'est con”.

    Développer s.v.p. ...
  • Oui Bastien, c'est vraiment léger que de le trouver con et monoone sans argüer. Monotone, Céline ? ça m'espante cette impression !
  • Alors, pour moi, un bouquin fabuleux: une claque magistrale... Pour faire passer la pilule, pourquoi ne pas essayer de lire la splendide version illustrée par Tardi?

    J'adore et, pourtant, lors de mon premier CAPES, je me suis rétamé en beauté sur un extrait du Voyage, comme quoi...

    Séb
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