Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Je crains de ne pas comprendre. Depuis quand justifie-t-on une règle de grammaire avec un article du Figaro ?
  • Tu n'as pas compris.
  • Pourtant le monsieur écrit bien ceci :
    Je vous envoie à deux articles du Figaro.

    Je ne vois pas en quoi ce serait un argument. :)
  • Nouveau sur ce forum, je viens de parcourir rapidement ce fil.

    Doit-on écrire « il est français » ou « il est Français » ?

    Manifestement, la question n’est pas tranchée par les grammairiens.

    Selon Grévisse (Le bon usage, 15e édition, 2011, § 99-3e, p. 96), « si le mot est un attribut sans article, on a le choix, selon qu'on le prend pour un adjectif ou pour un nom », de mettre ou non la majuscule, et Grévisse d'encourager la préférence donnée à la majuscule…

    L'Académie française est d'un avis contraire.

    En fait, je crois que, pour préserver les subtilités de notre langue, il faut distinguer les noms auxquels correspond un adjectif qualificatif (qui doit être l’attribut) et les autres noms (qui peuvent être attributs, faute d’adjectif correspondant).

    Ainsi, au nom (gentilé) « Français » correspond l’adjectif « français » tandis qu’aucun adjectif ne correspond au nom « médecin » (l’adjectif « médical » concernant la médecine et non le médecin).

    Donc, dire « il est médecin » et « c'est un médecin », c'est dire exactement la même chose. Mais, entre « il est brave » et « c'est un brave », on perçoit une nuance : dans le premier cas, il s'agit d'exprimer une qualité (adjectif qualificatif : « cet individu possède la qualité d’être brave ») tandis que, dans le second, on désigne une personne (nom) en l'assimilant à une qualité (« cet individu fait partie de l’espèce des braves »). De même, il y a une nuance entre « il est français » (adjectif qualificatif), comme lorsqu’on dit « il est intelligent », et « c'est un Français » (nom qui désigne une personne qu’on assimile à sa nationalité), comme lorsqu’on dit « voilà un Français ». La nuance saute aux yeux quand on modifie l’adjectif par un adverbe : on peut, en effet, écrire « il est très français », mais l’on ne pourrait pas écrire « il est très Français » comme on ne peut pas écrire « il est très médecin ».
  • On dit je suis Français et non je suis français.
    Ainsi, nous avons des exemples tels que:
    Un Français,
    Un livre français,
    Il est Français,
    Il vient d'un pays français, etc.
  • Dans "Je suis français", l'attribut "français" est censé être un adjectif. Il faudrait alors écrire son initiale avec une minuscule.

    Mais dans "Je suis un Français", l'attribut est un nom. On doit alors écrire "Français" avec une majuscule, selon les règles actuelles.

    Puisque vous êtes de Côte d'Ivoire, on écrira donc "Je suis ivoirien" (minuscule) et "Je suis un Ivoirien" (majuscule). ;)
  • Au choix, je suis français (adjectif) je suis Français (nom).
  • Quand "Français" est un nom, il doit en principe s'écrire avec une majuscule : "Les Français sont européens" (européens : adjectif) ou "Les Français sont des Européens" (Européens : nom). S'il s'agit d'un adjectif, la minuscule est alors préconisée selon la règle actuelle : "Les rois français ont fait la France."

    Par conséquent, il faut écrire "Français" avec une majuscule dans "Je suis un Français" (nom). Si l'on écrit "Je suis Français" (majuscule), l'article indéfini "un" est alors sous-entendu devant "Français" (nom ici). Il parait donc plus naturel de considérer ici "Français" comme un adjectif, ce qui provoque la suppression de la majuscule : "Je suis français."

    Pour résumer, l'initiale d'un mot issu d'un nom géographique doit s'écrire avec une majuscule quand il s'agit d'un nom commun, avec une minuscule quand c'est un adjectif.


    Si l'on voulait être systématique, il faudrait suivre la même règle pour tous les noms communs issus d'un nom propre. Mais on écrit "les bonapartistes" (de Bonaparte), "les staliniens" (de Staline), "les maoïstes" (de Mao), "les chrétiens" (du Christ), "les mahométans" (de Mahomet), "les bouddhistes" (du Bouddha), etc, tout cela sans majuscule. Voilà encore une incohérence de l'orthographe française. Il y en a beaucoup d'autres !

    D'autres langues suivent des règles plus systématiques pour les mots issus de noms propres. En anglais, il faut alors toujours écrire l'initiale avec une majuscule, en espagnol avec une minuscule. Personnellement, je serais partisan de suivre la règle espagnole en la matière : seuls les noms propre s'écrivent alors avec une majuscule, ce qui parait logique. Mais si vous devez passer des examens ou des concours, essayez de suivre la règle actuelle en français, même si vous ne la trouvez pas très logique. :rolleyes:
  • Spalding est professeur ?

    Tiens ! Pas d'article, alors qu'il s'agit indubitablement d'un nom ! Même règle pour les nationalités...
  • Dans "Je suis Français", il est plus naturel de considérer "Français" comme un adjectif. Sinon, l'article indéfini "un" est sous-entendu. Cela provoque donc la suppression de la majuscule : "Je suis français." Je me contente de suivre ici la règle actuelle, même si elle peut être contestée comme déjà dit.

    Je me répète ici (message 49), puisqu'on ne m'a pas du tout compris. J'ai pourtant la réputation d'être assez clair... :rolleyes:

    S'agissant de mes talents professoraux vantés par Anne, je signale mon étude sur les accords du participe passé (www ci-contre). Mais c'est un autre sujet. ;)
  • J'attends que l'on réponde à mon long message 49 (page 5) uniquement consacré à ce sujet, sauf si vous le trouvez bien sûr parfait !
  • Spalding a écrit :
    Si l'on voulait être systématique, il faudrait suivre la même règle pour tous les noms communs issus d'un nom propre. Mais on écrit "les bonapartistes" (de Bonaparte), "les staliniens" (de Staline), "les maoïstes" (de Mao), "les chrétiens" (du Christ), "les mahométans" (de Mahomet), "les bouddhistes" (du Bouddha), etc, tout cela sans majuscule. Voilà encore une incohérence de l'orthographe française. Il y en a beaucoup d'autres !

    A mon humble avis, ce n'est pas une incohérence, car il s'agit ici, non de gentilés (dénominations des habitants d'un lieu), mais de termes désignant les partisans d'une doctrine ou les fidèles d'une religion...
  • C'est évident ! Cela dit, on se demande pourquoi suivre une certaine règle pour les noms communs issus de noms géographiques (majuscule), et une autre règle pour ceux issus de noms de personnes (minuscule).

    Je remarque que l'anglais et l'espagnol ne le font pas. En anglais, tous les noms communs issus de noms propres portent la majuscule. En espagnol, ils ont tous une minuscule initiale. Je préconise de suivre ici l'espagnol, un nom commun n'ayant à mon avis aucune raison d'être écrit avec une majuscule. Cela dit, essayez quand même de suivre la règle actuelle en français si vous devez passer des examens ou des concours. ;)
  • Peut-être parce que la majuscule est la marque du nom propre, c'est-à-dire, selon Grévisse, un nom "qui n'a pas de signification véritable, de définition ; qui se rattache à ce qu'il désigne par un lien qui n'est pas sémantique, par une convention qui lui est particulière." Ainsi les noms dérivés de noms propres de lieux pour désigner les habitants (gentilés ou ethniques) prennent la majuscule, car ils n'ont pas de définition autre que le lien qui les unit au nom de lieu. Au contraire, les noms désignant les partisans d'une doctrine ou les adeptes d'une religion prennent la minuscule, car, même dérivés de noms propres, ils ont une signification véritable, une définition particulière concernant la doctrine ou la religion.
  • Voyons d'abord les noms communs issus de noms de personnes, en prenant un exemple. Les chrétiens (Chrétiens) sont ainsi des adeptes du christianisme (Christianisme), religion créée par le Christ (ou ses apôtres) qui évoluera par la suite. Cette religion est bien sûr très élaborée, avec toute une théologie complexe.

    Prenons maintenant les noms communs dérivés de noms de lieux. Les Parisiens (parisiens) se définissent ainsi par rapport à la ville de Paris. Cette ville parait tout aussi complexe que le christianisme, avec une longue histoire, des monuments précis, des quartiers bien différenciés, etc, etc.

    Dans l'un et l'autre cas, nous avons des personnes unies par un critère commun : religieux ou géographique. La religion et le lieu en question ont par ailleurs des définitions très complexes, pour peu que l'on ne se limite pas à une approche superficielle. Je ne vois donc toujours pas pourquoi il faut une majuscule dans un cas, une minuscule dans l'autre. ;)
  • Bonjour.

    Vos discussions m'intéressent beaucoup.
    Voici un lien intéressant :

    http://french.stackexchange.com/questions/958/doit-on-%C3%A9crire-je-suis-fran%C3%A7ais-ou-je-suis-fran%C3%A7ais


    Amicalement.
  • Merci pour ce lien, Hwang ! En fait, dans "Je suis peintre" et "Je suis professeur", les noms "peintre" et "professeur" jouent le rôle d'adjectifs, exactement comme "grand" et "blond" dans "Je suis grand" et "Je suis blond". Cela s'explique par l'absence de l'article indéfini "un" devant "peintre" et "professeur".

    Voilà pourquoi "français" doit aussi être considéré comme un adjectif dans "Je suis français", pour moi en tout cas. Cela implique donc une minuscule initiale, non la majuscule. ;)
  • Hwang, ne crois surtout pas que professeur et peintre sont des adjectifs.
  • Je ne pense pas que Hwang soit aussi ignorant que cela. D'autre part, Spalding a dit : "jouent le rôle d'adjectifs".
  • Un nom peut en effet jouer le rôle d'un adjectif, par exemple "catastrophe" dans "un scénario catastrophe". Mais on ne le confondra pas avec "un scénario catastrophique" ! ;)
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