Voici un sujet proposé par mon professeur de philosophie, et ce que je lui ai répondu.

A vos claviers !

La Loi dans le sens de l’Etat fait référence à l’ensemble des codes de conduite permettant de garder un certain contrôle sur le comportement des individus en société. Elle génère des injustices, mais le bon sens commun veut que sa suppression soit à la source du désordre et de l’anarchie. Dans ce cas faut-il considérer que l’injustice est un mal nécessaire, ou doit-on au contraire choisir la voie du désordre pour ne pas prendre le risque de commettre des injustices ?
Certes l’expérience et l’histoire disent que le désordre n’a jamais pu être une doctrine conductrice de la société, cependant la répétition abusive d’injustices n’est-elle pas nuisible pour l’individu, pour son respect des lois et de l’Etat ? L’injustice peut-elle dans certains cas s’avérer être un mal nécessaire pour éviter un désordre ? Ce dernier est-il réellement une suite logique de l’absence de lois ? Peut-on faire confiance à l’individu, à la manière de Stirner, lorsqu’il s’agit pour lui d’autoréguler son comportement ?

Par opposition à la justice, l’injustice est ce qui n’est pas juste. Il est nécessaire pour la définir de distinguer la part de subjectivité et d’objectivité qui s’introduit dans cette notion. De manière générale elle est objective pour l’Etat car elle fixe une ligne de conduite qui ne change qu’en étant reformée, et qui ne varie que peu. Mais elle est subjective pour l’individu car bien que son sens de la justice soit en accord avec celui de l’Etat, chacun a sa propre définition de ce qui est juste et de ce qui ne l’est pas. Pour ces raisons nous nous focaliserons sur la notion d’injustice pour l’Etat. L’injustice se rapporte à une application de la loi qui n’a pas puni le coupable, et/ou dédommager la victime. Elle est dans d’autres cas une application extrêmement rigoureuse de la loi, qui punie un méfait ou une des multiples variantes de ce méfait à titre d’exemple, comme c’était le cas lorsque l’Etat Français à instauré le régime de la Terreur en 1792, au nom de la justice sociale. L’injustice est parfois très lourde de conséquences, lorsque la sanction appliquée est la peine de mort par exemple : l’individu n’est pas coupable dans les faits, mais l’Etat le juge comme tel.
Le désordre en son sens le plus épuré désigne l’absence d’ordre, mais il est aussi le manque de cohérence et d’organisation comme dans le cas d’une chambre mal rangée, le manque de discipline pour une personne turbulente, ou encore une agitation politique et sociale lorsque l’on parle d’un Etat. Le désordre en société implique que chaque individu ai son propre idéal de justice et son code de conduite, mais surtout qu’il le proclame ouvertement et l’applique dans sa vie au quotidien. Cet idéal varie selon les individus donc à partir du moment où il n’est plus contrôler, il devient une source de conflits quotidiens : l’un va considérer que la limitation de vitesse sur une route est juste et nécessaire, tandis que l’autre va renier cette affirmation.
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Réponses

  • Le désordre crèe l'injustice aussi. Donc si choix il peut y avoir, c'est entre l'injustice née du désordre et celle qui naît de l'ordre voulu par l'état.
    Deux questions:
    L'injustice née de l'ordre vaut-elle mieux que l'autre?
    Choisissons-nous donc toujours l'injustice?
  • L'Anarchie se veut "organisation sans et en dehors de l'authorité".
    Est-elle ni désordre, ni injustice?
  • Le désordre crèe l'injustice aussi. Donc si choix il peut y avoir, c'est entre l'injustice née du désordre et celle qui naît de l'ordre voulu par l'état.
    Effectivement en considérant cela nous choisirons toujours l'injustice, directement où indirectement.

    Un être humain qui fait preuve de raison choisit normalement la voie de l'injustice générée par l'ordre, le problème est que la répétition d'injustices dans un Etat peut créer le désordre, c'est un cercle vicieux, inévitable ? Je ne pense pas, à partir du moment ou un juste milieu est trouvé par l'Etat.
  • Théoriquement oui, l'anarchie n'est ni désordre ni injustice, du moins pas à grande échelle.

    L'anarchie pour fonctionner doit faire totalement confiance à la nature humanie, c'est un peu utopiste lorsque l'on voit ce qu'un individu est capable de faire lorsqu'il n'est plus soumis à des règles je trouve.
  • Je crois qu'il faudrait examiner l'anarchie en Catalogna ~1937 pour estimer les bienfaits et les faiblesses de ce système qui a quand même tenu presqu'un an.
    Inutile à théoriser dans le vide.
    Anarchie en espagne 1936-39
  • je crois que le désordre sert l'Etat : il lui permet de se faire bien voir, de montrer ce qu'il sait faire en cas de crise et souvent c'est ce qui permet une election présidentielle( il n'y à qu'à voir l'éléction de Bush ...)
    de plus il me semble que l'anarchie pronne une certaine autodiscipline dont malheureusement peu de personnes semblent capables et elle vise à responsabiliser totalement chacun de ses faits et pensées.
    cela pose donc aussi un problème de morale et d'ethique qu'il faut bien prendre en compte à mon sens. puisque la justice varie, l'injustice aussi. pourtant d'un point de vue moral, ethique en prennant les choses objectivement nous arrivons à entendre tout le monde.
    alors une question se pose : est-ce que quand il s'agit de justice ou d'injustice il faut y répondre de manière individuelle, subjectivement ?
    il me semble que justice et injustice concernent tout le monde et ont des conséquences plus ou moins directes sur chacun.
  • Je crois qu'en français, le phrases commencent toujours toutes avec une lettre majuscule!
  • Oh ! Excuses moi ! J'ai l'habitude de traitement de texte qui mettent les majuscules automatiquement ! Désolée si ça t'a géné !
  • Merci, ranou. Cette nouvelle version me fait plaisir...sa lecture est d'autant plus compréhensible!

    Il faudrait bien définir "Justice" et "Injustice" pour voir si elles sont subjectives.
    En philosophie, il y a beaucoup de définitions à faire pour être certain que nous parlions des mêmes choses. :)
  • Ca me fait penser que ce que tu dis sur l'Espagne me plait beaucoup ... le mouvement anarchiste a été utilisé par les communistes pour une réunification des forces de gauche et extrême gauche contre la dictature de Franco ... alors dans cet exemple il y a désordre et injustice : désordre créé par Franco au sein des partis de gauche et à la fois injustice pour les anarchistes qui ont été oublié par la suite ...
  • Je crains que tu exprimes tes sentiments, plutôt qu'une pensée approfondie et philosophique....
    Quand on exprime une opinion en Philo, il vaudrait mieux la justifier avec un exemple concrète.
    Par exemple, pour certains, Franco était légitime (ce qui fut le cas à la suite de la guerre civile, car le vainqueur de toute guerre est automatiquement légitimité.
  • Maintenant définissons clairement justice et injustice.
    La justice est à mon sens, ce qui définit ce qui est légitime de façon absolue et qui ainsi peut contredire les lois établies. chez les philosophes grecs j'ajouterai même qu'elle était considérée comme une vertu morale. c'est à ce niveau là que je joint justice/injustice à la morale, à l'éthique. car elle fait entrer la relation à autrui : c'est à dire que la justice ne doit pas supprimer équité; liberté etc et vise à satisfaire dans la mesure du possible et du raisonnable, toutes les parties en tenant compte des différences.
    Ainsi par cette définition, l'injustice peut se voir comme le strict contraire : "in" désignant "l'absence de" justice. L'injustice supprime donc liberté,égalité. On voit à quel point il est facile de passer de l'un à l'autre tant la notion de justice est complexe et difficile à maintenir. C'est pour ça que dès la petite enfance, l'injustice est un sentiment fort que nous expérimentons tous. L'injustice ne sert pas le peuple, mais elle fait bien voir de gouvernement qui à la fois créé les injustices par des lois inadéquates et apporte des solutions à ses propres lois ... c'est une éternelle contradiction ...
    Alors, l'Etat est-il le garant de la justice ou plutôt celui de l'injustice ? Est-il légitime qu'une minorité décide du droit de la majorité ? N'est-ce pas ça l'injustice ?
  • En Philo (Merci André LALANDE Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Ed. Quadrige/PUF en 2 volumes poche très abordables),
    JUSTICE
    - Caractère de ce qui est JUSTE (à définir) - paradoxe? "la stricte justice n'est pas juste"!
    - Caractère de celui qui est JUSTE. L'une de 4 vertus cardinales des anciens grecs. Platon République, Aristote Éthique à Nicomaque.
    - Acte ou décision cherchant à faire régner la justice dans son premier sens.
    - Pouvoir judiciaire. Magistrats.

    Charité et Égalité sont d'autres vertus.

    "Liberté, Égalité, Fraternité" était une invention des lumières. Ce dogme reste fictif dans le sens que l'on n'est jamais l'Égal de l'autre (même les frères jumeaux) en situation réelle.
    La Liberté est toujours un choix conditionné par des règles. La Fraternité? Je ris quand je vois le manque de Bon Samaritains. Même Solidarnezc en Pologne était un mouvement politique pur prendre le pouvoir.

    Ces trois idéaux (idiots?) sont si faciles donc à supprimer, tous les jours et non seulement par l'injustice!

    Quand un enfant dit "Ce n'est pas juste", il n'applique pas un système objectif de valeurs. Ses paroles, ont-elles donc un sens dans un monde peuplé en majorité par des adultes?

    La démocratie veut que les élus nous représentent. Il serait étonnant (et il est étonnant) que cette représentation n'a pas toujours un visage acceptable. On a quand même 500 000 élus en France pour une population de 63 800 000 habitants!!!
    Si la représentation semble injuste, onn pourrait déduire un dysfonctionnement de la démocratie, mais jusqu'au nouvel ordre, on a tjrs la possibilité de rectifier le tir aux prochaines élections. :)
  • Ce que je veux dire, c'est qu'à tout moment de notre vie, nous expérimentons l'injustice. Le fait qu'on l'ait connu dès le plus jeune âge et qu'elle n'ait pas été expliquée ni prise en compte peut faire naître ensuite le désordre et une injustice en continue puisque les notions de justice ont été perturbées.
    Que je sache, tout le monde devient adulte. Et nous grandissons de nos expériences. Ce que nous avons vécu fait aussi ce que nous sommes, ce que nou devenons. Négliger les sources du désordre serait à mon sens une erreure. Le fait que nous soyons mécontents peut aussi relever de notre sentiment d'impuissance face à des causes qui nous semblent injustes et qui nous dépassent de par leur inaccessibilité pour certains ou pour d'autres le fait qu'ils ne les comprennent pas. Cela créé le désordre. Si prendre en compte différents points de vue et les examiner ce n'est pas de la philosophie ... il n'est pas interdit de mettre en relation un peu de psychologie qui permettrait de comprendre le malaise à la source de l'injustice et du désordre. C'est donc qu'il y a un disfonctionnement quelque part ...
  • ranou a écrit:
    à tout moment de notre vie, nous expérimentons l'injustice.
    Des exemples concrets STP.
    les notions de justice ont été perturbées.
    Dans quel sens utilises-tu "notions"? Une notion bien enseignée et illustrée par des exemples restera un paramètre pour la vie.
    Que je sache, tout le monde devient adulte. Et nous grandissons de nos expériences.
    Non seulement des expériences.
    Ce que nous avons vécu fait aussi ce que nous sommes, ce que nou devenons.
    Ce que l'on mange aussi, mais ce sont plutôt des clichés.
    Négliger les sources du désordre serait à mon sens une erreur.
    Il est fort possible que tu aies raison, ranou. Mais sans exemple, je ne peux pas déterminer.
    Le fait que nous soyons mécontents peut aussi relever de notre sentiment d'impuissance face à des causes qui nous semblent injustes et qui nous dépassent de par leur inaccessibilité pour certains ou pour d'autres le fait qu'ils ne les comprennent pas.
    Mécontents de quoi? Quelles causes? Pourquoi injustes? Peut-on se fier à nos sentiments?
    Cela créé le désordre.
    L'entropie en Physique représente le degré du désordre naturel dazns l'univers ou dans un système contenu et défini. Le désordre est pas aussi artificiel (fabriqué) que l'ordre!
    Si prendre en compte différents points de vue et les examiner ce n'est pas de la philosophie ... il n'est pas interdit de mettre en relation un peu de psychologie qui permettrait de comprendre le malaise à la source de l'injustice et du désordre. C'est donc qu'il y a un disfonctionnement quelque part ...
    Deux disciplines à ne pas confondre. La philosophie n'est pas une science et la psychologie est une science inexacte.
  • Je me pose une question (comme tu me parles de sentiment) :
    l'injustice est-elle un sentiment ?
  • Autant que je trouve JUSTICE définissable philosophiquement, INJUSTICE le semble moins....
  • Oui ... je partage se sentiment ... c'est peut être pour ça ... que j'écrivais ça précédemment. Je ne m'étais jamais posé la question jusque là en fait ... mais je crois qu'à la différence de la justice, l'injustice est avant tout un sentiment qui naît face au manque de justice ... je vais m'employer a faire quelques recherches ...
  • L'injustice est aussi un moyen politique de gouverner:
    en attribuant à l'un ce que je refuse à l'autre, je les empêche tous les deux de s'unir pour me renverser.
    Or, il est nécessaire que les sociétés soient gouvernées.
    L'injustice est par conséquent nécessaire, non?
  • Ce n'est pas tout à fait un syllogisme, EDEL. :)
    L'injustice n'est pas la seule façon à gouverner. Il se peut donc qu'elle ne soit pas nécessaire pour gouverner.
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