Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • CanuCanu Membre
    Et bien pour soutenir mon inspiration je citerais Berlioz,
    « Shakespeare, en tombant ainsi sur moi à l’improviste, me foudroya. Son éclair, en m’ouvrant le ciel de l’art avec un fracas sublime, m’en illumina les plus lointaines profondeurs. Je reconnus la vraie grandeur, la vraie beauté, la vraie vérité dramatiques. (Mémoires, chap. xviii).
    Mais effectivement, il serait plus judicieux de préciser que Shakespeare a inspiré le Romantisme Français tout particulièrement, et dans une moindre mesure le Romantisme Anglais et Allemand (qui s'est développé bien plus tôt).
  • Ce message, entièrement rédigé en anglais et adressé au seul JSC, est donc supprimé
    Ebrolige, si tu veux t'adresser à JSC, tu lui écris en MP, ce forum n'est pas destiné aux règlements de compte entre membres (Message édité)
  • Cher JSC, Voltaire est loin d'être un Romantique !
    L'engouement pour Shakespeare vient de Hugo, qui l'a magistralement traduit.
    Chère Léah.
    Je le sais!
    V. est souvent cité en France comme un des précurseurs du romantisme. Je croyais que son opinion sur Shakespeare aurait pu influencé ses lecteurs (dont François-Victor Hugo):
    "Quant aux Anglais, je ne peux vous savoir mauvais gré de vous être un peu moqué de Gilles Shakespear; c'était un sauvage qui avait de l'imagination; il a fait même quelques vers heureux, mais ses pièces ne peuvent plaire qu'à Londres, et au Canada. Ce n'est pas bon signe pour le goût d'une nation quand ce qu'elle admire ne réussit que chez elle." Lettre de V. à Bernard Josephe Saurin 3 décembre 1765.

    "Je suis bien loin assurément de justifier en tout la tragédie d' Hamlet: c'est une pièce grossière et barbare, qui ne serait pas supportée par la plus vile populace de la France et de l'Italie. [...] On croirait que cet ouvrage est le fruit de l'imagination d'un sauvage ivre. Mais parmi ces irrégularités grossières, qui rendent encore aujourd'hui le théâtre anglais si absurde et barbare, on trouve dans Hamlet, par une bizarrerie encore plus grande, des traites sublimes, dignes des plus grands génies. Il semble que la nature se soit plue à rassembler dans la t ête de Shakespeare ce qu'on peut imaginer de plus fort et de plus grand, avec ce que la grossièreté sans esprit peut avoir de plus bas et de plus détestable." V. sur Hamlet. Source Voltaire-Shakespeare.
    Traduire les œuvres je pourrais bien comprendre en tant qu'hommage, mais où est l'inspiration?
  • CanuCanu Membre
    Bonsoir JSC,

    Hugo a manifestement traduit Roméo et Juliette en occultant certains aspects de l'oeuvre tel que la sexualité et en accentuant d'autres.
    Ces modifications orientent la tragédie Shakespearienne dans une perspective plus romantique, ou dans tout les cas plus adaptée à la vision qu'a Hugo de la littérature.

    De plus si Hugo a choisit de faire hommage à Shakespeare en traduisant son oeuvre dans sa langue maternelle, c'est visiblement parcequ'il éprouvait un certain respect, et une reconnaissance dans ces écrits.
  • Canu a écrit:
    1. Hugo a manifestement traduit Roméo et Juliette en occultant certains aspects de l'oeuvre tel que la sexualité et en accentuant d'autres.
    2. Ces modifications orientent la tragédie Shakespearienne dans une perspective plus romantique,
    3. ou dans tout les cas plus adaptée à la vision qu'a Hugo de la littérature.
    1. Je me suis arrêté à l'ajout des didascalies et la difficulté de traduire tous les sens de l'anglais en français sans aller voir ce genre de détail. C'est très intéressant. As-tu trois exemples?
    2. Peux-tu préciser en quoi ils rendent la pièce plus romantique?
    3. Quelle vision? Je pense qu'il a écrit quelquechose dans un préface, mais je ne sais plus où. :/
  • Ne serait-ce pas dans la préface de Cromwell ?
  • :)
    Les personnages de l'ode sont des colosses : Adam, Caïn, Noé ; ceux de l'épopée sont des géants : Achille, Atrée, Oreste ; ceux du drame sont des hommes : Hamlet, Macbeth, Othello. L'ode vit de l'idéal, l'épopée du grandiose, le drame du réel. Enfin, cette triple poésie découle de trois grandes sources : la Bible, Homère, Shakespeare.

    Le drame est la poésie complète. L'ode et l'épopée ne le contiennent qu'en germe ; il les contient l'une et l'autre en développement ; il les résume et les enserre toutes deux. Certes, celui qui a dit : les français n'ont pas la tête épique, a dit une chose juste et fine ; si même il eût dit les modernes, ce mot spirituel eût été un mot profond.

    Beaumarchais était morose, Molière était sombre, Shakespeare mélancolique.

    Source Préface Cromwell: Hugo sur le Drame.
  • CanuCanu Membre
    Ma maîtrise de la langue anglaise étant trop insuffisante pour saisir les subtilités entre le texte de Shakespeare, et sa traduction par Hugo,
    je suis dans l'incapacité de te donner des exemples précis quant à ces modifications.

    Ceci pour le jeune Hugo, la fidélité aux idées l'oeuvre originale avait pour lui une importance capitale, plus que le respect du rythme (il choisit de passer du vers à la prose par exemple).

    Comme le dit Gide :
    François-Victor Hugo, le premier, se montre extraordinairement soucieux de fidélité ; et si parfois son désir de ne rien perdre du foisonnement des images l'entraîne à de fâcheux allongements de phrase, si, pour sauver l'exactitude, il sacrifie parfois mouvement, rythme et poésie, du moins sa traduction permet-elle de pénétrer au plus épais du taillis : elle développe le détail des phrases et nous permet une compréhension minutieuse du texte anglais. [...]
    On peut penser que par la traduction du texte Shakespearien, plus axée sur le respect du sens exact du texte donc, Hugo a mis en valeur les sentiments que transportent la pièce, sentiments qui ont inspirés la pensée romantique.
    Ce n'est qu'une hypothèse que je conclue de mes recherches.
  • Pour parler de Shakespeare, je chercherais d'abord dans ses textes.
    Pour parler de *Victor Hugo 1802-85), je chercherais d'abord dans ses textes.
    Pour parler de Gide, je chercherais d'abord dans ses textes.

    Si je cite une critique, je donne sa source. On n'a aucune idée dans quel contexte Gide aurait écrit cela.

    *"Jeune Hugo": 14 ans? Quand il commence à se faire publier? Quand il a écrit Cromwell (1828)? *Quand il a commencé à traduire Shakespeare?

    La citation: j'y entends rien sur "les sentiments"!!
    Gide me semble dire que Hugo a priviligié la compréhension du public plutôt qu'une traduction qui conserve la forme et structure de l'original.

    *Je commence à croire à une confusion: Victor Hugo est le père de François-Victor (1828-73), traducteur de Shakespeare, n'est-ce pas?
  • MurielMuriel Membre
    Bonjour JSC,

    Je m'apprêtais à poster un message pour signaler la confusion. C'est le plus jeune fils de Victor Hugo qui a fait la traduction. Hugo père en a écrit la préface, seulement la préface...

    (Édit : voyez un document très intéressant, ici.)

    Muriel
  • CanuCanu Membre
    Par "Jeune Hugo" je parle de François-Victor bien sûr pas du père.

    Et bien JSC je ne faisait que proposer des réponses à ta question :
    Traduire les œuvres je pourrais bien comprendre en tant qu'hommage, mais où est l'inspiration?
  • Canu a écrit:
    le fait que Romeo et Juliette à directement inspiré les Romantiques.
    Et moi, je cherchais des précisions qui justifient cette assertion.

    {Ne faudrait-il pas créer un nouveau fil de discussion pour Shakespeare et les Romantiques, chers modérateurs?}
    Le texte de Nicole Mallet (voir le lien de Muiel) est très intéressant.
    J'en ai quelques commentaires:
    Ses références (para texte sur la traduction de Shakespeare) datent de plus de 35 ans.

    William Shakespeare de Victor Hugo est une biographie (un essai?) très romancée (la recherche historique ne devient pas habituelle pour les biographes avant ~1960). Évidemment, c'est une œuvre littéraire plutôt qu'historique. Cette biographie date de 1864.
    La classification des pièces de Shakespeare qu'il donne, n'est pas la classification donnée dans la première édition folio de 1623, (Tragédies, Comédies, Histoires, Poésie).
    'La Patrie' et 'La Société' sont très partie prise de la part de l'écrivain engagé.
    {En 1875, Edward Dowden a aussi modifié la classification, nommant les 5 dernières comédies comme "romances". Regardées aujourd'hui comme des "Tragi-commédies", cette classification ne reflète pas non plus celle de la première édition.}

    François-Victor "jeune traducteur"/ "jeune chercheur"...il avait plus de 30 ans pour mourir (avant son père) à 45!

    Il a fait deux bonnes décisions:
    - traduire (18 volumes parus 1859-1866) de l'anglais plutôt que de remanier des traductions françaises déjà faites
    - chercher le texte anglais de 1623 plutôt que des éditions plus récentes.
    Les aperçus
    fulgurants sur Hamlet, Macbeth, Othello et le Roi Lear qui sont parmi les pages les plus inspirées de l'essai rhapsodique sur William Shakespeare de Victor Hugo s'appuient sur une connaissance de la langue anglaise qu'il n'avait pas, qu'il n'a jamais eue
    D'où viennent alors les références et les opinions exprimées dans la Préface à Cromwell (1836) 20 ans plus tôt?

    La citation suivante est pertinente à l'intemporalité des œuvres de Shakespeare.
    Victor Hugo: Shakespeare résiste par le style; Shakespeare résiste par la langue. Est-ce là tout? non. Il résiste par le sens métaphysique; il résiste par le sens historique; il résiste par le sens légendaire. [...] Il est aussi sagace et singulier dans l'histoire. Il est on ne peut mieux enseigné dans la tradition et dans le conte. Quant à sa philosophie elle est étrange; elle tient de Montaigne par le doute, et d'Ezéchiel par la vision,
    La complicité de père et fils est fascinante.
    Le métier (nouvellement considéré) du traducteur est bien décrit.
    Mallet donne de la motivation politique comme motivation littéraire, mais on est en droit de se demander si FV Hugo n'écrit pas dans l'air du temps (post 1830) pour être publié et lu.
    En guise de conclusion, j'insisterai sur la conception
    originale de la traduction partagée par les deux Hugo, le père
    comme le fils, qui envisagent la traduction de Shakespeare
    comme un système textuel composé du texte poétique (théâtre,
    sonnets) traduit et des présentations et commentaires historiques.
    Pour eux, le traducteur c'est le linguiste et l'historien confondus
    oeuvrant
    en vue d'un seul et même acte de communication. Je
    cite le père qui saluait ainsi le travail de son fils: «Oeuvre de
    critique, oeuvre de philologie, oeuvre de philosophie, oeuvre
    d'histoire, qui côtoie et corrobore la traduction.»
    Nous montre que FVH ne s'occupait pas beaucoup de l'aspect analytiquement "littéraire" de Shakespeare!!

    to BE or NOT to BE,
    ¨
    ÊT-re ou ne pas ÊT-re (une syllabe de trop et le pied déplacé).

    To be = être, exister, vivre, habiter le Moi, presque réaliser un devenir.
    Not to be = ne pas exister, ne pas être, ne plus habiter le Moi (mourir) ne réaliser pas un devenir. En même temps "Not to be" est absurde.
    Présenté comme un choix, "or", la physique et la métaphysique se confondent. On peut choisir la mort, mais peut-on choisir de ne plus habiter son Moi, son....Être?

    Je ne saurais dire si en français tout cela est évoqué dans la traduction, pourtant simple.
  • bonjour à tous, je voudrais vous demander si ce plan fonctionne avec la question: Romeo et Juliette est elle une pièce intemporelle ?

    I) une oeuvre intemporelle malgré la différences entre cette époque et la notre ( je ne suis pas sur de cette formulation)

    a) l' Angleterre à cet époque ( espérances de vie...)

    b) les conditions du mariages ( mariages "forcés", très jeunes ...etc)

    c) ?

    II) intemporelle car on retrouve à notre époque ...

    a) ... puissance des sentiments = jeunesse ( coup de foudre au bal...ect)

    b) ... la haine (entre les deux familles...)

    c) la pièce inspire les Romantiques encore 150 plus tard.

    merci de vos conseils, dites moi ce qu'il faut modifier merci beaucoup.
  • Bonjour Mathoulde
    Lis la citation envoyée par JSC sur Shakespeare, ci-dessus : elle t'aidera pour l'aspect intemporel.
    Sur les différences entre les époques, essaie de dépasser le côté sociologique.
  • je ne comprends pas comment faire...
  • Je ne pense pas que Hugo aurait pu être plus clair. :D
  • d'accord mais cmt l'inclure dans le plan?
  • JSC
    J'en profite, relisant ta réponse, pour remarquer

    to BE or NOT to BE,
    To be = être, exister, vivre, habiter le Moi, presque réaliser un devenir.
    Not to be = ne pas exister, ne pas être, ne plus habiter le Moi (mourir) ne réaliser pas un devenir. En même temps "Not to be" est absurde.
    Présenté comme un choix, "or", la physique et la métaphysique se confondent. On peut choisir la mort, mais peut-on choisir de ne plus habiter son Moi, son....Être?

    Je ne saurais dire si en français tout cela est évoqué dans la traduction, pourtant simple.

    Oui, le français a aussi dans le verbe être, les mêmes nuances que le verbe anglais ; dont le devenir. Tu seras un homme, mon fils... Ce devenir est implicite dans le Je suis (Le cogito, ergo sum de Descartes est de cet ordre, habiter le moi par la pensée ; la traduc Je pense, donc je suis indique bien, avec ce donc, ce moi pensant. Si poétiquement repris par Pascal, L'homme est un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant.

    Pour
    ÊT-re ou ne pas ÊT-re (une syllabe de trop et le pied déplacé).
    On a là une illustration de l'impossibilité à traduire de la poésie...

    Pour en revenir au sujet de Mathoulde, essaie de trouver, MAthoulde, en quoi Shakespeare résiste au temps.
    Les côtés sociologues ; tu as parlé de l'âge du mariage, des mariages forcés, de la durée de vie. Il existe bien d'autres différences entre notre siècle et l'époque élisabéthaine !
  • comme lesquelles ?
  • Mathoulde, je ne pense que ce forum ait pour ligne de conduite de faire le travail à la place des autres.
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