Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Pierre, je suis justement tombé à l'instant sur un autre verbe invariable apparemment grâce à Aragon. Extrait d'Aurélien : "Il en éprouvait un engourdissement bizarre, et non point la joie qu'il aurait cru".
    Il faut croire que croire reste invariable. :D
  • pierrepierre Membre
    Ah aaaah...

    Attends : non, c'est un autre cas. En général, je remets dans l'ordre pour tester. "Il aurait cru" - quoi ?

    le vrai COD est implicite : "éprouver la joie" ou "qu'il eût pu éprouver la joie."

    Donc là, ça ne s'accorde pas.

    On ne dit pas "il aurait cru la joie".

    Par contre, si ça avait été : "Il détestait Nicolas ; et non Ségolène, qu'il aurait crue." Là, c'est tout différent. Puisqu'on "croit une personne", qui est le COD du verbe.

    ---
    En fait, c'est la question sur les "double-verbes avec participe passé" qui pose problème, comme dans les cas : "Elle s'est fait avoir. Elle s'est laissé faire."

    Ceux-là ne s'accordent jamais, à la différence des autres, du style : "Sa fille, qu'il a entendue jouer." (qui s'accordent lorsque les deux verbes sont liés au même sujet, pas comme dans : "la musique, qu'il a entendu jouer.")

    J'essaie d'en construire une avec "croire", mais je sèche. Est-ce seulement possible ?
  • Bonsoir Jéremy

    Merci de l'avoir mentionné bien plus haut ! :

    Elle s'est laissée aller à pleurer

    trouvée dans le Robert.... ce qui s'explique d'ailleurs par le fait que elle est le sujet de aller....
  • pierrepierre Membre
    Au temps pour moi, alors !
  • Je ne comprends plus Christineh !
  • Vous avez raison, Jérémy, je vais essayer d'être plus précise :

    1 - elle s'est laissé aller : sera toujours exacte
    Idem pour : elle les a laissé jouer, etc

    2 - Avec le verbe laisser on peut quand même appliquer la règle du p.passé suivi d'un infinitif et donc écrire également:
    elle s'est laissée aller
    Car dans cet exemple précis le sujet de l'infinitif est également le COD du verbe au P.Passé (c'est ce que j'ai été vérifier dans le dico....)

    Par contre fait suivi d'un infinitif est Toujours invariable
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir !

    Je pense qu’il y a une confusion entre les quelques verbes qui sont toujours invariables (été, plu, complu, déplu, ri, pu, outre les verbes et formes impersonnels comme « il a plu » ou « il s’est produit » ; j’en oublie peut-être) et ceux qui le sont par l’application des règles de l’accord du participe passé.

    J’ajouterais encore volontiers le premier participe des formes surcomposées.
    * Quand je les ai EU ROULÉS comme des actionnaires, j’ai perdu le sommeil à compter la recette.

    Mais EU est éventuellement variable.
    * Il y a peu de femmes dont la conversation plaise encore après qu’on les a EUES. (Rey)

    FAIRE et LAISSER s’accordent régulièrement :
    * La vacherie qu’il m’a FAITE.
    * Abstenez-vous de raconter à votre femme les infamies que vous ont FAITES celles qui l’ont précédée. Ce n’est pas la peine de leur donner des idées. (Sacha Guitry)
    * La nature nous a FAITS frivoles pour nous consoler de nos misères. (Voltaire)
    * Les clefs que je lui ai LAISSÉES sont celles du septième ciel.
    Mais il en va autrement quand ils sont SUIVI D’UN INFINITIF : FAIT est toujours invariable et LAISSÉ peut l’être à titre de tolérance grammaticale.
    * La voiture que j’ai FAIT réparer.
    * A quatre vous les avez LAISSÉ(S) faire. - Nous aurions été cinq si vous n’aviez pas fui…
    * Elle s’est LAISSÉE aller à pleurer. (On a appliqué la règle et non la tolérance.)

    Cette tolérance n’existe pas pour les verbes de PERCEPTION. Personnellement, je suis fidèle à la tradition, parce qu’elle permet de bien baliser les termes de l’énoncé.
    * Maître (une avocate), je vous ai ENTENDUE plaider, mais vous vous êtes trompée de client. (C’est elle qui a plaidé. → ° Je vous ai entendue plaidante.)
    * Les soupirs que j’ai ENTENDU pousser dans cet hôtel, je ne te dis pas… (J’ai entendu pousser des soupirs. Pas possible de dire : ° Je les ai entendus poussants.)
    * Les hommes que j’ai VUS draguer. (Ce sont eux qui draguent.)
    * Les hommes que j’ai VU draguer. (Ce sont eux que l’on drague.)
    * Ces arbres, que j’ai VU planter et que j’ai VUS grandir, les uns, je les ai VUS s’abattre et les autres, je les ai VU abattre. (Je pense que vous ferez facilement l’analyse.)

    Vous me direz qu’à l’oral, cela ne s’entend pas ou guère et que donc le signal est faible. C’est vrai, mais il reste quand même l’écrit. Et, à propos de la drague précitée, il importe que ce soit clair.

    Quant à « cru » (+ pensé, dit, dû, etc.), l’invariabilité peut être admise si l’on sous-entend un verbe attributif, un autre infinitif ou une proposition.
    * Une O.P.A. que personne n’avait CRU (être) possible.
    * Il m’a donné tous les renseignements que j’aurais VOULU (avoir).
    * La mer n’est pas la solitude qu’il avait CRU (trouver). (P. Mille)
    Mais :
    * Il débita des histoires que nous n’avons pas CRUES.

    J’aurais voulu parler aussi des propositions imbriquées, mais cela nous conduirait trop loin.
  • merci BEAUCOUP. Vraiment. :)
  • olgaolga Membre
    Je vous serai très reconnaissante si vous pourriez me dire laquelle de deux propositions est correcte:
    Ma dernière expérience professionnelle dans une entreprise de Paris, dont son activité principale est la fabrication et l’exportation de différents boissons alcoolisées, m’a déjà sensibilisé(ou ée?) au monde des spiritueux.

    Merci d'avance pour votre aide,
    Olga
  • m’a déjà sensibilisé(ou ée?)

    a sensibilisé QUI ? m' mis pour moi
    m' est COD antéposé, il y a accord, et puisque tu es une fille : sensibiliséE

    Par ailleurs
    dans une entreprise de Paris, dont l' activité principale
    et pas
    dans une entreprise de Paris, dont son activité principale (dont indique déjà la relation de dépendance : tu dirais " l'activité principale de cette entreprise" et pas "son activité principale de cette entreprise"
    dont remplace le complèment de nom "cette entreprise"
  • webmestrewebmestre Administrateur
    Bonjour,

    À votre place, j'écrirais :
    Ma dernière expérience professionnelle dans une entreprise parisienne, dont l’activité principale est la fabrication et l’exportation de différentes boissons alcoolisées, m’a déjà sensibilisée au monde des spiritueux.
    Car
    c) [...] formes verbales composées à l'aide de l'auxiliaire avoir [...]
    Il suffit [...] que le complément d'objet direct apparaisse avant le verbe pour que le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec lui.
    Dans La grammaire d'aujourd'hui (Michel Arrivé et al.), page 27.
    Pour plus d'infos, consultez cette page ou cette fiche trouvée récemment sur Internet (et ajoutée dans l'annuaire).

    À votre santé ! :) Léah, pardonnez-moi : je n'avais pas vu votre message. :D
    J'ai corrigé « différents », aussi.
  • olgaolga Membre
    Bonjour,

    Je vous remercie beaucoup pour votre aide.
    La langue française n'est pas très facile à apprendre. Il y a toujours les petites subtilités comme dans n'importe quelle autre langue.

    Olga
  • Bonjour,

    Moi aussi j'ai un soucis avec un certain accord. Le voici :

    Cette étape, cette mégère que je l’appelais l’autonomie, m’avait toujours effrayé(e) ces trois jours durant.

    Pouvez-vous m'indiquer sa forme adéquate, s'il vous plaît ?
    Merci à vous,
    Clément.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Clément,

    La seule forme acceptable pour un garçon est
    Cette étape, cette mégère que j’appelais autonomie, m’avait toujours effrayé ces trois jours durant.
    Cette étape avait effrayé qui ? moi, COD antéposé.
  • K'K' Membre
    Bonsoir,

    Merci à vous. Je trouve votre forum fort agréable. J'ai 17 ans et désire devenir écrivain plus tard ; je me suis donc inscrit sur votre portail pour apprendre davantage ces petits iota de la langue française.

    En fait je m'interrogeais sur le "Qui, quoi", car j'avais vu ceci sur wikipédia :
    Par ailleurs le jeu des devinettes avec les questions « qui ? » ou « quoi ? » est à proscrire impérativement. Outre qu'elles n'amènent aucune réflexion sur les relations syntaxiques entre les mots de la phrase, ces questions peuvent conduire à de grossières erreurs par confusion avec des sujets postposés, des sujets réels ou des attributs du sujet. Ainsi, malgré les réponses apportées aux devinettes, il n'y a pas de COD dans ce vers de Rimbaud : « C'est un trou de verdure où chante une rivière » !
    Merci encore toutefois,
    Clément.
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir, Clément !

    C’est pourtant ce que j’ai trouvé de plus satisfaisant. Personnellement, j’ai une méthode qui me lâche rarement.

    Je pose effectivement la question qui ? quoi ?, mais avec quelques précautions :
    1 vérifier si le verbe est bien transitif direct,
    2 m’assurer que la question n’est pas plutôt quand ? ou combien ?,
    3 écarter des pièges « connexes » :
    - inversion du sujet et du verbe,
    - verbe attributif,
    - verbe impersonnel,
    - présence d’un introducteur.

    FAISONS-EN L’APPLICATION.
    * Il cherchait UN PROCÉDÉ pour enlever au caoutchouc CETTE ÉLASTICITÉ qui LE rend impropre à tant d’usages. (Alphonse Allais)

    La question « quoi ? » peut être posée à TROIS ENDROITS de l’énoncé : après CHERCHAIT, après ENLEVER (en enjambant le COI « AU caoutchouc ») et après REND (observation étant faite que le pronom personnel précède ici le verbe).

    Avant de conclure, je vérifie et je constate :
    - que les verbes chercher, enlever et rendre sont TRANSITIFS DIRECTS : chercher ses lunettes, enlever sa chemise, rendre la monnaie,
    - que la question ne peut pas être QUAND ? (comme dans : * Je travaille la nuit) ni COMBIEN ? (comme dans : * Cela coûte un euro),
    - qu’il n’y a PAS D’INVERSION sujet / verbe,
    - que les verbes ne sont PAS ATTRIBUTIFS (du type être, sembler, paraître et devenir),
    - qu’ils ne sont PAS IMPERSONNELS (du type il pleut, il faut),
    - qu’il n’y a PAS D’INTRODUCTEUR (du type il y a, voilà, c’est).

    Si vous avez encore un doute, essayez de faire une TRANSFORMATION PASSIVE, même si vous devez aboutir à l’horreur stylistique :
    → Un procédé était cherché PAR lui.
    → … pour que cette élasticité soit enlevée PAR un procédé…
    → … il est rendu impropre PAR cette élasticité…
    OK, ça fonctionne !

    Vous me direz qu’il y a encore les VERBES PRONOMINAUX. Si c’est le cas, selon que vous direz qui ? (je ME lave) ou à qui ? (je ME parle), vous en déduirez que le premier est COD et le second COI. C’est encore le même type de questionnement.

    Il y aura quelques rares cas où vous risquez de vous fourvoyer, mais sachez que les grammairiens ne sont pas fichus d’être d’accord, par exemple, sur : * Cela ne sent pas la rose. Certains y voient un CC : * Cela sent COMMENT ? C’est aussi mon avis, même si ça ne sent pas meilleur ainsi…

    Voilà ! Ce n’est pas la mer à boire. C’est juste une question d’habitude. À vos haltères ?

    Cordialement,
  • K'K' Membre
    Wow, tout ceci.

    Eh bien, merci beaucoup. A présent, je n'aurai plus besoin de quelconque aide à ce sujet. Me voici éclairé.

    Vraiment très sympathique ce forum.

    Clément
  • moi aussi je suis perdu dans mes accords;
    Il n’y avait rien de bien palpitant sur cette feuille, ni celles qui la suivai(en)t, d’ailleurs.
    Si j'emploie le terme "Qui, quoi", cela ne me fait pas accorder, mais j'ai un doute sur la conjugaison. quelqu'un peut-il méclairer ? cordialement
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    "Suivaient" a pour sujet "qui" qui a pour antécédent "celles", l'accord doit donc se faire à la 3e personne du pluriel.
  • K'
    Wikipedia est une encyclopédie interactive, et tout n'y est pas parfait ; le "jeu des devinettes" a, pédagogiquement parlant, fait ses preuves. À condition de poser les bonnes questions bien sûr ! et l'exemple donné est fallacieux, puisqu'avec le verbe être tout le monde :lol: sait qu'il n'y a pas de COD

    Marc Go, so, let's go !
    Il n’y avait rien de bien palpitant sur cette feuille, ni sur celles qui la suivai(en)t, d’ailleurs.

    qui-est-ce-qui suivaient ? QUI, pronom relatif sujet, mis pour CELLES, antécédent de la proposition relative. QUI est donc au féminin pluriel
    Le verbe s'accorde avec son sujet, donc suivAIENT

    On peut aussi réécrire la phrase
    Il n’y avait rien de bien palpitant sur cette feuille.
    Des feuilles la suivaient et ne contenaient rien non plus de palpitant.
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