Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,

Pensez-vous que nous soyons capable de tout dire? Mais aussi est-ce moralement juste de tout dire?

Je pense qu'aujourd'hui le langage est un pouvoir, que certains l'utilisent pour de mauvaises fins.

Oummi
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Réponses

  • Bien sûr, on peut tout dire; mais il ne faudra pas attendre que les auditeurs seront tous d'accord pour l'entendre!

    La moralité entre dans le genre dudit dire. Dire un mensonge n'est pas interdit a priori, mais les conséquences risquent d'être plus ou moins graves. On entre ici dans le domaine de Bien et Mal, je crois.
  • Pour moi on peut tout dire, tant que c'est arugmenté derrière, et donc que cela tienne.
  • Tout dire surement ! Sinon le libre arbitre n'aurait pas de sens, même chose pour les actes tant que cela reste réalisable. Mais tout dire peut conduire à des situations que le ne gérerait pas, vers des dialogues ou réactions non espérées.
    Si la question a comme sens "est ce que l'on peut débaler toutes nos impressions même si elle sont choquantes ?" Je dirais que ce la dépend de ton public. Si c'est une personne impulsive, je te le déconseille. Si c'est une personne qui réfléchit à dex fois avant de se lancer dans un certain état d'esprit ou pour enclancher une réction, et bien oui là tu pex tout dire. Je vais même te dire que si tu ne cache rien à la personne, cette derniere aura beaucoup plus tendance à te croire, voire même à se tourner vers toi car ton avis sera sincère et totalement désintéressé. C'est aussi une forme d'argumentation où tu colle une image de franc parleur. Avec celle ci ton auditoir n'aura plus à se soucier des informations sous jacentes o sous entendues, à prioris t'analyser. Ils écoutent ce que tu dis, ils te croient. La base est mise. Mais si tu veux alors mentire une fois ces bases mises en place, c'est tout à ton honneur, n'importe quelle information présentée sera jugée comme sincère. Le tout est de savoir l'insérer avec tact et sans précipations sous des bases solides. Voilà j'espère que j'ai répondu à ta question si mon interprétation était bonne :)
  • Ca bloque un peu cette réflexion, essayons donc de partir de cette parole du philosophe-logicien Wittgenstein :
    " Ce qu' on ne peut (plus) dire, il faut (savoir) le taire "
    Je ne vous donne pas trop d' indications quant à cela mais je me permettrais de partir de là afin de répondre à la question " Peut-on tout dire ?"

    D'abord on se rendra compte que, par l' expérience vécue, on ne peut pas tout dire n'importe où, à n'importe qui, n'importe quand et n'importe quoi ! Je trouve que notre société est devenue presque "pudique" quant à l' usage de certains mots (je ne parle pas des mots offensants que l'on proscrit naturellement !), mais on a peur des mots, de la vérité, du franc-parler ... On préfère les choses enrobées, bien dites, bien soutenues, comme pour un politicien, ou encore bien argumentées, pour un orateur des temps modernes.

    Je pense qu'on peut tout dire, mais dans des conditions différentes : seul, personne ne nous entendant, avec ou sans conscience de nos paroles ... Ou alors avec des personnes prêtes à supporter des paroles sans tempérance...
  • "wovon mann nicht sprechen kann, darüber muss mann schweigen"
    De mémoire, dernière proposition du Tractacus ...

    A propos de ce dont on ne peut pas parler, on doit se taire... voire mieux : ce dont on ne peut pas parler, on doit se taire dessus. C'est plus du Wittgenstein et moins du ... La Rochefoucault ... (bien que ce dernier soit génial !)
    je le traduirais comme ça ... "se taire" et "le taire" sont très différents ... Il n'y a pas de "plus" ni de "savoir" ...

    La problématique qui sous-tend le Tractacus Logico-philosophicus , c'est : que peut-on exprimer ? C'est bien là le sens de la question ?

    Je dois dire que malgré l'immense intérêt que je porte à la question, mes connaissances sur le sujets ne m'empêcheraient pas de dire des énormités, je laisse donc la parole a des gens plus qualifiés ....

    Pour Wittgenstein, enfin, à l'époque de ce bouquin, il s'agissait de mettre un termes aux problèmes philosophiques (à tous ...) ... La philo est un exercice de clarification du langage, mais le langage comporte ses limites : on parle mais on ne comprend pas le fonctionnement interne, la substance du langage, tout ne peut être exprimé par le langage ... On peut montrer Dieu, mais pas le dire ...
    Il a dit d'ailleurs à propos du langage philosophique qu'il était dénaturé par une chaussure trop petite ...
    J'éspère qu'il y a pas d'expert de Wittgenstein ici, car il aurait des choses à redire ...

    Léah, "nous sommes dans l'inexprimable" c'est pas de Char ?
  • Je les ai mis entre parenthèses ;)
  • Dire tout soit mais que représente ce tout ? une vérité dont on est sûr (mais qui peut être sûr de couvrir tous les aboutissants d'une question même s'il s'agit d' une vérité historique ou scientifique (toutes deux provisoires) ? une vérité individuelle, celle d'un moment soit mais on aura peut-être changé demain et la trace laissée chez les autres , elle , sera tenace ou même indélébile ?

    Si on préfère choisir ses mots, les adoucir, plutôt que de jeter à la face des gens une vérité bien crue, c'est pour éviter de blesser certes mais surtout pour garder les liens sociaux dans des limites tolérables et dans un souci d'efficacité afin de maintenir un niveau de parole plutôt que de rendre sourd à toute autre parole.

    On ne peut pas tout dire sauf aux personnes bien équipées pour cela comme les divers psys. A titre individuel jouer un rôle de déversoir d'émotions n'est pas sans risque , c'est pour le moins imprudent.

    Dire tout n'est parfois pas plus moral qu'un mensonge si on considère les conséquences. Comme le dit JSC, on entre dans le domaine du Bien et du Mal. La frontière entre les deux est parfois difficile à délimiter.
  • salut
    on peut pas dire tout car en risque de faire mal aux personne qu'on aiment.
  • On peut, il faut, tout dire, mais peut-être pas à tout le monde.
    Ne pas tout dire, c'est plaider pour la censure, pour une information parcellaire et donc forcément fausse, même si l'on sait qu'une grande majorité de nos frères humains entendent en moyenne deux mots sur une phrase de dix.
    De plus nos ancêtres se sont battus pour le droit de dire, et n'oublions pas que tout régime totalitaire commence par limiter l'information.
    Je persiste et signe: il faut tout dire.
    Mais à qui?
    Annoncer son cancert à celui dont on sait qu'il ne supportera pas cette idée?
    Annoncer à un adulte établi dans la vie que ceux qu'ils croient être ses parents ne le sont pas?
    Je crois le problème n'est pas ce qu'il faut dire, mais bien :
    " à qui dire quoi?"
  • Je ne pense pas qu'on peut tout dire. Il y a des choses qu'on ne peut dire qu'à certaines personnes, en qui on a totalement confiance ... et d'autres qu'on ne dira jamais. Il faut savoir discerner ceux qui comprendront et les autres enfin, ceux qui nous comprendront. Je parle de secrets. Mais il y a aussi des nouvelles, des accidents, des choses comme ça qu'on ne peut annoncer à une personne parcequ'on sait que ça lui fera du mal ... Il vaut mieux attendre ? je ne suis pas sûre :s
  • armandaarmanda Membre
    à cette question je répondrai :
    tout dépend de la maturité du public ou de la personne en face de nous mais dire un mal duquel sortira un grand bien dans quelques années ( je pense ici à l'expression dire ses quatre vérités à qqun ) est-il recommander de le dire si on sait que la personne ou les auditeurs ne pourront pas supporter la vérité ?
  • Parfois, un silence équivaut à bien des mots, voir même bien des maux... Parce que les mots n'expriment pas toujours tout, certaines émotions, ressentiments, certaines douleurs ne s'expriment pas, elles se ressentent juste. Alors à quoi bon donner une explication vague et faussée, à quoi bon souffrir et faire souffrir en "disant tout"? Il faut respecter la bienséance, et savoir à qui l'on parle et connaître suffisamment cet interlocuteur pour connaître la limite que nos mots doivent atteindre.
  • AguidarAguidar Membre
    melle,
    La question n'est pas "doit-on tout dire", mais bien "peut-on tout dire".
  • ENSENS Membre
    Difficile de répondre à une question aussi surdéterminée que : "peut-on tout dire ?"
    1) a-t-on les moyens techniques, par le lexique et la syntaxe d'une langue naturelle, de tout décrire (même le plus complexe), de tout exprimer (même le plus intuitif, même le plus intime) ?
    2) même si le langage le permet, les conditions pragmatiques d'énonciation permettent-elles de toujours tout dire ? Le diplomate peut-il tout dire dans son contexte d'énonciation ?
    3) la morale m'autorise-t-elle à dire les paroles qui anéantissent, qui desespèrent, qui enveniment un conflit ?
    4) qu'en est-il de la liberté d'expression dans le cadre de la société politique à laquelle on appartient ? En particulier, dans le cadre des démocraties qui autorisent l'expression de la critique du pouvoir, jusqu'où peut-on aller ?
    Et puis, question subsidiaire, comment exprimer ce que l'on ne peut pas dire : action ? poésie ? création artistique en général ?
  • Aguidar a écrit:
    melle,
    La question n'est pas "doit-on tout dire", mais bien "peut-on tout dire".
    Pardon! Oui, certes on peut tout dire comme on peut tout faire, après c'est à nous de gérer, d'assumer. Après les questions de "doit-on tout dire?" et "peut-on tout dire?" dans mon sens se rejoignent, sachant qu'une conversation s'établis entre minimum deux interlocuteurs et qu'il faut également respecter le fait que les tierces personnes n'ont pas forcément l'envie de tout entendre.
  • melle-LayLa a écrit:
    Oui, certes on peut tout dire comme on peut tout faire,
    Ah bon!?
    Comment vas-tu entrer dans ma peau, mlle?
  • AguidarAguidar Membre
    melle-LayLa a écrit:
    Pardon! Oui, certes on peut tout dire comme on peut tout faire, après c'est à nous de gérer, d'assumer.
    Je comprends que tu vois uniquement la possibilité de tout dire, mais attention à ne pas faire de raccourcis idiot, on ne peut pas tout faire.
    melle-LayLa a écrit:
    Après les questions de "doit-on tout dire?" et "peut-on tout dire?" dans mon sens se rejoignent,
    Elles se rejoignent mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Le pouvoir est on ne peut plus différent du devoir.
  • melle-LayLa a écrit:
    Oui, certes on peut tout dire comme on peut tout faire,
    Ah bon!?
    Comment vas-tu entrer dans ma peau, mlle?
    J'ai employé l'expression "tout faire" dans un sens assez vague, je m'en excuse, je pensais à des choses très extrêmes dans le style de tuer un homme, braquer une banque... Pour éclairer ma réflexion! mais vu que c'est un peu raté je vais vous laisser continuer le débat et m'instruire, parce que je m'éloigne de plus en plus du sujet... Veuillez-m'excuser pour ce contre temps!
  • Lol!
    En quoi on ne devrait pas tout dire quand c'est inexacte.
  • RefletReflet Membre
    Bonjour,

    A mon sens, selon la formulation de la question, oui, on peut tout dire. cependant, il y aura là une sorte de tautologie (A=A) : on peut tout dire selon ce que l'on peut dire. Je m'explique : l'usage des mots fait surgir de nouveaux mots, nouveaux mots qui reflètent un nouveau chemin dans la pensée. Par exemple, les grecs n'avaient pas de terme pour désigner, à proprement parler, "abstraction". Mais les chemins de réflexion des diverses Ecoles durant les cinq siècles de pensée grecque, à amené la pensée latine à faire émerger (corrélativement à la réflexion surgit du christianisme) les fondamentaux d'une pensée s'inscrivant avec "abstraction" comme mot (pensée) préalable nécessaire. - On peut tout dire, selon ce que l'on peut dire.

    Ensuite, il y a une différence entre pouvoir et devoir. Peut-on dire, et doit-on dire. D'une part : le "doit-on dire", selon un contexte. A proprement parler, le "contexte" signifie un "con-texte", à savoir : ce qui va "avec" le "texte". A priori on n'a pas à parler de musique dans un texte de loi concernant la récidive. - On ne doit pas car ça n'entre pas dans le bon contexte, donc on ne peut pas. L'idée s'élargit ainsi à presque tous les niveaux du langage (excepté l'art - exemple : la poésie, les figures de style). Devoir et pourvoir se croisent également au niveau de la morale : les moeurs d'une société (qui sont également une certaine forme de texte social) impliquent un comportement qui exclue de tout pouvoir dire, selon un principe d'exclusion par devoir (une sorte d'impératif catégorique kantien allégé). Moralement, on ne doit pas tout dire, donc on ne peut pas tout dire.
    Mais pour ces deux derniers points, le pouvoir-dire est fonction (du devoir) - c'est donc un pouvoir relatif, qui contrecarre l'originalité même du pouvoir en tant que tel.

    Enfin, il faut peut-être nuancer : pouvoir dire et savoir dire. Je peux tout dire, mais si je ne sais pas le dire, on simplement si je ne sais pas bien le dire, alors je ne dis pas ce que je me croyais capable de dire, et je ne puis plus tout dire.

    ...

    A bientôt

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