Grammaire française Participe passé

Jean-Luc a écrit "Bien que rédaction personnelle, la dissertation doit être rédigée de manière impersonnelle" dans sa dissertation.

Pourriez-vous m'en faire savoir plus sur la structure "bien que + nom" ?

Merci d'avance et désolé de vous avoir mentionné sans permission préalable, Jean-Luc.

ip.
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Je suis assez mal placé pour commenter mon propre style.
    Il s'agit en fait ici d'une simple ellipse pour renforcer l'expression paradoxale.
    Bien qu'(elle soit) une rédaction personnelle, la dissertation…
    L'ellipse du verbe être est assez courante après bien que.
    "Bien que courante, l'ellipse du verbe être après bien que, crée un effet de style intéressant par une expression ramassée".
    On pourrait aller jusqu'à l'ellipse de bien que pour une formule encore plus percutante : "Rédaction personnelle, la dissertation doit pourtant être rédigée de manière impersonnelle..."
  • Merci Jean-Luc.
  • EdyEdy Membre
    C'est bien une ellipse.
    Après avoir consulté HANSE et THOMAS, j'ajouterai :

    Quoique et bien que s'emploient :
    1 avec un participe présent ou passé (ou un gérondif), dont le sujet - non exprimé - est celui du verbe principal ;
    * Bien qu'étant malade, je suis sorti.
    * Bien qu'ayant vécu chez eux, tu les connais mal.
    * Bien qu'étant reparti dès l'aube,... (Pierre Benoit)

    2 en sous-entendant le verbe être et son sujet.
    * Il eut encore beaucoup de rêves, quoique tenu à moitié éveillé. (Giono)
    * Bien que malade, il est sorti.
    * Bien que philosophe, M. Homais respectait les morts. (Flaubert)
    * Les lumières éclairaient vivement le trottoir, bien que d'une façon oblique. (Jules Romains) (A la limite, peut-être.)

    Et, sorties de ma besace :
    * Il était, quoique riche, à la justice enclin. (VICTOR HUGO. BOOZ ENDORMI)
    * Elle est bien joliment femme quoique pas jolie femme. (DUCHESSE D’ABRANTES. MOT SUR LA PRINCESSE DE METTERNICH)
    * Je te rends ton livre, Mélite ; / Quoique fort long, je l’ai tout lu ; / Si tu veux que nous soyons quittes, / Rends-moi le temps que j’ai perdu. (DENIS SANGUIN DE SAINT-PAVIN. ÉPIGRAMMES)
  • Salut,

    De même pour l'utilisation de "après que" et "avant que", j'ai besoin d'une certitude là-dessus.
    "Avant que" est suivi du subjonctif, ce n'est plus le cas de "après que". Au risque de passer pour un extraterrestre, la phrase suivante est-elle bonne ? : "Après qu'il s'est parti manger des pommes, il continua sa route" ? ainsi que "après qu'il s'est parti manger des pommes, il continue sa route" ?
    Si erreur il y a, elle est de style, de syntaxe, de grammaire ?

    Merci d'avance !
  • Bonsoir Otis,

    Je ne dirais ni l'une ni l'autre parmi vos propositions, tout simplement que possible: Après être parti manger des pommes, il continue (ou "continua") sa route.

    Reste à vérifier si mon intervention serait pertinente.

    ip.
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir, Otis !

    1 C'est exact : le subjonctif devant avant que et (en dépit de nombreux dérapages) l'indicatif devant après que.

    2 Le verbe se partir n'existe pas. Il s'agit de partir.

    3 La tournure infinitive de Ipseite est bonne (avec continua), mais, si vous voulez garder la subordonnée circonstancielle de temps, je suggère deux tournures (aspect accompli) :

    * Après qu'il fut parti manger des pommes (et qu'il les eut mangées), il continua sa route.

    * Après qu'il a été parti manger des pommes (et qu'il les a eu mangées), il a continué sa route.

    4 Il convient d'employer des temps passés de part et d'autre, en respectant la symétrie.



    POUR IPSEITE
    Avez-vous lu ma réponse sur "messages privés" ? Adjectifs relationnels.
  • Edy a écrit:
    POUR IPSEITE
    Avez-vous lu ma réponse sur "messages privés" ? Adjectifs relationnels.
    Oui, et je viens de vous écrire. :)
  • Je vous propose

    " Après être parti mangé des pommes......"
  • lebeau a écrit:
    Je vous propose

    " Après être parti mangé des pommes......"
    Pourquoi "mangé" ? ce participe passé n'a pas, àmha, de place ici.

    ip.
  • réponse à ipseite

    Une faute d'orthographe de par non-relecture!

    Mea culpa!
  • "Après qu'il est parti manger des pommes, il continua sa route" ?

    être parti : je mets le verbe volontairement à la voix passive. Mon expression est-elle bonne à nouveau ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Jérémy,

    Il ne s'agit pas d'une voix passive, mais d'un passé composé actif.
    Je dirais plutôt "après qu'il fut parti" (attention à ne pas mettre l'accent circonflexe qui en ferait un subjonctif imparfait incorrect après après que, du moins chez les puristes), mais ta formule ainsi que celle-ci "Après qu'il est parti, il a continué" peuvent aussi s'envisager.
  • Bonjour à vous deux !

    J'ai appris dans le Midi à aimer les formes surcomposées :
    * Après qu'il a été parti, il continua / a continué.
    Cette forme exprime encore mieux, selon moi, une antériorité par rapport à un passé.

    Cordialement,
    Edy
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Edy,

    Moi aussi je les aime bien malgré leur aspect suranné !
    Et l'antériorité sort renforcée.
    Décidément, nous appartenons aux années d'avant.
  • Est-ce qu'on peu considérer que l'indicatif après "après que" se justifie parce que l'action est finie, donc a eu lieu (il a effectivement mangé ces pommes) ; alors que avec "avant que" l'action est encore une supposition, donc on met un subjonctif (il va peut-être manger ces pommes)
    PS le surcomposé dans le Sud n'est pas suranné, rassurez-vous
    Et sinon, j'aime bien le verbe "se partir" même s'il est syntaxiquement incorrect !
    Ça me donne l'occasion de citer Totor écrivant à Juju
    Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds
    qui perdrait tout son charme qi on l'écrivait, comme je l'ai vu parfois sous la plume d'iconoclastes,
    Veux-tu nous en allés sous les arbres profonds
  • Comme c'est mignon ! :)
  • Bonsoir !

    Je me réjouis d'apprendre que les formes surcomposées ne sont pas totalement des archaïsmes. Nous devrions, avec Jean-Luc, les remettre dans l'usage courant, du moins dans les propositions subordonnées.
    En effet, dans une proposition indépendante, ça fait suranné, même si j'ai souvent entendu dans le Midi :
    * Je l'ai eu su. (Mais je ne le sais plus.)
    * J'ai eu monté à Paris. (Mais ça fait une paie.)

    L'explication de Léah est celle qu'on donne habituellement :
    1- après que : indicatif, parce que le passé est connu ;
    * Il faut bonne mémoire après qu'on a menti. (Corneille)
    * On cherche ce qu'il a dit après qu'il a parlé. (Molière)
    2- avant que : subjonctif, parce que le futur est incertain.
    * Casse-toi avant que je fasse une bavure !
    Mais, comme je l'ai déjà dit, bien qu'on prétende que le subjonctif est en perte de vitesse, on observe, surtout depuis 1940, une tendance à faire suivre après que du subjonctif.
    Grevisse cite une vingtaine d'auteurs, et non des moindres, qui ont utilisé le subjonctif :
    * Trois semaines après que cette phrase ait été écrite... (Montherlant)
    * On ne le sert qu'après qu'il ait montré sa monnaie. (Aragon)
    Grevisse rappelle que cette tendance a fait l'objet de vives critiques (notamment Académie 1964), mais considère qu'elle est irrésistible.
    J'y reste réfractaire et j'entre une nouvelle fois en dissidence (et certainement avec Jean-Luc). Mais c'est plutôt en résistance, puisque nous avons la "règle" pour nous.

    Effectivement, se partir n'existe pas, à ma connaissance. Mais comme je suis têtu (comme tous les vieux ânes), je propose le vieux - encore un vieux ! - verbe partir, qui signifie partager, comme dans "avoir maille à partir". Faisons-en un verbe pronominal avec COI. Tant pis si ce verbe est défectif !
    * Et si nous nous partions la gabelle ?

    * Veux-tu nous en aller ?
    C'est charmant, mais la forme adulte, c'est :
    * Voulons-nous nous en aller ?

    Cordialement,
    Edy
  • Souvenez-vous de Charles Trenet : "Longtemps, longtemps après que les poètes ONT disparu..."

    Amicalement
  • Bonsoir,
    Je suis en pleine lecture d'un livre universitaire sur la jalousie chez Proust, Svevo et Tolstoi.
    Quand soudain, un certain Jean Bessière de la Sorbonne écrit ceci :
    "Emilio rapporte l'image d'Angiolina à l'image de son monde et à celle du monde réel, après que l'épreuve de l'invasion de la mort se soit substituée à celle de l'invasion de la passion, et qu'à la blessure narcissique de l'amour, ont succédé le deuil et l'affirmation de l'identité personnelle."

    Je suis irrité ! :D N'aurait-il pas mieux valu écrire "après que s'est subsituée..." ?
    Ensuite, j'en profite pour demander en vrac s'il est possible de comparer telle chose AVEC autre chose, de même qu'on compare ça à ça ? (trou de mémoire, je l'avais demandé à Edy déjà en privé, mais histoire de le savoir pour de bon).
    Ensuite, ce serait à mettre dans les pronominaux je sais, mais c'est avec furtivité que je le demande : pour le verbe "se succéder" je voudrais juste une confirmation : "ils se sont succédé" ?
    Je connais la réponse intérieurement - mais pour être sûr, juste pour être sûr je demande :D

    MERCI d'avance !
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir, Jérémy !

    1 Après que + indicatif est la construction habituelle : → s'est substituée.
    Des écrivains emploient cependant le subjonctif, sans doute en raison de l'influence de "avant que" ou parce que le subjonctif est plus élitiste.
    Mais votre auteur emploie successivement l'un et l'autre dans la même phrase : se soit substituée et ont succédé.

    2 Selon l'Usuel Le Robert des difficultés :
    - les deux formes sont équivalentes (Petit Robert) ;
    - pour certains, comparer A s'emploie lorsque les deux éléments sont semblables ou qu'on perçoit mal leurs différences de prime abord,
    alors que comparer AVEC suppose soit des éléments très différents, soit un examen très poussé.

    3 Ils se (COI) sont succédé.
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