J'entends souvent parler à la fac de littérature comparée, sans savoir de quoi il s'agit. Quelqu'un pourrait-il m'informer ?
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Réponses

  • Je cite MéliePuce, qui a écrit dans cette discussion :

    Tu y étudies des œuvre étrangères, tu croises avec les autres arts, enfin il y a plein de "sous-matières" comme la mythocritique qui étudie les mythes et leur réécriture par exemple. Mais bon mis à part le devoir type il n'y a pas une énorme différence avec l'Histoire littéraire.
    Voila, à bientôt :)
  • En littérature comparée, tu étudies par exemple plusieurs oeuvres de nationalité différente qui ont un ou des thèmes communs.
    Par exemple, un corpus d'oeuvres sur le baroque. Puis, tu compares les manières qu'ont les auteurs de traiter le sujet, leurs figures de style, etc...
  • Les oeuvres étudiées ne sont pas toujours étrangères !!! Il m'est arrivé durant mes 3 années où j'ai eu cette matière d'avoir à comparer deux oeuvres d'auteurs français mais le genre en revanche était lui différent (une pièce de théâtre et un roman). Cette matière incite le lecteur à rapprocher 2 oeuvres qui à première vue paraitraient différentes en effectuant un rapprochement entre certains personnages (rôle, caractéristiques + ou - ) les situations ...
  • La littérature comparée et tellement vaste que si ça t'interesse vraiment tu as toujours les Que sais-je? Il y en deux sur la littérature comparée. C'est petit et très simple pour commencer. Après si ça te passionne vraiment tu as des ouvrages plus complets et compliqués évidemment.
  • je teste la littérature comparée depuis 2 mois et pour l'instant jen'ai rien comparé du tout;il y a bien les oeuvres au programme:
    arturo ui de brecht
    les huissiers de vinaver
    ay carmela de sinistera

    mais nous abordons juste en cours les rapports et différences entre théâtre et histoire et roman et histoire... bref je ne comprends pas cette matière, on parle d'histoire littéraire mais on ne compare en rien les oeuvres
  • Ça ça dépend des profs et donner une vue synthétique des différents genres littéraires à travers le temps est une bonne approche.
    La littérature se situe toujours dans le repère historique des œuvres que l'on compare ; le mythe d'Antigone dont on a parlé sur le fil de l'entraide scolaire a évolué avec le temps mais à partir du mythe antique ; si on ne connaît pas les éléments historiques on ne peut pas en parler de façon comparative
    Et rien ne vous empêche d'aller voir le prof et de lui demander comment et quand il va étudier les œuvres au programme. Je suis sûre qu'il saura expliciter sa façon de procèder
  • le problème c'est qu'apparemment il va juste effectuer une approche onomastique de chasue oeuvre mais c'est tout, pas de comparaison a proprement parler
  • salut.vous savez le français et ma second langue se qui veut dire que je
    construis encore mon bagage langagière en plus je connais pas vrèment l'histoire de la France et ça sa n'a pas empéche d'avoir un module de la
    litterature comparèe et ce qui m'embète c'est que j'ai les examens pour très bientot.un conseil si c'est possible merci
  • Bonjour! je découvre à peine ce forum, que je trouve vraiment intéressant et utile. suis ravie de voir tant de gens parler de littérature comparée. il me semble que c'est tout à fait ce qu'il me plairait d'étudier, mais j'ai l'impression que cela reste une discipline aux objectifs et méthodes assez flous...
    Pourriez-vous me dire dans quelles universités en france il est possible de suivre un master de littérature comparée, s'il y a des différences d'approche selon les professeurs, s'ils sont spécialisés dans certaines époques, certaines langues... et enfin si ce n'est pas une matière mieux enseignée à l'étranger?
  • Bonjour tout le monde!
    Je vais essayer de répondre à ce sujet...qui est vaste, puisque les comparatistes eux-mêmes se disputent (dignement par essais interposés) pour savoir ce que c'est que cette fameuse littérature comparée.

    Première chose, un peu étrange il est vrai mais attention : une thèse ou un écrit de littérature comparée ne compare pas des oeuvres!! Nuançons, plutôt: le but est de mettre en rapport des oeuvres diverses ayant un ou plusieurs points communs: leur genre, un type de personnage, le sexe de l'auteur, le siècle d'écriture... On construit ainsi une esquisse d'un thème vu au travers d'oeuvres qui ont chacunes leur personnalité (littéraires, opératiques, musicales, picturales, chorégraphiques et jen passe). Nous essayons de montrer, chacun dans notre discipline ce qui rapproche des productions artistiques différentes tout en démontrant leurs singularités, ce qui fait que ses oeuvres, chacune à leur façon, répondent à des critères similaires.
    Etant quelqu'un de pragmatique, je pense que pour donner une idée de la matière, le mieux est de fournir des exemples.
    "Les pères dans l'opéra", "Le mythe d'Electre dans la littérature contemporaine", "Parodies de romans gothiques à l'époque romantique", "La cruauté et la violence dans le théâtre contemporain en France et en Grande-Bretagne": voilà des sujets de mémoires potentiels. Dans un cas, l'auteure essaie de dresser un portrait de la figure du père dans des opéras très variés, en étudiant, évidemment, l'aspect musiclogique. Dans le second, on étudie la réécriture d'un mythe fondateur de l'Europe. On montre donc en quoi les oeuvres contemporaines font appel à ce mythe, et en quoi elle le font singulièrement, etc.

    Pour ceux qui vont se lancer dans la littérature comparée prochainement...
    Une indication: le mieux est d'avoir au moins une oeuvre dans sa langue maternelle (mais ce n'est pas toujours le cas), OU des oeuvres dans la même langue mais produits par des auteurs de nationalités différentes et donc ayant un "background" culturel différent (je pense aux études des auteurs de la "francophonie").


    @ Manucure: Les universités qui proposent de la littérature comparée, il y en a des masses. Mais aucune ne se ressemble. Pour ce que j'en connais, 2 sur Paris me semblent vraiment bien: Paris Sorbonne(Paris 4), qui est en lien direct avec des centres de recherche en littérature comparée, beaucoup de gens reconnus y enseignent et les domaines de recherches sont très variés. En fait chaque prof a son ou ses domaines: le théâtre, le roman, ou alors une époque en particulier... La Sorbonne Nouvelle fait aussi de très bonnes choses. C'est une université à recommander à tous ceux qui souhaitent travailler sur des sujets interdisciplinaires (danse/peinture/littérature par exemple). Il me semble que l'université de Grenoble et d'Aix sont aussi balaises en la matière.
    Pour ce qui est de l'étranger: deux pays, à ma connaissance, à la pointe de la recherche en littérature comparée: l'Allemagne , et les USA qui ont repris magistralement le flambeau français. Mais il n'est pas nécessaire d'aller étudier à l'étranger pour faire de la littérature comparée.
  • te remercie d'avoir répondu de manière si détaillée! maintenant, une question que je me pose, est-ce que le theme qui permet de rapprocher deux oeuvres ne parait pas qqx immotivé, gratuit, discussion "rhétorique" sur la littérature, entretenant artificiellement une discussion sur l'oeuvre par sa confrontation avec une autre? ce serait alors lui ajouter de la richesse du pt de vue du seul lecteur, de ce que nous pouvons lire ds une oeuvre en tant que ns en avons lu d'autres, au sein de la "grande bibliothèque". je veux dire, c comme si l'on réutilisait l'oeuvre ds une lecture au Xème degré pour construire une discussion nouvelle ms déconnectée de l'oeuvre même.
    ms bon c'est seulement une impression puisque je n'y connais pas grand chose, dc aucune intention polémique de ma part!
  • Hello
    A mon sens, si le thème n'est pas motivé de façon profonde par les textes mêmes, en effet, le rapprochement est tout à fait artificiel et donc inintéressant.

    Maintenant, je crois que tu as bien résumé le problème, mais, à mon sens ce n'en est pas un!
    Pour moi, le but de la critique littéraire, quelle qu'elle soit, est justement de décortiquer les raisons qui font que l'oeuvre joue pour le lecteur/spectateur/auditeur: qu'elle joue affectivement, culturellement, intellectuellement, et j'en passe. une oeuvre (un livre, une sculpture, peu importe) si elle n'a pas de spectateur, d'homme qui puisse la réceptionner, reste un bloc de feuilles ou du marbre taillé. Ce qui compte c'est justement l'effet qu'elle produit, le rapport que l'homme entretient avec elle. Toute discussion critique est construite (elle n'est pas inhérente à l'oeuvre). La véritable question est de savoir si le problème posé est ou non justifié: il ne faut pas chercher une "symbolique des pierres" chez tel ou tel poète alors qu'à l'évidence, il n'y en a pas...
    Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'on doive "coller" des idées au texte: le texte, l'ouvre, nous disent des choses, provoquent en nous des émotions irrépressibles (le rire, les larmes, l'angoisse...) et on s'aperçoit que parfois, certaines oeuvres se servent de structures similaires, de thèmes récurrents mais les emploient à des fins différentes, avec un style particulier. Je vais faire un rapprochement peut-être bidon, mais en gros, la littérature comparée, c'est pour moi l'ethnologie de la littérature: tous pareils, tous différents + ce que ça nous apporte, ce que les oeuvres s'apportent les unes aux autres, voire comment elles entre en résonnences les unes avec les autres, à quel titre elles font partie d'une histoire.
    Pour en revenir à l'illigitimité, il faut bien se dire, qu'en littérature comparée on fait plus d'explications de textes que d'histoire des idées et des arts!! (en général) Certains profs d'ailleurs ne font que ça. C'est parfois dommageable.
    Je donne un exemple encore une fois: j'avais eu un cours sur "Le roman sentimental au 18e siècle", au corpus, 3 oeuvres très très différentes: Pride and Prejudice de Austen, Les Affinités Electives de Goethe et Lettres de Lausannes de Charrière. J'ai fait des tonnes d'explications de textes sur ces 3 oeuvres. Au point de me demander après 3 mois de cours: mais pourquoi rapprocher ces oeuvres aussi dissemblables? Ce à quoi, dans ma grande ingéniosité :p j'ai répondu tout bêtement: chacun de ces roman EST à n'en pas douter un roman sentimental; qu'est ce qui fait que ce sont au mm titre des romans d'amour/ qu'est ce qui donc les rapproche/ qu'est ce qui les éloigne? L'histoire littéraire a beaucoup joué dans la réponse, le rôle de l'écriture féminine aussi, le rapport individu/société. Autant de thèmes variés, mais qu'il est nécessaire de trouver dans les textes mêmes.

    Donc je pense qu'on ne peut pas faire de lecture au 10e degré. On fait des études de textes simples, normales, dirais-je, sur chacune des oeuvres et on voit ce qui en ressort, les problèmes que cela soulève.

    Tu as mis le doigt sur qqch de fondamental, à mon avis. La littérature comparée s'intéresse à l'oeuvre en tant qu'elle appartient à un ensemble d'oeuvres. C'est évident. Et cela pose un problème pour le comparatiste: celui de la recherche du corpus. De l'extérieur, je comprends que cela paraisse artificiel. On est parfois forcé de chercher des oeuvres qui pourraient avoir tel ou tel point commun avec telle autre. On en trouve toujours, mais pas forcément dans le thème qui nous intéresse!! Mais c'est ce qui justement permet la recherche et non pas le "je tourne en rond autour de la mythocritique". Au lieu d'étudier des choses qui, forcément, sautent à la figure, on fouine dans les textes, on compulse les oeuvres complètes...

    En effet, pour être un comparatiste averti, il faut être conscient qu'est nécessaire un fond culturel important. Par exemple, j'étudie les marieurs dans la comédie. Mais il se trouve qu'en comédie contemporaine, je n'y connais rien. il m'a fallu fouiner un peu partout, et pour mon sujet "rejetter" les comédies qui n'entraient pas dans mes critères de selection, et cela est très vrai lorsque les sujets d'approche concernent une grande amplitude temporelle ou culturelle. Et il faut aussi accepter de ne pas trouver chez tel auteur ou à tel époque ce que l'on cherche. pour mon sujet, c'est évident: le mariage, n'est plus, en Europe un sujet profond socialement: les individus s'élisent mutuellement, pas les familles. Mon sujet est donc quasiment caduque pour la littérature contemporaine. En revanche, j'ai trouvé des résurgences interessantes au cinéma. Va savoir pourquoi le théâtre ne s'y intéresse plus? mais c'est un autre débat!

    Tout ça pour dire que je comprends tes doutes car je les ai eu quand j'ai commencé cette matière, et ce sont des questions nécessaires lorsqu'on entreprend de telles recherches car elles évitent de se fourvoyer et de dire n'importe quoi.

    C'est un peu fouilli.. j'en suis désolée... mais ce sont des questions somme toute assez compliquées car elles touchent à l'essence même de la discipline et car les gens qui en sont les principaux acteurs eux-mêmes ont du mal à la définir. Mais je pense que cela n'empêche pas la légitimité de cette humble sous catégorie des études littéraires.

    à ++
  • réponse superbe! merci bcp... en tt cas ne m'ôte abslmt pas cette idée de littérature comparée , me donne même très envie. je crois comprendre que c'est principalement le choix du corpus qui détermine la lecture de l'oeuvre, et il faut savoir apporter à la lecture une richesse nouvelle, mais ds le respect du texte, sans le dénaturer...
    merci de tes réponses!
  • C'est avec plaisir :)
    Bon courage pour la suite!!
  • Helandor, tu as vraiment bien résumé ce qu'est la littérature comparée, et je trouve même que c'est plus "complet" que la littérature française, dans le sens où on ne s'intéresse pas à une oeuvre mais à un thème ou une problématique bien spécifique, n'ayant pas une visée descriptive mais englobante, prenant les oeuvres dans un "tout", à la fois pour elle mêm mais aussi dans un mouvement littéraire, une vision collective ou un héritage commun. En tout cas c'est ma matière préférée à la fac !!!
  • je suis contente de toruver un article sur ce sujet, me posant moi-même cette question..
  • slt!pour bien comprendre ce concept,je t'invite à lire le livre(Yves chevrel,la littérature comparée,paris,puf,coll,Que sais-je?1989).
  • À quoi sert la 'littérature comparée'?
    Après étude, aime-t-on davantage lire?
    N'est-ce qu'une technique de plus à maîtriser?
  • Donner une reponse à cette question maintenant serait manquer de pertinence. Car je ne sais rien du tout. Parce que j'amorce cette matière en fevrier prochain,j'ai voulu par anticipation avoir une idée.Merci à tous ceux qui ont pu m'éclairer par leurs reponses sur ce forum.
  • 'littérature comparée' bien implantée en France depuis la fin du premier tiers du xx siècle .Claude Pichois et André Michel Rousseau avaient proposé, en1967 une autre formule
    La littérature comparé c'est l’art méthodique, par la recherche de liens d’analogie, de parenté et d’influence, de rapprocher la littérature des autres domaines de l’expression ou de la connaissance.
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