Hugo, les Châtiments, Le bord de la mer (III, XV)

Bonjour il me manque un texte pour l'oral ou je n'ai strictement rien fait en cours !!
Et étant donné que je suis nulle en français surtout en commentaire je n'arrive pas a trouver deux ou trois grands axes et ça me bloque !!
je ne veux pas que vous fassiez mon commentaire, juste que vous me donniez des pistes !
merci beaucoup, voici le poème

Le bord de la mer

harmodius
La nuit vient. Vénus brille.

l'épée
Harmodius ! c'est l'heure.

la borne du chemin
Le tyran va passer.

harmodius
J'ai froid, rentrons.

un tombeau
Demeure.

harmodius
Qu'es-tu ?

le tombeau
Je suis la tombe. - Exécute ou péris.

un navire a l'horizon
Je suis la tombe aussi, j 'emporte les proscrits.

l'épée
Attendons le tyran.

harmodius
J'ai froid. Quel vent !

le vent
Je passe.
Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace
Les cris des exilés, de misère expirants,
Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents,
Meurent en regardant du côté de la Grèce.

voix dans l'air
Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse !

l'épée
C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend.

la terre
Je suis pleine de morts.

la mer
Je suis rouge de sang.
Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre.

la terre
Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre.
À chaque pas qu'il fait sous le clair firmament
Je les sens s'agiter en moi confusément.

un forçat
Je suis forçat, voici la chaîne que je porte,
Hélas ! pour n'avoir pas chassé loin de ma porte
Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen.

l'épée
Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien.

la loi
J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée.

la justice
De moi, prêtresse, il fait une prostituée.

les oiseaux
Il a retiré l'air des cieux et nous fuyons.

la liberté
Je m'enfuis avec eux - ô terre sans rayons,
Grèce, adieu !

un voleur
Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître
Que respecte le juge et qu'admire le prêtre,
Qu'on accueille partout de cris encourageants,
Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens.

le serment
Dieux puissants ! à jamais, fermez toutes les bouches !
La confiance est morte au fond des cœurs farouches.
Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez !
Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez
L'honneur et la vertu, cette sombre chimère !

la patrie
Mon fils ! Je suis aux fers. Mon fils, je suis ta mère !
Je tends les bras vers toi du fond de ma prison.

harmodius
Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison !
Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne !
Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne,
En présence de l'ombre et de l'immensité !

la conscience
Tu peux tuer cet homme avec tranquillité !

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Juju,

    Va voir à cette adresse
    ici
    tu trouveras quelques pistes...
  • juju78juju78 Membre
    Oki, merci :)Bonjour, pouvez-vous m'aider à compléter votre plan :
    en italique ce sont mes propositions

    1) Un décor symbolique et fantastique
    La nuit : représente le mal, représente Napoléon III
    La mer: "rouge de sang" représente les victimes tuées par Napoléon IIILa tombe : représente la mort, elle veut que Napoléon soit tué

    2. Une mise en scène allégorique
    Les éléments, les personnifications, les divinités mythologiques :
    - la nature entière est personnifiée : vent; terre, mer ainsi que la faune : les oiseaux
    on a aussi la personnification d'objets symboliques : épée, tombeau, borne, navire.

    -entités sous forme d'allégorie : loi, justice, liberté, serment, patrie, conscience
    Un protagoniste dialoguant avec le chœur : là je comprends pas trop, je sais juste que le choeur sont les voix de l'air, mais je ne sais pas ce que signifie "némésis"
    -concernant les divinités je ne sais pas trop non plus

    3. Une justification du tyrannicide
    Emploi de procédés variés dans l'argumentation : quel type darguments je dois mettre ?Un ensemble de témoignages comme dans un prétoire avec une condamnation finale :
    C'est une scène de délibération, avec un débat de la peine de mort. Les personnages sont comme dans un tribunal : chacun témoigne et s'avance a la barre
    De ce fait le meurtre devient une action de justice : ..


    Je ne sais pas trop si c'est ça , je n'ai pas vraiment analyser j'ai l’impression pouvez-vous m'aider ? =(,
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Juju,

    Pour quelqu'un qui ne comprend pas, c'est plutôt bon. ;)

    Némésis est la déesse de la vengeance.
    Va voir sur wikipedia
    ici.

    Harmodius est le protagoniste, les allégories et autres entités constituent le chœur. Leur dialogue hiératique ouvre sur un univers tragique d'autant plus qu'il évoque la mort omniprésente.

    Pour les types d'arguments :
    Les injonctions
    "Exécute ou péris".
    Les assimilations
    "Je suis la tombe aussi, j 'emporte les proscrits".
    L'apitoiement
    "Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace
    Les cris des exilés, de misère expirants,
    Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents,
    Meurent en regardant du côté de la Grèce".
    La force symbolique et hyperbolique des images
    "Je suis pleine de morts".
    "Je suis rouge de sang".
    l'antithèse
    "Je suis forçat, voici la chaîne que je porte,
    Hélas ! pour n'avoir pas chassé loin de ma porte
    Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen".
    (Citoyen privé de liberté pour avoir défendu la liberté).
    l'antiphrase
    "Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien".
    "Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître
    Que respecte le juge et qu'admire le prêtre,
    Qu'on accueille partout de cris encourageants,
    Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens".
    la parataxe (construction par juxtaposition, sans qu'un mot de liaison indique la nature du rapport entre les phrases)
    "J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée".
    Les répétitions
    "Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez !"
    Ce ne sont que quelques exemples.
  • juju78juju78 Membre
    ok ;) merci beaucoup pour t'es explications !

    Je voulais savoir aussi , dans la partie I , pourquoi on ne met que la nuit,la mer et le tombeau dans le décor symbolique et fantastique ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Parce que ce sont trois mentions d'Hugo concernant le décor et que leurs liens, leurs connotations, renvoient à la même évocation funèbre, sinistre et solennelle.
  • juju78juju78 Membre
    merci ;)

    - concernant les les divinités mythologiques : on a Vénus et Némésis ?

    Némésis étant la déesse de la vengeance je comprends son rôle , mais Vénus, c'est la déesse de l'Amour alors pourquoi est-elle citée ?

    - concernant le choeur, c'est-à-dire la voix de l'air, qui dialogue avec elle ? et qu'est-ce que ça signifie, c'est assez vague dans ma tête

    merci
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Juju,

    Ce sera ma dernière réponse, parce qu'après je serai en vacances ! :cool:

    Vénus, étoile mais aussi déesse de l'Amour, est sans doute utilisée à contre emploi. Il ne s'agit pas d'évoquer la nuit de la complicité amoureuse. Mais les ténèbres de la mort, de l'infamie ou du complot. C'est conforme à l'évolution d'Hugo qui a voulu passer d'une poésie amoureuse futile à une poésie engagée :
    Dans Fonction du poète
    "Dieu le veut, dans les temps contraires,
    Chacun travaille et chacun sert.
    Malheur à qui dit à ses frères :
    Je retourne dans le désert !
    Malheur à qui prend ses sandales
    Quand les haines et les scandales
    Tourmentent le peuple agité !
    Honte au penseur qui se mutile
    Et s'en va, chanteur inutile,
    Par la porte de la cité !"
    Bonne chance pour ton oral !
  • Bonjour, j'ai un commentaire littéraire à faire en francais sur un poème de Victor Hugo :
    France ! à l'heure où tu te prosternes,
    Le pied d'un tyran sur ton front,
    La voix sortira des cavernes ;
    Les enchaînés tressailleront.

    Le banni, debout sur la grève,
    Contemplant l'étoile et le flot,
    Comme ceux qu'on entend en rêve,
    Parlera dans l'ombre tout haut ;

    Et ses paroles qui menacent,
    Ses paroles dont l'éclair luit,
    Seront comme des mains qui passent
    Tenant des glaives dans la nuit.

    Elles feront frémir les marbres
    Et les monts que brunit le soir,
    Et les chevelures des arbres
    Frissonneront sous le ciel noir ;

    Elles seront l'airain qui sonne,
    Le cri qui chasse les corbeaux,
    Le souffle inconnu dont frissonne
    Le brin d'herbe sur les tombeaux ;

    Elles crieront : Honte aux infâmes,
    Aux oppresseurs, aux meurtriers !
    Elles appelleront les âmes
    Comme on appelle des guerriers !

    Sur les races qui se transforment,
    Sombre orage, elles planeront ;
    Et si ceux qui vivent s'endorment,
    Ceux qui sont morts s'éveilleront.
    Je ne sais pas du tout par où commencer et comment faire alors si quelqu'un pouvait m'aider ?

    Merci d'avance
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Justine,

    Et si tu essayais de voir comment Hugo utilise le genre apocalyptique pour anathématiser le régime de "Napoléon le petit"...
  • J'ai un commentaire écrit a faire sur "Le bord de la mer" de Victor Hugo et je suis complètement pomée! J'ai déja regardée kelkes info sur le forum mais ce n'est pas sur ça que je dois déveloper le commentaire c'est sur les registre le genre et le sens symbolique.
    Si kk1 pouvais m'aider svp et vite!!
    Merci d'avance


    ? Rédigez soigneusement le titre de votre message, il doit informer clairement sur son contenu. Évitez absolument les titres non descriptifs comme « À l’aide ! », « Urgent ! », « Important ! », « Question ! », « Renseignement », etc.
  • Bonjour,
    est ce que quelq'un pourrait me donner une introduction et une conclusion sur le texte :Victor hugo - Châtiments(1853) "Le bord de la mer" pour mon epreuve Oral au bac de francais.
    Très urgent svp.

    Le bord de la mer

    harmodius
    La nuit vient. Vénus brille.

    l'épée
    Harmodius ! c'est l'heure.

    la borne du chemin
    Le tyran va passer.

    harmodius
    J'ai froid, rentrons.

    un tombeau
    Demeure.

    harmodius
    Qu'es-tu ?

    le tombeau
    Je suis la tombe. - Exécute ou péris.

    un navire a l'horizon
    Je suis la tombe aussi, j 'emporte les proscrits.

    l'épée
    Attendons le tyran.

    harmodius
    J'ai froid. Quel vent !

    le vent
    Je passe.
    Mon bruit est une voix. Je sème dans l'espace
    Les cris des exilés, de misère expirants,
    Qui sans pain, sans abri, sans amis, sans parents,
    Meurent en regardant du côté de la Grèce.

    voix dans l'air
    Némésis ! Némésis ! lève-toi, vengeresse !

    l'épée
    C'est l'heure. Profitons de l'ombre qui descend.

    la terre
    Je suis pleine de morts.

    la mer
    Je suis rouge de sang.
    Les fleuves m'ont porté des cadavres sans nombre.

    la terre
    Les morts saignent pendant qu'on adore son ombre.
    À chaque pas qu'il fait sous le clair firmament
    Je les sens s'agiter en moi confusément.

    un forçat
    Je suis forçat, voici la chaîne que je porte,
    Hélas ! pour n'avoir pas chassé loin de ma porte
    Un proscrit qui fuyait, noble et pur citoyen.

    l'épée
    Ne frappe pas au cœur, tu ne trouverais rien.

    la loi
    J'étais la loi, je suis un spectre. Il m'a tuée.

    la justice
    De moi, prêtresse, il fait une prostituée.

    les oiseaux
    Il a retiré l'air des cieux et nous fuyons.

    la liberté
    Je m'enfuis avec eux - ô terre sans rayons,
    Grèce, adieu !

    un voleur
    Ce tyran, nous l'aimons. Car ce maître
    Que respecte le juge et qu'admire le prêtre,
    Qu'on accueille partout de cris encourageants,
    Est plus pareil à nous qu'à vous, honnêtes gens.

    le serment
    Dieux puissants ! à jamais, fermez toutes les bouches !
    La confiance est morte au fond des cœurs farouches.
    Homme, tu mens ! Soleil, tu mens ! Cieux, vous mentez !
    Soufflez, vents de la nuit ! emportez, emportez
    L'honneur et la vertu, cette sombre chimère !

    la patrie
    Mon fils ! Je suis aux fers. Mon fils, je suis ta mère !
    Je tends les bras vers toi du fond de ma prison.

    harmodius
    Quoi ! le frapper, la nuit, rentrant dans sa maison !
    Quoi ! devant ce ciel noir, devant ces mers sans borne !
    Le poignarder, devant ce gouffre obscur et morne,
    En présence de l'ombre et de l'immensité !

    la conscience
    Tu peux tuer cet homme avec tranquillité !
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.