Baudelaire, Correspondances

Bonjour à tous,

J'ai un problème avec le poème 'Correspondances' de Baudelaire, je crois l'avoir assez bien compris, mais une question m'est posée et je n'arrive pas à y répondre: ''Pourquoi peut-on dire que ce poème exprime l'art poétique de Baudelaire ?'' . Je m'interesse assez à ce recueil, qui est très varié. Merci d'avance, à bientot.

Je vous cite le poème:
Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
«13

Réponses

  • Dans quels autres poèmes Baudelaire utilise-t-il ces Correspondances ?
  • Bonjour je révise pour mon bac de français et j'aimerais savoir si vous pouviez me donner une question type sur le poème Correspondances de Charles BAUDELAIRE

    Merci d'avance
  • Ah ça je ne sais pas, demande à ton prof, il est là pour vous donner ce genre de questions quand même !
  • ben je voulais réviser pendant les vacances justement, vous n'auriez pas une petite idée come vous êtes modérateur dans le forum peut être auriez vous quelques infos?
  • As-tu fait une recherche sur ce forum avec Correspondances Baudelaire ?
    Ou une recherche plus générale sur le ouèbe ?
  • oui j'ai essayé de rechercher sur le web mais je n'ai pas trouver de question mais des axes de lecture qui ne répondent a aucune question.

    C'est pourquoi j'ai essayé de poster un message dans ce forum dans l'espoir que quelqu'un trouve la question
  • On peut poser tellement de questions sur Correspondances !

    Quelques questions du Lamich
    Quatrain I : Quels sont les symboles, dans la nature, d'une réalité spirituelle ?
    Comment les correspondances peuvent-elles nous éclairer sur la condition humaine ?
    Quatrain II : de quelle autre catégorie de correspondances s'agit-il ?
    Comment se rattache-t-elle à la correspondance évoquée dans le 1er quatrain ?
    Est-elle plus accessible ? Pourquoi ?
    Tercets : étudiez les correspondances établies entre sensations différentes
    Comment peuvent-elles s'étendre à des impressions d'ordre intellectuel ou moral ?

    - En quoi consiste, selon vous, l'art de Baudelaire dans ce sonnet ?
  • AmilyAmily Membre
    Bonjour je suis en 1ère S et je révise mon oral mais j'ai un problème avec le poème Correspondance de Baudelaire. Ma prof nous avait expliquer qu'il y a ici une allégorie de la caverne mais je n'arrive pas a me souvenir ce qu'elle voulait dire par là, pouvez vous m'éclairer sur ce sujet ? Merci d'avance
  • Bonjour.
    Nous avons fait une étude linéaire du texte Correspondances de Baudelaire.
    Pour le prochain cours, Je dois préparer mon passage à l'oral en ayant comme problématique : Quelle définition donneriez-vous du terme " correspondances " par rapport à ce poème ?
    Je ne vois pas quel plan d'étude suivre ..
    Je pensais à :
    I. Une nature grandiose ( pour situer )
    II. L'homme face à la nature ( il fait des correspondances )
    III. Le rôle du poète ( Il est le seul à pour les déceler )
    Mais J'ai l'impression que Je vais parler de choses qui ne sont pas utiles pour répondre à la problématique ..

    Merci d'avance.
  • drouitdrouit Membre
    Bonjour,

    je ne comprend pas très bien le sens de "correspondances verticales" . Mon professeur m'a informé qu'il s'agissait de la liaison symbolique des éléments visibles aux choses de l'infinie. Pourtant je ne les vois pas apparaitre dans le poème. Le premier quatrain établit un équilibre entre l'homme et la Nature et le second énonce la théorie des synesthésies. Où sont donc les choses liées à l'infinie?
    De plus je voulais savoir si les signaux ("confuses paroles") émis par la Nature sont tous les éléments sensibles dont il est question dans ce poème.
    Enfin, quels éléments "chantent le transport de l'esprit et des sens" vers un idéal spirituel? Est-ce la confusion harmonieuse des perceptions sensible ou simplement les parfums et donc les sensations olfactives.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Drouit,

    Regarde cette discussion ici.

    Les correspondances verticales sont évoquées dans la "ténébreuse et profonde unité". Par ailleurs la nature dont il est question dans le poème n'est pas la campagne, mais le monde réel qui cache la surréalité.

    Je te joins quelques notes sur ce poème, elles devraient répondre à tes questions.
    Correspondances

    La Nature est un temple où de vivants piliers
    Laissent parfois sortir de confuses paroles;
    L’homme y passe à travers des forêts de symboles
    Qui l’observent avec des regards familiers.

    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

    Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
    Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
    — Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

    Ayant l’expansion des choses infinies,
    Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
    Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

    Baudelaire, Les Fleurs du mal IV
    Introduction
    Charles Baudelaire, dans son recueil de poèmes les Fleurs du Mal, œuvre pessimiste publiée en 1857, confère au poète un rôle nouveau de médiateur entre la nature et l’homme. Le début du recueil expose la situation du poète dans le monde contemporain de Baudelaire. Il paraît maudit (« bénédiction »), exilé, rejeté par le monde (« l'albatros »). Mais dans le sonnet « Correspondances », il revêt une fonction plus positive. En effet, Baudelaire est persuadé que seul le poète peut percevoir profondément le monde sensible, sa première source d'inspiration. Ici, le poète instaure avec la nature une nouvelle voie de connaissance qui lui permet des expressions novatrices dans ses poèmes. Le poète livre une méthode, celle de la synesthésie, c'est-à-dire des équivalences sensorielles. Cette recherche apportera dans le texte un grand nombre de comparaisons. Le sonnet « Correspondances » est donc un poème didactique qui présente une progression logique : l’instauration de la relation, les correspondances dans la nature elle-même, enfin les parfums dont seul le poète peut discerner les significations. Le poète utilise habilement la structure du sonnet : Les deux quatrains constituent le temps théorique, les deux tercets livrent le développement d'équivalence. C'est un véritable « art poétique ».

    Une vision spiritualiste du monde
    deux réalités : le naturel et le spirituel
    La nature est présentée comme un lieu sacré. Il ne s'agit pas ici de la campagne même si la nature est ensuite comparée à une forêt. Baudelaire parle de l'univers perceptible par nos sens. La nature est évoquée sous la forme du temple, lieu de communication privilégié. Baudelaire évoque peut-être la pythie de Delphes dont les propos obscurs pour le commun des mortels étaient compréhensibles seulement pour les prêtres (le poète) qui les traduisaient à destination des fidèles.
    Construction en deux parties, deux enjambements : aucun obstacle ne vient déranger l’équilibre. Analogie entre les arbres d’une forêt et les piliers du temple : thème de l’élévation vers l’au-delà : l'arbre prend racine en terre, mais ses branches s'élèvent vers le ciel. Fusion des différents domaines antinomiques évoqués : l’architecture, le vivant, le mystère. Symbiose rendue par l'oxymore " vivants piliers ". Assonances en " i " qui témoignent du caractère énergique. Les piliers sont par ailleurs personnifiés. L’adjectif " familier " montre l’habitude, la bienveillance.
    Dans la deuxième partie, l’homme semble moins fort, à l’inverse de la nature qui semble un temple pérenne, alors que l’homme apparaît comme un voyageur en transit. L'homme est simplement évoque par le verbe " passer ", qui connote l'éphémère, et une certaine passivité. Le rythme de l'alexandrin, ou tétramètre, trop régulier et monotone déshumanise l'homme en évoquant un certain automatisme.
    les correspondances verticales
    Celui-ci est invité à décrypter les signes : difficulté de perception : « parfois », " confuses ". Cette relation reste souvent opaque et mystérieuse. L’homme doit donc chercher un sens, une traduction spirituelle derrière la matérialité du monde. Correspondances verticales entre l’homme et l’au-delà que Baudelaire a découvertes chez Swedenborg. Ce système repose sur une philosophie spiritualiste : le naturel, la matière, n'est qu'apparence, le spirituel ou réalité profonde est la cause première à l'origine de l'univers.
    les correspondances horizontales
    Dans le 2e quatrain, Baudelaire expose la théorie des correspondances horizontales entre les différentes sensations. Ce sont les synesthésies : fusion des sens. Baudelaire utilise un sens pour en percevoir un autre. Sonorités : échos des sons KDL qui se répondent dans les expressions: « qui de loin », « comme de la… ». Assonances nasales en " on " qui allongent le son et évoquent l'écho qui s'assourdit. Aspect nocturne : " ténébreuse ". Sensations riches et denses " long, de loin ". " Unité " : Baudelaire voit derrière la diversité de ses sensations l'unité profonde de l’univers. Dernier vers, noyau du poème, il résume les synesthésies des sens. C'est un vers particulièrement travaillé au niveau syntaxique, avec l'énumération de tois sujets participant à la même action. Voix pronominale réciproque : chaque sujet agit sur l'autre. La formule revêt presque la tonalité d'une maxime, elle est une règle essentielle du symbolisme. Trois sens sont évoqués. Tétramètre (3/3/3/3) qui montre leur équilibre. Le parfum est d’ailleurs un thème récurrent chez Baudelaire.
    Dans les deux quatrains, les couleurs et les sons étaient légèrement suggérés : " noir-blanc ". En revanche, dans les deux tercets, lorsque les parfums sont évoqués, Baudelaire utilise une palette de couleurs et de sonorités plus vivantes.

    Analyse de la pratique de la synesthésie
    :
    Baudelaire tient à démontrer son talent d’analyste. En effet, il choisit l’exemple des parfums pour illustrer l’étendue des sensations qu’il peut percevoir. Les deux tercets forment d’ailleurs un sizain (une seule phrase).
    " Il est ", donc est sensible, donc existe.
    Baudelaire part d'une sensation très secrète, abstraite, le parfum. Le parfum est impalpable, la sensation est rendue par des allitérations de fricatives, consonnes de vent.
    Il faut lui trouver des équivalences plus palpables. Adjectifs polysémiques « doux ». Les adjectifs connotent la candeur, l’enfance. Monosyllabes : gaieté.
    Sensations avec trois " comme " successifs, avec une référence
    • au toucher : " chairs d'enfants fraîches ",
    • à l'ouïe : " le hautbois ",
    • à la vision : " vent, prairie, printemps ".
    De plus, on remarquera que ces sensations ne sont pas enfermées, mais débordent de leur domaine.
    Le poète cherche un 2e exemple, auquel il ne donne plus d'équivalences sensibles mais morales, avec les notions de « corrompu, riche, innocente ». Anacoluthe par le tiret. Parfums plus mûrs, plus forts, ils sont évoqués sur quatre vers. Disproportions. Ils sont moins évanescents. Personnification qui s’adresse à un monde adulte " riches, corrompus ".
    Gradation à travers ces 3 qualités :
    - corrompu : il est lourd,
    - riche : il est tenace,
    - triomphant : il est dominant.
    Gradation qui culmine par le mot très fort " expansion ", qui montre que le parfum prend plus d'ampleur encore. Champ lexical de l’incommensurable. La diérèse " expansion " mime la prolongation de cet infini. Tous ces éléments montrent la propagation du parfum qui s’exprime et se dilate. La gradation se continue à l'infini comme si cette sensation provoquait chez le poète l'élévation, et un oubli du spleen, un transport vers l'idéal.
    Cette démarche ne peut pas dissocier les sens et l'esprit.
    Dans cette gradation, le poète retrouve les sensations les plus lourdes, capiteuses, comme « le musc, le benjoin, encens », parfums exotiques, capiteux, rares, d’origine animales ou naturelles.
    Mais au terme de ces sensations, c'est l'esprit qui culmine, du fait que l'idéal peut-être atteint par la quête des sens.
    Les deux tercets sont une constante gradation : au début, le poète est un simple spectateur, à la fin il jubile. Son être entier est comblé, envoûté. Nous assistons à une intériorisation de son expérience dans un moment de plénitude.

    Nature et fonction de la poésie

    naissance de la poésie symboliste
    Baudelaire , très influencé par le romantisme et le Parnasse s'est imposé comme l'initiateur de l'école symboliste, reconnu par Rimbaud comme le " vrai dieu ".
    Innovateur, il ouvre des voies nouvelles :
    - en se situant dans une conception platonicienne de l'univers, où le monde réel n'est que le reflet d'une réalité supérieure,
    - en conférant à la poésie la fonction de symboliser, c'est à dire d'unifier, de relier les diverses expériences sensibles et psychologiques.
    une nouvelle connaissance de l'univers
    - La poésie n'est plus un art futile chargé d'enjoliver la réalité, mais elle devient une forme de connaissance intuitive, la voie royale pour parvenir au secret du monde.
    - A cette fin Baudelaire systématise le pratique des correspondances. De même la poésie doit entretenir des correspondances étroites avec les autres formes artistiques : peinture, musique.
    Ce sonnet est donc très important dans l'esthétique symboliste et baudelairienne.

    Conclusion
    « Correspondances » est un poème où le parfum prend toute sa place et appelle " parfum exotique ", " la chevelure ". Dans ce poème, Baudelaire, par son invention poétique et les analogies qu’il utilise, réunit les deux mondes spirituel et humain, sensible et inaccessible. Il se fait ici l’héritier d’une pensée mystique et idéaliste qui présentait déjà le principe de l’analogie dans le monde. De Platon, aux romantiques allemands en passant par Balzac et Lamartine, la fonction du poète est de faire éprouver aux hommes dans les affinités des correspondances possibles l’unité de l’univers. Mais Baudelaire sait dépasser cet héritage pour trouver des accents qui lui sont propres et retrouver ainsi un chemin vers son paradis perdu. Initiateur par là du courant poétique symboliste, il ouvre la voie aux grands poètes et " alchimistes du verbe " que sont Verlaine, Mallarmé et Rimbaud.Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Correspondances » : un art poétique idéaliste
  • Jane22Jane22 Membre
    Bonjour, je travaille sur baudelaire et j'ai remarqué que son poême correspondances est inspiré de la théorie des idées de platon. J'ai fais des recherches mais je ne trouve pas de definitions simples. qqn pourrait-il m'en donner une?
    Ensuite, J'ai mon oral demain et je comprend vraiment mal ce poême. La problématique posée est: en quoi ce poême est-il symbolique?

    voici le poême:
    La Nature est un temple où de vivants piliers
    Laissent parfois sortir de confuses paroles;
    L'homme y passe à travers des forêts de symboles
    Qui l'observent avec des regards familiers.


    Comme de longs échos qui de loin se confondent
    Dans une ténébreuse et profonde unité,
    Vaste comme la nuit et comme la clarté,
    Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.


    II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
    Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
    - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,


    Ayant l'expansion des choses infinies,
    Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
    Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
    avez vous une idée de plan qui réponde à la problématique ? Je ne comprend pas ce qu'est le symbolisme... faut-il faire un axe sur les correspondances ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Jane,

    Regarde cette page du site ici.
  • solarussolarus Membre
    bonsoir a tous.

    voila mon professeur de français nous à demander de travailler sur le poeme correspondance de Baudelaire et nous as donner comme problématique En quoi ce poème illustre-t-il un aspect de l'univers Baudelairien .

    mais je ne comprend pas très bien cette problématique pourriez vous m'aidez s'il vous plaît?
  • map12map12 Membre
    En fait si tu regardes la bio de Baudelaire, tu verras que c'est un personnage qui accorde beaucoup d'importance aux sens et à la nature, et surtout aux rapports entre le monde matériel et le monde spirituel, et qui pense que seuls les artistes savent déchiffrer le sens des analogies c'est un personnage un peu particulier.

    Nous le prof nous avait donné comme plan :

    I- Comparaisons et métaphores
    1.les comparaisons
    (entre autres) : Comparaisons qui rapprochent les différents domaines de la sensibilité (celle avec les parfums les haubois ... )

    2.les métaphores
    celle du 1er quatrain qui rapproche la nature d'un espace sacré
    "confuses paroles " : métaphore des mystères du monde que l'homme ne peux pas déchiffrer.
    Fil conducteur du texte : Quatrin 1 : situation de l'homme et de la nature.
    Q2 et Tercets 1&2 : illustrations du quatrain 1

    II- Importance des perceptions comme lien avec le monde
    Mise en évidence des messages venus du monde et expression de la sensibilité. (cplexical de l'ouie)
    Autre approche du monde et réciprocité (observation de l'homme par le monde et inversement) (cp lexical de la vue)
    entrée dans le monde des sensations (odorat)
    Mise en relation horizontale entre les différents modes sensibles d'accès au monde
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.