Hugo, Le Dernier Jour d'un condamné - Questions

Bonjour! Je travaile actuellement sur le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo et je dois répondre à des questions tels que : "Quels est la vision de l'homme", "Quels est la vision du monde", et si lors de la sorti de l'oeuvre il y a eu des cas de censure, de difficultés d'écriture, de contraintes stylistique, narratives, culturelles et décrire les conditions de production et de publication!!! Alors est-ce que quelqu'un peut m'aider? s'il vous plait!!!
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Réponses

  • Bonjour, veuillez m'aider à propos de ces deux questions qui m'ont fait perdre les pédales !

    1- Délimitez dans le texte un passage argumentatif : précisez les étapes de l'argumentation et dites de quel type de raisonnement il s'agit.
    2- Quelle thèse le narrateur rapporte-t-il ? Qui en est l'énonciateur ? Formulez-la explicitement.

    Voici le texte dont il est question :
    Pendant que je montais, il y avait une vieille aux yeux gris qui disait : – J'aime encore mieux cela que la chaîne.
    Je conçois. C'est un spectacle qu'on embrasse plus aisément d'un coup d'oeil, c'est plus tôt vu. C'est tout aussi beau et plus commode. Rien ne vous distrait. Il n'y a qu'un homme, et sur cet homme seul autant de misère que sur tous les forçats à la fois. Seulement cela est moins éparpillé ; c'est une liqueur concentrée, bien plus savoureuse.
    La voiture s'est ébranlée. Elle a fait un bruit sourd en passant sous la voûte de la grande porte, puis a débouché dans l'avenue, et les lourds battants de Bicêtre se sont refermés derrière elle. Je me sentais emporté avec stupeur, comme un homme tombé en léthargie qui ne peut ni remuer ni crier et qui entend qu'on l'enterre.
    J'écoutais vaguement les paquets de sonnettes pendus au cou des chevaux de poste sonner en cadence et comme par hoquets, les roues ferrées bruire sur le pavé ou cogner la caisse en changeant d'ornière, le galop sonore des gendarmes autour de la carriole, le fouet claquant du postillon. Tout cela me semblait comme un tourbillon qui m'emportait.

    À travers le grillage d'un judas percé en face de moi, mes yeux s'étaient fixés machinalement sur l'inscription gravée en grosses lettres au-dessus de la grande porte de Bicêtre : HOSPICE DE LA VIEILLESSE.
    – Tiens, me disais-je, il paraît qu'il y a des gens qui vieillissent, là.
    "Extrait de Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo
    Je vous remercie d'avance.Je crois que le passage argumentatif est celui-ci :

    "– J'aime encore mieux cela que la chaîne.
    Je conçois. C'est un spectacle qu'on embrasse plus aisément d'un coup d'oeil, c'est plus tôt vu. C'est tout aussi beau et plus commode. Rien ne vous distrait. Il n'y a qu'un homme, et sur cet homme seul autant de misère que sur tous les forçats à la fois. Seulement cela est moins éparpillé ; c'est une liqueur concentrée, bien plus savoureuse."

    Mais, je n'arrive pas à préciser les étapes de l'argumentation...Et j'ai un doute qu'il s'agit du raisonnement inductif.
    Qu'en dites-vous ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Tu as bien identifié le passage argumentatif.

    La thèse : le spectacle d'un seul condamné est plus fort qu'un cortège de bagnards (la chaîne).
    Les étapes : plusieurs arguments
    - Un spectacle plus facile à appréhender,
    - Un spectacle plus enivrant.
    Tu peux noter son aspect apparemment paradoxal : comment le spectacle d'un seul peut être plus poignant que le tableau de plusieurs ?

    Le type de raisonnement est affectif, il joue sur les émotions, il relève du verbe persuader.
    Il n'est pas inductif (passer du particulier au général) mais explicatif puisqu'il cherche à justifier a posteriori une affirmation préalable.

    L'énonciateur est la vieille femme, mais l'auteur porte un jugement de valeur sur cette affirmation. Son argumentation est incise dans le cours du récit. Le Je de "je conçois" est-il le même que celui de "je montais" ? Peut-être pas.
    Note l'ironie sadique d'Hugo : elle sous-entend par antiphrase la barbarie de cette vieille qui savourerait la misère d'autrui comme un alcool.
  • Je vous remercie infiniment Jean-Luc pour ces éclaircissements. :cool:
    Cordialement.Je crois plutôt que le spectacle d'un seul condamné est moins fort qu'un cortège de forçats. Car, d'après la réplique de la vieille femme "-J'aime encore cela que le chaîne", je constate qu'elle préfère voir le condamné gardé avec huit hommes, qu'être enchaîné. Par conséquent, on peut en déduire qu'elle veut transmettre un message implicitement : Mieux vaut garder un forçat que de l'enchaîner, car son enchaînement est une humiliation pour lui, et une attirance des yeux des gens qui passent et regardent le bagnard dans cet état.
    Qu'en pensez-vous ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Ton hypothèse ne correspond pas à l'argumentation développée ensuite. N'oublie pas qu'Hugo cherche à nous apitoyer sur le sort de ce condamné, que cette oeuvre est un réquisitoire contre la peine de mort.
  • D'accord. En ce qui concerne l'utilisation du terme "savoureuse" dans la phrase "c'est une liqueur concentrée, bien plus savoureuse", je ne comprends pas pour quelle raison l'a-t-il utilisé ?
    Normalement, il aurait dit "amère". Sinon, ce serait une antiphrase ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Mais oui, c'est une antiphrase dans la bouche d'Hugo (ou du condamné) qui exprime sa révolte (ou la résignation si c'est le condamné qui s'exprime) par cette métaphore osée. La vieille savoure au plus haut point la punition du condamné. Elle en fait un bouc émissaire. Au lieu de plaindre celui qui va vers son exécution, elle jouit de manière inhumaine du châtiment. Il est évident qu'Hugo ne partage pas cette horrible appréciation. C'est un argument contre la peine de mort : Hugo dénonce la justice qui se donne en spectacle et offre des jouissances délétères.
  • Merci. Ile me reste une dernière question qui me hante encore ! :(

    - Quelle est la visée de ce texte ?

    Pour moi, je crois que le narrateur veut nous élucider la souffrance qui tenaille le condamné à mort, voire l'humiliation qu'un condamné à mort peut subir.

    Qu'en dites-vous ?

    P. S: Est-ce qu'il y a dans le texte une métaphore filée ? Bon, je ne crois pas, mais j'ai un doute qu'il y en a, parce que le troisième paragraphe est plein de comparaisons... Y a-t-il une figure de style propre à cette répétition de comparaisons ?

    Merci d'avance.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Pour la visée, c'est excellent. Ajoute que l'indignation d'Hugo est perceptible dans l'ironie : au début (voir plus haut) et à la fin (l'hospice qui sert de prison).

    Il n'y a pas de métaphore puisque le terme de comparaison est exprimé. La comparaison est explicative, elle donne de la force au propos : elle renvoie à la catalepsie, à l'état de celui qui va être enterré vif comme dans la Chute de la maison Usher de Poe. Elle nous fait pénétrer dans le cauchemar intime du condamné.
  • Je vous remercie infiniment pour l'intérêt que vous avez témoigné pour m'aider à mieux saisir ce passage.
    Younes ;)
  • Bonsoir,
    Veuillez rectifier mes réponses dans le cas où elles sont fausses. Je vous en remercie d'avance.
    Voici le 39ème chapitre de Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo :

    Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
    Eh ! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
    Apparemment ce n'est pas là souffrir.

    Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'épuise goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
    Et puis, on ne souffre pas, en sont-ils sûrs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglante au bord du panier et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas de mal !

    Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne.
    Est-ce Robespierre ? Est-ce Louis XVI ?...

    Non, rien ! moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et la chose est faite. – Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est là, au moment où le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres... Mais quoi ! une demi-seconde ! la douleur est escamotée...

    Horreur !


    QUESTIONS :

    1- A qui renvoie le pronom personnel "ils" dans ce texte ? A quel pronom personnel s'oppose-t-il ? Comment comprenez-vous cette opposition ?
    2- Exprimez explicitement le thème du débat annoncé dans la première phrase du texte.
    3- Quelle thèse le narrateur cherche-t-il à réfuter ? Relevez les arguments appuyant cette réfutation.
    4- Quel aspect de la thèse adverse l'auteur met-il en évidence dans son argumentation ? Quel ton utilise-t-il ? Pourquoi ?

    RÉPONSES :

    1-Le pronom personnel "ils" renvoie aux gens qui sont pour la peine de mort. Probablement, Hugo réfère ici à certains personnages de l'œuvre, entre autres : le prêtre, les magistrats, les gendarmes, et peut-être aussi la société.
    "Ils" s'oppose à "Je". Les opposants (les magistrats, la société, le prêtre, la société...) veulent que le condamné soit exécuté.
    Comment comprenez-vous cette opposition ?==> Je n'en ai aucune idée.

    2-L'expression explicite du débat dans la première phrase du texte :
    La mort d'un condamné à mort est simple et douce, puisqu'il ne souffre pas... (Je crois que c'est quand même incomplet)

    3-La thèse que le narrateur cherche à réfuter est : La condamnation à mort est une souffrance, voire une lente mort du condamné.
    Les arguments soutenant cette thèse :
    - La condamnation à mort est une longue agonie.
    - Le sang du condamné s'épuise goutte à goutte.
    - L'intelligence s'éteint pensée à pensée.

    4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est la raillerie.
    Il utilise le ton pathétique (j'ai ausi un doute qu'il utilise un ton satirique).
    Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement. D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif.

    Qu'en pensez-vous ? Veuillez me montrer les fautes en me les corrigeant.

    P.S : Ce n'est pas un devoir scolaire, c'est juste une préparation à l'examen régional.
  • Bonsoir,

    Monsieur Hugo cherche ici à dénoncer la pratique de l'échafaud ! Il désapprouve la torture mentale qui précède la mise à mort.

    Il apparaît donc évident, particulièrement dans ce passage, que V. Hugo cherche à révolter le lecteur pour mieux le convaincre, pour le rallier à sa cause.

    Bonne soirée,
    Zadek
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    1- L'autre pronom est ON
    ILS a une valeur exclusive, c'est le clan en faveur de la peine de mort. ON a ici d'abord une valeur de JE (modalisation qui cacherait la trop grande implication d'un MOI par un ON plus pudique) mais aussi une valeur inclusive à rattacher à son étymologie : l'homme en général, soit chacun de nous, le lecteur bien disposé.

    2- Tu n'abordes pas le déni de l'angoisse ou la banalisation de cette forme de châtiment.

    3- Il te faut aller jusqu'au bout du raisonnement : C'est donc une torture morale.

    Les arguments soutenant cette thèse :
    - La condamnation à mort est une longue agonie.
    - Le sang du condamné s'épuise goutte à goutte. Non c'est une comparaison
    - L'intelligence s'éteint pensée à pensée. Non c'est une comparaison

    A revoir donc.

    4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est la raillerie.

    Non l'absence de souffrance.

    Il utilise le ton pathétique Oui.
    J'ai aussi un doute qu'il utilise un ton satirique : si, mais plus haut dans cette formule ironique "Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne.")
    Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement (je dirais plutôt sa révolte par l'horreur, mot qui clôt l'extrait).
    D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif. Oui
  • Bonjour,

    1)
    1- A qui renvoie le pronom personnel "ils" dans ce texte ? A quel pronom personnel s'oppose-t-il ? Comment comprenez-vous cette opposition ?
    Comme Jean-Luc, je dirais que ils s'oppose à on: valeur de moi , bien sûr, puisque c'est le condamné à mort qui s'exprime, homme en général oui, mais j'y vois encore une nuance supplémentaire: - le ils permet d'imaginer un groupe dénombrable formés d'individus , ici, ceux qui pensent , qui «disent».
    Le pronom On renvoie à un groupe indéterminé , où l'individu n'est pas pris en compte par les ils, le groupe des criminels ,au fond de la racaille. Dans cette opposition entre le ils et le on, il me semble qu' Hugo montre aussi le cynisme ,le mépris des
    uns ( ceux qui sont du bon côté de la société) pour le groupe indistinct à supprimer.
    Ce n'est qu'une analyse personnelle , soumise à vos avis :)

    2)
    2- Exprimez explicitement le thème du débat annoncé dans la première phrase du texte.
    D'accord avec Jean Luc . Le débat ouvre sur la notion de douleur ? est-elle seulement physique ? On revient à l'idée que le groupe ils considère l'autre groupe , celui des condamnès presque comme des non-humains , animaux, capables éventuellement de souffrir dans leur corps, mais non susceptibles de souffrance psychique ou morale .
    Et , oui, la banalisation: comment peut-on dire «la mort est bien simplifiée»: on dirait qu'il s'agit de résoudre un problème matériel, technique ! La mort semble vidée de sens!

    3: les arguments pour réfuter:

    Pense peut-être à cette question de savoir si on reconnaît à l'autre le statut de semblable, d'humain ? Le problème de ce qu'est la souffrance.

    4: l'aspect de la thèse réfutée : d'accord il réfute l'argument de non-souffrance. Peut-on dire qu'il met aussi en évidence le cynisme de cette thèse? Est-ce que le mot aspect pourrait recouvrir cette notion?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Codrila,

    Cette analyse me paraît pertinente. Je n'y avais pas songé.
    J'avais vu une opposition entre ILS (une 3e personne qui éloigne) et un ON (= nous, qui rapproche). Il y aurait alors une stratégie de séduction à l'égard du lecteur pour le recruter dans le camp humain du ON.

    Le ILS des notables bien-pensants peut aussi s'opposer à la masse indistincte du peuple souffrant. Nous aurions alors une stratégie de dénonciation, de rejet à l'encontre de ces nouveaux barbares.

    Il me semble que les deux mouvements sont simultanés. Hugo est bien un virtuose de la langue, surtout si l'on envisage qu'il fait parler son condamné de manière un peu familière en mettant la verdeur du langage au service d'une pensée très ferme et très aboutie.
  • Bonjour,
    Je vous remercie infiniment pour vos réponses.

    Voici tous les remaniements que j'a effectués aux réponses :



    1-Le pronom personnel "ILS" renvoie aux gens qui sont pour la peine de mort. Probablement, Hugo réfère ici à certains personnages de l'œuvre, entre autres : le prêtre, les magistrats, les gendarmes, et peut-être aussi la société.
    - "ILS" s'oppose à "ON". Les opposants (les magistrats, la société, le prêtre, la société...) veulent que le condamné soit exécuté.
    - "ILS" a une valeur exclusive, c'est le clan en faveur de la peine de mort. "ON" a ici d'abord une valeur de "JE" (modalisation qui cacherait la trop grande implication d'un "MOI" par un "ON" plus pudique) mais aussi une valeur inclusive à rattacher à son étymologie : l'homme en général, soit chacun de nous, le lecteur bien disposé.


    2-L'expression explicite du débat dans la première phrase du texte :
    La mort d'un condamné à mort est simple et douce, puisqu'il ne souffre pas. A travers cette phrase, Hugo met en évidence le déni de l'angoisse du condamné ou la banalisation de cette forme de châtiment.


    3-La thèse que le narrateur cherche à réfuter est : La condamnation à mort n'est pas une souffrance. Que la mort de cette façon est une fin si simple et si douce.
    Les arguments soutenant cette thèse :
    - Il n'y a pas quelque chose qui prouve que ce n'est pas une souffrance.
    - Il n'y avait pas de tête qui est venue leur dire que la mécanique est bonne, et que cela ne fait pas de mal.
    - Il n'y a pas de morts qui ont ressuscité, et sont venus les informer que cela est bien inventé.
    - Donner l'exemple de Robespierre et de Louis XVI.


    4- L'aspect de la thèse adverse que l'auteur met en évidence dans son argumentation est l'absence de la souffrance.
    Il utilise le ton pathétique. Egalement, il utilise le ton satirique dans la phrase suivante : "Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé. Tenez-vous-en là. La mécanique est bonne."
    Il inspire au lecteur une émotion et suscite sa compassion, sa pitié, son attendrissement, ou encore sa révolte par l'horreur, mot qui clôt le chapitre. D'un autre côté, Hugo commence par reconnaître la thèse et les arguments adverses avant de les réfuter et de défendre les siens. Ainsi, c'est le raisonnement concessif.




    Merci beaucoup pour votre aide...
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