Fiches méthode Bac de français 2020

Mesdames mesdemoiselles messieurs,

Je lance un s.o.s à qui voudra bien l'entendre ...
À 1 jour 3/4 de mon bac , je suis dans une panade monumentale .... on va me répondre "oui mais c'est ta faute t'avais qu'à si , t'avais qu'à ça ..." mais là c'est vraiment de l'aide que je recherche .
Apparemment , tout le monde (ou presque) a eu un prof de français sensé qui vous a proposé des plans pour chaque texte étudié ... ce n'est pas mon cas , je n'ai aucun plan , aucune véritable étude , que de la paraphrase et de la citation exhaustive selon une autre prof de français de mon lycée...
ce qui m'effraie le plus , c'est la poésie : j'ai quatre textes (fait chacun en UNE heure) et donc rien , aucun plan ... et là j'aimerais bien des conseils .
Les poèmes sont :
- Les Tragiques (v.203 à 230) , Agrippa d'Aubigné
- C , Louis Aragon
- Les fusillés de Chateaubriant , R.G Cadou
- 14 Juillet , Francis Ponge

j'attends une petite réponse .... :/ merci
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Réponses

  • J'ai fait Agrippa d'Aubigné mais tu parles de quel livre parce qu'il y en a plusieurs ? Je viens de voir que les vers ne correspondaient pas toute façon. Par contre donne ta liste des autres textes, on en a peut-être quelques-uns en commun.
  • meloumelou Membre
    pour les poèmes , tout est là ... les quatres poèmes sont ceux que j'ai mentionnés plus haut , c'est-à-dire :
    "C" de Louis Aragon
    "Les fusillés de Châteaubriant" de Cadou
    "14 Juillet" de Ponge

    voilà , tout est là , j'espère que tu pourras m'aider .
    merci beaucoup déjà de t'y intéresser :)


    (et puis si par hasard tu avais du temps , chose que je n'ai plus , il y a aussi le biographique qui traîne la patte ... mais je veux pas insister , on passe tous le bac ..!)
  • quand je disais autres textes je parlais en général, pas seulement de la poésie... t'en as combien en tout ?
  • meloumelou Membre
    merciiiiiii(...)iiiii !
    sinon des textes , en tout j'en ai 31 (24 sans les lectures complémentaires) , ce qui me suffit amplement ! mais je me demandais si on pouvait se faire interroger en lecture analytique sur une lecture complémentaire ? ça serait embêtant tout de même ....
    et puis il y en a certains que je ne maîtrise pas , comme l'incipit des Essais ou celui de W ou le souvenir d'enfance, ou encore l'épisode de la madelaine de Proust dans Du côté de chez Swann...
    mais il est un peu trop tard pour se refaire une petite année de français condensée ;)

    merci beaucoup pour les liens !!
  • Je pense pas qu'on puisse etre interrogé sur des textes complémentaires.
    Sinon pour tes autres textes désolé mais j'en ai vu aucun.
    Bonne chance en tout cas.
  • WajmaWajma Membre
    Bonjour,

    Je suis étudiante en 1re S et passe mon oral mardi.
    J'ai un problème avec une question qui est tombée hier pour une de mes amies.
    Et comme notre inspectrice a déjà fait tomber plusieurs fois exactement le même sujet, j'aurais voulu savoir quelle était la réponse à cette question.

    En quoi est-ce un poème : Le spleen de Paris, XII « Les foules » de Baudelaire.
    LES FOULES

    Il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.
    Multitude, solitude : termes égaux et convertibles pour le poëte actif et fécond. Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée.
    Le poëte jouit de cet incomparable privilége, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun. Pour lui seul, tout est vacant ; et si de certaines places paraissent lui être fermées, c’est qu’à ses yeux elles ne valent pas la peine d’être visitées.
    Le promeneur solitaire et pensif tire une singulière ivresse de cette universelle communion. Celui-là qui épouse facilement la foule connaît des jouissances fiévreuses, dont seront éternellement privés l’égoïste, fermé comme un coffre, et le paresseux, interné comme un mollusque. Il adopte comme siennes toutes les professions, toutes les joies et toutes les misères que la circonstance lui présente.
    Ce que les hommes nomment amour est bien petit, bien restreint et bien faible, comparé à cette ineffable orgie, à cette sainte prostitution de l’âme qui se donne tout entière, poésie et charité, à l’imprévu qui se montre, à l’inconnu qui passe.
    Il est bon d’apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, ne fût-ce que pour humilier un instant leur sot orgueil, qu’il est des bonheurs supérieurs au leur, plus vastes et plus raffinés. Les fondateurs de colonies, les pasteurs de peuples, les prêtres missionnaires exilés au bout du monde, connaissent sans doute quelque chose de ces mystérieuses ivresses ; et, au sein de la vaste famille que leur génie s’est faite, ils doivent rire quelquefois de ceux qui les plaignent pour leur fortune si agitée et pour leur vie si chaste.

    Merci.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Wajma,

    Déjà il serait intéressant de te demander pourquoi cette question est posée.
    A première vue ce texte est de la prose et tiré d'un recueil qui s'intitule Petits poèmes en prose.
    Donc l'objet de la question est de te faire réfléchir au-delà des aspects formels sur ce qui constitue l'essence de la poésie.

    Rappelons brièvement les fonctions du langage :
    · expressive : vocabulaire du jugement et du sentiment, pronoms de la première personne
    · impressive : injonctions, pronoms de la deuxième personne
    · référentielle : données objectives (chiffres et dates), absence d'indices de jugement
    · métalinguistique : le texte éclaircit le fonctionnement de la langue (définitions...)
    · phatique : outils propres à maintenir le contact (interjections, gallicismes...)
    · poétique : jeux de mots, jeux sur les sonorités, jeux sur le graphisme du message…

    Ce texte est donc poétique d'abord par le traitement du langage travaillé pour qu'il exprime une pensée pleine, façonnée et superbe. Ce poème en prose est tout le contraire d'une pensée banale, d'une information utilitaire. Ce que Baudelaire veut nous faire partager, c'est sa conception de la poésie et de la beauté. Il faut donc d'abord rendre compte de tous les procédés utilisés pour parvenir à cette fin : choix du vocabulaire, connotations, images, sons, figures de style…
    Tu pourrais examiner d'abord la construction logique en paragraphes, équivalents des strophes dans un poème, qui met progressivement en valeur une expression lyrique, celle de la fierté d'être poète culminant dans la fonction sacerdotale de l'artiste.
    1. Le bain de foule : un travail d'artiste. Les conditions requises
    2. Foule et solitude : la solitude de l'artiste
    3. L'empathie de l'artiste
    4. La foule comme source d'inspiration artistique
    5. La poésie est le véritable amour
    6. Le bonheur dans le sacerdoce poétique

    Ensuite il existe aussi tout un ensemble de champs lexicaux qui se croisent subtilement et donnent des prolongements insoupçonnés : bain, foule, solitude, absence, présence, fête, comédie, tragédie, vie, mort, mysticisme, art, sacerdoce, génie… La densité du sens est telle qu'il devient difficile d'en rendre compte. Le poète use de figures de style peu apparentes mais efficaces : opposition entre les rythmes binaires qui ont l'instabilité de la vie et les rythmes ternaires qui possèdent l'équilibre de la construction artistique… le goût du paradoxe apparent "Multitude, solitude : termes égaux et convertibles", l'art de la formule lapidaire "jouir de la foule est un art", les alliances étonnantes presque des hypallages ("poésie et charité") ou des oxymorons ("sainte prostitution") sans oublier le jeu sur les sens (charité = agapè, une des formes de l'amour cité auparavant… ou la sainte prostitution qui renvoie à certaines formes de l'exercice cultuel dans l'Antiquité). Ce raffinement et cette subtilité constituent pour l'essentiel la trame de cette écriture poétique, mais il faudrait rendre compte aussi des sonorités, des phrases en forme de période.

    Enfin, il y a le sujet lui-même qui est une méditation sur l'art, le génie, ses obligations et l'inévitable solitude qui en résulte. Attention cependant, si le sujet donne lieu à un poème, ce n'est pas avant tout en raison du thème. C'est qu'il n'est pas traité de manière théorique, mais sous forme d'illustrations et de considérations imagées aux leçons implicites. Sa logique de développement ressortit aux associations d'idées, elle est guidée par les connotations.

    Voilà quelques approches à approfondir !
  • Bonsoir,
    je suis aussi étudiante en 1ere S.

    et je me demandais si vous auriez un plan ou des axes à proposer pour ce poème du Spleen "les foules".
    j'aurais vraiment besoin de votre aide.

    merci bcp.
  • Bonjour!
    C`est de nouveau moi ici :) J`aurai besoin de vous cette semaine parce que je travaille sur les autres Petits poemes de Baudelaire. Aujourd`hui je propose une lecture de "Les foules":
    Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art ; et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.
    Multitude, solitude : termes égaux et convertibles pour le poète actif et fécond. Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée.
    Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu'il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun. Pour lui seul, tout est vacant ; et si de certaines places paraissent lui être fermées, c'est qu'à ses yeux elles ne valent pas la peine d'être visitées.
    Le promeneur solitaire et pensif tire une singulière ivresse de cette universelle communion. Celui-là qui épouse facilement la foule connaît des jouissances fiévreuses, dont seront éternellement privé l'égoïste, fermé comme un coffre, et le paresseux, interné comme un mollusque. Il adopte comme siennes toutes les professions, toutes les joies et toutes les misères que la circonstance lui présente.
    Ce que les hommes nomment amour est bien petit, bien restreint et bien faible, comparé à cette ineffable orgie, à cette sainte prostitution de l'âme qui se donne tout entière, poésie et charité, à l'imprévu qui se montre, à l'inconnu qui passe.
    Il est bon d'apprendre quelquefois aux heureux de ce monde, ne fût-ce que pour humilier un instant leur sot orgueil, qu'il est des bonheurs supérieurs au leur, plus vastes et plus raffinés. Les fondateurs de colonies, les pasteurs de peuples, les prêtres missionnaires exilés au bout du monde, connaissent sans doute quelque chose de ces mystérieuses ivresses ; et, au sein de la vaste famille que leur génie s'est faite, ils doivent rire quelquefois de ceux qui les plaignent pour leur fortune si agitée et pour leur vie si chaste.

    Moi, ce que je propose pour un commentaire compose (je dois garder la structure de deux parties):
    I. Poete face au monde
    - Opposition entre lui et la foule
    - Poete- ame errante qui puise des autres
    - Poete- celui qui se donne lui aussi ( charite, amour, prostitution de l`ame, il adopte comme siennes les miseres des autres)

    II. Art poetique comme privilege et mystere
    - Privilege, art, une certaine mission, superiorite aux autres
    - art comme un don surnaturel ( p.ex. insuffle par une fee dans le berceau)
    - art comme bonheur incomparable

    Qu`est-ce que vous en pensez?
  • Il y a deux parties imposées par le Poëme même : multitude/solitude
    Je te suggère donc de faire tes deux parties sous ces titres, et voir comment se fait la circulation de l'une à l'autre.
  • Bonjour Joanna,

    Je ne suis pas certaine que la première partie de ton I soit pertinente :
    - Opposition entre lui et la foule
    - un bain de multitude : jouir de la foule est un art
    - singulière ivresse de cette universelle communion
    - qui épouse facilement la foule connaît des jouissances fiévreuses
    - etc.
    suggèrent le contraire...

    Je n'opposerais pas non plus multitude et solitude : Multitude, solitude : termes égaux et convertibles pour le poète actif et fécond.

    Tu as sans doute dû remarquer que ce poème est à l'opposé de "Le fou et la Vénus". Là, le poète est au sein de l'orgie universelle, il n'en est pas exclu comme dans celui que tu as étudié précédemment...

    Muriel

    Édit : Je changerais aussi le titre de ta première partie en un Le poète dans le monde, ou bien au sein du monde (et non pas face). (Au sein connote l'dée de se nourrir, en plus d'être parmi...).Tu pourrais même dire : "Le poète au sein du monde et le monde au sein du poète". (Un monde d'humains et d'amour surtout : la "nature" n'est pas très présente ici.)
    Le reste démontre que tu fais des progrès...
  • Ah oui ! je me suis mal exprimée : il ne faut pas opposer multitude et solitude, mais montrer comment se fait la circulation de l'une à l'autre. Ce que je voulais dire, c'est que ça donnait les deux parties du commentaire. Ensuite, les sous-parties de Joanna peuvent se situer dans l'une ou l'autre partie
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour aux amatrices de Baudelaire, le prince des poètes,

    J'ajouterai volontiers quelques couples de mots à ce poème paradoxal :
    anonymat / célébrité
    bonheur / exigences
    singularité / multiplicité
    noblesse / vulgarité
    consommation / production
    imagination / uniformité (il faut noter le pluriel démultiplicateur "les foules")

    Muriel a bien raison : si le Fou et la Vénus" était du côté du spleen, ce poème tire par contre vers l'Idéal. Il rappelle la première partie de l'Albatros.

    Le triptyque final (fondateur, conducteur, prêtre) s'inscrit encore dans la perspective romantique du rôle éminent du poète. D'autres poèmes comme le Vieux saltimbanque manifesteront en revanche une puissante désillusion. A la solitude inspirée du mage succédera la déréliction de l'artiste méprisé par la bourgeoisie positiviste.
  • Je suis d`accord avec vous. Mais ce que je vois c`est le fait que le poete n`appartient pas a la "foule" , ile est bien plus haut que "le genre humain" aux depens duquel il jouit. en plus il est un "promeneur solitaire", il "epouse" la foule ( donc une seule personne contre toute l`unite) sa solitude qu`il doit peupler...Le poete peut etre ainsi comme un sangsue, il ne se jouit pas ensemble avec cette foule, mais il prend seulement "un bain".
    je ne sais pas, peut-etre j`ai mal compris ce poeme, mais c`est ce que je vois ici.
  • C'est bien ce que je dis... Tu fais des progrès... :)
  • Si je fais des progres c`est grace a vous!
  • Alors, puisque tu es volontaire, travaille "les couples" que t'a donnés Jean-Luc, et reviens dire le sens que tu y auras trouvé. Jean-Luc te donnera sûrement son avis ensuite...

    Muriel
  • Baudelaire avait un certain mépris pour le commun des mortels ; et situait les artistes bien au-dessus !
  • Si j`ai bien compris:

    bonheur ("jouir" de ce privilege, "gout" de vouage, "a sa guise" "quand il veut", "ivresse", "jouissances" "joies" "orgie" etc) vs. exigences : il faut qu`un poete sache puiser dans les foules, il doit etre ouvert et pas paresseux, il doit etre pensif

    singularite- le poete, lui solitaire vs la foule , le genre humain = multiplicite

    noblesse: le don lui insuffle dans son berceau par une fee, "privilege", "pour lui seul tout est vacant" "c`est qu`a ses yeux elle ne valent pas la peine d`etre visitees", "vie chaste"
    vs vulgarite: hm....

    consommation- le poete consomme la foule et il produit qch de nouveau ;)
    et je ne comprends pas les remarques de jean-Luc sur imagination/uniformite et celebrite...anonymat, ca va mais pour moi c`est a peu pres la meme chose que la singularite/ multiplicite
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