Dissertation sur la place et la fonction du poète dans la société

Salut à tous!

Je viens d'entrer en première S, et j'ai à rendre mon premier devoir, qui porte sur la poésie... Pas de problème majeur pour les questions sur les textes du corpus, en revanche c'est arrivé à la dissertation que l'affaire se corse:

" Les 5 textes de ce corpus nous interrogent sur la place et la fonction du poète dans notre société. Baudelaire exprime ainsi à la fois cette place et cette fonction:
Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Au travers de vos connaissances et de vos lectures (mais aussi peut être des chansons que vous écoutez), vous direz quelle est, selon vous, la place et la fonction du poète et de la poésie aujourd'hui.

le corpus se trouve à cette page:

Corpus :
L'ALBATROS

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
SPLEEN ET IDÉAL
Charles Baudelaire, 1857


A UN VAUTOUR CAPTIF

Vautour au cou pelé, serf immonde, à cette heure
Jouet de tous, sur toi, va, morne oiseau, je pleure.
L’enfance, qui t’insulte et te raille en passant,
Ignore que la nue a vu ton vol puissant.

Tes frères, ces brigands qui vont peuplant les cimes :
T’appellent dans la nuit du fond de leurs abîmes ;
Ils fatiguent ton nid de leurs cris superflus
Titan découronné, tu ne les entends plus !

Un jardin de vingt pieds, roi captif, te resserre ;
Un anneau lourd enchaîne à tout jamais ta serre ;
Cependant qu’après toi le chien aboie un peu,
De ta prunelle fauve on voit jaillir le feu ;
Au frisson qui parcourt ta plume grise et noire,
On voit que du passé tu gardes la mémoire,
Que des sommets d’Athos jadis tu fus l’orgueil,
Avant qu’on te donnât ce plateau pour cercueil !

Du génie enchaîné reste vivante image !
Reste ! tu peux servir de symbole à notre âge.
Comme toi, parias de ce siècle de fer,
Des poètes roulés dans la foudre et l’éclair
Demeurent attachés par cet anneau sordide
A cette terre où l’or de tout penchant décide.
Ils ont plané bien haut, ils ont dicté des lois,
Ils ont tout remué; mais ils ne sont plus rois.
Les Meilleurs Fruits De Mon Panier
Roger de Beauvoir, 1862



LE GRAND OISEAU BLANC

Le grand oiseau blanc déploya ses ailes
Qui étaient toutes pures, qui étaient toutes neuves,
Qui riaient au ciel comme des voiles neuves,
Et qui bombaient aussi comme elles.

Avec sa vigueur, avec sa candeur,
Il quitta son arbre et sa vallée
Pour le pays lointain des hauteurs.

Quand il arriva aux plaines de la vie,
Le grand oiseau blanc, dans son bel élan.
Reçut bravement, violente et nourrie,
La volée de pierres de la vie.

II dévia un peu, il tomba un peu,
Et les gens d'en bas
Virent du duvet tomber du ciel bas,
Des plumes aussi, des plumes un peu...
Mais le grand oiseau n'atterrit pas.

Mais le grand oiseau ne toucha pas terre
Bien qu'il continuât de grêler sur lui
Le menu gravier des menues misères
De la vie.

Soudain, un aigu et violent caillou,
Trempé dans les noires boues d'en-bas,
Atteignit une aile et la traversa
Et y fit un trou,

Un trou rond et rouge et noir dans cette aile
Qui était toute pure, qui était toute neuve.

Le grand oiseau blanc vola moins haut
Et il s'inclina comme un bateau
Qui a au côté une voie d'eau.

Or le trou grandit, peu à peu dans l'aile,
Or une gangrène augmenta le mal,
Et l'air y sifflait à chaque coup d'aile
Comme dans les poitrines qui ont mal.
Et plus il allait,
Plus s'élargissait la plaie,
Et plus il approchait de terre.

Désespérément le grand oiseau
Battit bientôt l'air d'une aile ajourée
Battit bientôt l'air avec ses os,
Comme on donne en vain des coups dans l'eau
Avec une épée...

Il donna du bec dans la poussière...

Mais le têtu reprit, par bonds infimes,
Avec sa vigueur, avec sa candeur,
Son voyage long vers les hauteurs...

Quand il quitta les plaines de la vie,
Le grand oiseau blanc traînait sur le sol
Une aile pourrie ;

Mais il bandait haut dans l'air du matin
Une aile gonflée de beaux destins,
Qui était toute pure, qui était toute neuve..
Livre d’Amour
Charles Vildrac, 1910



LE VIEUX GOÉLAND

C'était un fier oiseau, farouche et solitaire,
Au bec crochu d'or pâle, aux pieds d'ambre, à l'œil clair,
Arraché tout vivant au rocher, son repaire,
Aux flots verts, à la nue, aux brisants, au grand air.
Ils l'avaient pris dans un de ces jours de tempête
Où Satan, sur les mers, déchaîne son sabbat...
Un harpon lui cassa l'aile au lieu de la tête ;
Eux ils en firent un forçat.

Dans le fond d'une cour aux quatre angles de pierre,
Ils l'avaient interné, ce sauvage reclus,
Qui restait toujours l'œil rentré sous sa paupière,
Comme un rêveur qui songe à ce qu'il ne voit plus.
Oh ! lui qui, quand la mer se creusait en abîmes,
Se plongeait dans sa courbe et remontait au jour,
Comme il a dû souffrir, ce fils des pics sublimes,
Des pierres plates de sa cour !

Comme il a dû souffrir sur la dalle poudreuse
Où son pied se séchait, encor trempé d'éther !
Comme il a dû souffrir de cette vie affreuse
Faite d'ennui du ciel et d'ennui de la mer !
Que je l'ai vu de fois, hérissé dans sa plume,
Le blême oiseau, - fait pierre aussi par la douleur !
Son aile grise était comme un manteau de brume
Pendant sur sa morne blancheur...

II se tenait rigide en cette cour déserte ;
Mais, lorsque par hasard quelqu'un la traversait,
Alors les yeux ouverts, bec ouvert, aile ouverte,
Vers le passant l'oiseau tout à coup s'en courait.
De son gosier sortait un cri strident et rauque,
Le cri sifflant du vent dans les agrès mouillés,
Et, fixant ce passant d'un oeil féroce et glauque,
Il voulait lui percer les pieds.

Et si c'étaient les pieds de quelque jeune fille ?
De ces pieds élégants, au souple brodequin,
Qui, sveltes et cambrés, moulés à la cheville,
Font craquer en marchant l'agaçant maroquin,
Alors... Oh ! c'est alors que, plus féroce encore,
Le cruel se jetait sur ces pieds enivrants,
Comme si ces deux pieds divins, que l'homme adore,
Étaient l'horreur des Goélands.

Que t'avaient-ils donc fait, ces pauvres pieds de femme,
Pour te mettre en fureur rien qu'à les voir passer ?...
Que te rappelaient-ils ?... Le branle de la lame
Sur laquelle autrefois tu pouvais te bercer ?
Mutilé du harpon, aux rancunes cruelles,
Tombé des airs, tombé des pics, tombé des mâts.
Ils te narguaient, ces pieds, - tu les croyais des ailes...
Goéland, tu ne rêvais pas.

Ô mon vieux Goéland, ce n'était pas un rêve,
Le rêve d'un captif que rend fou la douleur.
Vieux pirate échoué sur cette horrible grève,
Ces pieds, - ces pieds charmants qui passaient, - ces pieds d'Eve,

Que l'on prend dans sa main et qu'on met sur son coeur,
Mais qui n'y restent pas, légers, prompts, infidèles,
Faits pour nous fuir après être venus à nous,
Ô mon vieux Goéland, c'étaient bien là des ailes.
Et toi, - tu t'en sentais jaloux.

Barbey d’Aureyvilly (1808 – 1889)
Poussières, Les poètes de la Mer
Publié par Charles le Goffic, Garnier Frères, 1928



L'ALBATROS

Dans l'immense largeur du Capricorne au Pôle
Le vent beugle, rugit, siffle, râle et miaule,
Et bondit à travers l'Atlantique tout blanc
De bave furieuse. II se rue, éraflant
L'eau blême qu'il pourchasse et dissipe en buée ;
II mord, déchire, arrache et tranche les nuées
Par tronçons convulsifs où saigne un brusque éclair,
II saisit, enveloppe et culbute dans l'air
Un tournoiement confus d'aigres cris et de plumes
Qu'il secoue et qu'il traîne aux crêtes des écumes,
Et, martelant le front massif des cachalots,
Mêle à ses hurlements leurs monstrueux sanglots.
Seul, le Roi de l'espace et des mers sans rivages
Vole contre l'assaut des rafales sauvages.
D'un trait puissant et sûr, sans hâte ni retard.
L'oeil dardé par-delà le livide brouillard,
De ses ailes de fer rigidement tendues
Il fend le tourbillon des rauques étendues.
Et, tranquille au milieu de l'épouvantement,
Vient, passe et disparaît majestueusement.
Poèmes Tragiques
Leconte de l’Isle, 1884

En fait, j'ai du mal à construire un plan détaillé, car je n'ai jamais fais de dissertation.
Je ne sais pas quel type de plan choisir. je pense au plan thématique mais je ne suis pas sûr du tout.
Si quelqu'un pourrait m'aider pour le plan ça serait super sympa,
merci d'avance
«1

Réponses

  • Bon après réflexion je pense que je vais utiliser un plan où j'adère d'abord au sujet dans la première partie puis où je le nuance un peu dans la seconde.
    Le problème c'est que je n'est pas d'idées pour trouver les grands axes.
    Si quelq'un pourrait m'aider ça serait super sympa.
    merci.
  • Bonsoir,

    Je pense qu'un plan thématique est une bonne chose, je vois mal comment tu peux faire une partie où tu adhères au sujet et une où tu nuances, sachant que ton sujet ne donne pas de fonction particulière.
    Tu peux évidemment te servir du texte de Baudelaire que tu as, et pour trouver d'autres fonctions du poète je t'invite à lire ses extraits de texte :
    Le poète en des jours impies
    Vient préparer des jours meilleurs.
    ll est l'homme des utopies,
    Les pieds ici, les yeux ailleurs.
    C'est lui qui sur toutes les têtes,
    En tout temps, pareil aux prophètes,
    Dans sa main, où tout peut tenir,
    Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
    Comme une torche qu'il secoue,
    Faire flamboyer l'avenir !

    Il voit, quand les peuples végètent !
    Ses rêves, toujours pleins d'amour,
    Sont faits des ombres que lui jettent
    Les choses qui seront un jour.
    On le raille. Qu'importe ! il pense.
    Plus d'une âme inscrit en silence
    Ce que la foule n'entend pas.
    Il plaint ses contempteurs frivoles ;
    Et maint faux sage à ses paroles
    Rit tout haut et songe tout bas !

    "Fonction du poète" ,Victor Hugo, extrait
    Ecrire son poème, est-ce une trahison,
    comme devant la mise à mort d'un innocent
    on détourne les yeux ? Aligner quelques mots
    qui lâchent le réel pour un gramme d'azur,

    est-ce dresser un paravent contre le monde
    affolé dans son bain, parmi l'écume noire ?
    Traiter sa fable favorite en libellule
    par-dessus la rivière, est-ce oublier le pain

    qui manque à l'homme ? Remplacer le vrai printemps
    par un printemps verbal aux toucans invisibles
    qui sont peut-être un peu de feu, est-ce insulter

    notre nature ? Aimer une voyelle blanche
    comme on aime sa fille, est-ce être dédaigneux
    de notre amour universel, qui nous saccage ?

    "Défense du poète" Alain Bosque
    t
  • merci beaucoup mais comment peut on organiser un plan thématique?
    je pose cette question car je n'ai jamais rédiger de dissertation.
  • Tu peux consulter ce site qui t'expliquera mieux que moi comment faire un plan thématique ;)
  • merci beaucoup mais j'ai du mal a trouver le plan adapté a mon sujet car je ne sais pas par quoi commencer.
    j'ai quelques idées comme: le poète est un messager
    le poète est incompris
    mais le problème c'est que je trouve qu'il y a beaucoup de thèmes dans mon sujet ( place, fonction, poésie...)
    Si quelqu'un à d'autres idées comme grandes parties je suis tout à fait preneur.
  • Après réflexion je propose un plan thématique qui est le suivant:

    I justement je cherche un axe sur la place du poète aujourd'hui
    II une fonction ludique
    III une fonction didactique

    Je ne suis pas sur du tout s'il peut correspondre avec mon sujet si quelqu'un pourrait m'aider ça serait super sympa.
    merci d'avance!Pour le grand I je pense a un poète incompris comme dans l'albatros de baudelaire mais je ne suis pas sûr!
  • Ton corpus donne une idée bien particulière de la fonction du poète (regarde simplement les titres !)
    À partir de là, tu peux opposer deux parties
  • dans le corpus le poète est assimilé à un oiseau.
    Mais est-ce que mon plan est-il correct? ou doit il être modifier ?
  • je change finalement le grand I:

    I un poète oublié

    est-ce correct?
  • après avoir rédiger mon introduction j'ai du mal à trouver les sous parties qui correspondent à mon plan. Je ne sais pas comment faire. quelqu'un pourrait-il m'aider?
  • "Le poète est assimilé à un oiseau."
    quelle est la signification de cette comparaison ? le poète aujourd'hui est-il toujours dans ce rôle ou cette fonction ? (pense à cette cittation de Adorno après Auschwitz, écrire de la poésie est barbare)
  • aujourd'hui on n'entend pratiquement plus parler des poètes. Surement car pour les médias ils ne les intéressent pas (je pense).
    là je suis en train de rédiger ma dissertation mais je ne sais pas comment l'organiser.
    j'ai mon plan avec mes grandes parties mais je ne trouve pas de sous parties.
    De plus est-ce que pour chaque sous parties on doit donner plusieurs arguments ou qu'un seul?
    Je commence vraiment à stresser car je dois la rendre pour demain et je n'avance plus.
  • Pour les sous parties du grand I
    - j'ai pensé aux thèmes épuisés (en effet ils ont déjà été exploités ou ils ne sont plus si intéressants qu'avant.)
    - j'ai pensé que les médias ne sont pas interessés par les poètes
    - je n'ai pas trouvé de 3ème sous parties

    est-ce correct? Car je commence vraiment à m'inquiéter.
  • En réfléchissant je propose une nouvelle grande partie qui serait:

    I la place du poète dépend de sa fonction:
    le problème est que je ne trouve toujours pas de sous parties, je commence à me tirer les cheveux!!
  • Tu as oublié un élément important dans ton sujet
    quelle est la place et la fonction du poète et de la poésie aujourd'hui.
    Donc ne base pas la totalité du débat sur la fonction du poète

    Tu as
    place du poète
    place de la poésie (ce qui implique les LECTEURS de poésie)
    fonction du poète
    fonction de la poésie
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