Temps de travail moyen en master

Bonjour,

Je me tourne vers vous car je ne sais pas où trouver l'information que je recherche.

Je précise que je suis actuellement étudiante en L3 de littérature.

Petit élément de contexte nécessaire : souffrant d'une pathologie assez lourde, je ne peux travailler plus de quarante à quarante cinq heures par semaine (avec éventuels pics d'activités sur des périodes très brèves). Pensez-vous qu'il soit envisageable d'effectuer un master dans ce contexte ?

Je sais que le terme "master" peut désigner un grand nombre de cursus différents.

Pour être précise, il s'agit d'un master intitulé "sciences de l'information" ou bien "humanités numériques" etc. Ce master aurait lieu à l'université, et pas dans une grande école.

Je précise, pour donner une idée de mon niveau, que j'ai besoin de travailler beaucoup pour réussir, mais que j'ai des résultats habituellement "moyens" à "satisfaisants" (14/20) dans la plupart des matières, avec parfois exceptionnellement des très bonnes notes (plus de 16/20). Je travaillais, durant ma licence, aux alentours de cinquante à soixante heures par semaine, ce qui a eu des conséquences désastreuses sur ma santé, désormais je dois réellement envisager de baisser mon rythme d'activité et cela m'interroge sur mes possibilités futures de formation.

Je vous remercie pour vos avis / conseils, et m'excuse si ce sujet paraît atypique.

M.

Réponses

  • dinozordinozor Membre

    Parlez-vous de travail personnel, ou du volume horaire des cours + de votre travail personnel ? Dans les deux cas, oui, c'est évidemment envisageable : je n'ai jamais, hors vacances (et encore) travaillé autant, ce qui ne m'a pas empêché, d'avoir la mention tb chaque année de mon cursus (en philosophie). En khâgne (cours + travail personnel), j'atteignais probablement les 45h, guère plus. Ce qui importe, c'est de ne pas se disperser (ce qui n'exige que de la rigueur) et d'être efficace (ça se travaille mais jusqu'à un certain point seulement). Etudier 60h/semaine en licence ou master me paraît tout à fait démentiel ; vous devez soit être d'un naturel particulièrement anxieux, soit vous faire une montagne de ce qui est attendu de vous. Quoi qu'il en soit, rassurez-vous.

  • malou31malou31 Membre

    Je parle du travail personnel ajouté au volume horaire de cours, c'est-à-dire quarante cinq heures au total.

    Et je vous remercie pour votre réponse.

  • dinozordinozor Membre

    7h de travail (sérieux, j'entends, et effectif, soit chronométré) par jour me paraît un rythme, d'une part, impossible à tenir plus de quelques jours, et d'autre part, absolument improductif. Un bon rythme de croisière, en master, ce serait une dizaine/quinzaine d'heures par semaine, et éventuellement 5h par jour à l'approche des examens. Bon, je suis peut-être une petite nature (: D'où vous vient l'idée que 45h de travail seraient requises en master ? Je reconnais être plutôt curieux.

  • duduledudule Membre
    17 nov. modifié

    J'avoue, pour avoir pratiqué, avoir vu pratiqué et avoir à encadrer des masters que suis un peu d'accord avec @dinozor

    On peut certes être totalemnt passionné par une discipline et y consacrer 7, 8, 9 ou plus d'heures par jour. Voire même des nuits quand on bosse sur un truc très précis (c'est souvent le cas en programmation informatique : on est dans le truc et on ne peut pas le lâcher tant que ce n'est pas fini car on a tous les tenants et aboutissants en tête). Pour un apprentissage plus progressif, @dinozor a raison : point trop n'en faut par journée. Il faut laisser au cerveau le temps d'assimiler les nouvelles connaissances. C'est pour cela, par exemple, qu'il est totalement illusoire d'acquérir une langue étrangère en 15 jours, même en s'y mettant 8 heures par jour ;-) Le processus d'imprégnation est efficace... mais est lent car seule la pratique l'affirmera. On pourra bien apprendre en 2 jours les 5 déclinaisons latines, les 2 déclinaisons d'adjectifs et les 5 conjugaisons, certes : technique et mnémotechnique... mais on n'en lira pas pour autant un texte latin.

  • malou31malou31 Membre

    Bonjour,

    Merci grandement pour vos réponses.

    J'imagine, à juste titre sans doute, que le master est une formation plus exigeante que la licence.

    Or, en licence, je travaille facilement huit heures, voir dix heures par jour à certaines périodes.

    Je confirme que ce rythme est intenable sur le long terme.

    Je précise que je m'inflige peut être cette cadence infernale car je suis étudiante à distance (EAD) et non en présentiel.

    Une autre question légitime que je me pose est : est-ce que j'ai réellement le niveau pour faire des études de lettres, ou bien est-ce que je compense mon mauvais "potentiel" en travaillant beaucoup trop ?

    Étant étudiante en licence en EAD (à distance), voici une journée représentative de mon parcours:

    08 : début de la journée de "cours" à la maison.

    08h/10h : apprentissage du CM de littérature du 16e siècle (il faut le connaître, pour l'examen, de façon très précise)

    10h/12h : apprentissage du cours et exercices en ancien français (repose beaucoup sur le fait de faire et refaire les exercices).

    12h/13h : pause repas, pause transport éventuelle si je me dirige vers une bibliothèque.

    13h/15H : apprentissage du TD de littérature du 16e siècle

    15H/19H : exercice de commentaire composé en temps limité sur Rabelais (je fais des entraînements corrigés par une prof)

    19H/20H : pause

    20H/21H30 : apprentissage des citations (il y a toujours des citations en littérature, à connaître, enfin je crois) puis lecture éventuelle des ouvrages à connaître, ou lecture personnelle.

    Autant vous dire que ce rythme m'a épuisée.

    Je prends en compte vos opinions sur le rythme maximal de 7 heure par jour et le trouve plein de sagesse.

  • dinozordinozor Membre
    17 nov. modifié

    Il faudrait l'ensemble de la semaine pour juger, mais quelques remarques.

    Je vous suggère, lorsque que vous souhaitez vous entraîner en temps limité, de le faire le matin (8-12 ou 9-13), de vous reposer tout l'après-midi et, éventuellement, de lire un peu le soir, mais guère plus.

    Je ne sais pas si "apprentissage" suppose révision ou premier contact avec le cours. Quoi qu'il en soit, organiser la semaine en trois blocs (deux jours pour découvrir les cours, deux jours pour les réviser, une journée pour s'entraîner) me paraît une bonne idée. Disons 3x2h, ou 2x2h, et 2x1h par exemple, selon la densité de vos cours, et le nombre de matières différentes que vous avez.

    Il me paraît absolument superflu de faire correspondre une séance de révision à chaque séance de découverte du cours.

    Quant à votre niveau, il faudrait pouvoir juger sur pièces ; à vous lire, si vous permettez, on s'interroge moins sur votre niveau que sur une forme d'anxiété qui, elle et indépendamment de son origine, peut être un obstacle autrement plus sérieux pour vos études, et ce surtout si vous envisagez de passer des concours.

    Les connaissances sont, c'est du moins ce que mon expérience me suggère, absolument secondaires pour obtenir de bons résultats ; il faut le coup de main (que les connaissances contribuent à former, mais pas qu'elles). Autrement dit, passé un certain degré et un certain niveau académique, apprendre et apprendre encore vos cours ne vous apportera plus beaucoup de résultats, et mieux vaudrait, admettons, travailler 30h par semaine pour avoir 13, que 100h pour avoir 14.

  • malou31malou31 Membre
    18 nov. modifié

    Je rejoins votre avis, mieux vaut un 13/20 avec un emploi du temps raisonné, que 14/20 avec un rythme de folie.

    Actuellement, et c'est ce qui m'a perdu également, je révisais (réécrivais, récitais) chaque partie de cours au moins trois ou quatre fois, voir cinq ou six si on s'en tient à la totalité du semestre. Je procédais ainsi selon le principe de la répétition espacée. Désormais je compte lire plusieurs fois le cours, ce qui est moins épuisant que de le réciter, et ne le faire qu'avec modération. Il faut que je "lâche prise" sur les questions de connaissances de cours. L'objectif n'est pas de connaître la totalité du contenu du cours, mais d'avoir quelques repères et de savoir présenter nos "connaissances" avec justesse, pertinence.

    Je pense que j'ai eu du mal à saisir les attentes de l'université, étant donné que certains professeurs nous demandaient, dans certaines matières, de réciter nos connaissances. Cela a provoqué une confusion chez moi, mais bien évidemment les professeurs d'université n'attendent pas qu'on recrache nos cours sans réfléchir, il est certainement plus valorisé de raisonner, d'avoir un esprit critique et de maîtriser personnellement les oeuvres. Il est aussi attendu de maîtriser "l'argumentation" - ce qui j'imagine est ce que vous entendez par "avoir un coup de main".

    Mieux vaut étudier peu, mais bien, que beaucoup et avec épuisement. Je conçois qu'il soit utile de se chronométrer durant les séances, cela permet certainement d'être plus efficace.

    Une professeure m'a garanti hier que j'avais le niveau pour valider une licence - voire un master. La problématique du stress est réelle chez moi, vous l'avez identifié avec justesse, elle me conduit au surmenage et pourrait être très délétère pour mes études. Je compte travailler dessus en priorité.

  • AscagneAscagne Membre

    Bonjour,

    Il faut en effet travailler ce problème de stress car j'imagine qu'en se liant négativement avec votre situation de santé, cela conduit hélas trop facilement à de grands problèmes pour la suite. C'est très important par rapport aux concours, évidemment.

    Concernant la perception du travail universitaire, il faut en effet acquérir des connaissances, qui sont indispensables, mais les autres aspects sont tout aussi importants voire prioritaires : à partir d'un certain niveau, des étudiants qui sont restés, comment dire, trop "scolaires" ou proposent un peu trop de récitation (certes plus approfondie) font fausse route, car ce n'est plus ce qu'on attend. C'est évidemment triplement vrai si vous voulez vous engager par exemple dans un master recherche. En revanche, bien entendu, il faut aussi ces connaissances.

    Concernant les cours eux-mêmes, vous pouvez sans doute essayer de trouver des méthodes permettant de diminuer cette anxiété ou le côté contre-productif de certaines approches trop lourdes. On attend beaucoup du côté de la méthode, et ensuite des capacités personnelles... En séminaire de master, pour des petits mémoires puis pour un gros mémoire, vous ne pourrez effectivement pas réciter.

  • malou31malou31 Membre

    Bonjour @Ascagne,

    La période est propice à un changement de méthode de mon côté, car je suis contrainte de travailler "dans l'urgence".

    Pour éliminer mon habitude, "scolaire", à apprendre les cours précisément, j'ai décidé de les lire et de les ficher rapidement, avant de faire des mind-map qui permettent de synthétiser. L'idéal serait de connaître 50% du cours environ, la plupart des étudiants ne font ps plus si je ne me trompe pas. Et oui, ce qui compte est l'appropriation personnelle des oeuvres étudiées, ce que je réalise parfaitement. L'essentiel est aussi de savoir construire une réponse, une dissertation, un commentaire composé...Le seul secret à mon avis est de s'entraîner très régulièrement.

    Seriez-vous d'accord avec l'idée que ce n'est pas la quantité de connaissances qui compte mais la façon dont on les utilise, dans un discours organisé ?

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.