Master ingénierie pédagogique après licence de lettres modernes

Bonjour,

J'ai quelques questions au sujet d'une possibilité d'orientation suite à ma licence de lettres, j'espère trouver quelqu'un ici qui serait partant pour discuter de cela avec moi.

Suite à ma licence de lettres modernes, je souhaite postuler dans plusieurs masters menant aux métiers de l'ingénierie pédagogique.

Je suis actuellement en train de débuter ma licence 3, j'ai une bonne moyenne pour le moment (en espérant que cela perdure).

Il s'agit notamment des masters MEEF (comme à Toulouse) mais aussi du master humanités numériques de Montpellier et Bordeaux.

Quelques questions à ceux/celles qui ont réussi à entrer/être diplômés de ce type de master :

-> Est-ce que l'entrée dans ces masters est très sélective ? Quelle moyenne environ pensez-vous qu'il faut avoir pour prétendre entrer dans un master MEEF ingénierie pédagogique/ humanités numériques ? ( de façon très générale, car cela varie bien évidemment selon les masters, Bordeaux est très sélectif)

-> Quels éléments peuvent mettre en avant une candidature ? Une connaissance du numérique, une maîtrise de l'anglais, des stages dans l'enseignement ? Avoir effectué un stage d'une semaine ou deux dans l'enseignement peut-il être considéré comme particulièrement avantageux ?

-> Pensez-vous qu'il soit judicieux de débuter par un master 1 sciences de l'éducation, sans avoir auparavant fait de licence sciences de l'éducation? (car j'hésite aussi à postuler dans ce type de master pour ensuite me rediriger vers un master dans l'ingénierie pédagogique)

-> Comment décririez vous la difficulté de ces masters, une fois admis, notamment après un parcours en littérature?

-> Comment jugez vous les débouchés de ce master ? Sont-elles bonnes ?

Je vous remercie pour vos réponses, qui me seront fort utiles.

Bonne journée et surtout bonne rentrée à tous !

Réponses

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    6 sept. modifié

    Bonjour,

    Je suis surpris d'apprendre qu'un master MEEF puisse être sélectif. Ces masters ont la réputation d'offrir un contenu de faible niveau disciplinaire, réputation qui, pour ce que j'en ai vu dans ma carrière, est plutôt méritée.

    Un master MEEF n'offre qu'un seul et unique débouché : la présentation aux concours de l'Éducation Nationale (CRPE, CAPES et leurs variantes). Ajoutons que même dans cette perspective, ils sont assez peu recommandés, car offrant un moindre niveau de maîtrise qu'un "vrai" master disciplinaire, dans la spécialité du concours présenté (pour les concours du 2nd degré).

    Les masters MEEF sont une solution bricolée après la masterisation des concours, pour permettre à certains étudiants de se prévaloir d'un diplôme "bac +5" et se présenter ainsi au concours. Ce stratagème fut nécessaire pour éviter d'aggraver une pénurie déjà importante d'enseignants, dans le premier degré comme dans le second. Dans les faits, le contenu de ces parcours est plus que discutable, malgré la bonne volonté de certains intervenants. Clairement, nous ne sommes pas sur des enseignements de nature universitaire, dans l'ensemble.

    Il me semble que vous pourriez trouver des masters, pourquoi pas masters pro, en lien avec vos centres d'intérêt, plus profitables qu'un master MEEF.

    Les masters sont de plus en plus nombreux à être sélectifs — prix de la démocratisation des études supérieures, des licences bradées et du naufrage du bac — c'est une réalité que beaucoup découvrent trop tard. Les critères de sélection tournent en général autour des mêmes choses : le niveau en licence (notes, moyennes), la clarté et la cohérence du projet professionnel (à ne pas négliger !), les lettres de recommandation et, dans une moindre mesure, les certifications de langues vivantes, l'expérience professionnelle. Bien sûr, chaque master aura des exigences ciblées en fonction de sa spécialité. Je pense à certains masters créatifs qui imposent de présenter des travaux, ce n'est qu'un exemple.

    Je ne cesserai de déconseiller les masters MEEF, à moins de m'adresser à un étudiant de faible niveau, qui aurait obtenu sa licence de haute lutte, avec des résultats passables. Pour un tel profil, un master MEEF est une chance, et tout le monde a droit à sa chance. C'est l'appelation de "master" (et le grade associé) qui me pose problème, car d'un point de vue universitaire, ces parcours n'ont rien d'un master.

    Je parle durement, mais en connaissance de cause.

  • malou31malou31 Membre

    Bonjour,

    Je suis également très surprise de lire que les masters MEEF sont d'une qualité aussi mauvaise. Merci pour l'information, qui a le mérite d'être avancée avec franchise. Et oui, les masters MEEF sont également sélectifs, mais si j'ai bien compris votre message, probablement dans une toute autre mesure que les autres masters.

    À partir de quelle mention environ un dossier est-il considéré comme "bon" en licence ?

    J'espère toujours recevoir des informations, de la part d'étudiants ou professionnels de l'ingénierie pédagogique, au sujet des formations, des débouchés etc. Je serais très heureuse, notamment, de connaître l'avis des étudiants du master "humanités numériques" (en EAD) de Montpellier.

  • Je vous rassure, je suis bien un professionnel de l'ingénierie pédagogique, même si je goûte peu ce terme de novlangue.

    Un bon dossier de licence, ce sont avant tout des résultats corrects (sans forcément être excellents), qui témoignent d'un effort soutenu de l'étudiant et de sa polyvalence. S'ajoute à cela les certifications complémentaires (langues, informatique) et un projet professionnel éclairé et cohérent.

    Je le répète : le débouché d'un master MEEF consiste essentiellement à se présenter aux concours de l'éducation nationale (1er ou 2nd degré) ou à exercer des fonctions d'enseignant (les masters MEEF ont été créés pour cela). Des fonctions qui ne nécessitent pas en elles-mêmes un master MEEF, mais qui peuvent tout aussi bien — et souvent : mieux, d'où le débat — s'exercer avec un master de la discipline enseignée.

    Le master "Humanités Numériques" de Paul Valéry est autrement plus intéressant ! Idéalement, il peut être complété, ensuite, par un master plus orienté vers l'institutionnel, l'évaluation des politiques éducatives, etc. comme ces deux-là :

    Ce qui ouvrira aux métiers du conseil, du e-learning, de l'ingénierie pédagogique, de l'évaluation, etc.

  • malou31malou31 Membre

    Je vous remercie pour vos conseils que je prendrai en considération au moment des candidatures en master.

  • Surtout, tenez-nous au courant et revenez partager votre expérience, qui pourra servir aux autres étudiants qui ne manqueront pas de se poser la question !

    Et si d'aventure, vous voulez mettre en pratique, accomplir un stage ou simplement trouver un job dans l'éducation, écrivez-moi en MP... 😉

  • malou31malou31 Membre

    Je vous remercie pour votre proposition, que je garderai en mémoire et je ne manquerai pas de donner des nouvelles.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.