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Sylvie Germain, Jours de colère, Chants, « Les frères » — Forum littéraire

Méthode commentaire Méthode dissertation

Sylvie Germain, Jours de colère, Chants, « Les frères »

Bonjour pouvez vous me dire quelle note j'aurais si j'ai fais ce plan et cette pb au bac aujourd'hui :

Comment ce texte déroute le lecteur ?

1) Une place importante accordée aux forêts

1.1) Une description de la forêt

1.2) La forêt qui éduque les neufs fils

2) Des personnages dont on n'ignore la majorité des choses

2.1) Des héros impersonnels (on ignore leurs nom, leur âge et leurs pensées)

2.2) des personnages qui cohabitent avec la nature au lieu de la dominer

3) une chronologie déconstruite

3.1) un cadre spatio-temporelle floue

3.2) une histoire raconter dans le désordre (on apprend à la fin pourquoi ils vivent dans la forêt...)

Sylvie GERMAIN (née en 1954), Jours de colère, Chants, « Les frères », 1989


Ils étaient hommes des forêts. Et les forêts les avaient faits à leur image. À leur puissance, leur solitude, leur dureté. Dureté puisée dans celle de leur sol commun, ce socle de granit d’un rose tendre vieux de millions de siècles, bruissant de sources, troué d’étangs, partout saillant d’entre les herbes, les fougères et les ronces. Un même chant les habitait, hommes et arbres. Un chant depuis toujours confronté au silence, à la roche. Un chant sans mélodie. Un chant brutal, heurté comme les saisons, - des étés écrasants de chaleur, de longs hivers pétrifiés sous la neige. Un chant fait de cris, de clameurs, de résonances et de stridences. Un chant qui scandait autant leurs joies que leurs colères.

Car tout en eux prenait des accents de colère, même l’amour. Ils avaient été élevés davantage parmi les arbres que parmi les hommes, ils s’étaient nourris depuis l’enfance des fruits, des végétaux et des baies sauvages qui poussent dans les sous-bois et de la chair des bêtes qui gîtent dans les forêts ; ils connaissaient tous les chemins que dessinent au ciel les étoiles et tous les sentiers qui sinuent entre les arbres, les ronciers et les taillis et dans l’ombre desquels se glissent les renards, les chats sauvages et les chevreuils, et les venelles1 que frayent les sangliers. Des venelles tracées à ras de terre entre les herbes et les épines en parallèle à la Voie lactée, comme en miroir. Comme en écho aussi à la route qui conduisait les pèlerins de Vézelay vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils connaissaient tous les passages séculaires2 creusés par les bêtes, les hommes et les étoiles.

La maison où ils étaient nés s’était montrée très vite bien trop étroite pour pouvoir les abriter tous, et trop pauvre surtout pour pouvoir les nourrir. Ils étaient les fils d’Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse.

1 Venelles : petits sentiers.

2 Séculaires : qui existent depuis cent ans ou davantage.

Merci de votre aide

Réponses

  • JehanJehan Modérateur

    Impossible de donner une note.

    Ce n'est d'ailleurs pas le rôle du forum.

    Et à l'examen, on ne note pas qu'en fonction du plan et de la problématique...

  • BetraveBetrave Membre

    Mais est ce que la problématique et le plan semblent possibles (ils ne sont pas hors sujet ?(je viens de lire la correction du sujet et je suis très stressée) )

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    C'est assez bon.

    Personnellement, pour la problématique, j'aurais plutôt abordé la notion de portrait indirect dans une tonalité merveilleuse. (Ce texte aurait pu figurer dans un recueil de contes).

  • NasraNasra Membre

    Bonjour, j'ai une question qui m'intrigue, j'ai peur d'avoir fait un hors sujet durant mon baccalauréat, je vais vous dire ma problématique : Comment le malheureux abandon des frères dans la nature montre au final une grande liberté acquise ?

    I ) Un malheureux abandon

    II) Qui apporte une grande liberté

    en fait la première parti de ce que je vois dans les corrigés m'a l'air bien mais par contre j'ai peur d'avoir fait un hors sujet sur la liberté, en gros j'ai dis que y'avait des affiliations entre l'espace et le fait de contempler les cieux, souvent c'est synonyme d'évadement, de plus j'ai dis que le fait d'être abandonné, c'était plus bénéfique pour eux que que de rester chez les parents car 9 enfants à nourrir en étant pauvre est impossible alors que vivre dans la forêt les loges, les nourris et de plus ils profitent de la liberté, ils n'ont pas besoin d'être contraint à travailler car ils vivent dans la forêt et ils profitent des délices de la forêt de la tranquillité et j'ai dis aussi que le chant signifiait le bruit et les sons de la forêt donc le vent qui souffle dans les herbes dans les feuilles des arbres, le bruit des ruisseaux etc...

  • 17 juin modifié

    Bonjour, j'ai l'impression d'avoir fait une 3ème partie qui est totalement décalée...

    Elle portait exclusivement sur la dimension mystique/religieuse du texte :

    A/ Le style de l'auteur imite celui des textes sacrés (construction des phrases; phrases très courtes qui rappelle les capitations bibliques au début du texte; usage de temps qui participent à une idée de permanence/transcendance de la nature; le dernier point renforcé par anaphore sur "Chant", un chant éternel, ubique et universel)

    B/ Les résonances mystiques et les références religieuses du texte donnent un poids immense à l'histoire de cette famille (formule du début qui rappelle la Genèse [1:27] "Les arbres les avaient fait à leur image"; champ lexical de l'espace/immensité qui donne un caractère important/inscrit l'histoire de la famille dans un cadre immense, transcendant; comparaison des chemins de la forêt aux chemins de pèlerinage pour Saint-Jacques-de-Compostelle; utilisation d'expansions du nom qui rappellent l'idée d'éternité; Ephraïm est un nom à forte consonance juive/hébraïque)


    Cela me paraissait évident de faire ce genre de partie mais en regardant les corrigés j'ai l'impression que ça ne l'était pas et que je me suis trompé sur le sens du texte. En plus toute mon ouverture parle de ce rapport divinisé à la Nature, de l'idée d'unité avec elle qui est développée dans le texte (j'ai ouvert sur les origines de cette vision de la nature dans le romantisme allemand et la filiation lointaine qu'entretiennent avec elle des auteurs américains comme Kerouac, mais j'ai l'impression que c'est un peu bancal). Pourtant ça me paraît être encore plus logique parce que d'après Wikipedia Sylvie Germain a beaucoup travaillé sur l'ascèse (on pourrait dire que la rudesse du mode de vie s'assimile à une forme d'ascétisme) ainsi que la mystique chrétienne.

    Je panique un peu du coup, qu'en pensez-vous ? Et que valent les corrigés en ligne sur des sites comme lemonde.fr ?)

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    Ces remarques sont très pertinentes. Elles manifestent une sensibilité et une culture peu ordinaires. Pas de panique.

  • Maaxoou_Maaxoou_ Membre

    Bonjour,

    J’ai choisi le commentaire au bac de français et dans mon introduction j’ai mis que le texte appartenait au mouvement du nouveau roman car l’écriture était froide, précise et que les personnages étaient décrits de manières floues, en basant mon plan la dessus..

    Sauf que j’ai fais mes recherches et apparement elle n’appartient à aucun mouvement, est ce grave ?

    Merci

  • AmmyAmmy Membre

    Cela n'a aucune importance. Mais pourquoi chercher à tout prix à rattacher tout le monde à un courant ?

  • @Ammy en discutant un peu avec des amis à moi qui ont rattaché Sylvie Germain au Nouveau Roman, j'ai l'impression que c'est dû à une conception un peu trop systématique des mouvements. On peut avoir l'impression qu'une oeuvre appartient à un mouvement parce que celle-ci date de la période du mouvement (par exemple le Nouveau Roman "s'étend" de 1956 à 1990 environ et le roman est paru en 1989). De plus nous retenons un certain nombre de mouvements pour le commentaire et cela peut donner envie de montrer ses connaissances le jour de l'épreuve 😅

  • duduledudule Membre

    Quelqu'un a-t-il jamais sinon pensé, du moins eu la politesse, de demander aux auteurs concernés (écrivains, cinéastes, musiciens, peintres, sculpteurs , etc...) dans quelle boîte ils souhaitaient être rangés ?

  • Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien,

    Alors voilà j'ai passé mon bac écrit de francais le 16 juin et depuis j'ai commencé mes révisions pour l'oral mais mon stresse lié à ce que j'ai donné pour le commentaire me bloque car j'ai l'impression d'avoir peut être fait un hors sujet..

    Je viens alors demander quelques avis, voilà ce que j'ai fait comme pb et plan:

    Pb: Comment le poète instaure dans un contexte surréaliste sa vision de l'Homme?

    I- Une description de la forêt

    1- une description pathétique de la forêt

    2- Une description qui présente la forêt comme étant le lieu premier d'habitat des neuf fils

    II- Un aspect surréaliste du texte

    1- un rapprochement d'éléments éloignés : l'homme et la forêt

    2- un jeu sur le sens et la forme des mots

    II- la dimension argumentif du texte

    1- un discours argumentatif (j'ai mit les caractéristiques principal qu'on pouvait trouvé dans un discours argumentatif comme les connecteurs logiques, une didactique (des faits précis etc...), argumentation indirect par le fait qu'elle veut donner sa vision de l'homme par des persos fictifs

    2- La vision de l'Homme par l'auteure


    en ouverture : les fables de la fontaine car c'est des argumentations indirects (qui mèlent la nature et j'ai oublié de le mettre ça)

  • dudule c'est au cœur du sujet (de ce fil). La question porte surtout sur la frange de population qui se manifeste bruyamment.

    Caroline Fourest parle très bien de cette « génération offensée » : https://www.babelio.com/livres/Fourest-Generation-offensee--De-la-police-de-la-culture-a/1201787

  • AmmyAmmy Membre

    Laurent Gaudé avait subi la même chose il y a quelques années à cause du fameux "tigre" qu'il n'avait certainement pas écrit dans l'optique du bac de français...

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