"Concurrence" entre ex-khâgneux et élèves issus d'une licence

Bonjour à tous,

Je suis actuellement étudiante en licence de lettres modernes, je vais rentrer en troisième année.

Il est difficile pour moi de projeter dans le futur, car j'ai le sentiment que toutes les places dans des écoles réputées, dans des masters sélectifs et pour des postes prisés seront systèmatiquement prises par les élèves issus de classes préparatoires. Ils ont été généralement préparés très efficacement à certains exercices (dissertation, commentaire, prise de parole orale), ont un dossier plus alléchant que celui d'un étudiant de fac.

On m'a déjà dit que l'agrégation était fermée aux élèves n'ayant pas fait de classe prépa et même le CAPES semble inacessible.

J'aimerais m'entretenir avec ceux qui sont passés par la faculté de lettres modernes - sans faire de prépa - que devenez vous ? Avez-vous réussi des concours ? Que faites vous comme métier ? Avez vous pu accéder à des postes prisés (dans l'édition par exemple).

Je vous remercie pour votre réponse,

À bientôt

Réponses

  • Bonjour, si vous permettez, on vous a raconté bien des sottises. L'agrégation est parfaitement accessible à qui n'a pas fait de prépa, ce qui ne veut pas dire qu'elle ne nécessite pas beaucoup de travail, et parler d’inaccessibilité du capes de lettres modernes... c'est pour le moins osé. Quant aux dossiers, à résultats équivalents, une prépa est un plus, sans doute, mais vos notes priment. Ne vous en faites pas pour cela.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    23 févr. modifié

    On vous a en effet raconté des bêtises... Il ne faut pas prêter attention aux rumeurs, qui au mieux sont l'œuvre d'ignorants, au pire de frustrés.

    Si vous consultez la page officielle des concours de l'éducation sur eduscol.gouv.fr, vous constaterez que CAPES et Agrégation externes imposent les mêmes conditions d'accès : un diplôme de niveau "bac + 5" (grade Master ou équivalent), sans aucune condition de discipline ou de spécialité. La suite relève de la compétence et de la préparation de chacun.

    La plupart des certifiés et agrégés de lettres que je connais — et j'en connais un certain nombre — sont issus du parcours universitaire (pas toujours en lettres d'ailleurs). Je connais une agrégée effectivement passée par l'ENS.

    Lorsque vous parlez des postes "prisés", vous vous projetez déjà fort loin. Il en va tout autrement dans le grand bain de la vie, votre parcours scolaire pourra y être fort secondaire... Bien entendu, les postes accessibles par concours pourront attirer des étudiants sortants de prépas ou de grandes écoles, puisqu'ils y auront été spécialement préparés. Cela dit, aucun concours de la fonction publique n'impose d'avoir fait de telles filières.

    Le monde de l'édition est un monde est part : tout s'y fait par cooptation et endogamie, du moins pour les postes à responsabilités. La main-d'œuvre courante est souvent faite de stagiaires ou d'alternants, de petits contrats, d'indépendants mobilisés au gré des pics d'activité (freelance). Je n'ai connaissance d'aucune accointance particulière entre les anciens de prépas et le monde de l'édition. C'est même plutôt un secteur où on en croise assez peu.

    Parmi tous les postes "privilégiés" (encore faut-il s'entendre sur le mot...) dans le domaine des lettres que je connais (directeur de maison d'édition, directeur de département,...), aucun ne sort de prépas. On trouve beaucoup d'anciens prépas parmi les enseignants de certains milieux, les inspecteurs de l'éducation nationale (IA-IPR, etc.),...

    À terme, ce ne sont pas ces choses-là qui sont déterminantes. Vous subissez des contraintes, vous placez des obstacles, qui n'ont pas lieu d'être. Visez les fonctions ou concours qui vous intéressent, choisissez la meilleure voie pour y accéder en fonction de vos capacités et compétences (la distinction entre prépa et université est ici fondamentale, pour le 1er cycle). Surtout, soyez vous-même, cultivez vos affinités propres, construisez votre parcours de lecteur singulier et visez l'excellence, non par la grâce et la réputation de votre filière, mais par vous-même.

  • Je vous remercie pour vos réponses, j'y vois plus clair et en effet certains m'ont raconté des histoires !

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