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Apprendre la totalité du cours par cœur ou faire des fiches ? — Forum littéraire

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Apprendre la totalité du cours par cœur ou faire des fiches ?

Bonjour,

Je suis actuellement étudiante en licence de lettres modernes à distance.

Ma question est la suivante : est-il indispensable de connaître la totalité du cours par coeur pour réussir à l'examen, ou faut il plutôt sélectionner les éléments importants dans le cours et faire des fiches ?

Merci pour votre réponse,

Cordialement

Mary

Réponses

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    7 févr. modifié

    Bonjour,

    L'apprentissage par cœur et la récitation vous mèneront inévitablement à l'échec dans les études de lettres. Au demeurant, la simple possibilité de l'envisager révèle un rapport plutôt douteux au savoir et à la pratique, aux études en général. Concentrez-vous plutôt sur les lectures.

    Faire des fiches est une méthode efficace pour retenir les points essentiels, oui, mais sous réserve que cette méthode soit compatible avec votre mode personnel d'apprentissage, votre type de mémorisation. Beaucoup d'étudiants avouent également que la réalisation même des fiches leur permet d'apprendre (et de mieux comprendre) le cours et qu'ils ne les utilisent finalement pas ensuite...

    Pour ma part, en tant qu'enseignant, je constate depuis quelques années une recrudescence des "fiches", il y a aussi un effet de mode et un conformisme. Je suis très sceptique face à cette méthode d'apprentissage, du moins en lettres (ce n'est pas la même chose en médecine, par exemple). Le principal défaut des fiches, c'est qu'elles imposent que l'étudiant sache discriminer l'information (ce qui est important, ce qui ne l'est pas, les concepts et les exemples, etc.), ce qui est rarement le cas.

    En lettres modernes, rares sont les matières dont l'examen impose une restitution encyclopédique de connaissances. À la limite, en ancien français, linguistique, histoire du français, oui, il y a un peu de mémorisation, mais ce sont surtout des éléments fixes, des repères, qui serviront à construire une démonstration, un raisonnement dynamique et spécifique à un sujet ou à un texte donné.

    Il est vrai qu'à distance, vous aurez surtout des supports écrits en guise de cours. Des fiches de synthèse peuvent donc être utiles. Qui dit synthèse dit reformulation des éléments essentiels. La reformulation permet l'apprentissage, car elle oblige à s'approprier les idées (en effet, le cerveau ne peut pas reformuler quelque chose qu'il ne comprend pas).

    La priorité reste la lecture des œuvres, leur appropriation et la connaissance de leurs enjeux littéraires et contextuels. Il faut lire, lire, lire,... et réfléchir par soi-même. L'intendance suivra.

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    @malou31

    Cela dépend un peu des matières... il y a des matières où il faut quand même apprendre un certain nombre de concepts afin de pouvoir faire appel à des définitions solidement mémorisées. Je pense aux matières plus techniques, comme la grammaire.

    Il y a aussi des points d'histoire littéraire, des concepts critiques qu'il est important de mémoriser, sans forcément qu'il soit obligatoire de les connaître "par coeur".

    Dans d'autres matières, comme les cours de littérature pendant lesquels on vous fait travailler sur le commentaire de texte, apprendre le cours par coeur n'apporte pas grand chose, il me semble. En revanche, relire ses cours attentivement pour refaire le cheminement intellectuel et pour se réapproprier les démonstrations doit permettre de mieux maîtriser l'exercice. Mais cela n'est nullement un apprentissage "par coeur", même si cela implique une certaine forme de mémorisation.

    Ce que je recommande à mes élèves (en fonction du type de cours), c'est de laisser quelques centimètres libres en bas de chaque page lorqu'on prend le cours en note. Ensuite, quand on relit son cours (idéalement dans les 48h après le cours), on fait une phrase de synthèse en bas de chaque page. Cela permet de s'approprier les connaissance, de s'entraîner à rédiger, et de distinguer l'essentiel de l'accessoire. C'est un exercice en réalité assez difficile, mais je trouve qu'il apporte beaucoup.

  • malou31malou31 Membre

    Bonjour,

    En effet, j'ai longtemps appris par coeur mes cours, de peur que les professeurs nous interrogent précisément sur une définition, une date, le jour du partiel. Cela est évidemment extrêmement chronophage, et m'a empêché de passer le temps nécessaire à la lecture des oeuvres et à la recherche d'éléments permettant une analyse de ses oeuvres.

    Je ne vais pas effectuer de fiches, mais plutôt souligner et surligner les éléments essentiels du cours, avant d'utiliser une méthode pour les mémoriser simplement, notamment la courbe de l'oubli ou les flash-card. Mais je crois que je vais vraiment m'obliger à me concentrer sur l'essentiel.

    Il y a des matières où cela ne s'applique pas : il faut apprendre par coeur le vocabulaire de latin etc.

    Merci pour vos conseils.

  • @malou31

    Bonjour,

    Vous dites : "Il y a des matières où cela ne s'applique pas : il faut apprendre par cœur le vocabulaire de latin etc."

    J'étais en clase de seconde, mon prof d'allemand nous a dit : "Avant de mémoriser tout à fait un mot, sachez qu'il faut l'apprendre et l'oublier 7 fois !"

    Cette phrase m'a marquée, la preuve…

    Je n'ai pas compté le nombre de fois où j'ai appris, oublié, réappris, etc. les mots d'une langue étrangère mais il doit bien y avoir quelque chose de vrai là-dedans.

    J'ai une question : que sont les courbes de l'oubli et les flash-cards exactement ?

  • duduledudule Membre

    "et m'a empêché de passer le temps nécessaire à la lecture des oeuvres et à la recherche d'éléments permettant une analyse de ses oeuvres."

    C'est bien là le problème ! ;-) Un jour d'oral, ce qui sera attendu, ce n'est pas de réciter un cours ou d'avancer un plan tout prêt et tout convenu : l'examinateur s'en rendra compte immédiatement. J'ai fait passer des milliers d'oraux, à tous niveaux (BAC +2 à BAC +nn, certes... en sciences). Un examinateur intelligent n'attend pas un rendu standardisé : il attend VOTRE lecture, VOTRE interprétation, VOTRE ressenti et, surtout, VOTRE argumentation.

    Vous mentionnez le latin, mais... la remarque est valable pour toutes les disciplines : on ne peut pas y aller non plus sans avoir un minimum de vocabulaire ;-) Le vocabulaire anglais, allemand, espagnol, italien ou autres... il a bien fallu s'y coller à un moment ;-)

  • malou31malou31 Membre

    @fandixhuit

    Alors,

    -> La courbe de l'oubli est une méthode basée sur une expérimentation scientifique - qui dit qu'il faut répéter l'information le jour même de l'apprentissage, le lendemain, trois jours après, la semaine suivante, le mois suivant, puis dans les six mois. Le principe est surtout qu'il faut diviser son temps de travail en plusieurs séances de "tests" où l'on "ressort" ses connaissances, plutôt que de vouloir tout apprendre en une séance, par exemple la veille d'un examen...

    -> Les flashcard sont faites à la main ou avec une application (Anki, Quizlet). Sur une face d'une carte, on note par exemple la traduction d'un mot de vocabulaire. Sur l'autre, on note le mot de vocabulaire à retenir dans la langue. Cela simplifie la mémorisation et ressemble assez à un jeu.

  • OK, merci. Cette "courbe de l'oubli" ressemble donc un peu à ce que disait ma prof d'allemand précédemment citée.

    Bon courage pour vos études.

  • duduledudule Membre

    Je suis bien d'accord que l'apprentissage d'une langue ne peut se faire que progressivement et non par "injection massive" ;-) Le principe des flashcards, pourquoi pas (mais gare aux différents sens que peut prendre un mot selon son contexte). La courbe de l'oubli... pourquoi pas... mais il est des choses qu'on oublie très vite. Quand j'étais en prépa (scientifique), le prof d'allemand nous faisait apprendre des listes de vocabulaire, thématiques (il s'appuyait sur un ouvrage que je crains - malheureusement - ne pas avoir conservé) : bon, ben au début... on fait au mieux. Mais je crois que j'ai craqué lorsqu'on a abordé la thématique "locomotive" ! Oh... il y a bien y avoir eu une semaine de mon existence durant laquelle j'ai connu tout le vocabulaire afférent ! Je pense que c'est à ce moment là que j'ai dû me dire : "Bonhomme, si tu veux progresser en allemand, tu laisses tomber les locomotives et tu vas lire Brecht, Kafka ou Dürenmatt directement dans le texte !".

  • @dudule

    J'ai dû avoir ce bouquin aussi (il y en a eu deux éditions, une blanche et une verte).

    Il paraît logique, quelle que soit la langue qu'on apprend, de procéder par thèmes.

    En primaire, en français, nous avions de beaux tableaux en couleurs : la ferme, la moisson, les vendanges, etc...

    En français aujourd'hui (je parle du premier cycle), on travaille bien selon les champs (et réseaux) lexicaux.

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