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Scènes au restaurant dans la littérature naturaliste

Bonjour,

Dans le cadre d’un dossier à rendre, je recherche des passages qui se passent au restaurant dans la littérature naturaliste. Le mieux serait un repas entre bourgeois ou aristocrates.

Je vous remercie d’avance !

Belle soirée

Réponses

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    25 nov. modifié

    Ce n'est pas au restaurant, mais dans la boutique d'une blanchisseuse : le repas de Gervaise dans L'Assommoir.

    Dans Bel Ami de Maupassant, on trouve une savourause scène au restaurant, dans laquelle se déploient plusieurs analogies entre la nourriture, la consommation et le désir charnel.

    J'ai à l'esprit plusieurs exemples de repas fameux, mais qui ne se déroulent pas au restaurant (le repas de mariage d'Emma chez Flaubert, etc.)

    Pour se limiter au naturalisme strictement, il faudra revoir les romans des frères Goncourt et le cycle des Rougon-Macquart chez Zola, qui offre plusieurs scènes au restaurant.

  • La scène du mariage dans L'assomoir ?

    Mais pas de bourgeois ou d'aristocrates.

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    Le chapitre 1 de l'Argent de Zola.

    Cet extrait de l'Assommoir

     Puis, ces jours-là, il débauchait Coupeau, parlait d'une longue course, l'emmenait ; et, attablés nez à nez au fond d'un restaurant voisin, ils se flanquaient par le coco des plats qu'on ne peut manger chez soi, arrosés de vin cacheté. Le zingueur aurait préféré des ribotes dans le chic bon enfant ; mais il était impressionné par les goûts d'aristo du chapelier, qui trouvait sur la carte des noms de sauces extraordinaires. On n'avait pas idée d'un homme si douillet, si difficile. Ils sont tous comme ça, paraît-il, dans le Midi. Ainsi, il ne voulait rien d'échauffant, il discutait chaque fricot, au point de vue de la santé, faisant remporter la viande lorsqu'elle lui semblait trop salée ou trop poivrée. C'était encore pis pour les courants d'air, il en avait une peur bleue, il engueulait tout l'établissement, si une porte restait entrouverte. Avec ça, très chien, donnant deux sous au garçon pour des repas de sept et huit francs. N'importe, on tremblait devant lui, on les connaissait bien sur les boulevards extérieurs, des Batignolles à Belleville. Ils allaient, Grande-Rue des Batignolles, manger des tripes à la mode de Caen, qu'on leur servait sur de petits réchauds. En bas de Montmartre, ils trouvaient les meilleures huîtres du quartier, à la Ville de Bar-le-Duc. Quand ils se risquaient en haut de la butte, jusqu'au Moulin de la Galette, on leur faisait sauter un lapin. Rue des Martyrs, les Lilas avaient la spécialité de la tête de veau ; tandis que, chaussée Clignancourt, les restaurants du Lion d'Or et des Deux Marronniers leur donnaient des rognons sautés à se lécher les doigts. Mais ils tournaient plus souvent à gauche, du côté de Belleville, avaient leur table gardée aux Vendanges de Bourgogne, au Cadran Bleu, au Capucin, des maisons de confiance, où l'on pouvait demander de tout, les yeux fermés. C'étaient des parties sournoises, dont ils parlaient le lendemain matin à mots couverts, en chipotant les pommes de terre de Gervaise. Même un jour, dans un bosquet du Moulin de la Galette, Lantier amena une femme, avec laquelle Coupeau le laissa au dessert.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    26 nov. modifié

    Le style et le rythme de Zola ne cesseront jamais de m'impressionner.

  • En un sens, oui. Mais dans l'autre, c'est lourd-lourd-lourd.

  • On peut être impressionné par la lourdeur 😉

    C'est probablement le prix à payer pour concrétiser cette vision panoptique, ce désir de manifester la simultanéité des événements, dans une forme forcément linéaire.

  • fandixhuitfandixhuit Membre
    27 nov. modifié

    D'accord. Mais Flaubert, dans le même style, est moins lourd.

    Pour la "simultanéité des événements", je préfère le "flux de conscience" de V. Wolff. Mais il est certain qu'on ne pouvait écrire au XXe siècle comme au XIXe.

    C'est une question certes banale mais qui m'intéresse : la relativité de l'écriture (et de l'art d'une manière générale), son insertion dans le siècle, etc.

  • Merci beaucoup pour vos réponses ! Ça va m’être bien utile

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