Passer en master recherche avec mon niveau ?

Bonsoir,


Actuellement en L3 lettres modernes, je réfléchis à mon projet futur. Pour être franc, j'ai toujours été un étudiant "moyen" qui tourne entre 12 et 14.

En L1 j'étais autour de 10 voire 11 de moyenne. L'année dernière je m'étais plutôt bien sorti en L2 avec un 13 de moyenne générale.

Cette année, je m'accroche, les cours sont très intéressants et même si je comprends plutôt bien, mes premiers retours de devoirs tournent entre 10 et 13. Pour être objectif, je crains de ne pas réussir à faire comme l'an dernier.

J'ai déjà évoqué mon projet universitaire (master recherche avec les centres d'intérêts que je souhaite approfondir) à mon coordinateur de licence qui m'a dit que mes sujets étaient "intéressants".

Mais le problème c'est la sélection en master ; pensez-vous qu'elle soit sélective ?

Si j'arrive à m'en sortir avec tout juste la moyenne cette année puis-je espérer être accepté ?

J'ai oublié de dire que je concilie ces études avec un emploi à plein temps donc j'ai des aménagements possibles pour être présent aux examens mais pas aux TD.

Merci de me renseigner sur ce qui est attendu pour l'entrée en master, en cas de réussite cette année.

Réponses

  • Bonjour,

    Concernant la sélection éventuelle à l'entrée en Master, il paraît difficile de vous répondre. C'est à vous qu'il revient de vérifier ce qui se pratique dans votre université. Adressez-vous en premier lieu à vos professeurs.

    Votre lucidité quant à votre niveau est un point positif. Personnellement, je suis toujours optimiste et je sais qu'un étudiant "moyen" en 1er cycle peut se révéler un bon chercheur en master et en doctorat. Le fait de se spécialiser, de travailler à des sujets et thèmes de prédilection joue beaucoup sur la motivation et l'engagement.

    Il faudrait peut-être cibler plus précisément vos difficultés. Certaines matières vous posent-elles problème ? Quel est le point faible de vos travaux : méthode, fondement bibliographique, rédaction, réflexion et analyse, etc. ?

    De mon temps 😅, l'inscription en Master était de droit pour tout étudiant ayant validé sa licence. Nous étions toutefois peu nombreux à poursuivre en Master recherche (une quarantaine, bien vite devenue une trentaine...), alors qu'il s'agissait d'une grande université. À vrai dire, je ne sais même pas si nos professeurs de Master avaient accès à notre dossier scolaire et s'ils connaissaient nos notes... En revanche, il était demandé à l'étudiant d'avoir un projet de recherche plutôt bien défini dès le Master 1. Idéalement, dès l'entrée en M1, pour certains professeurs.

    Les choses ont pu changé, notamment avec la masterisation des concours, qui entraîne mécaniquement plus de poursuites d'études en Master, sans pour autant que l'étudiant ambitionne de faire de la recherche et de continuer en doctorat.

    Je ne connais pas votre université, mais je ne pense pas que l'entrée en master soit sélective. La sélection se pratique plutôt pour des masters spécifiques, à mention spéciale, à effectif limité, etc., beaucoup moins pour les masters "génériques" comme ceux de lettres. Encore une fois, compilez les sources, car je ne suis plus dans le bain de l'université française depuis quelques années.

  • Bonjour,

    Je rejoins l'avis de Lucid_Lynx.

    Les masters recherchent ne sont pas les plus convoités et en ayant validé une licence de lettres modernes, tu peux largement espérer intégrer le master recherche de ton université ou d'une autre. Si tu disposes d'un projet de recherche pertinent au moment de ta candidature, il n'y a pas de raison que cette dernière n'aboutisse pas. Après, j'ignore le nombre de places offertes par chaque master recherche en lettres, mais j'ai envie de te dire que celui de La Sorbonne est accessible avec un dossier correct.

  • dinozordinozor Membre

    Vous passerez en master, à mon avis ; il ne faut pas en exagérer la "sélectivité", toute relative. En revanche, demandez-vous bien ce que vous souhaitez faire ensuite.

  • Il est évident qu'un master recherche suppose un projet et de la suite dans les idées ! Parce que la valeur d'un master recherche sur le marché du travail... LOL ! comme on dit.

  • Beaucoup font un master recherche et finissent prof. Si l’enseignement est une voie qui vous intéresse, alors le choix d’un master recherche est tout à fait adapté.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    19 nov. modifié

    @Unefleurauprintemps : c'est ce que j'écris, il faut un projet. L'enseignement est évidemment envisageable. Un master recherche est aussi une solide préparation aux concours du CAPES et de l'Agrégation (plus solide que les masters MEEF, mais ça c'est mon avis personnel).

  • MkrMkr Membre
    21 nov. modifié

    Bonsoir tout le monde,


    Merci pour vos avis et pour vos conseils !

    Effectivement il faut un projet solide et en ce qui me concerne, j'ai toujours adoré la recherche et pousser une question jusqu'au bout et j'adore concilier cette appétence avec la littérature. D'un point de vue professionnel, idéalement, j'aimerais enseigner à l'université. Mais attention, je sais parfaitement que les places sont très chères et que cette aspiration relève souvent du parcours du combattant.

    J'ai bien conscience qu'intégrer l'université en tant qu'enseignant nécessite plusieurs bagages dont l'agrégation externe (et je me décourage déjà en me disant que je ne peux pas réussir ce concours) donc pour l'instant, je me concentre sur mon futur proche et le master recherche me correspond à tout point de vue. Le master MEEF ne m'intéresse pas et les retours que j'en ai sont assez négatifs.

    Beaucoup d'amis souhaitent faire un doctorat après un master MEEF et c'est pas gagné ! Me concernant, si jamais je vais jusqu'au master recherche avec soutenance de mémoire, et que je n'arrive pas à réussir le concours de l'agrégation j'espère au moins aller jusqu'au doctorat après on verra les options professionnelles : soit me limiter à la carrière d'enseignant dans le secondaire (attention, aucun préjugé négatif, j'adore ce métier que je trouve noble). Je sais qu'il existe d'autres options pour enseigner à la fac mais elles sont minoritaires.

    Enfin bon, tout ça pour dire que je sais que professionnellement, la recherche n'est pas synonyme de réussite, j'en ai des exemples autour de moi. J'ai quelques options en tête mais on verra cela le moment venu.

    Une légende raconte que l'agrégation est requise pour enseigner à la fac pour éviter la multitude de thèses en peau de lapin. Je ne suis pas totalement convaincu par cette croyance populaire.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Légende? Croyance populaire?

    Jen connais une autre : piston et politique.

  • dinozordinozor Membre

    Ce n'est pas une "croyance populaire". Vous n'avez pas l'air de bien comprendre ce qui vous attend.

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    @Mkr l'obtention de l'agrégation n'est pas une obligation administrative pour enseigner à l'université en tant que maître de conférences ou professeur des universités. Les seules choses requises, ce sont l'obtention d'un doctorat ainsi que la "qualification".

    Cependant, dans certaines matières "à agrégation", lors de l'examen des dossiers pour les recrutements, les personnes qui ne sont pas titulaires de l'agrégation sont plutôt classés en bas, et quand on voit le nombre de candidats, on comprend pourquoi les personnes recrutées sont majoritairement agrégées.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Quand on ne se sent pas capable de passer l’agrégation, je ne compte pas que l’on puisse prétendre enseigner à l’université.

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    Et pourquoi pas @Laoshi ?

  • MkrMkr Membre

    En quoi ce que j'ai décrit comme croyance populaire ? Et en quoi cela fait de moi quelqu'un qui ne comprend pas ce qu'il attend ?

    J'ai pourtant expliqué ma lucidité quant à la difficulté d'intégrer l'université.

  • MkrMkr Membre

    Il y a une différence entre découragement (parfaitement compréhensible au vu de la réputation du concours jugée difficile) et prétendre enseigner à l'université.


    Pour exemple, j'ai deux enseignantes qui n'ont ni l'agrégation ni un passage à l'ENS et pourtant elles enseignent à la fac depuis plusieurs années !

    Un autre enseignant était dans le secondaire et il est "détaché" pour enseigner à la fac.

  • MkrMkr Membre

    Oui je comprends bien. L'agrégation fait vraiment la différence dans la sélection des candidats.

    Merci pour votre message.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Erreur dans mon message précédent, „aménagé“ par mon téléphone.

    Il fallait comprendre je ne crois pas et non je ne compte pas.

    Opinion toute personnelle, theredroom…

  • MkrMkr Membre

    @ Laoshi :

    Une opinion toute personnelle mais qui reflète malgré tout un courant de pensée assez répandu en France, celui de la négativité. J'ai eu l'opportunité de faire des séjours pros à l'étranger, et notamment dans les pays anglophones et ce n'est pas le même son de cloche. Là-bas, l'ambition n'est pas un gros mot et on encourage les gens à aller au bout des projets fixés : quel que soit le niveau de la personne, on regarde ses points forts et ses qualités pour les mettre en valeur et progresser là où les lacunes persistent.

    Ici, en France, malheureusement, il suffit d'un petit commentaire dans lequel je parle d'un découragement (passager) pour lire une formule lapidaire qui consiste à dire que si je doute de mes compétences pour ce concours (l'agrégation) c'est que je ne suis pas fait pour enseigner à la fac. Sans prendre en compte le contexte (salarié à temps plein et qui malgré tout, arrive à avoir entre 12 et 13 de moyenne sans participer aux TD ni aux CM, sans prendre en compte le projet etc).

    Enfin bref, chacun ses opinions, mais je persiste à dire qu'en France on a tendance à décourager et enfoncer les gens plutôt que de les soutenir. Si j'avais écouté ma conseillère d'orientation au collège je serai sans doute dans une voie pro (que je ne dénigre absolument pas) car elle me disait déjà "vous rêvez et vous devez revoir vos ambitions à la baisse" quand je lui disais que je voulais simplement aller en générale.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    22 nov. modifié

    @Mkr La nécessité de l'agrégation pour obtenir un poste à l'université en littérature n'est pas une "croyance populaire", mais une réalité statistique. Bien sûr, on ne peut pas généraliser à d'autres disciplines : certaines n'ont pas d'agrégation correspondante, d'autres montrent moins d'intérêt (obsession ?) à ce concours.

    Certes oui, l'agrégation n'est pas requise administrativement pour obtenir un poste à l'université (idéalement MCF-HDR ou professeur d'université). Dans la réalité, elle est utilisée pour trier les nombreux candidats. Bien sûr, on peut s'amuser à citer les exceptions individuelles, on connaît tous quelqu'un qui... etc. Le général l'emporte pourtant ici sur le particulier, et de loin.

    Cela dit, l'agrégation ne garantit rien pour autant. J'en reviens à la formule lapidaire de @Laoshi : "piston et politique" à laquelle je souscris. C'est malheureusement la triste réalité. Les recrutements à l'université relèvent de la mascarade consensuelle, il s'agit avant tout d'une cooptation par les pairs. Ce qui compte le plus, c'est souvent l'appui de son directeur de recherche, ses réseaux, ses accointances (parfois politiques), etc. En lettres, c'est une réalité. Pour ma part, ce fonctionnement de courtisans et d'échanges de bons services (toujours informels) m'a incité à quitter le monde de la recherche universitaire française (en lettres), à ce jour sans regret. On ne peut pas défendre la puissance de l'art et de la littérature lorsqu'on se compromet moralement à ce petit jeu. Chacun voit midi à sa porte et chacun est maître des compromis qui conviennent à ses objectifs, je le reconnais sans peine. Il est évident que détenir l'agrégation (ainsi que d'autres qualités : publications, participations aux colloques, dynamisme, expérience de l'enseignement,...) aidera votre "parrain" (oui, nous en sommes là) à défendre votre cas.

    Je m'arrête pour ne pas tomber dans le dénigrement acerbe.

    Je rejoins également @Laoshi, même si je ne l'aurais pas formulé ainsi, à propos de l'appréhension à se frotter à l'agrégation tout en aspirant à enseigner à l'université. On peut tout à fait devenir un bon enseignant-chercheur sans avoir obtenu l'agrégation, bien sûr, mais elle garantit au moins une polyvalence et une maîtrise de certaines compétences fort différentes de celles mobilisées lors d'un doctorat, des compétences qui font encore aujourd'hui cruellement défaut à beaucoup d'universitaires. Par l'obligation d'exercice qu'elle impose (même si on peut obtenir un report de stage pour achever son doctorat), elle permet aussi au futur universitaire de garder les pieds sur terre...

    Évidemment, à l'étranger, l'agrégation ne sert à rien (hors des cercles français) et, au mieux, apparaît comme une curiosité folklorique de ces maudits français, toujours avides de distinctions et de privilèges. L'international oblige à relativiser et c'est tant mieux. Je précise que j'ai moi-même quitté la France, il y a des actes au bout des idées que je profère ici. J'enseigne dans le second degré (lycée français à l'étranger), à l'université (max 4-6h/sem.) et je ne fais plus de recherche, mais me consacre à l'écriture créative. Je publie de temps à autre un article (disons un ou deux par an) dans une publication collective universitaire (francophone ou hispanophone), histoire de garder la forme et de me sentir flatté quand mes étudiants me citent. 😎

    @Mkr Rien ne me choque dans votre posture, vous doutez, vous dansez d'un pied sur l'autre par ignorance des ficelles. C'est le signe de quelqu'un qui s'interroge et ne trône pas sur ses certitudes ou ses préjugés. Il faut bien que jeunesse se fasse (j'adore dire ça à 37 ans). Bref, ne partez pas ! 😘

  • LaoshiLaoshi Membre

    À Mkr.

    Il n’est pas question pour moi de te décourager et d’enfoncer, comme tu dis, les gens que je ne connais pas, mais pas non plus de me prêter à une démagogie ridicule. Il vient un moment où, avec le recul, l‘on devient réaliste. C’est tout. Les choses sont ce qu’elles sont. Et si l’on tombe de haut, après on pleure.

    Alors, il faut simplement que tu saches qu’il est plus facile d’obtenir l’agrégation qu’un poste de professeur en faculté, même si l’on en connaît qui …ou que…Il faut savoir aussi que tous les gens qui donnent quelques cours en fac n’y ont pas pour autant un vrai poste, mais font aussi autre chose.

    Je crois que Lucid_Lynx a suffisamment bien expliqué les choses, pour que je n’aie rien à rajouter.

    Les concours des grandes écoles, l’agrégation sont des moyens de sélection …en France. Regrettable ou non, chacun en pense ce qu’il veut. Ailleurs, on sélectionne également, de façon différente, sur d‘autres critères. Et pour parler des pays anglophones, que je connais un peu, n’entre pas qui veut à Harvard, au MIT, ou à Stanford.

    Cela dit, il faut avoir des ambitions , et je te félicite d’en avoir. Après, il reste à se donner les meilleurs moyens de les réaliser. Contrairement à ta conseillère d’orientation de collège, je t’encourage à revoir tes ambitions à la hausse.

    Bonne poursuite d’études donc !

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    23 nov. modifié

    Mon opinion sur l'enseignement à l'université est tout aussi désabusé que celle de @Lucid_Lynx et de @Laoshi et je souscris tout à fait à leurs remarques.

    Je pense qu'un doctorat bien mené suffirait en théorie à garantir une certaine qualité de l'enseignement à l'université, malheureusement les doctorats (en tous cas, dans les matières dites "littéraires") ne sont pas bien encadrés, et force est de constater que l'agrégation donne souvent des garanties bien meilleures aux recruteurs de la solidité de la formation des candidats. Cela me désole, mais c'est ainsi.

    Cerise sur le gâteau, un agrégé saura assurer un cours de grammaire au débotté, même si ce n'est pas son sujet de prédilection. Ou d'ancien francais. Ou de littérature comparée. Une polyvalence que les responsables d'UFR apprécient grandement !

    Je tiens aussi à ajouter qu'enseigner sans thèse est loin d'être une exception à l'université. En réalité, on trouve de plus en plus de départements où une poignée de maîtres de conférences ou de professeurs des universités encadrent une foule de personnes aux statuts divers... les mieux lotis étant les PRAG ou PRCE, enseignants titulaires de l'agrégation ou du CAPES détachés dans le supérieur, qui ont au moins un poste fixe mais qui font le double d'heures de cours qu'un maître de conférences. Plus bas dans l'échelle, des gens en CDD, des ATER, des chargés d'enseignement vacataires (CEV) ou agents temporaires vacataires (ATV), ces deux derniers n'étant pas représentés dans les instances "démocratiques" de l'établissement, payés à l'heure de cours, sans possibilité d'indemnité en cas d'arrêt maladie, sans congés payés etc. voir un article, vieux mais toujours d'actualité : https://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/05/les-soutiers-de-l-universite_1249443_3224.html

    Bien entendu, dans ce monde, il y a des gens qui cherchent à bien faire, qui sont "réglos", des départements et des universités qui renouvellent leurs pratiques. Il y en a même beaucoup. Malheureusement, même les gens / UFR / université de bonne volonté sont souvent freinés par l'asphyxie budgétaire, les réformes et fusions, et les bonnes vieilles habitudes d'entre-soi reprennent le dessus assez facilement.

    Vouloir faire une thèse et passer l'agrégation sont des objectifs tout à fait louables et des expériences intellectuelles extraordinaires. On peut aussi beaucoup se plaire à l'université si l'on y trouve sa place. J'ai beaucoup apprécié d'y travailler plusieurs années, de participer à des colloques, de rencontrer des gens formidables de nombreux pays, de monter des projets enthousiasmants. Mais tout cela, ni d'ailleurs le prestige des institutions, ne saurait cacher les travers d'un monde qui, sous prétexte qu'on est entre passionnés, bafoue souvent la dignité des gens (et le droit de la fonction publique aussi, d'ailleurs).

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.