Méthode commentaire Méthode dissertation

Parler de littérature française a-t-il un sens ?

Voici un premier jet. Qu'en pensez-vous ? Que me suggérez-vous ?


Introduction


Développement = Plan dialectique (thèse, antithèse et synthèse)

1 Oui, il existe une littérature typiquement française

2 Il existe d'autres littératures (étrangères donc). Russe, américaine, espagnole...

3 Mais n'y a t-il pas des particularités spécifiques à chacune

Histoire littéraire différente

Thématiques différentes


Conclusion


Merci de votre aide. Je suis en reprise d'études.

Réponses

  • J'affine.


    Thèse : Oui, il existe une littérature française avec une histoire singulière, des auteurs, des ruptures, une littérature française contemporaine riche.

    Antithèse : Il existe aussi, et de la même manière (des particularités propres à chaque pays, chaque culture), une littérature étrangère. Russe, espagnole, américaine, japonaise, etc.

    Synthèse : Mais n'ont-elles pas les mêmes buts ? instruire, Emerveiller, Conscientiser ?

  • Le plan dialectique, même si la formulation du sujet y invite, ne vaut que si nous le dépassons.

    Une littérature française, mobilisant des thèmes propres à la société et à l'épistémologie française, certes oui (comme dans chaque pays), mais une littérature française qui se nourrit des apports d'autres littératures (à commencer par les littératures antiques). Les influences étrangères me semblent capitales. Il me semble aussi qu'il faudrait parler des littératures francophones dans le cadre de ce sujet.

    Une synthèse sur les fonctions de la littérature me semble hasardeuse. Il pourrait être intéressant de tenter de dépasser le terme de "littérature française", comme vous auriez commencé à le faire dans les parties précédentes : une littérature n'est jamais un cercle autonome sans influence extérieure ; une littérature ne peut être circonscrite à une nationalité car c'est la langue qui lui donne sa portée et son amplitude, réalité d'autant plus forte en ce qui concerne les puissances coloniales, dont la langue a rayonné plus que toute autre (pour le meilleur et pour le pire...).

  • Merci Lucid_Lynx

    Je vais revoir mes trois parties


    Partie 1 Une littérature française a ses particularités.

    Empreinte de l'Antiquité


    Engagement de ses écrivains après la Seconde Guerre Mondiale : Camus, Malraux, Sartre


    La littérature francophone : Aimé Césaire, Tahar Ben Jelloun (thématique décolonisations)


    Partie 2 Des littératures étrangères


    Les chansons de geste à la gloire de ses chevaliers est un genre littéraire européen

    La littérature en langue russe voit le jour au  xviie siècle, avec la poésie et le théâtre. Apparaît ensuite une très riche production romanesque.


    Partie 3 Les littératures ne peuvent se limiter à une nationalité. C'est plutôt la langue qui définit son étendue et sa grandeur.

    JMG Le Clézio a fait des quarante-quatre écrivains qui ont signé, en octobre 2007, un manifeste intitulé "Pour une "littérature-monde" en français", en faveur d'une langue française qui serait "libérée de son pacte exclusif avec la nation".


    Pensez-vous que je soie sur la bonne voie ? Merci !

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonjour,

    Non, ce n'est pas un bon plan, parce qu'il ne répond pas à la question.

    Le sujet focalise sur les thèmes de littératures française et francophone. Peut-on circonscrire une littérature à une aire géographique ?

    La réponse attendue est plutôt oui : la littérature est principalement liée à une histoire et une culture,

    Mais l'attrait de sa langue dépend de son rayonnement, de la puissance des institutions qu'elle sert. Ne pas oublier par exemple que le français est resté la langue diplomatique jusqu'au milieu du XIXe siècle, il est tenu comme la porte de la culture pour les classes aisées européennes. L'aventure coloniale a beaucoup contribué à sa diffusion. De ce fait des écrivains non nationaux ont utilisé les ressources de cette langue en les adaptant à leurs propres besoins.

    Quelles sont donc ces caractéristiques ou ces atouts qui conduisent des étrangers à préférer notre langue à la leur pour faire œuvre littéraire ?

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    25 sept. modifié

    Je pense qu'une 2e partie serait plus convaincante si elle cherchait à montrer qu'un auteur tend vers une forme d'universalité.

    -> Une oeuvre peut parler à un public étranger via la traduction. D'ailleurs, en réalité, nous lisons beaucoup d'oeuvres étrangères sans forcément faire grand cas de leur identité nationale. Des auteurs comme Marcel Proust ou Jean-Marie Le Clézio ont su trouver un lectorat à l'étranger, même si ces lecteurs ne sont pas spécialistes de la France. Ils ne lisent pas Le Clézio pour y trouver une identité française, mais pour y trouver du Le Clézio.

    -> les idées littéraires, les mouvements, les techniques circulent entre les pays. Je pense d'emblée à Thomas Hardy qui s'est fortement inspiré du naturalisme de Zola, mais il y a certainement de nombreux autres exemples. (Je ne suis malheureusement pas spécialiste de littérature française, mais il serait bon de trouver d'autres exemples.

    -> on parle même de "république des lettres" dans la tradition humaniste (https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_des_Lettres), qui serait une sorte de pays auquel appartiendraient tous les hommes et les femmes de lettres quelle que soit leur nationalité, une sorte d'allégeance supérieure, de fidélité à la littérature plutôt qu'au drapeau.


    Pour autant, on peut parler à tous tout en ayant des caractéristiques culturelles propres à un pays (cela pourrait constituer une 3e partie).

  • JocrisseJocrisse Membre
    25 sept. modifié

    Deux bornes, si je comprends bien : l'individu et la totalité.

    Les romans de Le Clézio ou Proust ont parlé à un public nettement plus large que la communauté nationale ou linguistique, cela échappe à la francité par la vocation universelle. Par quoi on évite les rodomontades nationalistes, premier aspect. Mais par ailleurs, on ne lit pas un Français, mais bien un individu tout à fait particulier, qu'il soit Proust ou Le Clézio, (le dernier étant meilleur, il a le Prix Nobel et pas Proust) et qui ne se réduit nullement à un nom de pays. On a très peu dit sur eux en déclarant qu'ils sont français. Second point.

    Dans La Recherche du temps perdu, Proust semble prioriser son adresse - au sens : son lieu de vie - littéraire et le moment identitaire se fait attendre : le pays, c'est d'abord le nom par lequel on l'appelle. Noms de pays, le nom. Puis, plus loin : noms de pays, le pays. Balbec, Combray, Guermantes, sont d'abord des mots (mots français mais mots quand même). Il y a bien une localisation, mais d'abord lexicale et sémantique.

    Ma problématique irait chercher vers l'habitat : où est-ce qu'un écrivain habite réellement ? Il habite sa langue, ou il habite son bled ? La bourgade - au niveau planétaire - que constitue l'Hexagone ?

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.