Projet enseignant chercheur, filière licence

Bonjour à tous,

Je viens ici partager mes inquiétudes dans l'espoir d'avoir des réponses qui m'eclaireront.

Étant passé par un bac S mention bien, j'ai fais cette année une licence de Lettres avec 17 de moyenne.

J'ai pas mal travaillé, je suis à fond dans mes études et j'essaie de faire au mieux seulement après une longues réflexion, mon projet rêvée dans les lettres, qui m'intéresse beaucoup, est de devenir enseignante à l'université.

Cela car j'adore la matière oui, mais aussi car au niveau du salaire et du nombre d'heures de cours, la vérité est que c'est nettement plus avantageux d'être professeur d'université plutôt que de lycée / collège et je n'ai pas peur de faire de très longues études.

Seulement, j'angoisse.

Je n'ai pas fait prépa du coup, ayant préféré la licence pour avoir du temps a côté pour réviser moi même, mais je me rends maintenant compte en recherchant sur internet et par mes collègues que le niveau semble complètement différent en prépa et en licence.

Même avec de bonnes notes et une bonne motivation, j'ai juste peur de ne pas avoir les capacités requises pour pouvoir mener a bien mon master de l'enseignement, mon doctorat et passer mon agrégation avec une licence de lettres.

Je sais que c'est possible, mais j'ai peur que l'écart soit si énorme que mes chances restent très basses.

J'aimerai alors vous demander votre avis, vos conseils sur est-ce que je devrais aller en prépa après ma deuxième année de licence de lettres ou finir ma licence et faire mon Master (si je suis acceptée) sans cela.

Est-ce possible de faire une prépa sinon après le Master de l'enseignement ?

J'aimerai aussi demander si j'ai quand même des chances de pouvoir faire mon doctorat, sortant d'une licence ?

Je vous remercie de m'avoir lue.

Salutations,

Celia P.

Réponses

  • Bonjour,

    La classe préparatoire comme son nom l’indique prépare à des concours. De fait; cela n’aurait pas sens d’entamer une khâgne après un master MEEF car cela reviendrait à reprendre en bac+1. Il est vrai que la khâgne est la voie « royale » quand on veut faire de la recherche de part les méthodes qu’elle donne et de part la possibilité d’intégrer l’ENS. Néanmoins; si les avantages d’une prépa sont nombreux, cela ne veut pas dire qu’il faille nécessairement avoir fait une classe préparatoire pour réussir à devenir enseignant chercheur si tel est votre souhait. Il me semble que c’est l’agrégation qui est déterminante pour obtenir un contrat doctoral dans les matières littéraires. Si le fait de ne pas avoir fait de classe prépa vous complexe (à tort d’ailleurs on peut réussir sans), vous pouvez toujours tenter le concours étudiant de l’ENS. Vous serez étudiante à Normale Sup sans le statut et le salaire qui suit mais peut-être cela pourrait-il jouer en votre faveur pour un doctorat, je n’en sais trop rien.

    Mon conseil serait de plutôt se concentrer sur le passage de l’agrégation si vous souhaitez faire un doctorat plus que d’essayer de reprendre des études en classe prépa, surtout si vous vous en sortez bien à la fac.

    Et rapide aparté sur ce que vous avez dit à propos des salaires des profs à la fac: il faut garder à l’esprit qu’il est dur d’obtenir un poste à la fac et que beaucoup, faute de postes, sont dans des conditions précaires. Il faudrait comparer les fiches de paie mais parfois être prof agrégé en lycée peut se révéler plus avantageux d’un point de vue financier, surtout si on enseigne en CPGE.

    Bonne continuation à vous !

  • AscagneAscagne Membre

    Bonjour,

    En effet, la prépa (hypokhâgne et khâgne) a du sens en début d'études et pour passer les concours, pas dans d'autres cas.

    Pour le reste, c'est compliqué. La voie recommandée est difficile : il s'agit de passer un master recherche, puis d'obtenir l'agrégation, puis de candidater à un contrat doctoral ou, à défaut, de travailler la thèse en parallèle d'un poste dans le secondaire ou d'un autre métier.

    Il existe plusieurs types de postes à l'université. Devenir enseignant-chercheur en lettres, donc MCF (le professeur d'université au sens strict, c'est plus tard dans la carrière), est compliqué : il faut faire une thèse solide, accumuler de l'expérience du côté des cours universitaires (ce qui est beaucoup plus facile en tant que doctorant contractuel et ATER que par le biais de vacations), se constituer un bon dossier à côté de la thèse, obtenir la qualification, correspondre à un poste, et être sélectionné. Or, il y a beaucoup de candidats excellents et peu de postes.

    Il existe une autre voie, qui permet d'enseigner à l'université, mais en tant qu'enseignant du secondaire : le poste de PRAG (expression curieuse qui signifie juste "professeur agrégé" par opposition au PRCE). L'enseignant garde son statut du secondaire comme agrégé mais exerce à l'université, avec un service horaire doublé par rapport au MCF ; car le PRAG n'est pas censé faire de la recherche, statutairement parlant... Désormais des docteurs agrégés visent ce type de candidature à défaut d'obtenir un poste de MCF auquel ils correspondent pourtant tout à fait.

    Concernant les salaires, attention là aussi.

    Du côté des non-titulaires : obtenir un contrat doctoral avec mission d'enseignement lorsqu'on est aux alentours de 23-24 ans, cela permet d'avoir un poste de trois ans, de la stabilité pendant cette durée, et cela permet de se concentrer sur sa thèse. Dans un second temps existent les contrats d'ATER, où c'est plus compliqué.

    Première remarque : la durée d'exercice totale en tant qu'ATER est liée au statut. Un fonctionnaire de catégorie A (par exemple agrégé ou certifié) peut rester trois à quatre ans maximum sur ce type de poste, alors que dans la plupart des autres cas il s'agit seulement d'une ou deux années au plus. Attention, je parle de la durée totale : dans l'immense majorité des cas on candidate à un poste précis pour une année.

    Deuxième remarque : certains contrats sont à temps partiel et ont donc un traitement moindre. Après mon contrat doctoral, je suis devenu "demi-ATER", avec plus d'heures de cours et de responsabilités, mais avec un moindre traitement que les trois années précédentes. C'est une situation contre-intuitive.

    Troisième remarque : c'est d'autant plus vrai, même avec un contrat d'ATER complet, quand on est plus âgé, et quand on est agrégé (par exemple). Il faut garder à l'esprit que le traitement de l'ATER reste identique sur le papier pendant toute la durée à ce type de poste (que l'on ait 25 ou 32 ans), mais qu'un fonctionnaire détaché comme ATER paie une retenue PC d'agrégé. D'où à nouveau des situations contre-intuitives. Par exemple, j'ai eu ces deux dernières années, comme ATER à temps complet, un salaire net inférieur à ce que j'avais pour mon tout premier poste de doctorant contractuel. Autant vous dire que c'est difficile à vivre, et que ça empêche des projets, des espoirs de vacances, etc.

    Juste pour donner une idée et rebondir sur le propos d'@expectolomora : je retourne au lycée après deux ans d'ATER et mon traitement va augmenter de 1 100 €. Il n'y a pas de doute sur ce qui est le plus intéressant sous le seul angle pécuniaire entre le contractuel du supérieur et le titulaire du secondaire. Ce n'est évidemment pas le seul aspect à considérer.

    Pour résumer, la difficulté, dans cette voie, c'est qu'elle est difficile et qu'elle ne présente pas de garanties au bout. Il faut être conscient des sacrifices qu'elle représente.

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