Bonjour,

Je suis actuellement en licence 3 de Lettres modernes, en pleine réflexion sur la faisabilité d'un double master.

Je voudrai m'orienter en master de Lettres modernes parcours recherche, pour se faire j'ai dû rédiger un projet de recherche qui porterait, dans les très très grandes lignes, sur les rapports des femmes à leur sexualité dans la littérature contemporaine (fin XXème). Pour réfléchir j'ai lu des articles, des ouvrages et écouter bon nombres d'émissions, je me suis donc très vite rendue compte que les concepts qui m'intéressaient étaient certes littéraires (acte de l'écriture de sois) mais clairement aussi liés aux études de genres (évidement, sexualité et femmes c'est un prisme propre à l'étude de genre).

Une idée est donc né, un double master serait assez fou (tant d'un point de vue réflexif que pour mon épanouissement personnel). Chance pour moi il existe un master en études de genres, à distance.

La question porte donc sur la faisabilité de réaliser et obtenir un double master. J'ai conscience que la charge de travail d'un master recherche est déjà conséquente alors deux ?

Je suis une étudiante moyenne (j'ai entre 14 et 15 à mes semestres), j'aime sincèrement la littérature, mais je ne me vois pas enseigner dans le second degrés, et si la recherche m'intéresse (le doctorat donc, d'où l'intérêt d'étudier deux disciplines) j'ai clairement pas le niveau pour prétendre à l'agrégation ce qui compromet très clairement l'utilité d'une thèse au niveau professionnel (puisqu'il me semble qu'en lettres c'est presque un pré-requis pour enseigner à l'université, l'agrégation ?).

Toute ces digressions pour savoir : est-ce que vous jugeriez ça réalisable (et utile) de tenter l'expérience ou est-ce qu'il serait plus "malin" de poursuivre en master de lettres et ensuite aviser ?


Merci beaucoup, et jolie journée !

Réponses

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    23 avril modifié

    Bonjour,

    Votre dilemme est parfaitement clair et je vais tenter d'y répondre, sur la base de mon avis personnel et de mon expérience, évidemment. Je vous invite à confronter les points de vue.

    En bref, oui, je pense que vous pouvez mener ces 2 masters de front.

    D'abord, il vous faut choisir un master "prioritaire", en présentiel : c'est votre master (recherche) en lettres modernes. C'est lui qui vous demandera le plus d'effort (temps de travail). Cela dit, un master en littérature n'est pas une charge énorme de travail : le nombre d'heures de cours est assez limité et la principale activité chronophage se compose des lectures (évidemment !) et de la rédaction de vos travaux (devoirs, évaluations pour valider les séminaires et enfin la conception du mémoire). Si vous êtes passionnée (mais autrement, pourquoi faire un master en lettres ?), ces charges seront un défi, non un obstacle. Je vous conseille également de choisir vos enseignements (séminaires) et surtout votre sujet de recherche au regard de vos intérêts personnels, et non en fonction d'éléments extérieurs (débouchés supposés, désir de complaire à un professeur,...). C'est la clé pour maintenir intacte votre passion et, de fait, votre efficacité et votre effort.

    Le master en études de genre est très probablement un parcours interdisciplinaire, bien plus transversal que le master en Lettres. Il me semble tout à fait possible de le conduire en parallèle, sur votre temps "libre". Les modalités d'enseignement à distance sont en général plus souples sur l'organisation et le calendrier et l'absence de cours en présentiel (à moins que des sessions en visio soient imposées à heures fixes) laisse une marge de manœuvre.

    Au niveau personnel, vous devez réfléchir à 2 choses :

    • Le master de lettres, tout comme le master à distance, imposent une forte autonomie de l'étudiant. La liberté apparente dans l'organisation du travail cache une exigence forte quant à la planification, le respect d'un calendrier, les heures de travail, la découverte des bibliographies (dont on ne manquera pas de vous assommer, à vous d'y faire le tri).
    • Vos (éventuelles) contraintes professionnelles et familiales. Vous n'en avez pas parlé, mais si vous devez travailler à côté des études, suivre 2 masters peut se révéler ardu, évidemment.

    J'ajoute quelques remarques personnelles :

    • Un double master me semble un atout pour la poursuite d'études en doctorat ou pour l'insertion professionnelle. En ce qui concerne les concours de l'éducation, le double master est absolument inutile : un seul diplôme de niveau bac + 5 suffit, et le master de lettres est une préparation adéquate.
    • Si vous poursuivez en doctorat, en France, avec l'objectif d'obtenir un poste à l'université, oui, l'agrégation est quasi-indispensable. Vous trouverez des discussions sur le forum à ce propos. Toutefois, doctorat et agrégation ne vous garantissent en rien un poste universitaire... Ne vous mettez pas de fausses limites. Pourquoi décréter, au sortir d'une licence, que vous n'avez pas le niveau pour passer l'agrégation ? Après un master, et ce que vous y aurez gagné en maturité, vous reverrez peut-être ce jugement cruel que vous vous infligez.
    • Considérez la poursuite d'études (recherche) à l'étranger, où l'agrégation n'existe pas et reste à peine connue (et c'est tant mieux). C'est votre parcours, vos publications, vos motivations et vos spécialisations que l'on regardera avant tout. Les possibilités y sont plus nombreuses, sans qu'il soit forcément plus facile d'obtenir un poste titulaire à l'université (en vérité, tout dépend du pays, évidemment).
    • Dans ces disciplines, il n'y a pas de mystère pour la réussite : il faut viser l'excellence. On ne compte plus les milliers (centaines de milliers ?) de détenteurs d'un master en lettres, en histoire, en philosophie, en je ne sais quel autre domaine si déprécié socialement, professionnellement et politiquement. Il vous revient de construire votre propre parcours d'excellence pour vous distinguer : si de bonnes notes en sont le fondement, il faut y ajouter les spécialisations, langues vivantes (avec certifications), publications (vous pouvez commencer dès le master), conférences/colloques et dimension internationale.
    • Les notes de licence ne présagent pas forcément des notes en master. Vos résultats en licence peuvent être grevés par des matières que vous n'aurez plus en master (linguistique, ancien français, etc.). Ce sont surtout vos résultats dans les enseignements de littérature qui offrent un aperçu plus fiable de vos capacités de réussite en master. Il faut aussi savoir se laisser sa propre chance. Des étudiants moyens en licence peuvent se révéler brillants en master et en doctorat, une fois qu'ils ont trouvé leur "voie" et affermit leurs méthodes.
  • Je vous remercie pour votre réponse si complète, qui raisonne juste et répond à l'ensemble de mes questions.

    Comme vous le soulignez, la littérature est une passion, la rencontre de ma vie très certainement. Je suis très touchée par ce que vous dites, ces derniers mois ont été le sujet de nombreux questionnements, comme tout étudiant.e confronté.e pour la première fois aux réalités de la vie. Lire que suivre sa passion (avec rigueur et volonté) est une clef de réussite est exactement ce que j'avais besoin de lire.

    Pour ce qui est de l'autonomie, je crois que cela devrait aller, cette année en "distanciel" m'a démontré que je fonctionne mieux seule, plus efficacement et surtout que cela m'épanouie complètement. Au-delà, j'ai la chance d'avoir des parents qui peuvent me soutenir financièrement, et n'ai donc pas nécessité à travailler durant les périodes scolaires, je suppose qu'en effet cela laisse le temps de s'investir entièrement dans ce second master, pour mon plus grand bonheur.

    Je vous remercie également pour les remarques plus personnelles que vous évoquez : elles sont très précieuses. Je n'avais jamais envisagé (pensé surtout) la poursuite d'études à l'étranger, mais cela me semble très intéressant. Au sujet de l'agrégation, je ne ferme pas définitivement la porte, peut-être en effet que d'ici deux ans j'aurai en effet acquis ce qui est nécessaire. Je pense cependant qu'il me manque l'excellence technique (ancien français et grec surtout, malheureusement) mais comme vous le soulignez, lorsqu'il y a dévouement et investissement complet, les progrès peuvent être conséquents. Enfin, les conseils concrets que vous prodiguez " langues vivantes (avec certifications), publications (vous pouvez commencer dès le master), conférences/colloques et dimension internationale." sont encore une fois extrêmement précieux, et vont me permettre d'agir efficacement pour construire mon parcours de recherche.

    Se laisser sa propre chance et viser l'excellence, voilà ce qui devrait devenir mon mantra.

    Je vous remercie encore pour votre réponse, vous l'aurez compris, elle raisonne sincèrement tout en m'aiguillant, en plus de m'avoir entièrement rassuré sur les craintes que je pouvais avoir.

  • mattlevmattlev Membre

    Je serais un peu moins enthousiaste que Lucid_Lynx.

    Faire deux M1 de front, c'est tout à fait possible. Par contre, et pour avoir vu un ami brillant essayer, il me semble très difficile, voire impossible, de mener deux M2 sur une seule année, à moins de faire, éventuellement, un mémoire commun, mais je pense que ça serait un peu tricher. Mais la charge de travail en M2 est tout de même importante hors du mémoire.


    Sur la question du supérieur, avant de viser l'excellence et ces genre de discours que l'on entend partout (je suis désolé, mais l'excellence, c'est le cache misère de l'Université en sciences non appliquées, maths et physique fondamentale incluses), il faut penser à un plan B. Tu ne peux pas dédier 10 ans de ta vie et de ton énergie à un objectif qui a très peu de chances d'aboutir.

    Un exemple récent: dans une des deux sections du CNRS en histoire, le nombre de postes a été divisé par deux cette année, et est passé de 6 à 3. Tu as 80 candidat/es qui vont à l'oral, probablement deux fois plus qui soumettent une candidature écrite. Parmi les 80 retenu/es (tous docteur.es, avec plusieurs publications à la clé, parfois un livre), combien sont excellents et excellentes ? Combien mériteraient d'être nommé/es ?

    Se dire que suivre sa passion est une clé de réussite est absolument faux en ce moment pour entrer dans le supérieur. Il vaut mieux que tu entendes cela maintenant, et que tu t'engages dedans en sachant comment ça se passe.

    Finalement, la chose avec laquelle je suis le plus d'accord avec Lynx, c'est: envisage l'étranger. Et ça me semble tellement triste !

    Donc, pour conclure: fonce, mais ne te donne surtout pas corps et âme à cela, réfléchis bien à un plan B (concours du secondaire ou autre, que tu peux évidemment réussir si tu t'en donnes les moyens), et garde de la distance par rapport à ce monde.


    Je suis pessimiste, mais je pense être bien informé et relativement lucide.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    23 avril modifié

    Nous nous sommes peut-être mal compris : je ne dis pas que l'excellence garantit des débouchés dans le supérieur, je dis juste que l'excellence garantit les chances minimales (oui : le minimum !) pour obtenir un poste et ouvrir le maximum de possibilités, y compris et surtout à l'étranger. Sans viser l'excellence, je ne vois pas l'intérêt, aujourd'hui, de faire des études en littérature, en art ou en sciences humaines. Là, ce n'est pas de l'enthousiasme, c'est du pragmatisme, assaisonné d'un peu de cynisme.

    Pour moi, l'excellence n'est pas un discours. Je ne l'utilise pas pour séduire ou à des fins de communication. L'excellence s'incarne en faits probants : être dans les 5 meilleurs étudiants d'une promotion par ex., ce n'est pas un discours, c'est un fait mesurable, en termes de notes. Alors, bien sûr, les notes ne font pas tout et ne définissent pas l'intelligence, je ne veux pas ouvrir le débat sur la note ici. Mais force est d'admettre que ce sont bien les notes qui restent le critère d'évaluation principal, surtout à l'étranger pour le coup. Et les enseignants ont tôt fait de repérer les meilleurs étudiants d'une promo., ce qui est déjà un premier pas pour s'assurer un réseau, des contacts, voire des amitiés (pourquoi pas ?).

    Elle ne nous a pas précisé si ce master en études de genre était un master recherche ou non. Les exigences par rapport au mémoire peuvent énormément varier d'un master à l'autre. Je connais, et c'est tragique, des masters qui demandent des mémoires de 25 pages... Dans tous les cas, @mattlev vous avez raison de rappeler la difficulté à mener 2 mémoires de front, mais la plupart des masters, et encore plus ceux en distanciel, accordent facilement des prolongations d'une année, ce qui permet de faire les choses à son rythme.

    Je ne conteste aucunement la raréfaction des postes et la difficulté de les obtenir, je mets même en garde notre amie sur ce point.

    Je n'ai pas voulu en faire trop pour ne pas sembler prosélyte, mais l'étranger reste pour moi non une possibilité, mais presque une obligation ! Au bout d'un moment, il faut faire son deuil... Après, chacun mesurera son attachement à la France et la mesure de son patriotisme (le mot n'est pas ici péjoratif).

    Oui, je suis enthousiaste d'un côté, car je persiste à penser, expérience faite, que la passion et l'exigence (ce que j'appelle l'excellence) permettent d'accomplir un beau parcours et augmentent les débouchés professionnels, sans toutefois les garantir. Cela dit, les perspectives professionnelles sont bien souvent plus affaire de compétences personnelles, de psychologie, de caractère, etc. que de critères strictement académiques.

    Un cursus, c'est une chose, ce que l'on en fait, c'en est une autre ! Un peu comme l'argent, quoi. C'est une bourdieuserie : le cursus est un capital, qu'allez-vous en faire ? Qu'en voilà une bonne idée de coaching personnel...

  • Merci Mattlev pour cette réponse, c'est très bien aussi d'avoir un point de vue opposé.

    Pour ce qui est de l'avenir : Merci de me prévenir des réalités du monde universitaire, je crois que plus je serai avertie et consciente, plus mon choix sera éclairé. De fait, vous avez raison, je ne ferme pas la porte aux concours, mais j'avoue que pour le moment la perspective de l'emplois (enseignement secondaire ou bibliothèque sont notamment les deux concours sur lesquels je me suis penchée) ne m'attire pas. Je suppose qu'en deux ans tout peut changer, que je rencontrerai quelque chose ou quelqu'un qui saura me convaincre, ou bien que l'impératif économique se fera sentir. Mais je prends note de conservé du recul sur ce que je vais vivre, peut-être même que l'expérience de recherche que je vivrai en M1 ne me plaira pas qui sait ?

    Pour le master : Vos mots m'ont rassuré, je pense essayer le double M1, je verrai ce que cela engendre (charge de travail, gestion des partiels, utilité pour ce que j'envisage, gout perso) et j'aviserai ensuite pour le M2. Si jamais il fallait faire le M2 en études de genres en 2 ans, c'est aussi envisageable, j'ai la chance de pas être pressé par le temps.

    Je garde en note très précieusement ce que vous dites, tout ce monde m'est encore très inconnu, merci de prendre du temps pour me répondre.

    Un dernière question (pour me rassurer) : Est-ce que vous me conseillez de préciser, que j'envisage un double master ?

  • À mon avis, cela ne regarde que vous.

    Pour les débouchés professionnels, vous avez encore le temps d'y penser, mais il y a beaucoup de concours dans la fonction publique, si le fonctionnariat vous intéresse : éducation, mais aussi patrimoine, affaires étrangères, etc. Et l'éducation, c'est aussi l'enseignement privé, en France ou ailleurs, qui peut offrir des perspectives intéressantes, notamment en début de carrière. Puis, reste la recherche, effectivement, mais c'est un sacerdoce...

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    @asphalte pour ma part, je ne trouve pas que cela soit une bonne idée de faire deux M2. D'autant plus que la distinction entre les disciplines tend à s'effacer plus on progresse dans les études : en effet, il n'est pas rare de voir des sujets de thèse, mais aussi de M2, qui conjuguent littérature et études de genre, cela se complète même très bien. Vous pouvez donc vous mettre en quête de quelqu'un qui saura diriger des recherches en littérature avec une forte orientation "études de genre", et vraiment je pense que ça ne manque pas.

    S'il y a un aspect (sociologie, anthropologie, économie...) que vous aimeriez développer en particulier et qui viendrait enrichir votre réflexion littéraire, vous avez aussi la possibilité de demander une co-direction (ce qui se fait souvent en doctorat, moins en M2, mais ça reste possible), c'est-à-dire que vous seriez suivie par deux personnes différentes. Cependant il faut que les deux personnes assurant cette co-direction s'entendent bien et aient l'habitude de travailler ensemble.

    Bref, je ne vois pas bien l'intérêt de faire deux masters différents alors que vous pourriez en faire un seul qui conjuguerait vos deux centre d'intérêt !

  • J'ai effectué mon master en littérature comparée, en co-direction (lettres-histoire). Ce fut une expérience négative. Les deux professeurs ne s'entendaient, en effet, pas du tout. Je pensais qu'ils parviendraient à faire œuvre commune pour le bien de l'étudiant que j'étais, mais les sujets et enjeux que j'abordais dans mon travail restaient trop "risqués" politiquement et historiquement. Peut-être auraient-ils pu s'entendre sur un sujet plus consensuel.

    Au-delà de ce qui reste une anecdote, ce master en "co-direction" ne m'a jamais donné la légitimité d'un master en Histoire. Je pense donc qu'avoir 2 diplômes reste préférable, surtout si l'on se destine à vivre dans une société où la culture du diplôme prédomine. Quand bien même, à l'étranger, le système universitaire duquel vous provenez n'est pas toujours bien connu et on se concentre sur vos diplômes, faute de mieux.

    Avec le recul, j'aurais préféré faire mon master en littérature seulement, ce qui ne m'empêchaient nullement de mobiliser les ressources et l'approche historiques, de la même façon que je l'ai fait dans le cadre de cette co-direction.

    Mon expérience n'est évidemment pas à généraliser mais, à moins d'un projet professionnel bien défini et pragmatique, je ne perçois pas trop l'intérêt d'une co-direction en master, sauf la passion personnelle bien sûr.

  • loglog Membre

    Ayant fait/faisant des masters recherche ou des DEA dans des domaines assez variés, je trouve également qu'il y a une grande richesse à se pencher sur des sujets de recherche en se conformant au point de vue de chaque domaine. La trans/interdisciplinarité, il me semble, intervient après, au niveau de la recherche de doctorat. Il faut d'abord bien assimiler les domaines en question (et avoir fait un mémoire de recherche dans chacun permet d'assez bien les maîtriser), et le "mélange" trans-disciplinaire peut se faire ensuite, à mon avis.

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur

    @Lucid_Lynx Je suis tout à fait d'accord pour dire que la co-direction est un choix risqué. C'est la raison pour laquelle une des conditions, à mon avis, est que les deux encadrants se connaissent bien et aient un projet commun. Cela fonctionne bien, par exemple, lorsqu'il y a un projet entre deux équipes de recherches différentes qui s'inscrit dans une durée plus longue.

    Je vous rejoins aussi sur le fait qu'avoir une co-direction avec une 2e discipline ne donne pas forcément toute légitimité dans la 2e. J'en veux pour preuve les exemples que j'ai autour de moi de thèses en civilisation britannique ou étatsunienne (donc doctorat monde anglophone, section 11), réalisées en co-direction avec des historiens, à qui la qualification en section 22 a été refusée...

    Cela dit, les études de genre ne sont pas une discipline. C'est une thématique transversale qui mobilise les méthodologies de différentes disciplines (histoire, sociologie, anthropologie, philosophie, arts, littérature...) et à mon sens, un M2 en "études de genre" n'apporte justement pas la même légitimité que le ferait un M2 en histoire, pour reprendre cet exemple.

  • sandm77sandm77 Membre
    26 avril modifié

    Les conseils donnés par les intervenants ci-avant sont tous très pertinents.

    Au-delà des questions sur la faisabilité et l'opportunité de suivre deux masters, en lettres et en études de genre, je m'interroge sur la finalité d'un tel cursus.

    Si votre objectif est de rester dans le champ de la littérature, afin d'enseigner dans le supérieur (sections 9 à 11 ?), il me semble nécessaire d'inscrire la préparation de l'agrégation à votre projet (agrégation de lettres modernes pour les sections 9 et 10 ; agrégation d'anglais pour la section 11). Le recrutement sur des postes de MCF est implicitement conditionné, dans une majorité de cas, au fait d'être agrégé pour ces sections. Par ailleurs, la rareté des postes dans ces disciplines nécessite d'accepter l'idée d'enseigner dans le secondaire à terme, temporairement ou définitivement.

    Si votre objectif est de vous ouvrir en interdisciplinarité aux études de genre en sciences sociales (sociologie, anthropologie, sciences de l'éducation, sciences de gestion ...) pour y poursuivre un doctorat, alors il me semble plus pertinent d'envisager un deuxième master en sciences sociales justement.

    Mon raisonnement ne tient que pour le contexte français, où l'interdisciplinarité n'existe pas en tant que telle à l'université : chaque section du CNU est rattachée à une discipline en particulier. Cela n'empêche pas de conduire des projets de recherche interdisciplinaires (thèse notamment), cependant que la valorisation de vos travaux devra correspondre aux exigences (disciplinaires) de chacune des sections. L'agrégation est alors souvent nécessaire.

    Si vous envisagez un parcours à l'étranger, en fonction de l'organisation des universités dans chaque pays, mes propos ne seront certainement pas valides.

    Je ne remets pas en cause l'intérêt d'un double master, mais vous invite à considérer les perspectives et exigences associées en fonction des disciplines dans lesquelles vous souhaitez vous spécialiser.

    Bon courage dans vos réflexions.

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