Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour !

j’ai une dissertation à rendre sur l’œuvre de Dom Juan de Molière, voici le sujet :

« Pensez vous que le personnage de Dom Juan soit vainqueur, ou bien au contraire, pensez vous qu’il soit vaincu, à la lecture de l’ensemble de la pièce de Molière ? »

il fait une réponse nuancée c’est à dire un premier paragraphe qui argumente le fait qu’il soit vainqueur et un deuxième qui argumente celui qu’il soit vaincu.

est-ce que quelqu’un peut m’aider svp ???

Réponses

  • Bien sûr, ce sujet vous invite à une réflexion à la fois dialectique et nuancée. Autrement dit, il vous faut explorer les deux facettes du personnage.

    Il est vainqueur des normes et des conventions sociales ou morales, au sens où il les défie et se joue des conséquences (plusieurs scènes peuvent servir d'exemples). Dans le monde des hommes, il s'en tire relativement bien (à l'exception de la colère paternelle). Il faut recourir au surnaturel, sous la forme du ressort dramatique du deus ex machina, pour qu'enfin Dom Juan soit vaincu ; une fin en demi-teinte qu'on devine ajoutée pour complaire aux autorités régnant sur les arts et les lettres. Cette fin alimente la polémique depuis des décennies. On s'en lasse.

    Dom Juan n'est bien souvent vaincu que par lui-même, car il n'est pas vraiment immoral, loin s'en faut. Le "donjuanisme" n'est pas un nihilisme.

    On peut lire à bon escient le poème de Baudelaire, Dom Juan aux enfers, qui sublime le héros au-delà de la mort, et qui constituerait une belle ouverture, sans oublier la chanson de Philippe Léotard, Don Juan parle.

  • LaoshiLaoshi Membre

    Il faut bien sûr que Don Juan soit vaincu à la fin de la pièce. Il est « trop » dans tous les domaines. On est au XVIIe siècle ! L’excès en tout est condamnable. Il est des limites à ne pas dépasser.

    Tout au long de la pièce il brave le « Ciel » dans une ύβρις qui le conduit sur une pente de plus en plus savonneuse. Vainqueur en apparence, il passe néanmoins son temps à prendre la fuite, et ne fait le malin que devant ses inférieurs dans l’ordre social. Sinon, il se tait ou esquive.

  • JocrisseJocrisse Membre
    6 avril modifié


    Pas immoral du tout et pas nihiliste ? C'est peut-être un peu forcer le paradoxe, et vous aurez du mal à trouver des moments "moraux" chez Dom Juan, pour alimenter (et exemplifier) un tel jugement. J'entends par "moral" le fait de faire passer un principe avant son intérêt personnel, en premier lieu.. J'ai bien peur que Dom Juan en soit bien incapable. Quant au nihilisme, on connaît son credo : un et un sont deux, d'où il découle aussi que deux et deux sont quatre. Ce qui n'est pas encore ne croire en rien, accordons-le, mais c'est bien imité.

    Pour la dialectique, il faut une réconciliation, une synthèse : Dom Juan macroniste. Je veux dire, il est en même temps vaincu et vainqueur. Cette coïncidence est même centrale, puisque la leçon est que Dom Juan va précisément périr de ses triomphes : chaque nouvelle conquête, nouvelle victoire, ne fait que le précipiter vers l'abime qu'il s'est lui-même créé. Toutes les petites médailles, les petits colifichets qu'il a ramassés, deviendront autant de clous dans son cercueil.

  • JocrisseJocrisse Membre

    Je remarque aussi que Molière est un auteur qui laisse un peu de liberté à ses personnages, il leur laisse un peu de mou dans la muselière. Ce qui fait qu'ils peuvent nous surprendre, évoluer dans la pièce. Ce qui fait qu'on aime Molière : l'évolution des personnages, ce qui, dans la comédie ou le drame, les change.

    Mais à Dom Juan, Molière ne laisse aucune chance : il est posé dès le départ tel qu'en lui-même enfin l'Eternité ne bougera plus. Chaque nouvelle situation fait le même Dom Juan, il n'a pas de trajectoire, il est à jamais privé de devenir. Par avance condamné, il ne sera jamais que ce qu'il est.

    Dom Juan est irrécupérable. Molière le déteste : c'est Môssieu le Grand Seigneur qui se croit tout permis. Et à Versailles, on le déteste encore plus, cette fois à cause du seul défaut qu'il n'a pas : l'hypocrisie. Il est incapable de mentir (sur l'essentiel), et quand il fait un effort, à la fin, pour essayer l'hypocrisie, c'est bien trop tard, sa sincérité l'a déjà trahi.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.