Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour ! J’aurais besoin d’aide pour formuler ma problématique de plan et éventuellement pour avoir des conseils pour mon axe de plan ! Je suis à la fac, je dois travailler sur l’acte IV scène 2 de l’école des femmes de Molière

Dans la scène 2 de l’acte IV de cette pièce, le notaire disserte longuement et de manière savante sur le douaire (portion de biens qui était donnée à une femme par son mari à l'occasion du mariage)

Arnolphe exprime son d’espoir amoureux, il ne voit pas le notaire. Il se parle à lui-même, mais le notaire lui répond comme s'il l'entendait. Il s’agit d’un soliloque.

Pour moi il est important de souligner le schéma farcesque de ce passage, un nouveau quiproquo qui rajoute au comique de la pièce ?

Je peux poster l’extrait si vous voulez ? Je vous remercie de votre aide, j’ai du mal à trouver 3 axes pour mon plan, je ne vois que le comique de la situation dans cette scène ?

Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    30 mars modifié

    LE NOTAIRE, ARNOLPHE.

    LE NOTAIRE

     Ah le voilà ! Bonjour, me voici tout à point

    Pour dresser le contrat que vous souhaitez faire.

    ARNOLPHE, sans le voir.

     Comment faire ?

    LE NOTAIRE

     Il le faut dans la forme ordinaire.

    ARNOLPHE, sans le voir.

     À mes précautions je veux songer de près.

    LE NOTAIRE Je ne passerai rien contre vos intérêts.

    ARNOLPHE, sans le voir.

     Il se faut garantir de toutes les surprises.

    LE NOTAIRE

    Suffit qu’entre mes mains vos affaires soient mises,

    Il ne vous faudra point de peur d’être déçu,

    Quittancer le contrat que vous n’ayez reçu .

    ARNOLPHE, sans le voir

    J’ai peur si je vais faire éclater quelque chose

    Que de cet incident par la ville on ne cause.

    LE NOTAIRE

    Hé bien il est aisé d’empêcher cet éclat,

    Et l’on peut en secret faire votre contrat.

    ARNOLPHE, sans le voir. 

    Mais comment faudra-t-il qu’avec elle j’en sorte ?

    LE NOTAIRE 

    Le douaire se règle au bien qu’on vous apporte.

    ARNOLPHE, sans le voir

    Je l’aime, et cet amour est mon grand embarras.

    LE NOTAIRE

    On peut avantager une femme en ce cas.

    ARNOLPHE, sans le voir

    Quel traitement lui faire en pareille aventure ?

    LE NOTAIRE L’ordre est que le futur doit douer la future

    Du tiers du dot qu’elle a , mais cet ordre n’est rien,

    Et l’on va plus avant lorsque l’on le veut bien.

    ARNOLPHE, sans le voir. Si...

    LE NOTAIRE, Arnolphe l’apercevant.

    Pour le préciput , il les regarde ensemble, 

    Je dis que le futur peut comme bon lui semble

    Douer la future.

    ARNOLPHE, l’ayant aperçu

    Euh !

    LE NOTAIRE Il peut l’avantager

     Lorsqu’il l’aime beaucoup et qu’il veut l’obliger,

    Et cela par douaire, ou préfix qu’on appelle,

    Qui demeure perdu par le trépas d’icelle,

    Ou sans retour, qui va de ladite à ses hoirs,

    Ou coutumier, selon les différents vouloirs,

    Ou par donation dans le contrat formelle,

    Qu’on fait, ou pure et simple, ou qu’on fait mutuelle ;

    Pourquoi hausser le dos ? Est-ce qu’on parle en fat,

    Et que l’on ne sait pas les formes d’un contrat ?

    Qui me les apprendra ? Personne ; je présume.

    Sais-je pas qu’étant joints on est par la coutume,

    Communs en meubles, biens, immeubles et conquêts,

    À moins que par un acte on y renonce exprès ?

    Sais-je pas que le tiers du bien de la future

    Entre en communauté ? pour...

    ARNOLPHE 

    Oui, c’est chose sûre, 

    Vous savez tout cela, mais qui vous en dit mot ?

    LE NOTAIRE 

    Vous qui me prétendez faire passer pour sot,

    En me haussant l’épaule, et faisant la grimace.

    ARNOLPHE La peste soit fait l’homme , et sa chienne de face.

    Adieu. C’est le moyen de vous faire finir.

    LE NOTAIRE Pour dresser un contrat m’a-t-on pas fait venir ?

    ARNOLPHE Oui, je vous ai mandé : mais la chose est remise,

     Et l’on vous mandera quand l’heure sera prise.

    Voyez quel diable d’homme avec son entretien ?

    LE NOTAIRE 

    Je pense qu’il en tient , et je crois penser bien.

  • chloebcqchloebcq Membre

    Merci beaucoup Jehan, c’est très gentil de ta part 🦋

  • chloebcqchloebcq Membre

    Peut être une partie sur le pathétisme d’Arnolphe ?

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir @chloebcq

    D'abord il convient de réfuter l'idée que cette scène appartiendrait à la farce : point de coups, point de grossièretés…

    Nous pouvons en revanche explorer plusieurs pistes :

    • la satire des juristes, leur jargon, leur manque d'attention à leurs clients, ils ne se soucient pas de savoir s'ils sont compris… À noter le tour de force de Molière qui met le code en vers pour notre plus grand plaisir.
    • le quiproquo révélateur
    • le soliloque (aborder la double énonciation théâtrale)
    • ce que nous apprenons du caractère d'Arnolphe,

    En conclusion, la peinture subtile d'un personnage ridicule : le public ne peut s'apitoyer sur ce vieil homme qui souffre.

Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.