Fiches méthode Bac de français 2021

Nils22Nils22 Membre

Dans Le Roman expérimental, Zola affirme que « l’œuvre devient un procès-verbal, rien de plus ; elle n’a que le mérite de l’observation exacte, la pénétration plus ou moins profonde de l’analyse, de l’enchaînement logique des faits ».

Au Bonheur des dames vous incite-t-il à souscrire à cette affirmation ?

Bonjour, j'ai une dissertation à rendre pour dans deux semaines et j'aurais besoin d'aide pour trouver une problématique et un plan. Est-ce que vous pourriez m'aider? Merci d'avance.

Réponses

  • Bonsoir,

    Quelles idées ou pistes avez-vous déjà ?

    Le mot-clé du sujet est "procès-verbal". Cherchez une définition précise de ce terme juridique et voyez si elle s'applique au roman que vous venez de lire. Cela vous permettra d'amorcer la réflexion.

  • Nils22Nils22 Membre

    Bonjour Lucid,

    Merci beaucoup pour votre réponse, elle m'a beaucoup aidé. Un procès-verbal est un témoignage rendu de manière neutre, mais de façon précise sur des faits ou un évènement. Je pense donc que dans ce cas-là, Émile Zola est probablement le personnage objectif qui raconte les faits précis de son époque, dans son roman. Son roman serait donc un procès-verbal. J'ai donc pensé à la problématique suivante: Émile Zola dépeint-il la réalité de l'époque de la manière la plus objective possible dans son roman?

    Qu'en pensez-vous?

    Merci d'avance pour votre aide.

  • Je ne sais si c'est la problématique, mais la question mérite assurément d'être posée. Son ami Cézanne semble avoir peu gouté cette objectivité de l'écrivain Pierre Sandoz -Zola de toute évidence- qui se donne sans frais le beau rôle de l'ami resté fidèle.bien que devenu riche et célèbre, ce qui n'est pas démontré dans la réalité. A sa décharge il faut admettre qu'aider un ami sans le perdre est la chose la plus difficile qui soit. la réaction de Cézanne le montre. Mais là, je m'égare.

    la pénétration plus ou moins profonde de... n'est-elle pas incompatible avec l’observation exacte, et ce faisant, l’amorce d'une objectivité toute relative ?

  • Attention, l'objectivité de Zola est aussi à nuancer : toute objectivité - surtout quand elle est proclamée haut et fort, ce qui est le cas ici sous la forme de l'engagement naturaliste et des textes théoriques produits par l'auteur lui-même (comme Le roman expérimental) - est une subjectivité (qui cherche à s'émanciper du sujet, mais c'est ici un autre débat).

    Zola ne fait pas un procès-verbal de la réalité, et il ne le pourrait pas au demeurant. Il choisit bien les éléments à rapporter, et ceux à mettre en arrière-plan ou à taire. De plus, il met en scène les réalités qu'il prétend décrire (n'oublions pas que nous restons dans le roman, c'est-à-dire dans la fiction). Certains passages de Zola sont ainsi conçus de façon à maximiser l'effet sur le lecteur (toujours étudier les registres).

    N'oublions pas non plus le recours fréquent de Zola au fantastique (c'est peut-être moins présent dans Au bonheur des dames).

    Il faut donc nuancer cette affirmation en consacrant une partie de la réflexion à démontrer que la fiction et les libertés qu'elle autorise permettent une meilleure pénétration (compréhension, analyse) du réel. Autrement dit, que la fiction peut être plus puissante, plus efficace, que le procès-verbal, pour servir l'objectif de l'auteur.

    Zola a pu être enquêteur, photographe, journaliste (ses carnets et ses occupations personnelles en attestent), certes, mais la vraie question est : pourquoi ne s'en est-il pas contenté, préférant utiliser toute cette matière pour créer des œuvres de fiction ? 😃

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