Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

HildegardeHildegarde Membre
10 févr. modifié dans La filière littéraire

Bonjour,


Je devrais entamer une licence de lettres modernes (à distance, en octobre 2021) mais peu d'appétence pour la poésie et le Moyen-Âge.

Vous pensez que ça va le faire ? :))


H.

Réponses

  • Non, cela ne va pas le faire...

    La littérature et la langue médiévales représentent une part importante des enseignements et des explorations d'une licence Lettres modernes.

    La "poésie", au sens large, occupe également - et fort heureusement ! - une part importante du parcours.

    On ne peut être passionné par tout, certes, mais les études de lettres supposent a minima une curiosité intellectuelle pour les différentes périodes de l'histoire littéraire. De plus, l'objectif de la licence est bien d'acquérir les fondamentaux du vaste champ des "lettres modernes", une sorte de patrimoine commun sur lequel nous pourrons compter plus tard. Il faudra attendre le Master pour choisir des enseignements (sous forme de séminaires par exemple) plus en accord avec vos goûts spécifiques.

    Ce cursus sera précisément l'opportunité de se frotter à des sujets et des genres vers lesquels, a priori, on ne se serait jamais porté en autodidacte.

  • LaoshiLaoshi Membre
    10 févr. modifié

    Hélas, il se pourrait bien que ça puisse le faire...

    Mais franchement, s'ennuyer à étudier à faire ce qu'on n'aime pas, ce ne sera guère agréable. Autant ne pas faire d'études de lettres.

    La poésie n'est pas une part négligeable de la littérature, et lorsqu'on fait des lettres, toutes les époques doivent être prises en compte, y compris le Moyen-Âge et l'Antiquité.

  • AscagneAscagne Membre
    10 févr. modifié

    Bonsoir,

    En effet, comme l'a écrit @Lucid_Lynx, il s'agit d'acquérir les fondamentaux et une culture commune. Le temps de la spécialisation vient après. Et l'on est confronté y compris à ce que l'on aime moins, voire pas dans certains cas, comme dans d'autres secteurs du supérieur.

    C'est très bien comme cela pour diverses raisons, aussi intellectuelles et culturelles que pratiques, tant que ce type de licence existe, quelle que soit l'orientation ensuite ou la profession envisagée (mais c'est encore plus vrai dans le cas des futurs enseignants), surtout dans notre pays qui est ou du moins a été "le pays de la littérature".

    Ensuite, bien sûr, les choses s'affinent selon le cursus de licence, il y a des options et des parcours de plus en plus tôt désormais - ce qui constitue un sujet de débat éventuel, dans une perspective plus large.

  • N'est-il pas curieux de se nommer Hildegarde et de confesser ne pas aimer la poésie et le Moyen-âge ?

  • mattlevmattlev Membre
    10 févr. modifié

    Bonsoir,


    Que sais-tu du Moyen Âge ?

  • "Cela ne va le faire", mince ! J'ai lu récemment un passage magnifique dans un ouvrage de P. ROTH (Lequel ? Promis, je le cherche et le mentionne ultérieurement) qu'il exhortait aux amoureux de littérature...de ne surtout pas faire d'études dans le domaine. Oui, j'insiste, mais le genre de la poésie et la période du Moyen-Âge ne sont pas un plaisir comme le sont (en vrac) le 19ème (TOUT),  Les Lumières, Homère, De Beauvoir, Céline, Camus.

  • HildegardeHildegarde Membre
    11 févr. modifié

    Ai parcouru le programme de la licence. Très intéressée (histoire littéraire, linguistique, thématiques proposées (brochure Sorbonne). Mais le Roman de Renart et les Lais de Marie de France ne me bottent pas...Oui, pas réceptive à la poésie. Ce n'est pas un genre avec lequel je suis à l'aise, trop précieux. Cela demandera des efforts. Tout le reste du programme m'intéresse. Ce que je connais de la période médiévale ? Parcouru sans lire vraiment, les classiques (chansons de geste, blasons). Je me demandais si c'était une part vraiment importante du programme. Pour faire court, j'aime la littérature mais pas trop ni ce genre ni cette période. Et j'espère que ce n'est pas un frein à un épanouissement en lettres.

  • Pourquoi Hildegarde ?

    C'est le seul personnage (à mon humble connaissance) qui me soit sympathique et lumineux de toute cette période si sombre.

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    11 févr. modifié

    @Hildegarde

    Ah, mais là nous changeons de débat ! Je suis moi-même très critique avec les "études de lettres". Disons que la démarche analytique et critique a ses limites, que l'on éprouve plus ou moins rapidement, au gré de notre sensibilité personnelle.

    Sans être si radical, il y a du sens à déconseiller les études littéraires à un passionné, dans une certaine mesure. Cela dépend de ce que vous y cherchez. Quels sont vos intérêts ? L'écriture créative, la recherche, l'enseignement ? Le choix d'études est lié à ces attentes, sans quoi on risque des désillusions.

    Philip Roth, que j'apprécie par ailleurs, est lui-même issu du sérail enseignant. De plus, l'expression "amoureux de la littérature" ne signifie pas grand chose (littérature à lire, à écrire, à commenter, à classer ?). Restons prudents face à ces petites formules iconoclastes dont raffolent nos amis d'outre-atlantique.

    Je suis peiné de lire que la poésie serait un genre trop précieux... Après tant d'efforts pour la rendre accessible, organique, ouverte, vivante en somme ! Verhaeren, Rimbaud, Ponge, Cendrars, Césaire, Senghor, Gontran Damas, Maulpoix, Jaccottet, et tant d'autres... j'ai bien du mal à les considérer comme précieux. Sans compter toute cette poésie contemporaine, non seulement française mais surtout francophone, écrite à la bave et au sang, qui elle non plus n'a rien de précieux.

    Par méconnaissance (ce n'est pas un reproche), peut-être avez-vous une représentation stéréotypée de la poésie. Il faut dire que l'école fait tout pour renforcer cette vision de la poésie et alimenter ce préjugé. J'espère sincèrement que vous changerez d'avis à son sujet, peut-être grâce à des études de lettres.

    Dans tous les cas, les études en général nous contraignent souvent à aborder des domaines que nous apprécions diversement. Sans un peu de contrainte, ce ne serait plus des études ! 😄

    Pour répondre pragmatiquement à vos doutes : oui, la littérature médiévale sera une partie de vos enseignements, vous n'y couperez pas. Oui, vous pourrez vous épanouir malgré cela en études de lettres, car votre intérêt est réel et la littérature est vaste. Avec un peu de chance, vous pourrez dès la L3 choisir quelques enseignements plus en rapport avec vos intérêts.

  • mattlevmattlev Membre
    11 févr. modifié

    Si je compte bien: au moins 3 génocides, deux guerres mondiales (avec à chaque fois des dizaines de millions de morts à la clé), une poignée de régimes totalitaires, et ce en 80 ans...

    C'est sûr, le Moyen âge est vraiment une période horrible et "sombre".

    Tu as parfaitement le droit de ne pas être réceptive à la littérature de cette époque, mais faut arrêter avec les poncifs sur le Moyen Âge... Changeons de disque !

  • AscagneAscagne Membre
    11 févr. modifié

    Le but des études, ce n'est pas de "faire plaisir" et de donner aux étudiants "ce qu'ils veulent". Curieusement, dans les domaines où les études proposent davantage d'occasions qu'ailleurs d'adjoindre au travail de l'étudiant du plaisir et de la stimulation, davantage de monde semble faire la fine bouche : je ne suis pas sûr qu'ils la feraient dans ces autres domaines où on travaille sur une toute autre matière.

    Il est vrai qu'il faut toujours garder une certaine distance quand on étudie les lettres ou les arts par rapport aux pratiques universitaires. J'invite mes étudiants à lire les œuvres au programme en premier lieu comme une lecture "normale" : c'est seulement dans un second temps qu'ils doivent prendre des notes et analyser. Ceux qui ne suivent pas les conseils ou les injonctions de prendre le temps de lire avant le début d'année ou de semestre, et se retrouvent à rentrer dans l'œuvre en même temps qu'ils doivent l'analyser, ce n'est pas vraiment de ma faute. Bien sûr, on ne peut avoir cette distance lors des épreuves et des examens. Bien sûr, quand on n'aime pas tel auteur/tel siècle/tel genre... la première lecture n'est pas une "lecture-plaisir". À côté de cela il y a les matières, disons, plus techniques. Elles sont nécessaires, y compris celles qui agacent le plus les étudiants. Il n'en reste pas moins que ça fait partie du travail de l'étudiant de lettres que de méditer sur des textes, là où dans d'autres filières, malgré l'intérêt qu'on peut trouver dans telle matière, on n'est pas au contact d'œuvres d'art. N'oublions pas cela.

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