Bonjour à tous!

J'ai commencé une hypokhâgne dans une petite prépa bretonne en septembre dernier, dans le but d'obtenir le concours d'entrée à l'école du Louvre. J'ai toujours cet objectif, mais je ne peux pas le passer directement via la BEL (il aurait fallu une spécialisation dès l'HK, ce que j'ai appris trop tard). Aujourd'hui, je me trouve avec presque 14 de moyenne générale, et aucun temps libre pour préparer mon concours. Les matières qui demandent le plus de travail (la géographie, le français) sont celles qui m'intéressent le moins, et les plus chronophages. Au point où sont les choses, lorsque je sors de cours, je m'assieds à mon bureau, je travaille pendant 2h, je mange, et c'est déjà l'heure d'aller me coucher.

Ce sont les langues anciennes et la culture antique qui me passionnent, et celles que je travaille volontiers. J'ai dans l'idée que me réorienter en licence lettres classiques me libérerait du temps, et du même coup me supprimerait les matières que je n'aime pas. Le problème est que, j'ai peur de griller toutes les chances qui m'ont été offertes en quittant la prépa pour une simple licence. Ma famille me répète que faire une prépa complète, quitte à perdre deux ans et à ne passer mon concours que la troisième année, est une assurance pour la suite, car il est probable que je ne l'obtienne jamais; mais moi j'ai l'impression de perdre du temps précieux, et la licence me semble plus efficace.

Si quelqu'un ici a été dans mon cas, je serais très contente de connaître son expérience, et j'ai aussi des questions :

- passant d'une hypokhâgne à une l2 de lettres classiques, vous n'avez pas eu trop de retard à rattraper au niveau des langues?

- l'enseignement à la Sorbonne (là où j'aimerais aller) est-il d'une qualité supérieure à celui d'une khâgne spé lettres classiques?

- la quantité de travail à fournir pour exceller en licence est-elle moindre, équivalente ou supérieure à celle de la prépa?

Merci de m'avoir lue, désolée du pavé!

Réponses

  • AscagneAscagne Membre

    Bonjour,

    Je dois commencer par un caveat qui ne sera pas trop désagréable, j'espère, mais qui est sans doute utile : vous écrivez que le français fait partie des matières qui vous intéressent le moins. Or, en licence de lettres classiques, la littérature et la langue françaises ne sont pas moins importantes que les langues et littératures anciennes... La licence de la LC est un tripode (heureusement, pas comme ceux dans La Guerre des mondes) ! Ensuite, selon votre projet d'orientation et le master choisi, ça changera.

    En général on recommande de rester en prépa jusqu'au bout, surtout quand les résultats sont bons. Il me semble que cela reste avantageux pour la suite et pour votre dossier, mais il faut que quelqu'un qui connaît l'école du Louvre vous réponde pour compléter car je ne connais pas les modalités de ce concours. En outre, vous semblez avoir une bonne moyenne. L'expérience de la khâgne et le concours sont souvent utiles pour préparer d'autres concours ensuite. Je ne dis pas que l'hypokhâgne seule est inutile, pas du tout, mais ce n'est pas encore la khâgne.

    Je doute qu'il y ait un retard en latin et en grec en passant de l'hypokhâgne à la L2 de LC, si l'enseignement prodigué dans votre prépa de ce côté-là est dans la norme. À vérifier auprès de collègues (ou d'étudiants) parisiens, cependant.

    L'empan des disciplines abordé est plus réduit à la fac (je pense à une licence simple) qu'en prépa. Vous aurez aussi moins de devoirs et un encadrement plus léger, a priori (quoique, en lettres classiques, hélas, les promotions ne sont pas grandes). Les attentes d'excellence sont à peu près les mêmes, avec cette réserve que le cadre universitaire permet a priori aux étudiants d'approfondir davantage leurs approches qu'en prépa. Difficile de répondre exactement à votre dernière question : la nature du travail est un peu différente et il n'y a pas directement de concours au bout, ce qui implique une autre atmosphère d'études.

    Bon courage pour votre projet d'études.

  • loglog Membre

    Bonjour,

    Je voudrais apporter une précision à la remarque d'Ascagne : "en licence de lettres classiques, la littérature et la langue françaises ne sont pas moins importantes que les langues et littératures anciennes".

    C'est peut-être le cas dans beaucoup de licences qui préparent à divers concours, qui incluent dont des cours de littérature française, mais il y a aussi des licences de LC qui n'obligent à suivre aucun cours de français/littérature. En suivant un cursus à Toulouse, j'ai eu des cours assez poussés en lettres et littérature classiques (philologie, linguistique etc), mais pas un seul cours de français ou de littérature après le Ve siècle ! (Bon, je ne compte pas le latin de la Renaissance).

    Ma remarque va, en revanche, dans le sens de la 2e partie du message d'Ascagne : dans les LC en tout cas, on étudie le domaine de manière assez approfondie, et l'enseignement fait une grande part à l'exploration personnelle, et, je trouve, assez peu à la mémorisation.

  • AscagneAscagne Membre
    22 janv. modifié

    Bonsoir,

    C'est-à-dire que les maquettes dépendent des facs et évoluent, et qu'il y a davantage de fluidité de ce côté-là ces dernières années au moins dans certaines universités. Le reste dépend du projet de l'étudiant et de l'orientation, mais j'ajoute quand même (pensant à certains sujets ici ou ailleurs) que si on se retrouve à passer les concours d'enseignement ensuite, mieux vaut ne pas découvrir trop tard que dans ce cadre, Lettres classiques c'est effectivement "français, latin et grec", de façon plus traditionnelle - enfin, dans l'idéal, parce que la trivalence n'existe que rarement dans les faits ensuite dans l'enseignement secondaire.

  • psyychepsyyche Membre

    Je dois me corriger, je crois; le français est une matière qui m'intéresse en tant que telle, je trouve les cours passionnants et je n'y suis pas trop mauvaise (16 de moyenne au terme de mon premier semestre). Le problème est qu'entre les lectures d’œuvres, les lectures de textes théoriques, l'approfondissement, les citations, concepts, etc à apprendre par cœur, je perds énormément de temps à apprendre sur des concepts qui, eux, ne m'intéressent pas (on voit mal une antiquisante faire sa thèse sur Ionesco... encore que?), et dont je doute d'avoir l'occasion de réutiliser pendant mes études à proprement parler.

    Avec l'ouverture de Parcoursup et les réponses que j'ai reçues, je pense que la décision la plus rationnelle (bien que mon cœur me dise le contraire) est de rester en khâgne, quitte a perdre une année de plus (je dois avouer aussi que cette khâgne en particulier, qui est dans un lycée différent de celui dans lequel je passe mon HK, me terrifie un peu: le professeur d'anglais, aux portes ouvertes de l'année dernière, avait bien précisé qu'il était inutile aux élèves habitant à plus de quinze minutes du lycée de venir en cours, car ils perdraient trop de temps le soir pour travailler). Si jamais la khâgne en question ne veut pas de moi, je me rabattrai sans trop de tristesse sur la licence prévue initialement.

  • LaoshiLaoshi Membre

    mais pas un seul cours de français ou de littérature après le Ve siècle !

    Je n’arrive pas à y croire !

    Alors que le professeur de lettres va pour l’essentiel enseigner le français dans le secondaire.

  • loglog Membre

    Laoshi,

    Je pense que ceux qui se destinent à être profs de lettres prennent les options de lettres modernes, justement. Mais c'est bien que ce ne soit pas une obligation, pour les autres.

  • AscagneAscagne Membre

    @psyyche : Votre avis sera peut-être différent quand vous aurez avancé dans le cursus, à propos du peu d'utilité des cours n'ayant pas de rapport direct avec votre éventuelle future spécialité. ;) Je n'arrive pas trop à trouver des cours qui m'auraient vraiment fait perdre mon temps dans mon cursus, à l'exception notable de cours qui faisaient vraiment double emploi, en L3, par rapport à ce que j'avais déjà vu en prépa (en histoire antique par exemple) - et ce n'était pas la faute de l'enseignante.

    Je profite de la phrase sur Ionesco et l'antiquisant pour ajouter que si le travail du doctorant puis du chercheur est de maîtriser son domaine précis, de faire vivre celui-ci et d'en suivre l'actualité, il importe aussi de lire le reste et de ne pas perdre un regard plus généraliste. Il ne faut pas oublier non plus que la recherche dans un domaine se nourrit de l'évolution générale du reste de la recherche et des domaines proches. Certes, cela dépend de la spécialité, du type de sujet de thèse puis de recherche, je ne le nie pas. Cela me semble tout de même assez vrai généralement en lettres.

  • Bonjour @psyyche,

    Concernant le questionnement sur l'Ecole du Louvre, je tiens à apporter quelques précisions (à partir de renseignements que j'ai obtenus à l'époque où je visais cette école), car je crois y voir une certaine confusion.

    Le concours est loin (très très très loin) d'être comme celui de l'ENS ou des autres écoles de la BEL. Il s'agit, si cela n'a pas changé, d'un test de culture générale et artistique qui se décline en 3 exercices (questionnaire, analyse, petite composition) à passer, en temps normal, à la fin de la Terminale, après avoir été sélectionné sur dossier via parcoursup. Cela permet d'accéder en premier cycle, première année.

    tous les renseignements sont ici : http://www.ecoledulouvre.fr/enseignements/etre-eleve/concours-entree

    Le passer en hypokhâgne ou en khâgne reviendrait à "perdre" une ou deux années (même si on ne perd bien sûr rien de la prépa, je parle ici en terme d'années d'études). C'est pour cela qu'une passerelle a été créée entre les prépas et cette école (en khâgne ou khûbe ou les deux, je ne sais plus, à vérifier), où ici la seule évaluation est celle du dossier, où il faudra avoir au minimum 12 de moyenne ET avoir suivi en HK l'option Histoire des Arts, puis la spécialité en khâgne je présume ? J'ai également un doute ... Cela permet d'arriver directement en deuxième ou troisième année de premier cycle, en ayant une méthode et une culture solides.

    Mais je pense qu'il est tout à fait possible de passer le concours après l'HK, ayant acquis plus de culture générale, et sans avoir eu besoin de suivre l'option qui n'est pas requise mais appréciée dans le dossier des terminales. Le seul bémol est que cela revient à recommencer sa scolarité dans le supérieur en arrivant en première année.

    Concernant la fac, certains masters proposent des séminaires avec l'Ecole du Louvre, mais je ne crois pas en LC, plutôt en ayant suivi une licence d'Histoire de l'Art et Archéologie puis en se spécialisant dans un de ces domaines en master. Seulement, cela ne représente pas une véritable scolarité ou un double-cursus là-bas.

    En espérant avoir été utile, bonne chance pour la suite !

  • psyychepsyyche Membre

    Bonjour tout le monde!

    J'ai déjà posté une discussion ici il y a quelques mois, et en voici la continuation : entre temps j'ai envoyé une demande à la Sorbonne au cas où, histoire de ne me fermer aucune porte. J'ai été acceptée, mais hier mes professeurs m'ont aussi dit que j'avais de bonnes chances d'être prise à l'ENS en spé anglais, et de changer mon cursus là-bas (je suis bilingue).

    L'ENS ne me tente pas en tant que telle, mais c'est une bonne école qui pourrait assurer mon futur si je l'ai... d'un autre côté, moi qui m'ennuie en prépa, je passerais un super moment en licence LCA qui regroupe tout ce qui me plaît.

    Est-ce que cela vaut vraiment le coup d'arrêter une petite prépa (qui n'a jamais eu d'admissibles à l'ENS) pour une licence là bas?

  • TheRedRoomTheRedRoom Modérateur
    4 juin modifié

    Je n'ai pas suivi le début de ton parcours, mais je me méfie quand on dit que quelqu'un "a de bonnes chances d'être pris à l'ENS", même s'il s'agit d'une matière qu'on maîtrise bien. Ça reste un concours extrêmement sélectif, et il n'est pas recommandé de faire des pronostics de ce genre...

    2e chose : changer de cursus par rapport à la spécialité prise au concours, c'est possible à l'ENS Paris ("Ulm"), mais ça n'est pas autorisé à l'ENS LSH ("Lyon").

    Si tu t'ennuies en prépa, je ne vois pas trop pourquoi tu t'infligerais ça...

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