Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour, je dois lire "Le père Goriot" de Balzac pour l'école et je me demandais pourquoi il était nommé ainsi. En effet, le récit retrace surtout l'histoire d'Eugène de Rastignac et non celle de Goriot.

Y a-t-il un certain parallélisme entre les personnages?

Merci

Réponses

  • Ne pas oublier que Balzac voulait écrire La Comédie humaine. L'ouvrage décrit la société parisienne sous la Restauration, avec toutes ses classes sociales, notamment les arrivistes comme Rastignac. Goriot est son contraire exact, dévoué à ses filles et se ruinant pour elles. C'est lui, le véritable héros (ou antihéros) de l'ouvrage. Je dirais que Rastignac est un héros périphérique. 😉

  • Lucid_LynxLucid_Lynx Membre
    14 janv. modifié

    Rastignac n'est pas si important que cela. A relire ce roman, j'estime même qu'il n'est là que pour servir d'autres personnages, leur permettre de s'exprimer et de gagner du sens, en somme les mettre en valeur (Goriot, Vautrin).

    Au demeurant, si la fin du roman semblait prédestiner Eugène à un grand avenir, on découvre dans le cycle des Illusions perdues qu'il ne deviendra qu'un jeune poseur ambitieux, sans aucun talent et entretenu par quelques maîtresses plus âgées ou par des dettes... Il apparaîtra d'ailleurs cynique, méchant et railleur, toute trace du jeune homme naïf et touchant ayant définitivement disparu.

    Le personnage de Lucien de Rubempré (cycle des Illusions perdues) est à cet égard bien plus complexe et intéressant, ce qui explique que Balzac lui ait consacré beaucoup plus de "pages"...

    Goriot est le véritable personnage principal (notez que je n'écris pas "héros") du roman éponyme. Il est le géniteur, biologique évidemment mais aussi symbolique, de ses deux (horribles) filles. Il y a un contraste fort, presque une dialectique, entre d'une part l'acharnement au travail, les sacrifices (économiques, mais aussi affectifs), le dévouement, la moralité de Jean-Joachim Goriot et, d'autre part, le cynisme, le matérialisme, la paresse, l'hypocrisie de ses deux filles, qui sont des archétypes de bourgeoises parvenues. Je crois que là serait la véritable "comédie humaine" - qui est en vérité une tragédie - chère à l'auteur.

    Je suis toujours étonné de voir ce sempiternel Père Goriot étudié au lycée (ou pire : au collège !), alors que ce n'est clairement pas la meilleure œuvre de Balzac. Il y a tellement mieux à choisir parmi la Comédie humaine !

  • Bonsoir,

    Peut-être pas la meilleure, certes, mais peut-être la plus représentative ? Les élèves (et le programme) ont besoin de modèles clairs. Descriptions (épouvantables pour les élèves) et un résumé (pas si mauvais) de la Comédie humaine.

    Perso, j'ai abordé Balzac avec La Maison du Chat-qui-pelote (nouvelle) car j'ai eu la chance d'être élevée dans un milieu littéraire.

    Hélas, je parle du temps passé...

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