Perdue dans mon orientation (licence 2 de lettres)

Bonjour à tous,

Actuellement étudiante en Licence 2 de Lettres, je commence sérieusement à me poser des questions très précises. En effet, j'ai déjà 31 ans et un parcours assez atypique. L'âge n'est pas le problème dans mon histoire.

Je vous explique : après l'obtention de ma licence je souhaiterais vraiment m'orienter vers les métiers du livre et de l'édition, avec une préférence pour le domaine de la jeunesse. Malheureusement, je vis dans les pyrénées orientales, et dans mon département, il n'y a ni master de ce type ni maison d'édition. La solution serait donc de quitter le département pour Toulouse, ou Paris, mais malheureusement je ne le peux pas pour des raisons de santé. Je dois donc rester dans mon département.

J'avais donc pensé à faire un master littérature jeunesse à l'université du Mans à distance, puis essayer de trouver un emploi dans une des rares maisons d'édition qu'il y a vers chez moi. Mais après avoir envoyé quelques mails, cela me semble impossible. Mon autre option, serait donc de travailler dans une librairie, mais là encore je crains qu'à l'issue de mon master, je me retrouve sans emploi.

Il y une autre orientation qui me plait beaucoup (même si je dois l'avouer, je rêve d'être assistante d'édition), c'est le master MEEF afin de devenir professeure de français.

Etant reconnue adulte handicapée par la MDPH, j'aurai des chances d'avoir un poste dans mon département. Si vraiment ce n'était pas le cas, je me dis qu'il y a possibilité d'enseigner à distance peut être notamment avec le CNED. J'essaie vraiment de chercher différentes solutions.

Mais je doute de mes capacités à réussir mon master MEEF et le capes, puis je doute sur mes capacités à être une bonne enseignante de français. J'ai peur de ne pas être à la hauteur ! Quelles sont les qualités requises pour être une bonne enseignante ?

Je vous avoue que je suis perdue car je suis assez coincée.

Auriez vous des conseils s'il vous plait ? J'ai besoin d'aide.

Je vous remercie beaucoup par avance pour vos réponse :)

Réponses

  • PlumevertePlumeverte Membre
    janvier 2021 modifié

    Bonjour,

    Je ne connais pas suffisamment les filières sur les métiers du livre pour te répondre précisément.

    Il me semble qu'il existe des licences professionnelles "métier du livre" dans plusieurs universités. Peut-être y a-t-il possibilité de faire certaines de ces licences à distance ? Tu peux toujours essayer de les contacter par courriel ou téléphone pour savoir s'ils proposent des aménagements dans ta situation ? Idem pour le master que tu mentionnes. Comment s'est conclu l'échange de mail ? Pourquoi dis-tu que cela paraît impossible ?

    Concernant l'enseignement, il faut savoir que c'est un métier très difficile (et de plus en plus). Pour savoir si c'est vraiment ce qui te convient, je t'invite à échanger avec des enseignants. S'il n'y en a pas dans ton entourage, tu peux toujours lire des livres de témoignages d'enseignants, te rendre sur des forum de profs sur internet, en contacter sur des pages Facebook ou autre pour leur demander d'échanger avec toi sur la réalité du terrain. Cela dit, avec le CNED, c'est sûrement un terrain différent...

    Je dirais que pour être un bon enseignant, il faut aimer sa matière, avoir un très bon niveau, savoir la rendre intéressante. Et dans les conditions actuelles, je pense qu'il faut aussi avoir une très bonne confiance en soi, savoir gérer sa classe, avoir une fibre sociale, beaucoup de patience et de résistance.

    Désolée, ma réponse est très incomplète... Est-ce que la MDPH ne donne pas des renseignements plus détaillés sur les possibilité d'adaptation professionnelle ? Je crois qu'il existe aussi des centre des formation et réadaptation qui doivent disposer des ressources nécessaires...

  • miss-lilymiss-lily Membre
    janvier 2021 modifié

    Bonjour, merci beaucoup pour ta réponse.

    Alors en fait il n'y a pas de licence professionnelle des métiers du livre et de l'édition qui se font à distance malheureusement. Pour les master il y en a 2 qui sont plutôt orientés vers la littérature jeunesse. Donc cela m'intéresse même si ce serait moins complet qu'un Master métier du livre et de l'édition à Toulouse ou Montpellier. Malheureusement même si je choisie de faire ce Master à distance, je ne trouverai pas d'emploi dans mon département. J'ai contacté les deux plus grandes maisons d'édition qu'il y a près de chez moi et elles ne prennent pas de stagiaires et donc encore moi un salarié. Ensuite j'ai pensé au télétravail mais je crains que cela soit compliqué de trouver un poste sans avoir eu une première expérience dans une maison d'édition.

    J'ai mis un mail à une librairie, j'attends une réponse. Mais là encore, si jamais je suis diplômée mais que je ne trouve pas de poste dans mon département je serai ennuyée.

    Concernant le métier de professeure de français j'aimerais beaucoup avoir des avis. C'est pourquoi j'ai posté sur ce forum, en espérant avoir de l'aide et des conseils.

    Je te remercie beaucoup pour ta réponse 🙂

  • Bonjour,

    "Concernant le métier de professeure de français j'aimerais beaucoup avoir des avis. C'est pourquoi j'ai posté sur ce forum, en espérant avoir de l'aide et des conseils."

    Plumeverte a dit l'essentiel : "Je dirais que pour être un bon enseignant, il faut aimer sa matière, avoir un très bon niveau, savoir la rendre intéressante. Et dans les conditions actuelles, je pense qu'il faut aussi avoir une très bonne confiance en soi, savoir gérer sa classe, avoir une fibre sociale, beaucoup de patience et de résistance."

    L'idéal (pour ne pas avoir de problèmes), c'est de passer l'agrégation et d'enseigner dans de grands lycées ou en fac. Hormis le problème sociétal, je confirme : enthousiasme, patience et... amour des élèves. Savoir aussi que nous plantons des graines sur un sol, fertile ou non. Ne pas se décourager.

    De mon temps😉, nous admirions certains profs. Je le suis devenue en partie grâce à cela. Mais je voulais être "maîtresse" dès le primaire. C'était inscrit en moi.

    Une dernière chose : il faut plaire aux élèves, les séduire, si, si. Le prof est comme sur une scène de théâtre et joue un rôle. La classe est notre public. Il faut aussi savoir les faire rire de temps en temps, ouvrir des parenthèses.Plus facile dans des matières littéraires que scientifiques évidemment.

    Rigolo : pour les élèves, un prof n'existe que de 8h à 17h (en gros). Ils sont très étonnés de te rencontrer ailleurs, dans un supermarché par exemple.

    Un excellent moyen de se rapprocher des élèves est de participer aux voyage scolaires.

    Bon courage !

  • Bonjour, merci beaucoup pour votre réponse.

    En fait, j'aimerais beaucoup être professeure de français. Ça reste un métier qui m'intéresse vraiment. Ma seule crainte c'est de ne pas être à la hauteur, tant au niveau pédagogique qu'au niveau de gestion de classe. Est ce normal de douter de soi?

    Est-ce que durant le Master on nous apprend à enseigner justement? Car savoir enseigner n'est pas quelque chose d'innée en soi, ça doit s'apprendre je suppose.

    Même si mon premier choix reste les métiers du livre et de l'édition il faut aussi être réaliste au niveau des débouchés étant donné que je ne peux quitter mon département. Cela va être très compliqué pour moi de trouver un poste dans ce domaine sans me déplacer ailleurs en France.

    Donc comme l'enseignement est quelque chose qui m'attire beaucoup je me dis que ça pourrait me convenir. Mais j'ai des craintes et je pense que c'est normal. Enfin je l'espère...

    Merci beaucoup encore

  • Il y avait autrefois l'IUFM pour le CAPES. Et un stage d'un an sous l'égide d'un prof.J’ignore ce qu'il en est aujourd’hui.

    Mais enfin, tout cela reste bien théorique. Finalement on apprend sur le tas, la didactique étant une chose (les fameux "savoirs savants") et la pédagogie une autre (une bonne dose de psychologie et d'humanité finalement).

    Je relis de temps en temps avec plaisir Le Naïf aux quarante enfants de Paul Guth (agrégé, sa première année d'enseignement). Intéressant : comment faire passer Racine et Molière, par exemple ?

  • miss-lilymiss-lily Membre
    janvier 2021 modifié

    Est-ce que vous pensez que mes craintes sont normales? Je suis une perfectionniste, je dois l'avouer.

  • Bonjour à tous,

    Voilà, je vous explique ma situation : je suis actuellement étudiante en L2 de lettres modernes à l'université de Montpellier en enseignement à distance. Je suis censé continuer vers ma L3 puis m'orienter vers un master Lettres et création littéraire toujours à distance.

    Je me suis inscrite également depuis peu à une formation de rédacteur web.

    Or, pour des raisons de santé, et aussi parce que je vais avoir 32 ans bientôt, je me pose de nombreuses questions. J'aime toujours autant mes études, mais je pense que ça fait tellement d'années que je suis dans l'enseignement supérieur, et le fait d'avancer dans l'âge, il y a des remises en question. J'envisage donc d'arrêter mes études pour me consacrer uniquement à ma formation de rédacteur web et m'inscrire en parallèle à une formation de lecteur-correcteur afin de me lancer par la suite en freelance.

    Cependant, j'ai peur d'arrêter mes études, car lorsque je voudrais travailler en freelance en tant que rédactrice Web et en tant que correctrice, je serai en concurrence avec des étudiants sortant de licence ou de Master de lettres. Et j'ai peur de ne pas réussir du coup !

    J'en ai discuté aujourd'hui avec une conseillère d'orientation mais ça ne m'aide pas vraiment. Qu'en pensez-vous s'il vous plaît ?

    Connaissez-vous des gens qui ont réussi dans ces domaines sans forcément avoir une licence ou un master ? Car si j'arrête mes études, maintenant, je n'aurais que le niveau bac + 2, ça ne sera pas validé.

    Je suis vraiment perdue !

    Merci beaucoup par avance pour vos réponses

  • Bonjour,

    Vos questions sont légitimes. Le secteur professionnel vers lequel vous vous orientez est assez particulier. Le secteur de la rédaction web (je simplifie avec cette expression, mais cela regroupe un ensemble de tâches et de métiers) présente des caractéristiques qui en font selon moi un secteur où il est très difficile de trouver sa place :

    • C'est un milieu très concurrentiel. Les professionnels expérimentés et les grandes boites sont eux-mêmes mis à rude épreuve, notamment à cause d'une concurrence venue d'autres pays, autres continents, qui tire les prix vers le bas. Comme je suppose que vous visez la rédaction en français, on peut citer spécifiquement le Maroc et Madagascar en tête de liste.
    • C'est un secteur qui n'est pas du tout encadré. Il n'y a pas de conventions collectives, pas de véritables syndicats, le code du travail ne s'applique quasiment pas. De toute façon, on y recourt essentiellement à des freelances. Du point de vue du droit, c'est simplement le farwest. C'est l'eldorado seulement pour les grosses plate-formes de mise en contact, qui récoltent sans se mouiller, en exploitant les rédacteurs débutants (comme vous) et les rédacteurs des pays en voie de développement (ou quel que soit le nom qu'on leur donne).
    • Il n'y a pas de formation publique pour préparer au métier de rédacteur web, alors que ce dernier demande des compétences précises autant que variées, de la polyvalence, de la culture générale, etc. Les rédacteurs web viennent à cette activité de façon contingente, en provenance des cursus de lettres, métiers du livre/édition, écoles de commerce, etc. On trouve pourtant pléthore de formations, souvent payantes (les gratuites sont encore pires...). Là aussi, aucun contrôle, aucune norme, aucun cadre commun. C'est quitte ou double. Dans tous les cas, aucun diplôme solide à la clé qui puisse se négocier sur le marché du travail ou aider à une reconversion en cas d'échec.
    • Le statut de freelance est un miroir aux alouettes, à moins d'être un professionnel chevronné, qui a déjà ses routines, sa clientèle, son domaine de spécialité. A vrai dire, "freelance" n'est même pas un statut légal... Vous ne cotisez pas aux différents dispositifs de solidarité, de sécurité, de pension, etc. Vous êtes dépendant, presque au jour le jour, de la demande, etc. La précarité est garantie ! Ne vous laissez pas avoir par les témoignages des rédacteurs-web-tranquilles-chez-eux-à-4000-euros-par-mois !
    • Ce travail ne vous permettra pas de construire une véritable carrière professionnelle et d'établir une stabilité, des projets, etc. J'ai bien conscience que je parle un peu comme un vieux c** qui ne croit pas aux nouveaux métiers 2.0, etc. mais mon avis ne porte que sur la rédaction web précisément, pas les autres secteurs du numérique, qui peuvent être plus porteurs, selon moi.

    Votre niveau de diplôme (bac +2 ou Licence) ne sera qu'un facteur de risque supplémentaire, mais non le seul. Autrement dit, je pense que vous risquez de lâcher la proie pour l'ombre.

    Mon objectif n'est pas de vous décourager. Je vous conseille seulement de protéger vos arrières. Terminez votre cycle d'études, jusqu'au niveau Master. Rien ne vous empêche durant vos études de pratiquer l'activité de rédacteur web pour arrondir les fins de mois (même si j'estime qu'il y a mieux à faire en termes de rendement nombre d'heures/salaire) et vous familiariser avec ce secteur. Vous pourrez ensuite aviser, avec votre Master comme solution de repli vers d'autres activités (enseignement, concours de la fonction publique,...).

    Pour précision, j'ai créé puis piloté durant 2 ans une entreprise de rédaction et correction de contenus. Les contenus ciblés étaient très spécifiques (dossiers d'audit, rapports d'entreprise, demandes de bourses ou financements, etc.) et on ne travaillait qu'en partie à distance. La demande était colossale, nous étions en situation de quasi-monopole (hors internet évidemment), dans un territoire isolé, mais très actif économiquement.

  • Bonjour,

    Merci beaucoup pour votre réponse.

    Le problème étant que je ne suis pas sûre d'avoir la force physique et psychologique pour continuer mes études de lettres. Cela demande beaucoup de travail et d'energie. C'est pourquoi je souhaitais changer de voie !

    Travailler en freelance et gagner 500 euros par mois ne me dérange pas, car je suis également reconnue adulte handicapée par la MDPH et je perçois l'AAH. Mais j'aimerais bien avoir un diplome quand même ! J'avoue être totalement perdue. Car si je continue ma L2 et que je ne la valide pas, je perdrais mes bourses, et je ne me serais pas formée à cette formation de lecteur-correcteur.

    Donc soit j'arrête mes études maintenant, et je suis ces deux formations mais je n'aurais pas de diplome spécifique. Soit je continue ma L2, mais en prenant le risque de ne pas valider, de m'épuiser dans les études, et de perdre mes bourses.

    Entre mes problèmes de santé, et le fait de vieillir, j'ai envie de changement et d'avancer. Mais je ne sais pas ce que je dois faire malheureusement :(

  • Vos soucis de santé, je ne les discute pas, évidemment. En revanche, si vous vous sentez vieillir à 32 ans, je crois que vous allez faire sourire certaines membres de ce forum... 😃

    L'aide financière que vous recevez est justement une aide. Faut-il la considérer comme un revenu permanent et calibrer vos ambitions professionnelles à proportion de cet apport ?

    Plutôt que de voir cette aide financière comme une variable d'ajustement d'un travail précaire et peu soutenable sur le long terme (rédacteur web), pourquoi ne pas la voir comme une aide pour suivre des études avec une tranquillité supplémentaire ? D'autant que, si je comprends bien, vous bénéficiez d'une bourse (du CROUS?). Vous jouissez donc de beaucoup d'atouts pour vous consacrer plus sereinement à vos études, ce qui ne vous interdit pas un apport supplémentaire en rédaction web de temps à autre.

    Vous éprouvez des doutes à mi-parcours de votre licence. Je vous conseille de persévérer et d'essayer d'identifier vos difficultés. Vous parlez de "travail et d'énergie", mais il y a justement des façons, des méthodes, pour optimiser le "travail et l'énergie", c'est-à-dire littéralement le rendement de vos efforts. Votre université propose-t-elle un dispositif de tutorat ou d'accompagnement aux étudiants en difficulté ?

    Si vous sentez que ce n'est pas, ou plus, adapté pour vous, il faut aussi l'accepter. Tout le monde peut commettre une erreur d'orientation ou de jugement. Le système éducatif français, y compris dans le supérieur, est ainsi fait qu'il est difficile d'appréhender précisément ce qui nous attend avant d'entamer un cursus. Un abandon n'est pas un échec. Souvent, c'est la manifestation de notre propre ego qu'il faut surmonter.

    Avez-vous pensé à une passerelle vers des formations plus courtes (BTS/DUT) ? Cela vous permettrait d'avoir un diplôme fiable, reconnu sur le marché du travail et permettant la poursuite d'études plus tard.

    Attendez au moins la fin de votre L2 avant de prendre une décision, non ? Je ne pense pas que le CROUS suspende votre bourse en cours d'année universitaire, cela n'aurait pas de sens.

  • miss-lilymiss-lily Membre
    décembre 2021 modifié

    Bonjour à tous,

    Je reviens donc sur le sujet afin de vous faire part de ma décision. J'ai longuement réfléchi avant de prendre cette décision. Mais maintenant que je l'ai prise, je sais que j'ai pris la bonne :)

    J'ai donc décidé d'arrêter mes études à distance et me former à ces deux formations professionnelles dont je vous ai parlé : une formation de rédacteur web et une formation de lecteur-correcteur. Ce sont deux activités qui me passionnent ! Et si j'avais continué mes études de lettres (licence et master) ce sont les métiers que j'aurais voulu exercer dans tous les cas.

    Concernant la précarité du secteur, je ne suis pas inquiète car je cherche un emploi à temps partiel seulement pour avoir un complément de revenus, étant donné que je suis déjà reconnue adulte handicapée par la MDPH.

    Je ne prends pas cette décision comme un échec, mais comme un nouveau départ. C'est une nouvelle vie qui va commencer pour moi en janvier, et je suis très heureuse de mon choix.

    Ce n'est pas le fait que je me sente vieille à 32 ans, mais ça faisait 7 ans que j'étais à la fac ! J'étais seulement en L2, et à cause de tous mes problèmes de santé, je n'arrivais pas à fournir le travail demandé. Donc je ne regrette rien :)

    Merci beaucoup à tous et bonnes fêtes de fin d'année :)

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