Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,


Je dois rendre une dissertation sur la citation suivante : "Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis; la destinée en est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous."

Il faut que j'explique, commente et discute ces propos, et dire dans quelle mesure ils peuvent rendre compte de l'histoire de la littérature du 19e (et présenter la situation des écrivains au 19e en intro, sujet sur lequel nous travaillons dans le cours).

J'ai l'idée de faire la première partie sur le romantisme, voir le lyrisme romantique et le mouvement de communion avec l'humanité qui le caractérise pour illustrer le début de la citation ("Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis; la destinée en est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y") et ("Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous").

Ensuite, en deuxième partie, pour illustrer la phrase "On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on.", je pensais parler de la critique des réalistes envers les romantiques (la citation est de 1856, il me semble que ça peut correspondre).

Pensez vous que ces deux parties puissent convenir ?

Je n'ai encore jamais rédigé de dissertation à partir d'une citation, d'où mon manque de confiance total envers le travail que je vais rendre 😕

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bonsoir,

    Ce sujet est bizarre car il demande d'apprécier la littérature du XIXe siècle par rapport à l'expression du moi. Or ce courant ne concerne a priori que certains écrits poétiques (hors Parnasse, art pour l'art) et le genre autobiographique à la production limitée.

    Le théâtre romantique de Vigny, Musset surtout peut révéler l'âme de leur auteur mais pas le drame historique romantique. De même pour les premiers romans romantiques, mais la plupart des récits relèvent ensuite des charmes de l'histoire ou de l'enquête journalistique.

  • maudbstmaudbst Membre
    5 janv. modifié

    Bonsoir,

    Justement, nous avons travaillé sur le genre autobiographique de cette époque (roman personnel, journal intime...) et une partie du cours sur le lyrisme romantique... 🤷‍♀️


    [Je me suis noté que ces propos rendent compte de l'histoire littéraire du 19e car : le romantisme en plein développement se caractérise par un mouvement de communion avec l'humanité entière & l'exaltation du moi et des sentiments de l'auteur, sentiments perçus comme universels = la citation peut ê une sorte d’invitation au lecteur de voir dans la vie du poète (puisque c'est une autobiographie) un reflet de leur propre vie, le miroir étant le livre = Les Contemplations : si le lecteur l'envisage sous un angle universalisant de la destinée humaine, il y trouvera un reflet de ses propres joies et angoisses (concept ancré dans le romantisme).]

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    Bien sûr, c'est juste. Mais on ne peut analyser la littérature du XIXe siècle avec ce seul critère qui ne concerne qu'une petite part de la production.

    Il faut que j'explique, commente et discute ces propos, et dire dans quelle mesure ils peuvent rendre compte de l'histoire de la littérature du 19e (et présenter la situation des écrivains au 19e en intro, sujet sur lequel nous travaillons dans le cours).

    Il faut alors limiter le sujet en montrant que le lyrisme personnel a concerné certains auteurs romantiques (poètes, dramaturges, autobiographes), quelques poètes de "l'autodérision" (Corbière, Baudelaire, Laforgue, Cros...), quelques écrivains réalistes avec des romans autobiographiques (Daudet, Vallès, Renard) en examinant si leurs œuvres ont été réellement l'expression d'un ressenti universel. Par exemple on peut en douter pour Hugo en ce qui concerne une part non négligeable de sa production, son ego démesuré le poussant à devenir la voix de l'univers plus qu'une voix universelle.

  • maudbstmaudbst Membre

    Merci beaucoup de votre réponse.

    Voici mon introduction :

    "Après avoir été homme de lettre au 17e puis philosophe au 18e, l’image de l’écrivain du 19e siècle prend une autre direction. Il devient légitime (reconnaissance des droits d’auteur) et sa voix se fait entendre. Mais ce changement s’élabore doucement.

    Les écrivains commencent à se créer une identité collective et personnelle, et à se mettre en scène. Et cette mise en scène passe par la voix même de l’auteur que l’on entend enfin, et qui s’affirme par l’utilisation du « je ». Devenant une des caractéristiques principales de la littérature romantique, nombre d’auteurs s’épanchent donc sur leur sentiments personnels, voire sur leurs vies, d’où le succès retentissant du genre autobiographique (romans personnels, journaux intimes).

    Mais ce « je » prononcé ne doit pas être égoïste, et le romantisme sacre un poète qui représente une voix universelle, et dont les écrits peuvent trouver un retentissement dans le cœur de n’importe quel autre être humain.

    Ainsi, Victor Hugo, qui est vu comme un génie romantique à son époque, écrit dans la préface des Contemplations : « Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée en est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. ».

    Soit, Hugo nous parle bien dans ce recueil d’une expérience et d’événements réels de sa vie, mais il n’en reste pas moins que, dès lors où l’utilisation du pronom personnel est faite dans une œuvre, elle contribue à la scénographie auctoriale que celui-ci souhaite mettre en place, peu importe qu’elle soit réelle ou imaginaire.

    Dans ce devoir, nous nous pencherons sur le lyrisme romantique en rappelant d’abord les principaux critères du genre, puis nous verrons de quelle façon est utilisée cette parole du poète qui parle de lui même, et en quoi elle contribue à la constitution d’une identité de l’auteur."

    Vous semble-t-elle correcte ?

  • JocrisseJocrisse Membre
    6 janv. modifié

    Pourquoi ne pas reprendre d'abord précisément les textes, en l'espèce l'avant-propos des Contemplations ?

    « Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soit à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis : la destinée est une. Prenez-donc ce miroir, et regardez-vous y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! insensé, qui crois que je ne suis pas toi ! » 

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur

    @maudbst

    Avant de regarder cette introduction, nous devons lever un doute : Le sujet concerne-t-il "l'histoire de la littérature du 19e" en son entier ou simplement l'épisode romantique ?

  • maudbstmaudbst Membre

    Et bien, dans les cours nous avons abordé l'épisode romantique et la construction de l'identité de ses auteurs (postures, scénographies et poétiques), mais pas les autres courants littéraires de l'époque.

    Dans le sujet, mot pour mot, : "Vous expliquerez, commenterez et discuterez ces propos. Dans quelle mesure peuvent-ils rendre compte de l'histoire de la littérature du 19e ?".

    J'ai donc pensé que le devoir concernait le romantisme...

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    7 janv. modifié

    Partons de ce postulat.

    • Argumentation

    Après avoir été homme de lettre au 17e puis philosophe au 18e, l’image de l’écrivain du 19e siècle prend une autre direction. Il devient légitime (reconnaissance des droits d’auteur) et sa voix se fait entendre. Mais ce changement s’élabore doucement.

    L'écrivain au XVIIIe siècle ne se confond pas avec le philosophe. Attention à ces fausses généralités. Dans l'évolution du statut, c'est une bonne idée de noter la fin du mécénat et du compte d'auteur pour voir naître l'écrivain qui vit de sa plume. Mais cette évolution remonte au XVIIIe (voir les démêlés de Voltaire avec ses imprimeurs hollandais en particulier). Peut-être aussi relever les progrès de l'imprimerie qui démocratise le livre.

    Une autre accroche possible est de partir de la morale de l'honnête homme du Siècle classique et de son "Moi est haïssable" (Pascal) qui a continué à vivre avec le rationalisme des Lumières, puis a été rejeté au profit de l'émergence des sentiments et cde la sensiblerie.

    • Respect de la forme

    Présence d'une accroche, mais un peu longue à mon goût. De plus le second paragraphe ne dévoile-t-il pas une partie du développement ?

    Citation du sujet.

    Absence de reformulation par une problématique du type "Est-ce à dire.que le JE romantique a su (ou pu) concilier parfaitement l'expression de sa subjectivité avec les attentes personnelles de ses lecteurs ?"

    Annonce du plan.

    • Style

    Devenant une des caractéristiques principales de la littérature romantique, nombre d’auteurs s’épanchent donc sur leur sentiments personnels, voire sur leurs vies, d’où le succès retentissant du genre autobiographique (romans personnels, journaux intimes).

    Phrase mal construite, devenant ne peut concerner nombre d'auteurs.

    l’utilisation du pronom personnel est faite dans une œuvre, elle contribue à la scénographie auctoriale que celui-ci souhaite mettre en place, peu importe qu’elle soit réelle ou imaginaire.

    Ne pas utiliser de verbes passe-partout comme faire -> pronom personnel est utilisé dans une œuvre, il...

    Emploi fautif des pronoms -> elle contribue à la scénographie auctoriale que l'écrivain souhaite mettre en place (développer pour éviter mettre),...

    lui même -> lui-même

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