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Bonjours à tous et à toutes ! Si j'écris, c'est parce que je suis dans une période de remise en question totale, qui tombe à un très mauvais moment. Personne n'est obligé de répondre, je pense que j'avais juste besoin de partager certaines, et qui sait, même si ça n'intéresse personne pour le moment, une âme en perdition aux problèmes semblables aux miens pourra toujours tomber dessus un jour et se rendre compte qu'elle n'était point seule ^^


Ancrons la situation; je suis en prépa pour passer l'agrégation de lettres modernes, et je suis à deux doigt de décrocher. Je vous préviens, ce message risque d'être long et fastidieux.

Pour vous éclairer sur mon parcours : après un bac L obtenu avec la mention bien, je suis allée à la fac parce que c'était, selon mes parents, le meilleur moyen pour faire de bonnes études (venant tous les deux de la classe ouvrière, ils n'avaient jamais entendu parler de la prépa, que moi j'ai découverte trop tard).

Me voilà engagée dans une licence, puis un master que je réussis avec mention à chaque fois. Certes, j'ai eu de bons résultats, mais je me suis toujours reposée sur mes lauriers, et surtout, je cherchais à en faire le moins possible. Les cours qui auraient pu être les plus fructueux pour mon parcours ne me plaisaient pas. Le latin c'était trop dur, la dissert' je m'arrangeais pour la fuir au maximum, je lui préférais le commentaire composé auquel j'excellais déjà. Tout c'est très bien passé jusqu'à la fin de mon M2. Là encore, je me suis laissée mener par le courant. Il m'était venu dans l'idée de travailler à la fac (plus facile à dire qu'a faire, je vous rassure j'ai ouvert les yeux depuis), mais, pour « travailler à la fac », il faut passer l'agrégation.


Et me voilà donc embarquée dans une prépa à l'agreg de lettres modernes, dans une fac du sud. C'était l'année dernière, et vous pouvez aisément deviner que j'ai refait une année ^^ L'an dernier donc, j'arrive en ayant bien conscience qu'il faudrait plus travailler que d'habitude, mais en me disant que bien relire les cours suffirait. Grossière erreur, mes lacunes dans les matières dites techniques, notamment en latin, me plantent totalement. Je carbure à 6 toute l'année, et je ne suis même pas admissible. Mes notes, sauf une, ont été catastrophiques : 6 en latin, 4 en ancien français, 7 en anglais, 6 en comparé, j'ai seulement fait amende honorable avec un 12 en dissertation générale.


Je me dis donc qu'il ne serait pas inutile de retenter le concours vu ma note de dissertation, mais que cette fois-ci j'allais prendre exemple sur les admis de cette année qui me disaient bosser 12h par jour. C'est ce que j'ai fait durant toutes mes vacances d'été. Je ne rigole pas : du mois de juin à fin août j'ai travaillé du matin au soir, en me disant que j'allais rattraper toutes mes lacunes en ancien français, latin, ainsi que lire deux fois le programme.


En septembre je reviens en cours la fleur au fusil, persuadée que les mauvaises notes seront derrière moi maintenant et que, sans avoir 18/20, je ne serai plus à la traîne avec des résultats honteux.


Les cours commencent, deux mois se passent. Viennent ensuite les premières dissert, et les devoirs qu'on peut rendre en plus : je fais tout, je rends tout. Après le devoir vient bien sûr le résultat, et là c'est le choc : mes notes n'ont pas changé d'un poil en un an. Le latin ? Je connais presque par cœur ma grammaire et tout ses exemples je vous assure, mais face à un texte ça devient n'importe quoi, je ne comprends plus rien, aussi mes phrases sont sans cesse erronées (je traduirai "le garçon donne une fleur à la fille" par "la fleur donne une fille au garçon" sans problème par exemple). Je suis toujours fortement éloignée des traductions finales. L'anglais y'a du progrès, mais alors la grammaire et l'ancien français c'est sale, nul deux. Quant aux dissertations, c'est le plus frustrant, mes premiers résultats me font passer de 5 à 12 alors que je les ai faites à une semaine d'écart.

Vient maintenant mon plus gros problème, qu'on peut aisément deviner je pense ; la concentration. Il me semble avoir été diagnostiquée hyperactive quand j'étais petite (semble parce que ce sont mes parents qui me le disent mais je n'ai jamais vu de certificat), et, si c'est le cas, je me demande si l'hyperactivité perdure encore, mais de manière différente, à l'âge adulte. J'ai la concentration d'une huitre et c'est peu dire. Je suis obligée de relire tous mes cours trois fois pour retenir ne serait-ce qu'un misérable plan et encore, je m'embrouille moi-même quand j'écris, et je ne vous parle pas des devoirs (qui se font chez nous à cause de la fermeture des facs) où je dois bien passer une heure, sur les sept, à regarder à ma fenêtre, à me lever ou bien à me parler à moi-même. Ce problème mène aussi à des fautes stupides et des oublis impardonnables dans un concours de ce type : j'ai par exemple oublié de recopier au propre trois vers de la version latine du concours l'année dernière (ça explique en partie le 5). Ma première note, cette année, pour l'anglais était 09.5 mas j'aurai largement pu atteindre onze sans les oublis de mots et la syntaxe qui passe du singulier au pluriel en cours de route, pour ne citer que ça. Je me relis pourtant, mais il faut croire que ça ne me choque pas au moment de la relecture. Et quand, une fois la note avalée, je me relis après correction, je m'étonne moi-même. Certaines phrases dans mes dissert ne sont pas seulement confuses, elles ne sont même pas françaises ; je vous en cite une pour le plaisir en espérant que personne ne me reconnaitra : « théâtre de l'ipséité représentatoire signifie aussi qu'ils sont au sens propre qu'il s'agit d'un théâtre donné » (me demandez pas ce que je voulais dire, moi même je ne comprends pas, et j'ai honte d'avoir rendu un truc pareil).

C'est terriblement frustrant parce que je travaille beaucoup, mais que les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous . J'ai reçu, hier, deux mails ; un avait en pièce jointe une dissertation que j'avais rendue, mais corrigée, et où la « syntaxe desservait complètement le propos » ; et un autre où la prof m'a écrit qu'elle ne prendrait même pas la peine de corriger ce que j'avais fait tant c'était embrouillé, confus et absurde. Ça m'a mis un coup, parce que mine de rien le concours approche et que j'ai l'impression de travailler dans le vide. De même, j'oublie tout ce que je lis ; je connaissais mieux les œuvres au mois d'aout que maintenant. Je sens déjà poindre le décrochage ; aujourd'hui j'ai très peu travaillé, j'ai fait un peu de latin et j'ai vu que la traduction était à des années lumière de ce que j'avais écris, puis j'ai assisté à un cours dont je serai incapable de dire de quoi il était question.


J'ignore d'où tous ces problème viennent, ou plutôt, j'ignore comment régler ces problèmes. La dissertation complètement absurde je vous assure que je l'avais faite sérieusement, tout comme celle que j'ai cité plus haut. Je ne comprends pas ce qui se passe dans ma tête pour écrire des âneries pareilles et surtout pour les laisser telles au moment de la relecture.

Il y a peu de chances que quelqu'un ait réponse à mon problème puisque même moi je n'en sais rien, mais j'avais besoin d'écrire et de partager cela à autrui, parce que mes parents, à part me dire « fais en sorte que tes devoirs ils soient mieux » ne m'aident pas vraiment, et ça ne peut tout de même pas être tout le temps mes amis qui m'écoutent déprimer.

J'en viens à me demander si c'est la peine de travailler encore et toujours pour des résultats pareils, si oui qu'est-ce que je dois travailler particulièrement, en priorité, surtout pour cette fichue expression écrite. En fait j'en sais plus rien. A titre d'exemple, ça fait deux heures que je suis en train de rechercher sur le barre de recherche "comment devenir libraire/bibliothécaire/documentaliste".


Encore désolée pour cet énorme pavé (vous voyez quand je dis que j'avais des problème d'expression , je n'arrive même pas à m'exprimer de manière concise ^^), et réponde qui pourra.


Bonne soirée à tous !

Réponses

  • Je ne suis pas agrégée de lettres modernes et n'ai étudié les lettres qu'en CPGE il y a longtemps maintenant. Je suis donc incapable de te donner des conseils précis sur les matières au programme.

    Tu sembles confuse par rapport à ta situation, dans cette deuxième année de préparation à l'agrégation. C'est normal, préparer le concours est difficile pour tout le monde, et il est sain d'avoir des temps de remise en question. Plusieurs choses cependant :

    • Tu évoques des troubles de l'attention (TDAH ?), qui peuvent effectivement compliquer la tâche, surtout dans une année aussi dense que celle-ci. Si les symptômes évoqués sont handicapants, il pourrait être opportun de consulter rapidement un médecin. Ces troubles ont des conséquences, y compris à l'âge adulte, qu'une prise en charge adaptée permet de maîtriser. Ce peut être déjà une première difficulté à lever si tu identifies des problèmes de concentration et d'attention qui t'empêchent de réussir.
    • Tu évoques ensuite un retard sur les matières techniques et la méthodologie, que tu as eu à coeur de rattraper cet été. Ces efforts ne sont pas vains quand bien même ils ne se traduisent pas dès les premiers devoirs de cette 2ème année de préparation à l'agrégation par une amélioration significative de tes résultats. Au-delà des connaissances, les matières techniques nécessitent de l'entrainement et des automatismes que tu développeras d'autant plus vite que tu as repris les fondements cet été. Tes efforts paieront probablement rapidement !
    • Tu évoques enfin un projet professionnel, qui semble cependant peu assuré et flou. Souhaites-tu enseigner en collège et lycée ? C'est la finalité première de l'agrégation. Si tel est le cas, il convient je crois de profiter de l'entraînement de qualité que constitue la préparation à l'agrégation pour présenter les épreuves du CAPES de Lettres.

    Bon courage pour cette année de préparation.

  • J'ai lu aussi, et avec intérêt. Même conseil que le correspondant présent : préparer le CAPES. Rien n'empêche l'agreg par la suite.

    Nous avons tous des moments de doute. Tu ne vas pas laisser tomber maintenant. Et ne te dévalorise pas, s'il te plaît. Ton message n'est pas concis, mais il n'avait pas lieu de l'être. Tu nous a donné clairement tous les éléments pour comprendre.

    Question : "... où je dois bien passer une heure, sur les sept, à regarder à ma fenêtre, à me lever ou bien à me parler à moi-même..." Eh bien, tu reste assise, tu t'accordes 10 mn de récré, pas plus, et tu te remets au boulot. Et quand c'est fini, tu t'accordes un petit plaisir car tu seras fière de toi, tu verras !

    Courage ! Courage ! Courage !

  • @legrandméchantloup :

    Bonjour,

    Au-delà de la question générale de la concentration, comment les épreuves elles-mêmes se passent-elles pour vous ? Ou pour reformuler la question, avez-vous particulièrement un problème de concentration ou d'anxiété durant les épreuves, ce qui peut expliquer la contre-performance ?

    La préparation d'un concours comme l'agrégation est difficile car on se retrouve assez souvent dans le doute. Les enjeux, le stress, l'intensité de la préparation peuvent aussi avoir tendance à renforcer certains problèmes, à empirer la déprime, ou autres effets peu joyeux. Cela rend l'affaire difficile car le concours demande d'avoir une volonté de fer...

    Contrairement à la licence et au master, la préparation d'un tel concours ne fait pas de cadeaux : on peut découvrir ou redécouvrir certains problèmes à cette occasion. On n'y pense pas assez mais il vaut le coup d'aller consulter un spécialiste et de se tourner vers la relaxation.

    Concernant les efforts accomplis, ils te seront utiles, mais parfois, il faut un peu de temps pour que le déclic s'opère.

    Avoir pour seul objectif l'agrégation, c'est difficile à vivre. J'ai été dans cette situation il y a quelques années car je n'ai pas passé le CAPES - mais j'avais la perspective du doctorat pour me motiver. Si tu te présentes au CAPES, tu auras une autre perspective et tu réussiras sans doute l'admission. La seule difficulté ensuite est de pouvoir trouver de bonnes conditions pour préparer de nouveau l'agrégation.

    Ne baisse pas les bras. Courage et bonne journée.

  • Merci, merci, merci pour vos encouragements ! Ca fait du bien quand même de se faire encourager !

    Je vais essayer de vous répondre à tour de rôle

    @sandm77 : Pour ce qui est des troubles TDAH, il est vrai que je ferai bien d'aller voir un médecin, reste encore à y aller en cachette parce que mes parents, chez qui j'habite encore, refuseraient de m'y voir parce qu'un "médecin pour la tête" j'en ai pas besoin, c'est juste pour les fous avec un entonnoir sur la tête, enfin vous voyez le genre, mais je pourrais aisément y aller sans qu'ils ne le sachent.

    @fandixhuit : Merci encore pour ces encouragements ! Pour ce qui est de rester assise sans ne rien faire je me suis forcée à le faire pour une dissertation aujourd'hui... ça a moyennement fonctionné mais c'était quand même mieux que d'habitude je trouve, c'est juste que je perds beaucoup de temps à me dire "nan on ne se lève pas, on reste concentrée et on travaille."

    @Ascagne : Alors... les épreuves peuvent se dérouler de plusieurs manières :

    -Où je suis bien concentrée durant toute l'épreuve (mais je vais quand même faire des erreurs stupides du type oublier une occurrence à analyser, laisser deux pages blanches sur ma copie, faire des phrases à la syntaxe... disons houleuses, enfin bref trop de truc)

    -Où je stresse (c'est souvent le cas en grammaire ou en latin, je pense que c'est dû au fait que je ne suis pas encore très à l'aise dans la matière), je fonce tête baissée dans l'exercice, et je m'emmêle les pinceaux en jouant contre le temps, généralement ma copie ressemble à un torchon

    -Où je n'arrive PAS à me concentrer. Mais alors vraiment pas. J'ignore pourquoi, des fois je peux relire la même phrase d'un sujet en boucle en n'y comprenant pas le sens des mots. Au concours de l'an dernier par exemple, pour les comparée j'ai passé plus de temps à me dire "concentre toi!" qu'à être véritablement concentrée. C'est vraiment aléatoire en fait....

    Pour répondre à une autre question qui est souvent revenue ; je passe bien le CAPES cette année. Je parlais seulement de l'agrégation dans mon message puisque comme je suis en prépa agreg, je me suis dit que j'allais y aller à fond cette année et me concentrer sur le capes seulement en second choix. Mais oui, je n'ai pas fait la même erreur que la dernière fois, et je passe bien le CAPES.

    Merci encore à vous trois !

  • Bonsoir,

    Passer l'agrégation n'est pas une formalité. Tes notes sont juste des notes "normales" en agreg, pas mauvaises d'ailleurs. As-tu travaillé avec les rapports du jury pour bien cerner les attentes et situer tes copies ? J'ai des collègues cultivés, expérimentés, que je trouve brillants et qui ont passé plusieurs fois l'agreg sans la réussir. Ce n'est pas une formalité, et rien que le 12 est la preuve de tes capacités. Les commentaires des correcteurs peuvent être cassants.

    Sinon le psy "pour les fous", c'était au moyen-âge 😊, maintenant tous les enfants et ados vont chez un psy dès que c'est nécessaire (et ça change la vie !) donc n'hésite pas, tu as peut-être plus spécifiquement besoin de relaxation, hypnothérapeute, sophrologue... Mais il faut quelqu'un pour faire le point et te guider (ton généraliste peut-il t'aiguiller ?). A mon avis tu peux expliquer à tes parents que tu as besoin d'aide psychologique pour passer de tels concours. Si tu expliques ton ressenti ils sont capables de l'entendre. Mais si tu ne le sens pas, en effet vas-y sans leur accord. Il est évident que tu as besoin d'un soutien.


    Bref ne te dévalorise pas, on n'est pas en train de parler du brevet des collèges mais d'un concours extrêmement sélectif ! Tenir 7h00 concentré n'est pas naturel !

  • Bonjour LeGrandMéchantLoup,

    Je me joins au concert de réponses et témoignages.

    D'abord, comme d'autres l'ont dit, tu n'as pas à t'excuser de la longueur de ton message (qui d'ailleurs n'était pas confus).

    Ensuite, comme d'autres l'ont également dit, tes notes d'agrégation qui ne sont certes pas suffisantes pour le moment pour être admissible ne sont néanmoins pas catastrophiques non plus. Les étudiants qui sont passés par la classe préparatoire ont fait des dissertations et des commentaires de manière régulière, je crois comprendre qu'il faut parfois un peu de temps pour rattraper cet écart méthodo.

    Enfin, je ne rentre pas dans les questions d'aller voir un psy (mais je t'y encourage !), mais je vais prendre la question de façon un peu pragmatique et empirique. Personnellement, je ritualisais mes dissertations. J'avais quatre morceaux de sucre que je mangeais successivement avant d'écrire l'introduction, à la fin de ma première partie, à la fin de la seconde, et à la fin de la troisième. J'allais également aux toilettes / boire de l'eau à ces moments. Ca me permettait de rythmer la dissertation (et de faire fonctionner l'économie sucrière de La Réunion). Si je m'excuse du caractère très prosaïque de ma réponse, je pense néanmoins que ces petites choses peuvent jouer.

    En tout cas, ne te démoralise pas : cette période (Novembre-Décembre, le concours de l'agrégation, une pandémie...) est difficile. Mais les mauvais jours finiront. :)

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